Archives Mensuelles: mai 2009

Tremplin


J’en parlai dans ce billet, dans bien d’autres sur mon ancien blog, hier j’y étais, à l’inauguration. C’est le templin.

C’est magnifique. Après le boulo, j’y suis allé, je me suis senti ridicule, avec ma tenue de travail, entre une jeunesse défoulée, … et encore, on me reproche, au travail que je ne suis pas très « conformiste ».

Comment vous décrire ce beau spectacle de cette jeunesse urbaine qui s’affirme de plus en plus et se prends par la main. Inutile de vous décrire le défoulement des jeunes. Venez admirez le spectacle aux anciens abatoires, tout en face des grillades célèbres de Hay Mohammadi.

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Rass derb vidéos


La jeunesse marocaine ne cesse de me surprendre. Une jeunesse créative, créatrice et récrée.

Comme je l’avait déjà marqué dans ce billet sur mon ancien blog, la vidéo diffusion d’une jeunesse marocaine vivant ailleurs, passe à la dérision raisonnable!

Une autre jeunesse, d’ici cette fois, produit d’autres oeuvres. Il s’agit de Rass derb. Je vous laisse déguster une production :

Mawazine et la classe moyenne.


Tout d’abord, j’avoue que la promotion des arts et leur ouverture sur le grand public est un acte à encourager. Néanmoins, nous sommes en notre droit de nous demander sur l’efficacité des actions de promotion.

 

Mawazine, nom du festival, devenu fameux, de la ville de Rabat, signifie en arabe rythmes, équilibres, balances. Ironie du sort, le mot est extrait de la même racine que Mizanya, qui signifie budget. Parlons alors justement des budgets.

 

Sans vouloir retenir des arguments « populistes » de la sorte de : « Avec le même budget, on aurait pu aider plus de pauvres, construit plus d’école, … », je ne partage pas nécessairement ce point de vue guère clairvoyant. L’art et la culture ont une place centrale dans la vie de toutes les civilisations et de toute société qui se veut moderne, libérée et épanouie.

 

Ce que je déplore par contre, est malheureusement les indemnités faramineuses octroyées à certaines « stars » de la chanson. Certaines indiscrétions parlent de 600.000 dirhams d’indemnités pour un seul chanteur ! Pour 4 heures de prestation, il perçoit cette somme astronomique, ou encore, en bon calculateur, 150 miles dirhams pour une heure de « prestation », soit l’équivalent de plus de 14.700 heures de labeur d’un Smigard. Mieux encore, le plafond de revenus, tel que définit par le Haut Commissariat au Plan HCP, se situe à 55 Dirhams de l’heure. L’indemnité de notre artiste s’élève à 11.000 heures de travail d’un citoyen de la « classe moyenne » dite supérieure. Six ans et demi de travail d’un ouvrier payé au Smig payé en une heure de « chant » ! c’est une atteinte grave aux valeurs, celles du travail et du mérite, et une insulte pas seulement à cette « classe moyenne », mais aussi à toutes les classes.

 

Revenant justement sur le sujet de la classe moyenne. Un sujet qui passionne apparemment par la complexité d’analyse. Les communications récentes du HCP avancent ce qui suit : « Durant la période 1998-2006, on a assisté à une amélioration certaine des revenus des Marocains. Le revenu brut disponible (par an et par habitant) a, en effet, augmenté, selon les données de la comptabilité nationale, de 4,1% par an. Avec une inflation de 1,8%, le pouvoir d’achat de la population marocaine s’est donc amélioré de 2,3% par an. Il y a lieu de noter toutefois que la distribution des revenus au Maroc, telle qu’elle ressort de l’enquête précitée, reste inégalitaire. ». Voilà le mot qui est lâché : « Inégalité de la distribution des revenus ».

 

Répartition des richesses, mais aussi de la culture. Le budget colossal de Mawazine a été tellement budgétivore que maints autres festivals, non « officiels », ne se tiendraient pas à cause d’un manque de sponsors. Ces derniers ont été amenés, vu sa grandeur, à offrir la grande part de leurs rubriques « COM’ » au très officiel festival de la capitale, Mawazine. Dernier incident en date, le Boulevard, festival jeune des musiques, ne se tiendra pas cette année et cèdera sa place au Tremplin, une célèbre compétition qui précède le festival de la scène alternative casablancaise. D’autres événements, dans plusieurs régions et dans plusieurs domaines culturels, seraient décalés ou annulés par manque de moyens.

C’est bien d’avoir un festival d’une grandeur qui valoriserait la capitale. C’est bien d’offrir à un public assoiffé des scènes gratuites produisant les « stars ». C’est encore mieux de penser local, à promouvoir les scènes, les artistes et la culture locaux. C’est évidemment meilleur d’associer à ces festivité une réelle valorisation d’une « classe moyenne », capable de doper le pays en matière de création de la valeur, de consommation et d’épanouissement.

