Archives Mensuelles: décembre 2009

L’homme de l’année : Taieb Fassi Fihri


Bonne année 2010.  Je veux juste faire une dédicace au ministre des affaires étrangères Fassi Fihri. Il avait déclaré le 08 /12 « Elle [Aminatou Haidar] a renié sa nationalité (marocaine), elle a jeté son passeport. C’est pour cette raison que Mme Haidar ne peut revenir au Maroc, a-t-il soutenu. Le passeport marocain n’est pas une serpillière! ».  Le 16/12, il a confirmé ses propos : « Nous ne pouvons pas céder à ce chantage ». Le lendemain soir, Aminatou rentre au Maroc et on écrit cette fois : « Clémence n’est point faiblesse » en se justifiant : « La patrie est clémente et miséricordieuse », alors qu’au départ on a invoqué ceci : « ou le citoyen est marocain, ou il ne l’est pas ».

C’est pour cette raison que lui fais, Taib fassi Fihri, et les autres « copains de classes, cette dédicace, en leur souhaitant bonne et heureuse année.

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The man who sold the world!


C’est parce que ces histoires d’attaque à la production artistique en général, au cinéma en particulier, chez nos islamistes marocains sont devenues habituelles, je vous laisse lire un billet que j’avais écrit concernant « Amours voilés ». Remplacez le titre avec « The man who sold the world » et ce sera la même chose, croyez moi!

En attendant, je partage avec vous une des meilleures chansons de mes années d’ado :

Islamistes, voiles et amours !

Fidèle à ses polémiques interminables, Benkirane en sort encore une de sa vielle jarre. Après s’être attaqué au L’Boulevard, festival musical alternatif de jeunes et l’avoir traité de festival de débauche. Après s’être opposé farouchement au film Marock, le traitant de tous les noms. Après la tempête parlementaire agencée par lui et ses acolytes contre une journaliste de télévision. Revoilà le fraîchement élu secrétaire général du parti des « islamistes modérés » au milieu d’une autre polémique. Au point focal, une jeune femme voilée, Batoul de son prénom, médecin de profession, qui s’assume à disposer de sa vie privée loin de toute censure ou tuteur. Batoul est la héroïne du film de Aziz Salmy « Amours voilés ».

Répondant à une question de la télévision « France 24 », il avoue « ne pas avoir vu ces films », s’agissant de « Casanegra » et « Amours voilés ». Et d’ajouter : « ces films s’inscrivent dans une vague cinématographique qui incite à la débauche et à la sionisation, etc. ». C’est pour le moins révoltant. Comment peut-on juger une chose que l’on a jamais approché par un des cinq sens ? Comment juger un film sans l’avoir vu ?

Il est tout simplement scandaleux, surtout dans ce contexte, de traiter un film, une œuvre artistique de sionisme pour le simple fait qu’il n’a pas été aux goûts des barbus. Ceci est une incitation grave à la haine qui se produit simultanément avec l’invasion barbare sioniste sur Gaza.

Que reprochent nos islamistes au film ? A. Salmy a déclaré au Festival de Marrakech, où son film a été projeté hors compétition : « je cherche à provoquer le débat ». Quoi de plus naturel de la part d’un artiste, un créateur. Sur les colonnes d’Aujourd’hui le Maroc, il renchérit : « Dans mon film, je parle d’une seule femme, du cas particulier d’une certaine catégorie de femmes, et je ne généralise pas. Il s’agit de l’histoire d’une femme qui n’arrive pas à concilier sa vie sentimentale et sa vie religieuse, entre modernité et conservatisme, entre le divin et le charnel ». La dimension artistique est malheureusement mal perçue par nos islamistes et par un nombre considérable de nos concitoyens. Dans le cas particulier du cinéma, il est intellectuellement irrecevable de pratiquer une quelconque censure. C’est le public qui va volontairement voir le film en salle. Ceci n’est pas audible chez nos islamistes, un Zemzami appelle à l’interdiction du film tout simplement. Au nom de quoi sa requête serait acceptable ?

