Archives Mensuelles: août 2011

Ô maitres de la jungle, rendez-moi mon zoo !


Je me rappelle, quand j’étais tout petit à l’école primaire publique, qu’un moment de joie annuel nous rendait sur les étoiles : Excursion au Zoo de Temara.

A proximité du Stade de Rabat, le Zoo national de Temara était un refuge pour nombreux jeunes écoliers de tout le Maroc. Nous y voyions les animaux que nous enseignaient les livres scolaires de boukmakh notamment, non sans grand émerveillement. De génération en génération, les plus grands ayant visité le parc zoologique racontaient aux plus jeunes leurs expériences fabuleuses : Faire manger aux singes des cacahuètes, entendre le cri effroyable du roi de la jungle, le lion, admirer le cou de la girafe, voir le cagibi improvisé de l’autruche, … bref, des mythes et des histoires d’enfants se sont construits autour du Zoo de Temara.

Il y a deux ans, mes souvenirs et mon égo ont été outré par les propos du haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdeladim Lhafi : « Ce soi-disant zoo ne mérite pas son nom … il est dans un état délabré depuis 20 ans déjà » ! Ainsi, il explique qu’il a été décidé la construction pour fin 2010 d’un nouveau zoo, nécessitant 420 Millions de dirhams. Ainsi, La société Addoha a-t-elle été bénéficiaire ( comment ? ) du terrain de l’ancien zoo contre la construction du nouveau ! Le groupe Addoha a déclaré en 2008 déjà « Le terrain de l’ancien zoo a alors été estimé à 420 millions de DH … la cession du terrain n’a pas été faite à un prix symbolique comme le prétendent quelques articles de presse. Les sommes ont été versées en totalité même si l’Etat n’a mis à la disposition du groupe que la moitié du terrain cédé, explique le communiqué. Le groupe ajoute également qu’il a préféré avancer les fonds pour la construction du zoo qui ne relève pas de ses compétences ». Toytefois, « «les animaux, même dans un espace plus réduit, vivent dans de bonnes conditions de nutrition et d’encadrement», rassure le haut commissaire aux eaux et forêts en 2009. Résumons : Pour renouveler le zoo de Temara, l’Etat a cédé les 52 hectares ou 520.000 mètres carrés au groupe Addoha, en contre partie des 420 Millions de dirhams ( équivalent de 808 Dirhams le mètre carré de terrain nu ! ). Alors, en même temps, en 2008, le patron du groupe se défendait des accusations : « Pour le zoo de Témara, il y avait, au départ, deux appels d’offres infructueux, les propositions, qui étaient faites n’étant pas intéressantes pour cette ville et le CRI de Rabat. … Nous aussi, nous avons contacté des spécialistes, dont des architectes de Singapour qui ont réalisé plusieurs zoos dans le monde. Le coût d’estimation du zoo était arrêté autour de 420 millions DH, …Du coup, le prix dont a entendu parler et qui est évoqué dans la presse … est inacceptable. Quand on annonce un prix de 20.000 DH/m2 brut, il faudra s’attendre à débourser le double pour équiper le terrain… Pour le terrain du zoo, nous avons présenté un dossier très sérieux qui a été retenu par la ville de Rabat. Nous avons payé la totalité du foncier pour que l’Etat puisse avoir les fonds nécessaires pour financer une partie de la construction du zoo … » et d’ajouter sur la question des dérogations : « Tout promoteur, en fonction de son programme d’investissement, peut demander une dérogation. Pour notre part, nous avons proposé de construire des tours pour marquer l’entrée de Rabat. Nous avons fait une demande pour des immeubles R+17, sachant que déjà le siège de Maroc Telecom, qui est à côté, est un R+20. Donc, toute l’entrée de Rabat va être animée de la sorte car c’est un choix de la ville afin de donner du caractère à son entrée ». Très patriote dirais-je : 1 terrain à 800 Dirhams le mètre carré et en plus une dérogation pour la construction d’immeuble R+17 !

