Archives Mensuelles: avril 2010

Médias électroniques et réseaux : Problématiques des droits et des libertés


Ça chauffe énormément chez les blogueurs et éditeurs de médias en ligne marocains. A l’occasion d’une rencontre au parlement, dans le cadre du « dialogue national : Média et Société », tenue le 26 Avril dernier, le débat est, à maintes reprise, sorti du but principal. Cette rencontre, autour du thème « journalisme en ligne et nouveaux médias », a connu la participation de Jamal Eddine Naji ( Coordinateur national de l’instance du dialogue national média et société ), Rachid Jankari ( Journaliste et Manager de MIT Média ), Othmane Boumaalif ( Consultant nouveaux médias ), Myriam Ezzakhrajy ( rédactrice en chef du portail Menara.ma ), Said Benjebli ( Président de l’association des blogueurs marocains ), et plusieurs autres intervenants. Naji et Jankari, modérateurs du débat, souhaitaient que « les professionnels réfléchissent ensemble à des solutions, notamment en termes d’encouragement de l’édition en ligne par les pouvoirs publics par le biais de financements à l’instar des médias classiques ». « Nous allons pouvoir mettre sur le tapis nos expériences et formuler des recommandations. Ce qui n’était pas le cas auparavant » a déclaré Ezzakhrajy au terme de la rencontre.

Seulement, un article paru sur le journal français le Monde en début du mois a envenimé le début de la rencontre. Des déclarations comme celle de Khalid Naciri, ministre de la communication, dans le même article qualifiant les nouveaux médias de « zone de non-droit » ou celle de Naji « Ces blogueurs sont des intégristes ! » et cerise sur le gâteau, Moujahid, secrétaire général du SNPM y a qualifié les blogs de « poubelles de la presse », ne sont passés inaperçus. Le blogueur Lbadikho s’est vigoureusement indigné de ces déclarations et a signé un papier exhibant quelques exemples de blogueurs de référence cité ici ou ailleurs pour la qualité de leurs écrits.

Un journal de la place a repris sous le titre bruyant « les blogueurs renversent la table du dialogue de Naji qui les a traité d’extrémistes ». La reproduction par Benjebli de cet article sur sa page facebook a créé un commérage chaud et houleux, mais qui débouche finalement sur deux questions existentielles de la blogoma ( blogosphère marocaine ) : « qui représente la blogoma ? devrait-elle avoir des représentants ? ». La tenue même et les conclusions de cette rencontre montre que les réponses évidentes sont à éviter…

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Patrimoine en destruction – le parti du béton gagne


Il n’y a pas longtemps, une marocaine se souciait, à raison, du sort du théatre Cervantes de Tanger. Un autre blogueur et connaisseur de la ville, Hmida a enchaîné sur le même sujet et produit un billet sur ce monument menacé de ruine.

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Hommage à Abdellah Ouelladi


Aux grands Hommes … la patrie doit être reconnaissante !

Mardi 19 Janvier, feu Abdellah Ouelladi nous a quitté. Le défunt est une perte pour le Maroc et pour tout le mouvement des droits humains. Militant de longue date, ancien membre du bureau exécutif de l’UNEM, militant de l’USFP, membre fondateur puis président de l’OMDH, Si Abdellah Ouelladi était avocat au barreau de Casablanca. « Il s’agit, bien sur, de lutter contre la mort. D’opposer à la mortalité individuelle cette forme d’immortalité collective qui est celle de la continuité du groupe, .. mais aussi de la nation » ( Jean Daniel, Noubel Obs. H.S. Juin 98 ), c’est ainsi que l’OMDH et la famille du défunt organisent une rencontre commémorative le Vendredi 12 Mars 2010 à la maison de l’avocat à Casablanca et invitent tous ceux et celles qui ont côtoyé « Si Abdellah » à témoigner.