Ne pas voir un film, comme c’était le cas d’ailleurs dans Marock, et le traiter de sionisme est tout simplement une grave atteinte à l’intelligence humaine. Et si Batoul la protagoniste n’était pas voilée ? Nos islamistes cherchent-ils à diviser encore cette société, un clivage vestimentaire ?. « La question qui se pose et de savoir si la femme voilée dans sa vie a le droit de profiter de l’instant cigarette ou vivre une histoire d’amour sous un bisou volé ? » me dit un ami à propos de ce film. Lueur, je réponds. Voilée ou non, c’est un choix personnel, mais le film ne saura résoudre les problèmes socioculturels. Le cinéma n’est autre qu’une imagination artistique de la réalité. Fiction, fait réel, … une œuvre d’art est tout simplement une pierre de l’artiste dans l’édifice de sa vision de la société et une interaction avec le milieu dans lequel il évolue.

C’est ce débat stérile autour d’un voile, d’une manière d’être, d’une incompréhension, ou d’une ignorance ( critiquer et ne pas voir le film ) qui font que dans nos société, il est difficile d’émerger la création. Youssef Chahine n’a pas été combattu pour ses œuvres ? Najib Mahfoud, Elallam, et autres Averroes qui ont un regard différent des gardiens autoproclamés de la morale existeront tant que l’art a un souffle humain.

« Si vous dites, tout ce qui est utile à ma société je l’adopte, quelles qu’en soient les conséquences prévisibles et imprévisibles, vous êtes un modernisateur.  Si vous dites, quelle qu’en soit l’utilité, je le refuse parce qu’il porte, ou pourrait porter, atteinte à mon identité culturelle, vous êtes ou vous finirez par être un anti-moderniste. Ceci est un choix, toute la science ne fera pas changer d’avis celui qui n’a de souci que pour son moi » dixit Abdellah Laroui.

Alors que le cinéma marocain fête ses 50 ans, nous voilà devant une destruction au nom de la morale de toute initiative créative. Aujourd’hui le cinéma, hier un festival, … laisserons-nous nous priver d’art et de fête ?

Le Maroc a la première université sous-marine au Monde


Le Maroc devrait être fier, grâce aux pluies qui s’abattent de temps à autre, et au « plan d’urgence de l’enseignement », nous avons eu notre première université sous-marine au monde!

Media, intermédiation dans un Etat de droit


Said Khoumri : « Il n’y a pas de solutions aux problématiques de la presse en dehors de la réforme de la justice et la révision du texte encadrant la liberté d’expression et de la presse ».

Boubker Largou : « Nous renouvelons l’appel de l’OMDH aux professionnels et aux institutions professionnelles, eu égard de leur rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie, et son initiative, avec le concours tous les défenseurs des droits élémentaires à la préparation d’un symposium national dans les plus brefs délais pour se concerter au sujets de la presse, le respect des droits humains, instauration de la démocratie et la suprématie de la loi, comme bases de toute société démocratique respectant les droits humains ».

Mustapha Kassou : « Pourquoi on nous compare à la Tunisie et pas à la Suède en matière de liberté de la presse ? nous refusons cette logique de comparaison et nous souhaitons simplement l’engagement au respect des chartes internationales ».

Abderrahim Tafnout : « Quand les marges de liberté s’élargissent, l’ambition de l’expression grandit et, de facto, les aires de confrontation augmentent ».

L’année 2009 a connu un ensemble de dossiers mettant la presse et les médias sujet de débats ( poursuite 3 journaux, affaire Nichane, fermeture Akhbar Alyaoum, prison pour directeurs almasse et almichaal, amende et saisie à l’encontre de Economie & Entreprises, amende contre almassae, dossiers des blogueurs, débtas sur le paysage audiovisuel au parlement, … ). Dans ce contexte, en préparation de l’initiative de l’Organisation Marocaine des Droits Humains OMDH concernant un symposium national relatif au sujet et en célébration de la 61ème anniversaire de la déclaration universelle des droits humains, la section de Casablanca de l’OMDH, en collaboration avec l’Institut Supérieur du Journalisme et de la Communication, a organisé une conférence autour du thème : « Presse, média et droits humains », ayant connu une participation massive des étudiants de l’Institut ISJC, d’activistes des droits humains, d’universitaires, syndicalistes, de blogueurs et d’intéressés.