 

 

Nota : ce n’est qu’à l’achèvement de ce texte que j’ai appris le décès de 11 personnes lors une bousculade dans une des scènes de Mawazine. Mes sincères condoléances aux familles des victimes et prompt rétablissement aux blessés.

 

Mounir BENSALAH.

N’boussou lyeddine


دعوهم غفل


 

و أنت تمر بأحياء عديدة بالبيضاء, من البرنوصي و عين السبع و الحي المحمدي الى الحي الحسني و ليساسفة و عين الشق, مرورا بالمعاريف و مرس السلطان و حديقة ياسمينة و … يظهر لك مجموعة من « السيطان و الساطات » ( جمع ساط و ساطة و هي في المعجم الشبابي البيضاوي مفهوم يطلق على الشاب و الشابة عموما ) بلباس غريب و تسريحات شعر غير مفهومة للعامة. يتشكلون في مجموعات غالبا دائرية الشكل و تجد بينهم من يعزف على قيثارة أو يرقص على يديه و كأنه « طرومبية » أو من تغني كلمات مسرعة و مضغوطة كرسائل الهاتف النقال. و قد تجدهم يرسمون على الحائط أو يستعدون لعرض أزياء من نوع « بوهيمي » جديد.

لا يقتصر هذا المشهد على الدار البيضاء, فيمكنك مشاهدة هذه اللقطات في الرباط و القنيطرة و مراكش و طنجة و اكادير و الداخلة و الصويرة و العيون و وجدة … بل و في عين تاوجطات و الرماني و حد الغربية و اثنين الشتوكة و …

يمر الناس من أمام الساطات و السيطان و تختلف التعاليق بين لا مبال و من يقف مشدوها إلى غرائبية اللباس و من يحن إلى سنوات عبد الحليم حافظ بسرواله العالي أو إلى الرولينغ ستونز أو الغيوان … و من يرى في الأمر انحلالا أخلاقيا و يتساءل عن أين آباء الساطات خصوصا و حتى السيطان من هدا التسيب. بل و تجد مناضلين « تحرريين » جدا و يساريين جدا ينعت المنظر بالميوعة لان موسيقى الساطات و السيطان و رقصهم و لوحاتهم و … ليس « ملتزما ». يتساءل صديق عن معنى الموسيقى الملتزمة فيجيبه صديق آخر أنها الملتزمة بقضية ليعيد الأول المصعد قائلا : « و من سيلتزم بقضايا الساطات و السيطان غيرهم؟ ». ويمر كذلك أمام الساطات و السيطان بعض المتاسلمين. و هؤلاء لا يرون في هذا المشهد إلا « انحلالا أخلاقيا و تشبها مقيتا بالغرب الكافر … » و هلم جرا, على الرغم ان من بين الساطات بعض المحتجبات و بين السيطان بعض الملتحين. كل هذا الزخم من المارة و التعاليق و اللهط و … و الساطات و السيطان لا يبالون بل و يفرغون بخشوع إلى ما هم مبدعون فيه و كأنه صلاة للحياة و للفن.

يظن كل من لا يمتلك معرفة بهذه الثقافة الشبابية أن الظاهرة واحدة. انه قد لا يبالي بالفرق بين موسيقى و لباس و هيأة … الروك و بين مظاهر الترانس. قد لا يفهم ان التخطيط على الحائط يختلف بين الطاك و الكرافيتي و قد لا يجد فرقا بين الغناء « النيو جاك » و « الراب ». و بالمقابل, لا يجد هؤلاء الشباب أي حرج في عدم قدرة « العامة » على فهمهم و فهم ميولاتهم. لكنهم يعانون في صمت. همز و لمز, تحقير و احتقار لاختياراتهم الابداعية, قلة و اغلاق دور الشباب في وجههم, حرمان من الساحات العمومية, … و لكنهم « صامدون » و مصممون على التشبث « الراديكالي » بتعبيراتهم الفنية و الثقافية.

و تجد معظم هؤلاء الساطات و السيطان ربما لا يعرفون شيءا عن سياسة « القرب » و « المفهوم الجديد للسلطة » و « طي صفحة الماضي » … الا انهم يعرفون جيدا معاني الحرية التي تغنى بها بوب مارلي و مشاكل شباب الهيب هوب و نقد الحياة ما بعد الحداثة … و لكن اكبر قدح قد سمعته عن الساطات و السيطان هو وصفههم « بشباب غفل ». لست ادري كيف خرج التوصيف عن سياقه الأصلي و كيف وصل إلى هؤلاء الشباب و لكني أتساءل عن من هم « غفل » حقيقة هل الموصوف أم الواصف أم أداة الوصف؟ و على أي, إذا ما اعتبرنا جدلا أن الموصوف كذلك فارجوا من الواصفين أن يدعوا الساطات و السيطان في غفلهم. فغفل أمثالهم في جارتنا الإسبانية ساهم بقوة في صناعة « الموفيدا » التي طالما نحلم بها و ننتظر وقوعها.

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