Abdellah Ouelladi a été de tous les combats. De la défense de la préservation des droits et de la dignité humains, le combat de l’égalité, au combat politique pour l’établissement de l’Etat de droit en passant par les grandes questions internationales : Palestine, Irak, Afrique du sud, … le défunt militant n’a jamais ménagé ses efforts pour les bonnes causes et a côtoyé de grandes figures du militantisme mondial pour la liberté et les droits humains : Yasser Arafat, Nelson Mandela, Abderrahmane Youssoufi, Kofi Anan, …

Ce défenseur des droits humains croyait sincèrement à l’universalité des valeurs du droit international. Militant de gauche, il s’est opposé à la compagne sécuritaire qui a suivi le 16 Mai 2003 contre les islamistes soupçonnés, car il pense que « Le principe de présomption d’innocence est sacré. Il sert aussi bien le prévenu que le citoyen qui peut, du jour au lendemain, se retrouver à la place, peu enviable, d’accusé. Je pense que nous ne pouvons pas combattre la haine par la haine. Si nous condamnons au préalable dans nos têtes, le procès devient simple formalisme ». Pour lui, l’OMDH est « une association humanitaire aux standards internationaux, en même temps indépendante des partis politiques et des pouvoirs publics. L’idée était d’être au service des droits de l’homme tels qu’universellement reconnus ». Convaincu de l’essence de la justice transitionnelle, il a soutenu l’IER tout en se démarquant et critiquant. Il avait d’ailleurs demandé à son installation d’associer le concept de « vérité » aux deux concepts portés : Equité et réconciliation. Par ailleurs, il était convaincu que c’était le bon chemin à suivre. Sans équivoque, il avait déclaré à l’ouverture du dernier congrès de l’Organisation : « Même si nous voudrions le [le procès des responsables des violations graves des droits de l’homme du passé] faire, notre justice n’est pas qualifiée pour l’instant et notre code pénal doit subir un certain nombre de changements pour rendre justement cette lutte contre l’impunité opérationnelle ».

Feu Abdellah avait des qualités intrinsèques d’écoute, de sincérité, d’ascèse, … Ce sont ces mêmes qualités qui ont fait de lui un grand leader et un grand homme, à qui la patrie doit être reconnaissante. Mehdi Benbarka, cher au défunt et sujet de son travail de quête de vérité, disait de cette catégorie d’hommes ( Nos responsabilités. 19 Mai 1957 ) : « Il y a des qualités qui ne peuvent être acquises et qui sont pourtant indispensables au cadre. Elles se rattachent à la disponibilité intellectuelle et au penchant naturel qui font qu’un homme ou une femme est apte à l’encadrement. Il s’agit de la fidélité et de l’abnégation au service de l’intérêt de la patrie mis au dessus de l’intérêt personnel ».

La rose socialiste fannée


L’USFP est en décadence et arrive à un état critique de décomposition.  Rien ne va plus et les derniers militants croyant encore à l’espoir commencent à perdre toute espérance. Omar Balafrej, dans une publication de la place, déclare que « L’USFP dans sa forme actuelle n’est pas son parti ». Il ajoute : « Je n’ai jamais eu … la volonté de me rassembler avec des leaders dont le seul objectif est de se maintenir en place et d’obtenir des postes. »

Dans une analyse organisationnelle, Hamid Bajjou ajoute dans un article détaillé : « … Ceci a poussé les militants ayant des principes, ceux qui n’ont pas d’intérêts à échanger ou qui ne veulent pas rentrer dans des relations autres que celles qui se basent sur les principes et les positions partisanes, au désespoir et à l’éloignement du parti et de la politique, après qu’ils se sont retrouvés marginalisés dans les organes partisanes, incapables de rivaliser avec les réseaux d’intérêts bien structurés, laissant ainsi le parti aux mains des opportunistes ».