Pour Said Khomri, professeur universitaire et modérateur, la conférence vient dans le contexte de succession de procès relatifs à la presse, aux médias et à l’Internet. « Ces problématiques et dislocations interpellent essentiellement le texte encadrant la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et la gestion de la profession de la déontologie » estime-t-il. Pour sa part, Boubker Largou, secrétaire Général de l’OMDH, a marqué sa joie de voir la participation massive des jeunes à cette conférence pour débattre du thème des médias et droits humains. Il a renouvelé dans son intervention « l’appel de l’OMDH aux professionnels et aux institutions professionnelles, eu égard de leurs rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie, et son initiative, avec le concours de tous les défenseurs des droits élémentaires, à la préparation d’un symposium national dans les plus brefs délais pour se concerter au sujet de la presse, le respect des droits humains, instauration de la démocratie et la suprématie de la loi, comme bases de toute société démocratique respectant les droits humains ».

Et Mohamed Kassou, professionnel, acteur des droits humains et du syndicat, de se demander : « Pourquoi l’on veut nous comparer à des pays comme la Tunisie ou autres qui violent le droit d’expression alors qu’on nous compare pas à la Suède par exemple ou d’autres pays démocratiques, où la presse occupe une place d’avant-garde et jouit d’espace immense de liberté ? » avant d’insister sur « le refus des défenseurs des droits humains du principe réducteur de la comparaison. Nous demandons de commencer par le respect des chartes internationales sur le sujet ! ». Il renchérit : « Nous avons une justice spécialisée, mais en l’extermination de la presse, en prononçant des amendes faramineuses et les jugements de privation de liberté ! », avant d’ajouter que « nous devons nous demander également qu’est ce qu’a fait le corps de la presse pour la liberté d’expression, la solidarité professionnelle et le respect de la déontologie ».

Abderrahim Tafnout, journaliste et penseur, a exposé dans son intervention plusieurs problématiques philosophiques et historiques du conflit entre la presse et les détenteurs de pouvoirs. « Pourquoi ce conflit ? A-t-il un justificatif » se dit-il, avant d’ajouter également « que quand les marges de liberté s’élargissent, l’ambition de l’expression grandit et, de facto, les aires de confrontation augmentent. Depuis la naissance de la presse en Angleterre et en Amérique aux trentaines du 18ème siècle, sur la base des rumeurs, sa relation a été toujours conflictuelle avec le politique, détenteur d’un pouvoir. Le modèle français est également est aussi intéressant. L’histoire de « j’accuse » d’Eimle Zola montre comment est sortie la parole du cercle académique à la société pour un débat public ». D’un autre côté, Tafnout considère que le journaliste est garant de la pluralité, avant de critiquer vivement l’état du paysage audiovisuel qui enfreint cette règle essentielle. « Il faut aussi avouer qu’une certaine presse exerce la diffamation et l’injure, nous devons nous référer à une justice équitable dans ces cas et invoquer les instances professionnelles en matière de respect de la déontologie » martèle-t-il. Il considère aussi que « le premier enseignant du journaliste, à part son métier, est le défenseur des droits humains. Ce dernier défend la victime du dépassement, quel qu’elle soit ! » avant d’appeler dans ce sens à « une alliance stratégique entre le journaliste et le défenseur des droits humains pour construire le code national de la presse et des médias ».

Au terme de la conférence, les participants ont appelé :

  • Les autorités publiques à se référer à la justice concernant la question de la presse, éviter les décisions de l’administration et dépasser le traitement conflictuel avec les dossiers de la presse, des médias et d’Internet, prenant en considération que leurs acteurs sont des associés dans la construction de l’Etat de droit, et à considérer que la réforme de la justice est une question capitale dans le respect du droit d’expression ;
  • Les professionnelles et les institutions professionnelles, eu égard leur rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie ;
  • A la coopération entre les instituts de formation, les organisations de défense des droits humains et les organismes professionnelles pour instituer l’inexcitable relation entre la liberté de la presse et les droits humains.
  • Construire une alliance stratégique entre le journaliste, les organisations de défense des droits humains et les organismes professionnelles pour bâtir « le code nationale de la presse ». Dans ce sens, les participants ont demandé à l’OMDH de continuer dans sa préparation à un symposium national auquel elle a appelé, eu égard de ce qu’il peut apporter pour donner un nouveau souffle entre tous les intervenants et acteurs dans ce domaine, à partir de la force de proposition possible.