Seulement, peu des « responsables » et des bénéficiaires ont prophétisé ce qui s’est passé : 3 girafe sont mortes sur le chantier J. Certains parlent de suicide collectif d’une famille girafe, alors que le haut commissaire parle « d’une mort normale de la femelle », suivie par le mal souffrant de « stress de solitude » !

Devant l’arrogance humaine, on peut s’attendre à tout des animaux : « Un lion mal nourri devenu herbivore, des singes intoxiqués par des « sorcières », une hyène lobotomisée, des flamands roses devenues blancs ». Dans d’autres légendes, on parle d’une « ferme des animaux » qui s’est révoltée contre les humains cupides et insouciants. Attention le 20 Février pourrait toucher aussi les animaux.

Alors, maîtres de la jungle, rendez-moi mon zoo, rendez-moi mon argent, … ou rendez-moi mes souvenirs !

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Tribune : Pour avoir des élus dont nous pouvons être fiers, instaurons l’obligation de vote #intikhabates


Cet article exprime une opinion personnelle et n’engage que son auteur.

 Après l’adoption de la nouvelle constitution, la grande question que se posent les citoyens et les analystes  est : « Auront nous au Maroc une élite politique à la hauteur de cette nouvelle constitution ? »

Certes le souverain a mis le doigt sur la nécessité de disposer d’une élite politique nouvelle.

Extrait du discours du trône du 3O juin 2011 :  » Ainsi, et dans la mesure où c’est une Constitution avancée, relevant d’une nouvelle génération de Constitutions, elle requiert aussi une nouvelle génération d’élites qualifiées, imprégnées de culture et d’éthique politiques nouvelles. Ces élites se doivent de faire preuve de patriotisme, de citoyenneté responsable et d’un sens élevé des responsabilités et de l’intérêt général »

Mais est ce que les partis politiques peuvent et ont envie de présenter des candidats correspondant aux critères de cette nouvelle élite tels que définis dans le discours royale et souhaitée par la grande majorité des citoyens de notre pays.

Toute chose étant égale par ailleurs, je crains que les nouvelles prérogatives du parlement et du gouvernement n’attirent au jeu politique plus des profils intéressés par le pouvoir ou l’argent et pas du tout par l’intérêt général.

Dans le meilleur des mondes, les partis, pour désigner leur candidat seront guidé par un seul critère : Quel est le candidat qui va apporter le plus de sièges (seul le résultat compte peu importe les moyens).

Or gagner un ou plusieurs siège pourrait être aisé pour les candidats sans éthique vu le nombre de votant réduit.

Certes, nous pouvons espérer que la loi électorale (en cours d’élaboration) devrait permettre en théorie de réduire le niveau de corruption par des mécanismes législatifs et par le niveau des sanctions. Mais à mon avis le seul remède intégral serait d’augmenter le nombre de votant pour désintéresser les corrupteurs.

Les citoyens marocains, ayant manifesté  ou pas, sont dans le droit d’espérer une classe politique digne de leur vote et de leur confiance. Mais ceux qui ne voteront pas,  pour quelque raison que ce soit, accordent aux candidats véreux,  une facilité d’accès au « marché des voix » de façon certes involontaires et inconsciente et néanmoins désastreuse pour notre pays.

Aussi vu qu’il s’agit là de l’intérêt général de notre pays, je propose de rendre le VOTE  OBLIGATOIRE aux élections nationales et locales.

Pour ceux qui vont dire mais ce n’est pas démocratique, je souhaiterais rappeler que cette obligation est en vigueur dans plusieurs pays : la Belgique, l’Australie, La Turquie, la Grèce, le Luxembourg, le Brésil, le Costa Rica …

Bien évidemment cette obligation s’accompagne pour les citoyens qui ne l’auraient pas respecté de sanctions pécuniaires et/ou administratives. En Belgique par exemple Un électeur qui ne se rend pas aux urnes peut se voir infliger une amende de 25 à 50 €, et jusqu’à 125 € en cas de récidive.

