Témoignage d’une marocaine d’Alexandrie

Depuis des années de discussions, d’attentes exprimées et non exprimées, des années de patience et de résistance, de retenues et de réclamations, enfin c’est la rupture! Vendredi 28 janvier: le jour de la colère en Egypte, les manifestations en Alexandrie ont démarré dès la fin des prières du midi et se sont pursuivies pendant toute l’après-midi. Depuis le matin, il n’y a plus de connexion Internet ni de réseau pour les téléphones portables. On annonce le couvre-feu à partir de 18h et les confrontations ont continué jusqu’à l’aube. Le président de la république a fait son discours le soir même pour annoncer sa décision de dissoudre le gouvernement actuel et de former un nouveau gouvernement qui sé era chargé de missions précises. Il a regrété dans son discours les pertes de vie et les incidents survenus. Il a aussi fait référence aux aspirations du peuple egyptien pour plus de démocratie! en laissant entendre que celui-ci jouit déjà d’une “liberté d’expression” et de “liberté de se manifester”! Le lendemain matin on découvre le paysage de commissariats et de voitures de police brûlées. La police s’est complètement retirée et a disparu de vue. L’armée est descendue dans les rues et des citoyens ont pris en charge la circulation dans les grands axes de la ville. Les manifestations reprennent dès les premières heures de la matinée. Si les slogans de la veille faisaient allusion à la volonté du peuple de changer de régime, aujourd’hui c’est le départ du président qui est clairement réclamé. Les réseaux de téléphone portable ont été rétablis de manière progressive vers 10h du matin, alors que la connexion Internet ne fonctionne toujours pas. Le couvre-feu est annoncé cette fois-ci à partir de 16h. Les rues ont commencé à se vider et on apprend que des bandes de jeunes avec des armes blanches auraient l’intention de commettre des actes de vandalisme et de vol. L’information circule assez vite et on voit des hommes armés de bâtons occuper les rues pour protéger les voitures et les propriétés privées. Personne ne sait ce qui va se passer demain. Une chose est sure: les manifestations vont continuer! On pourrait penser que ce qui s’est passé en Tunisie ne se reproduira pas forcément partout dans le monde arabe. On pourrait dire que les situations et les contextes sont différents d’un pays à l’autre, etc. etc. mais, ce qui est certain c’est que le peuple a dit son dernier mot: des presidents à vie, non merci!

Samira

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2 Réponses

  1. C’est pas juste un probleme de president a vie…c’est la concentration de pouvoirs aux mains des chefs d’etats. Il faut une separation des pouvoirs. Checks and balances. Et il faut plus de libertes individuelles.

  2. Pour maintenir une présidence à vie, il est impératif de réduire les libertés individuelles et concentrer les pouvoirs dans les mains d’une seule personne, ca va de soi!

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