رسالة من فيروس لأنفلونزا الخنازير إلى حبيبته


خنزور

انفلونزتي الحنونة..

كنكتب ليك من قرجوطة ديال روسوفور فواحد الطوبيس كيكولو ليه زريقة فالمغرب, فيه الزحام كثر من الحج, هاد المغرب زوين وعجبني, مسخيتش نخرج منو, وشكون اللي خلاك تخرج بعدا, كاين غير التحناك والبوسان بوقت ولا بلا وقت, باينة الكلسة مع هاد الناس غادا تطوّل شوية وغادي نتوحشك بزاف, اللقاح اللي كنتي مخلوعة عليا منّو راه مكيضورش هنا, هنا ماكاين والو كيضور فهاد الشي ديال المحاربة ديالنا حنا الفيروسات, عندهوم الحاضي الله و صافي, وحتى السبيطارات عندهوم زوينين وساكنين فيهوم بزاف ديال الفيروسات, وفالحقيقة الصحاب اللي تلاقيت معاهوم فالقنات ديال السبيطارات متلاقيتش معاهوم فالزبالة, مكلتش ليك.. تصاحبت مع بزاف الفيروسات هنا فالمغرب ,ضريفين وزوينين ومايدوزوكش, وعاودت ليهم عليك, سيرتو « بوصفير » و »السيدا » ترافقت أنا وياهم مزيان, سولتهوم على خطة هاد لبلاد كيدايرا باش يحاربونا, بداو كيضحكو و كالو ليا بأن وزارة الصحة فهاد لبلاد راها غير إشاعة, والوقت اللي كانو فيه الوزرا كيخدمو فالخطط باش يحاربونا كانت هادي ديالهم خارجة كونجي, أسميتها ياسمينة , ضريفة وزوينة و كتكمي بزاف..

كون غير جيتي هنايا أنفلونزتي الحنونة, هنايا معندهومش هاداك الشي ديال غسبل ماعن القهاوي بجافيل ولا العطيس فكلينيكس ولا شي حاجة بحال هاكا, أصلا لكلينيكس عندهم غالي, كيمت فطور ديال موظف ديالهوم, كاس أتاي و درهم حرشة, و لعطيس عندهم زوين و فالكرفادة ديال اللي حداهوم نيشان, ومع عندهوم ديك القضية ديال « تزاحمو تراحمو » بزاف فالطوبيسات و الطاكسيات, كنعيشو معاهوم على « سنكة عشرة » فاش خلاها ولد عمي اللي فمصر.

ماتعطليش عليا فالجواب و سلمي ليا على الأنفلونز عمي وكولي ليه راه غادي يعيّد هنا فالمغرب..

مع حبي

خنزور

La production des élites du royaume se réalise dans « l’informel ».


« Historiquement, la démocratie a été d’abord une lutte pour l’ouverture du système politique, donc la liberté, ensuite pour l’égalité et la justice sociale. Maintenant, elle est devenue un objectif principal de développement économique. Mais la démocratie ne peut s’établir de façon efficace qu’à la condition de lutter contre les corporatismes familiaux, les coalitions tribales à vocation d’intérêts et le clientélisme des oligarchies technocratiques ». C’est ainsi que conclut Ali Benhaddou son dernier ouvrage « Les élites du royaume, enquête sur l’organisation du pouvoir au Maroc. Chercheur universitaire, spécialiste en sociologie des élites, il est auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Cet ouvrage constitue l’essentiel d’une enquête académique qu’a mené l’auteur à travers de « longs entretiens avec les acteurs de la vie économique, politique et sociale », tout en puisant du profond fond documentaire de l’auteur sur le sujet.

