Travail domestique : Arrêtons l’impunité, l’esclavagisme et l’exploitation !

Les histoires tragiques des petites filles exploitées dans notre société marocaines se suivent, se ressemblent et atteste d’une incapacité chronique de combattre ce fléau au 21ème siècle. L’histoire de la petite Zineb d’Oujda, 11 ans, torturé dans le foyer d’un juge, celle du même âge torturée, récemment, jusqu’à la mort, … ne sont que la partie visible de l’iceberg ! Elles sont plus de 60.000 petites filles qui servent ( et je l’assume ) d’esclaves modernes dans les foyers. Pire, parmi les gens plus pieux, les modernistes plus acharnés, cette pratique ne semble perturber leurs principes ! Le célèbre blogueur marocain Citoyen Hmida s’exprimait, avec les mots adéquats, sur le sujet ainsi : « Avant même de poser des problèmes de droit et de société, l’exploitation des petites filles dans les travaux ménagers doit nous interpeller individuellement au niveau de notre conscience, de notre morale, de notre éthique ! », il a bien raison ! Ne nous voilons pas la face : combien de mère de famille tolère que ses adolescents abusent de la petite domestique au lieu de choper le sida ailleurs ? Combien de famille considère que faire travailler une petite fille d’une famille pauvre est la sauver de la misère ? Combien de nous tous, s’accommodent devant trouver une petite bonne chez la famille ou les amis ? … Mais en même temps, le problème est beaucoup plus complexe, car aucune société n’a combattu un fléau par la simple remise en cause individuelle de ses citoyens. A mon sens, il faut œuvrer sur deux niveaux parallèles.

 

Travaillant quelque 14 heures par jour, 6 jours sur 7 ( et là je suis clément ), soit quelques 364 heures par mois, contre un salaire de misère qui ne dépasse guère les 800 dirhams par mois, soit 2,20 dirhams de l’heure ! Et si c’était seulement ça : la violence, les viols, la maltraitance, … sont autant de supplices subies par ces petites Cosettes, dont le seul tort est d’être nées dans une société impitoyables, dans un état qui peine à protéger ses enfants ! La société civile n’a pas cessé de dénoncer cette situation, pourtant le Maroc est signataires de toutes les conventions OIT interdisant le travail de l’enfant. Même HRW s’est mêlée à cette dramatique destinée !

Le code du travail, censé être le cadre légal réglementant les relations de travail entre employeurs et employés, a évité de rentrer dans le détail du travail domestique tout en renvoyant vers un texte de loi spécial pour cette question. Depuis quelques mois déjà, le projet de loi sur « les travailleurs domestiques » est chez le SGG. En voici quelques avancées et remarques que j’ai faites :

  • Interdiction d’employer enfants de moins de 15 ans. Entre 15 et 18 ans, un accord parental est nécessaire.
  • Le projet de loi impose un contrat type entre employeur et employé, dont un exemplaire doit parvenir à l’inspection du travail.
  • L’employé est rétabli dans ses droits légitimes : congé payé (minimum 1,5 journée par mois), 1journée chômée par semaine, prime de fin de contrat, salaire minimum équivalent à la moitié du SMIG applicable en industrie, …
  • L’inspection du travail est, à l’instar des autres conflits durant et après les autres contrats de travail, est habilitée à arbitrer entre les contractants.
  • Le contrat ouvre l’imposition d’affiliation à la sécurité sociale.
  • Il est passible d’amende entre 25 et 30.000 dirhams ceux qui ne déclarent pas leur contrat de travail. En cas de récidive, la peine peut aller jusqu’à 3mois de prison ferme.

Conscient de l’importance d’une réglementation qui saura mettre à niveau à moyen et long terme la situation de ces travailleurs clandestins, il est nécessaire dans le même ordre d’idée que la mentalité change. Ceci n’est possible que par une appropriation des valeurs des droits humains par tout un chacun, ce qui nécessite une vraie révolution culturelle. Ceci est valable dans tous les domaines par ailleurs.

Le débat est ainsi ouvert !

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3 Réponses

  1. C’est une conséquence du féodalisme qui règne dans notre société.

    Même notre soit disant élite de droit divin avait des esclaves assez récemment.

    http://www.unhcr.org/refworld/topic,4565c22541,4565c25f4eb,3ae6ad6164,0.html

    Dans le pays de la hogra, ou le citoyen est muselé et asservi au trône, ce n’est pas si étonnant que le commun des mortels reproduise un mode de vie qu’il voit plus haut.