La constitution du royaume prévoit dans son article  30  « Le vote est un droit personnel et un devoir 

National ».

 

 Aussi à mon humble avis, vu que la carte d’identité nationale va être instaurée pour les opérations de vote et vu que la quasi-totalité des citoyens majeurs dispose d’une telle pièce d’identité, il serait opportun, utile et constitutionnel de prévoir dans la nouvelle loi électorale l’obligation de vote.

 

Sans cette obligation de vote,  les méthodes ancienne de formation de l’élite politique seront toujours en vigueur.

Hamid benlafdil

Et de 3 : Gaddafi s’en va, le n° 4 pour quand?


Jouons au sondage : Législatives du 25 Novembre 2011 au Maroc


https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?hl=en_US&formkey=dDhEamwwcXBYLWtkWWQxUVdyNnUyNnc6MQ#gid=0

A Nador, on jette la poubelle à la commune


Lassée de la gestion des déchets au niveau de sa ville, la population de Nador a fini par se rébellier : les habitants jettent leurs ordures désormais dans l’enceinte et à l’entrée même du bâtiment de la commune!

Cette même population qui a essayé, tant bien que mal, de combattre la corruption lors des communales de 2009, donne l’exemple de ce que pourrait devenir nos ville si nous continuons par la gestion hasardeuse. Les exemples ne manquent pas : Casa, Tanger, Rabat, Marrakech, Kénitra, … où la gestion déléguée ou même communale aboutit vers des fiasco.

D’ailleurs, tout le monde parle des élections législatives de 2011, mais personnes ne parle communale. Avons nous oublié ce qui s’est passé en 2009? Les « maires » actuels seront ils candidats ou sponsors des législatives?

Caisse de compensation : comment financer le carburant des riches!


La caisse de compensation, un instrument de l’Etat marocain, destiné à stabiliser les prix des matières essentielles ( Gasoil, butane, essence, sucre, pain, blé, … ) afin que le consommateur marocain soit à l’abri des changements des cours mondiaux, réduire l’inflation et préserver la paix sociale.

Seulement, il y a toujours une question importante : L’argent dépensé en compensation, va-t-elle à ceux qui la méritent? Pas sur, puisque tous bénéficions des prix réduit.

Un commencement de réflexion citoyenne est amorcée ici sur le blog de Didacasa concernant le carburant, permettant de gagner plus de 130 Millions de dirhams à travers un réaménagement de l’impôt sur les véhicules ( vignette ).

D’autres lectures sont faites par Larbi, Omar et BigB

Manif : Kabbaj vs Majidi


Au Maroc, le changement est difficile : la preuve par la TVM


Après une constitution, finalement mi-figue mi-raisin, apportant beaucoup d’améliorations par rapport à sa précédente et capitalisant sur les acquis, beaucoup de marocains, enfin ceux que je connais peut être, s’attendait à ce que les choses changent.

Les prémices d’une amertume, le conservatisme a la peau dure, ont déjà commencé lors de la campagne pour ladite constitution : des moussems (comprenez carnaval de mauvais goût), des hayaha (comprenez des gens payés pour faire de la « festivité politique »), des non-débats … ont envahi la scène nationale. A-t-on vraiment besoin de cela au 21ème siècle et surtout à un tournant historique où le pays s’accrochait, tant bien que mal, à dépasser les turpitudes et les mésaventures du « printemps » arabe et de passer, avec beaucoup de prudence ( J ) à une démocratie telle qu’universellement reconnue ( j’adore l’expression ) ? Au moment où plus de 99% des « forces » politiques ont approuvé le projet de constitution et le reste a tout bêtement boycotté le référendum, pourquoi tout ce folklore ? Il y a certainement des « poches de résistance » qui ont vu que leur « rôle » dans la nouvelle société allait être marginal, alors ont-ils eu l’immense intelligence à faire croire « à qui de droit » qu’ils sont indispensables ? Peu importe, il faut que nos « progressistes » s’essaient de comprendre, car si le là a été donné en cette période, les prémices ne sont pas de bonne augure ! Ne parlons pas de la cérémonie d’allégeance ou de la première séance des « dourouss hassanya » (causeries religieuse de Ramadan) où le ministre des habouss et des affaires islamiques tentait de faire le parallèle entre la démocratie et la bay’a ( allégeance ) !