Pour Benhaddou, les élites marocaines ne font que reproduire les mêmes schémas du passé dans l’organisation du pouvoir, notamment à travers trois groupes : « les chorfas, les oulémas et les commerçants ». Il renchérit sur ce thème en les termes de A. Laroui : ces élites « tenaient à servir le sultan, qui avait besoin d’eux, soit pour le prestige, soit pour garantir leur fortune acquise contre spoliations toujours possibles ». Ces groupes se basent également dans leur conquête du pouvoir sur des liens de mariages entre eux, où « l’homme et la femme sont unis pour le meilleur, non pour le pire ». Ces même mariages redeviennent un « investissement à long terme ». En outre, dans ces familles, la coutume est de consacrer un des leurs au service de l’Etat, « non pas par plaisir, mais par obligation » avoue un des questionnés à l’auteur.

Dans le monde économique, « le capitalisme familial possède des réseaux d’infiltration privilégiés, … la structure actuelle des associations professionnelles témoigne de cet esprit de clan et d’intérêt ». Ainsi, les « confréries familiales » pensent-elle que l’Etat doit être « le reflet fidèle de leurs aspirations ». Dans ce contexte, on comprend bien que le grand enthousiasme avec lequel la fédération des entrepreneurs marocains ont accueilli l’expérience de l’alternance de 98, puis le combat acharné que l’on a mené sur cette équipe dirigeante au moment du non respect de la « coutume démocratique ». Youssoufi le rappelle bien dans son discours de Bruxelles : « L’implantation d’une «Troisième Force» au Maroc a eu comme conséquence de rendre plus difficile «la transition démocratique» bien que le mouvement national s’y était engagé depuis la présentation du Manifeste de l’Indépendance le 11 Janvier 1944 avec l’accord et la bénédiction de Mohammed V ». Benhaddou est alors affirmatif sur ce point : «  En tout cas, si la « menace du collectivisme prolétarien » est écartée, celle des technocrates et des confréries familiales est encore plus dangereuse. Elle risque, si ce n’est déjà fait, de porter atteinte à l’énergie du social et au dynamisme du politique ».

Sur le plan politique, l’auteur considère que « l’affaiblissement ou la marginalisation des partis d’opinion » passe inéluctablement par la montée en puissance des technocrates, sans opinion politique, sans projet pour la société, sans ambition pour le pays ». Ces technocrates ne peuvent être à la fois « au service d’une élite de classe et de la communauté nationale toute entière ». Même dans le social, l’auteur fait remarquer que « les association de protection de l’enfance, cinq au total, sont inféodées au patronat du textile. Pour ne prendre que cet exemple ».

Pour l’auteur, « la démocratie est symbole de liberté, … Il faut également des élites capables de travailler pour un avenir plus lointain. Les élites sont indispensables au pays …Mais quand une société se trouve avec des élites qui ne sont pas en phase avec la réalité ou qu’elles sont rongées par l’autoritarisme, le clientélisme et la corruption, il faut penser à la renouveler ».

Ce n’est pas un acteur politique qui le dit cette fois. Benhaddou, en académique respecté et maîtrisant le sujet, semble dire que la production des élites marocaines est loin d’être en phase avec les conditions modernes de leur formation. La production des élites s’opère globalement dans l’informel !

Aminatou : ces « militants » qui ne travaillent pas


Je me suis toujours demandé comment certains « militants » arrivent à gagner leur pain, alors qu’il est notoirement connu qu’ils ne travaillent pas?

C’est le cas de Aminatou Haidar :

Si vous n’avez pas pu déchiffrer dans la photo du passeport de cette « militante » marocaine ayant des opinions séparatistes, je vous retranscris les informations essentielles :

Prénom : Aminatou.

Nom : Haidar.

Nationalité : Marocaine.

N° de la carte d’identité nationale : SH56074

Profession : SANS.

A gauche, sous la photo : Signature de l’intéressée.

« Dix commentaires essentiels autour d’une décision prononcée dans le procès de détenus ayant des opinions politiques »


« Nous présentons à travers ce rapport une distinction au sujet de la qualité des détenus, les considérant des détenus ayant des opinions politiques et non pas des détenus politiques, du moment que leur procès ne se base pas sur leurs activités politiques », c’est ainsi qu’a présenté Amina Bouayach, présidente de l’Organisation Marocaine des Droits Humains OMDH, les six détenus : Mouatassim, Serriti, Mae Laïnaïne, Najibi, Marouani et Rgala, lors de sa présentation au siège de l’OMDH à Rabat le Mercredi 02 Décembre du rapport intitulé « Dix commentaires essentiels autour d’une décision prononcée dans le procès de détenus ayant des opinions politiques ».