  2. @ cundepila

    tu racontes n’importe quoi. l’ordre social féodal repose avant tout sur l’engagement moral et politique de l’aristocratie à prendre soin du peuple, dans le respect du milieu ambiant… pas étonnant que les touargais soient prêts à se faire découper en morceaux pour servir le trône !

    sans en arriver à ce cas de figure et pour s’en tenir au drame des petites bonnes martyrisées, que chacun balaie devant sa porte. pas besoin de droit du travail ni de contrat d’embauche, la vérité est que notre pays regorge de fillettes qui ne demanderaient pas mieux que d’être adoptées par des familles d’accueil en échange d’une contribution aux soins du ménage. ce qui suppose également de la part de la famille d’accueil de prendre soin de la gamine ou de la jeune fille « au pair », quitte à la scolariser et veiller à son insertion sociale et professionnelle le moment venu… c’est là une forme honorable de solidarité sociale, au-delà des schémas sordides de rapports de classes, surtout quand il ne s’agit en réalité pour les vengeurs de petites bonnes abusées que de discréditer la monarchie.

    pour ce qui est des citoyens muselés, tu prouves suffisamment à ta manière qu’une muselière ne suffit pas à empêcher quelqu’un de s’exprimer 😉

    d’où le crédit que l’on peut accorder à tous ces marocains qui ne se gênent pas pour dire tout le bien qu’ils pensent de leur pays, compte tenu de la liberté que tu as, toi-même, d’en dire autant de mal.

  3. « tu racontes n’importe quoi. l’ordre social féodal repose avant tout sur l’engagement moral et politique de l’aristocratie à prendre soin du peuple »

    Selon la grille de lecture féodale, tu a raison. Mais nous sommes en 2011, et nous avons appris depuis plusieurs siècles déjà que ce n’est qu’une excuse bidon. L’ordre social féodal repose avant tout sur le désir d’une minorité de dominer le reste.

    « dans le respect du milieu ambiant… pas étonnant que les touargais soient prêts à se faire découper en morceaux pour servir le trône ! »

    Et les SS prêts à se faire découper en morceaux pour servir Hitler…c’est une histoire d’ordre social féodal aussi? Et les jihadis prêts à s’exlposer pour défendre leur cause?

    Un exemple n’est qu’un exemple. Les touargais servent le trône parce qu’ils sont financièrement compensés. Ils vendrait leurs services au plus offrants le cas échéants.

    « sans en arriver à ce cas de figure et pour s’en tenir au drame des petites bonnes martyrisées, que chacun balaie devant sa porte. »

    A commencer par le palais!

    « a vérité est que notre pays regorge de fillettes qui ne demanderaient pas mieux que d’être adoptées par des familles d’accueil en échange d’une contribution aux soins du ménage. »

    Sauf que l’adoption dans le sens moderne est interdit par l’islam.

    « surtout quand il ne s’agit en réalité pour les vengeurs de petites bonnes abusées que de discréditer la monarchie. »

    La monarchie n’a pas besoin d’aide pour se discréditer. Elle se débrouille très bien toute seule.

    Je pense sincèrement que la mentalité qui produit l’abus des bonnes au Maroc provient de la même mentalité qui tolère (et dans ton cas vénère!) un monarque absolu. C’est une mentalité arriérée qui règne au Maroc, malgré les apparences trompeuses depuis l’introduction de la technologie.

    « pour ce qui est des citoyens muselés, tu prouves suffisamment à ta manière qu’une muselière ne suffit pas à empêcher quelqu’un de s’exprimer 😉 »

    Non. Je suis expatrié. Je ne pourrais pas m’exprimer aussi librement sans prendre de gros risque si j’étais au Maroc.

    « d’où le crédit que l’on peut accorder à tous ces marocains qui ne se gênent pas pour dire tout le bien qu’ils pensent de leur pays, compte tenu de la liberté que tu as, toi-même, d’en dire autant de mal. »

    C’est incomparable. Toute expression dissidente au Maroc se fait en prenant de gros risques. Le plus gros risque que prennent les lèche-bottes, c’est de se faire accorder une « grima » ou un haut poste dans l’administration publique.

    Rien n’est tout bien ni tout mal. C’est une vision gamine que de voir les choses en binaire. Par contre, dans plusieurs domaines, il est aisée de démontrer que le Maroc est a la traîne par rapport aux autres pays. Je rappelle ce chiffre de la banque mondiale par exemple: Le Maroc est classé 126eme en terme d’éducation. Selon The Economist, nous sommes au numéro 116 en terme de démocratie (derriere Haïti, l’Iraq et la Mauritanie). Ceci est la réalité objective! Loin de la ferveur nationaliste.

    Il y a beaucoup de bien a dire sur le Maroc. Sa gastronomie ou ses paysages sont absolument fabuleux. Mais la mentalité qui domine la société et le système politique sont tout simplement des pourritures.

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