Pas plus loin que ce soir, en famille, je m’essaie de regarder notre auguste première chaine de télévision « al oula » (traduisez la première), baromètre de l’Etat et son « porte parole audiovisuel ». Voici les premières impressions du journal télévisé principal  de ce jour:

  • 42 minute pour un journal télé est vachement beaucoup !
  • Le Roi est toujours à la UNE des journaux télévision avec la même voix sordide qui accompagne en commentaire : « des actions qui dépassent l’égo pour aboutir à une bienfaisance collective multiservices suivant une approche collective apportant le bien-être … bla bla » (vous imaginez cette dissertation dans un journal télé au 21ème siècle !).
  • Le Roi inaugure (et on nous montre les détails même de sa tournée avec les enfants) un espace pour enfants handicapés mentaux à Yaacoub El Mansour à Rabat ( bien sur avec tous les détails sur la superficie, le nombre de tables, de chaises, les financements, … )
  • Le Roi inaugure un centre d’insertion socio-économique se basant sur le principe de la solidarité collective pour créer des activités lucratives … bla bla, toujours à Yaacoub Elmansour (toujours avec les mêmes détails « techniques » et non « techniques »).
  • Après les images d’inauguration, un grand responsable de la fondation Med V (d’ailleurs, est-elle un établissement gouvernemental ou ONG ou quoi au juste ? #justeunequestion) pour la solidarité vient expliquer bien entendu, puis la voix magique revient pour donner des « explications complémentaires » en montrant des intervenants dans le projet.
  • 12 congressmen ont adressé une lettre au Roi que les réformes sociales et économiques sont importantes et apportent leur soutien au réformes lancées par le Roi.
  • 16mn30 pour les activités royales !

Au même moment, Niny est toujours en prison, jugé par le code pénal, d’autres journalistes sont poursuivis pour « diffusion de fausses informations » concernant la relation du PAM et certains gouverneurs/Walis.

Qu’est ce qui a changé depuis la promulgation de la constitution ? Finalement, il faut que le changement passe par les têtes de certains !

Attention ! je suis enramadiné


Avant tout, Ramadan Mabrouk à tout le monde. Aujourd’hui, c’est le premier jour de ce mois exceptionnel au Maroc. Sincèrement, j’aime bien l’ambiance qui accompagne le Ramadan. Tous ces mets indispensables à la table du « Moghreb », ces habits traditionnels qui se mettent en valeurs, ces mosquées qui deviennent pleines de fidèles, ces signes extérieurs de piété, …

Depuis hier, le phénomène d’accompagnement du mois de ramadan a été intelligible. « Tremdine », qu’on peut traduire grammaticalement à « enramadinement ». L’enramadinement est un état de dépassement des « sur moi », de sa conscience, des liens sociaux et culturels, … lié à un manque ( café, cigarette, drogue, thé, … ) provoqué par le jeune. On reconnaît cet état généralement après 15h dans les centres commerciaux, aux carrefours, parfois chez soi, … une réplique qui revient souvent : « malou sayem bejmil ? ».

D’un autre côté, beaucoup ne se soucient pas de ce mois. Des personnes ordinaires ont choisi de ne pas jeûner. Oui, parce que dans ce pays, où, socialement, on ne te laisse jamais le choix quand il s’agit de pratiques pareilles ( fête du mouton, jeune, … ), tu es libre de jeûner ou pas. Le seul tic, c’est que si tu n’observe pas le jeûne, tu dois le faire discrètement, chez toi. Si tu t’exposes à la voie publique, on te ramasse !

Encore bon ramadan, avec mes souhaits de bonheur, de santé et de réussite. Et surtout, évitez l’enramadinement !

Le 02/09/2008

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