C’est devant un parterre de juristes, de chercheurs, de politiques, de journalistes et de défenseurs des droits humains, Bouayach a présenté le rapport de l’organisation considéré comme « le premier du genre dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient ». Le rapport part de plusieurs références : la nature de l’OMDH en tant qu’Organisation Non Gouvernementale d’utilité publique et son devoir et son droit de défendre les droits humains conformément aux standards internationaux, ses habitudes de suivi de la marches des procès, son identité dans le sens du lien entre respect des droits humains et établissement de la démocratie. Le rapport part aussi de l’appel de Casablanca du 1er congrès international du mouvement arabe des droits humains, organisé en 1999 par l’OMDH et le centre du Caire des études des droits humains, qui a appelé à « demander aux gouvernements arabes de légaliser le droit de rassemblement et de l’organisation pacifique de tous les groupes et forces idéologiques et politiques y compris les groupes de l’Islam politique non armés … et la nécessité pour les militants des droits humains de se conformer aux standards internationaux et de la neutralité politique qu’exigent la défense des victimes des droits humains quelque soit leur identité politique et idéologique ». Le document de l’OMDH fait allusion également au rapport de l’IER dans « les contextes multiples de la réconciliation du Maroc avec son passé dans le sens de la réconciliation avec la loi, source de légitimité et le rôle de la justice indépendante comme pouvoir de jugement dans les conflits de société … et l’habilitation temporelle déterminé par l’instance à 1999 », alors que les poursuites d’une manière ou d’une autre revient à une époque antérieure et avant leurs révisions idéologiques. Dans ce sens, les détenus ont exprimé « des idées et positions considérées dans le vif des éléments inscrits dans la culture politique marocaine dans le cadre de la constitution », renchérit le rapport, avant de présenter un ensemble « d’idées politiques à caractère pacifique » esprimés par les détenus soit pendant le procès soit antérieurement soit lors de la discussion le 10 Juillet dernier de l’article intitulé « Oui la réforme démocratique est une possibilité marocaine » au siège de l’OMDH et en partenariat avec l’institution Alwassit présidée par Khadija Merouazi en présence de plusieurs intellectuels et politiques ( abdellah Hamoudi, Amina Masoudi, Mohammed Darif, Mohamed Soual, Hassan Tariq, Mustapha Khalfi, Mohamed Hafid, Abdelali Hamidine, Ahmed Bouachrine, Naima Bnouwakrim, Latifa Bouchoua, Driss Bennani, Mohamed Sassi ). « Nous sommes avec une monarchie démocratique et avec un Islam sunnite et malékite. Nous ne prétendons pas représenter l’Islam ou avoir l’exclusivité de parler en son nom, nous sommes une compréhension dans le cadre du référentiel islamique » avoue Mouatassim par exemple. Le rapport cite aussi les propos de Najibi : « Nous aspirons à la construction d’une nation libre et démocratique où le citoyen jouit de sa pleine citoyenneté … et ceci n’adviendra que par la liberté … c’est ce pourquoi nous aspirons dans le Parti Socialiste Unifié PSU, qui trace comme principe la diversité et l’opposition pacifique ».

Ainsi, les commentaires du rapport avait pour thématiques :

  • La penchée de la conviction de la cour à la thèse du juge d’instruction et des PV de la police judiciaire.
  • Le recours dans les procédures d’instruction et la demande de traitement pour doute légitime.
  • La position de la défense et les procédures concernant la torture, comme facette de l’indépendance vis-à-vis des PV de la police.
  • Absence de justification pour la poursuite en détention.
  • Le droit à la convocation de témoins et la relation avec la conviction tranchée de la cour.
  • Position de la cour du recours à propos de l’exposition des armes.
  • Appréciation d’un témoignage d’un accusé dans la conviction de la cour.
  • Rôle de la justice criminelle dans l’appréciation des faits – modèle de la rencontre de Tanger.
  • Le verdict prononcé et sujet de justification : réponse à appel au vice.
  • Absence de justifications basées sur le déroulement du procès dans le verdict.