Aujourd’hui s’annonce la suspension de la participation de 3 militants du bureau politique, il s’agit de : Ali Bouabid, Larbi Ajjou et Mohamed Achaari, et « ce jusqu’au prochain congrès ».

j’ai envoyé un texte au journal ( je ne sais pas s’il passera ), dont voici un passage traduit :

« Nos leaders doivent comprendre que l’avenir se fait par le peuple, pas aux bureaux politiques ou à Dar Lmakhzen… Il faudrait qu’on laisse de coté notre coté populiste, comme il faudrait ne pas trop se focaliser sur notre constitutionalité ( importante et capitale tout de meme ). Il faut au’on travaille sur les vrais dossiers : comment ne pas travailler sur le rapport de la cours des compte? Comment ne pas se poser la question sur la composition du capitalisme marocain? Comment le roi signe une convention du plan solaire a coup de milliards de dollars sans que la majorité ni le parlement n’en soient mis au courant? Qu’on soit une réelle gauche ou qu’on disparaisse! »

Addenda ( 20-04-2010 ) :

Mohamed Lahmine, ayant lancé récemment « l’autre courant » a de sa part déclaré : « Le bureau politique BP assume la responsabilité de la décadence humiliante du parti dans toutes les positions et de l’échec aux élections législatives et communales précédentes. En outre le BP bloque les organes du parti, le 1er secrétaire produit un discours qui n’a rien à voir avec l’USFP, le leadership avance devant tout le monde qu’elle procède pour le sauvetage du parti alors qu’en réalité elle fait le contraire et brise et disperse tous les efforts … Aucun leader n’a tiré les leçons de la catastrophe, en chiffres : l’USFP est passé de 560 sections à moins de 300, le nombre de militants s’est dégringolé de plus de 60 mille à moins de 25 mille, sans parler de l’inaction organisationelle totale de tous les organes de l’USFP. La jeunesse, chabiba ittihadia, vit un état de coma depuis longtemps et a vu ses ashérents passer de 12 mille à 1500 et le nombre de ses sections de 256 à 34. Pour la première fois dans l’histoire du parti nous récoltons des zéros à Casa, Rabat, Eljadida, Safi, Settat, Kénitra, … »

Pain de l’Epi du mouvement populaire est meilleur que la réforme constitutionnelle


Après, on me reprochera d’être négatif en parlant d’agonie politique?

Ministres des guignols encore? Hassan II disait qu’il était « capable de nommer son chauffeur au poste de ministre » ( avec mes respects pour la fonction du chauffeur, profession honnête ), alors que sous Mohamed VI, on y est presque! Mr Ouzzine a bien la parole d’un diplomate … capable de représenter le pays!

Grima, rentes, … ou simples faits divers ?


Il y a une semaine ou dix jours, j’étais en déplacement professionnel à Tanger. Etant arrivé une heure avant mon RDV, j’ai profité de ce moment pour prendre un pot dans un café au milieu du quartier administratif de la ville. Attablé avec un camarade du parti, je contemplais les constructions anciennes de Tanger, visionnais mes souvenirs et remarquant, non sans profonde déception, la « bédouinisation » de la ville : Constructions moches, fermetures de salles d’expositions et de cultures, « hijabisation » à l’afghane, … et surtout le changement monumental des valeurs : l’argent est maître absolu de la ville. Mon compagnon partageait parfaitement mon diagnostic et me soufflait l’incapacité de la « gauche de la ville » à proposer des issues, comme si elle aurait pu le faire ailleurs 🙂

Soudainement ( 3ataja pour les initiés ), un jeune homme, la quarantaine, se penche sur notre table et nous demande de lui remplir un formulaire. Il ne sait pas écrire le français. Au moment de lui rendre le service, on comprendra que le gaillard est un peu gêné, impatient, mais heureux. A son départ, mon camarade m’apprend qu’ils sont plus d’une quarantaine, de Tanger, Tetouan, Larache, Chaouen, à squatter les administrations pour constituer des dossiers de « grima » ( Autorisation de transport ). D’après lui, ils étaient en attente la venue du roi dans leurs villes et cherchaient ses visites non officielles. Une fois le roi arrêté dans un feu ou un stop, ils se penchent vers lui et lui remettent une copie de leur CIN ( qu’ils ont déjà préparé ) et attestent de leur pauvreté ( comment ? ). Une semaine environ après chaque incident, la wilaya les convoque pour qu’ils constituent leur dossier et recevoir le fameux sésame « grima ». Cela devient une profession pour certains. On ne finit jamais avec les rentes !

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