Me Khalid Sefiani, intervenant au nom de la défense des six détenus ( défense composée entre autres des Me Khalid Sefiani, Abderrahmane Benmeur, Abderrahim Jamai, Abderrahim Benbarka ), a insisté pour intervenir comme « défenseur de droits humains, en tant qu’avocat, mais en tant que politique », pour avancer que « la justice marocaine est un destin, elle n’a aucune indépendance ni aucune compétence intellectuelle ni juridique ». Il a appelé toutes les composantes de l’Etat, qui parle désormais du projet de la réforme de la justice, spécialement après le discours royal sur le sujet, que « l’appel dans ce procès serait une échelle pour mesurer la volonté de la réforme de la justice ». « Ce procès a battu tous les records de l’absurde : 1 an et demi entre instruction et procès, plus de 30 séances, 150 invocations de vices de forme, 149 rejet d’invocations de vices de forme, comme cela a été décrit dans ce rapport de l’OMDH » ajoute l’avocat avant de conclure par démontrer les déséquilibres au niveau des déclarations du ministre de l’intérieur, « comme intervention abjecte dans le procès et condamnation précoce à l’instruction », ou sur le registre des armes ou de l’affaire du citoyen Azengout.

« Le procès est une pièce théâtrale. Imagniez que Najibi, militant de l’Organisation de l’Action Démocratique Populaire, est poursuivi pour ses tentatives de recrutement en faveur d’une jamaa terroriste islamique pour la simple raison qu’il a reçu, un jour, un colis de la part d’un individu messager de son frère et qui contient un médicament envoyé de Belgique » avance Sefiani avant de « regretter le refus de la cour de convoquer les témoins demandés par la défense : 1- Ministres de l’intérieur et de la communication pour leurs propos condamnant les dix détenus avant le procès, 2- Herzenni pour ces déclarations dans une émission de télévision qui mettent à l’eau les accusations des détenus 3- Des personnalités politiques et des droits humains pour témoignage à propos des six détenus ». ( Assidon s’est présenté pour témoigner en tant que citoyen marocain de confession juive, ayant connu Mouatassim et Marouani ).

« la détention est politique » affirme Sakina Kada, femme de Serriti, intervenant au nom des familles des détenus après avoir remercié l’OMDH et tous les défenseurs des droits humains pour leur solidarité. « Nous souhaitions que la justice soit arbitre entre nous, à condition qu’elle soit indépendante et intègre, mais le juge était dépassé, le procès était plus grand que lui. Nous avons constaté qu’il y avait une partie qui lui dictait ses positions » ajoute Kada, en donnant l’exemple de la demande de constatation de caméras fixés sur les murs de la cour. « La justice au Maroc ne jouit ni de l’indépendance ni de l’intégrité » conclut-elle non sans certitude.

De son côté, Karam, avocat, ex-membre du bureau politique de l’USFP et membre fondateur de l’OMDH, considère que « ceux-là sont le modèle de détenus politiques. Depuis ce que l’on a appelé complot de 1963, les accusations de terrorisme, d’armes et de complot étaient tjrs présentes ». « Le verdict était prévisible eu égard des déclarions du ministre de l’intérieur lors du point de presse et de la décision du dissolution du parti » ajoute Karam avec beaucoup d’amertume. Pour Khadija Marouazi, elle pense « que si nous disions précédemment qu’il y avait une grande perturbation dans le traitement de certains dossiers, aujourd’hui, dans ce procès, il faut qu’on dise qu’il y a retour en arrière ».

A la fin de la présentation du rapport, l’OMDH a levé sa « seule et unique » recommandation qui se manifeste « dans l’attente de la phase de l’appel … l’OMDH appelle l’instance de jugement à faire bénéficier les six détenus de la libération provisoire, à réagir positivement avec leurs doléances … visant à retrouver leurs droits légitimes, et en premier chef procéder à une enquête complémentaire sous une optique équitable et impartiale loin de ce qui a été amené par les PV de la police judiciaire ».

Finalement, dans le Maroc nouveau, le résultat de la manche défenseurs et « défonceurs » des droits humains semble déterminant pour l’avenir de ce pays !

Pour suivre le début de cette affaire, voir l’ancien blog d’Ibn Kafka.

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