Congrès #usfp #ouallaoualou

Parce qu’il faut bien un billet sur le IXème congrès de l’USFP, je me lance. Je ne vais pas parler sur le débat idéologique régnant dans la préparation du parti marocain de la rose, vous pourrez lire ici :

Dans un prochain billet, je mettrai en lumière mon analyse des différentes plateformes soumises au congressistes sur les différentes questions idéologiques, politiques, économiques, sociales et culturelles. Le débat de la commission de préparation a été riche, franc et sans concession. Les choix du parti, à savoir la social démocratie ( prônée lors du XIème congrès ) et la stratégie de lutte démocratique ne sont pas remis en cause. Par contre, le procès des 13 ans de gestion gouvernementale est on ne peut plus violent.

Je ne vais pas m’attarder sur ce sujet, objet d’un autre billet, pour passer à ce qui reste dans la scène médiatique « le plus important » : choix du capitaine de vaisseau. En effet, l’USFP a été le premier parti à avoir abandonné l’idée de la légitimité historique, que l’on interprète chez nous : « Ne te fatigue pas, le leader est naturellement choisi », avec la « révolte » sur Elyazghi, le malheureux éternel second de la formation de Benbarka. Cette pluralité à venir a été mal vécue au sein du parti n’ayant pas reçu de didactique spéciale 🙂 et du coup, le VIIIème congrès a failli détruire le parti, et s’est finalement déroulé sur une seconde manche de rattrapage.

Fidèle à ma tradition de transparence ( qui me vaut toujours des représailles organisationnelles, mais qu’est ce que je m’en-fous ), car je pense que ce parti appartient à tous les marocains et fait partie intégrante de leur inconscient collectif, même ceux qui disent le « haïr » ( d’ailleurs, je me demande comment des gens font de la politique en « aimant » ou « haïssant » un parti? la politique se fait-elle avec les sentiments? ), je vais faire ici la présentation des 5 candidats aux postes du 1er secrétaire de l’USFP.

Avant les présentations ( excusez-moi d’être un peu long ), il faut souligner quelques remarques de fond. La candidature multiple, depuis le congrès précédent, devait ouvrir le bal à reconnaitre la différence et surtout présenter des courants et des motions pour convaincre les congressistes. Voici quelques remarques :

  • La commission préparatoire a fait validé par le conseil national les plateformes à soumettre aux congressistes. Cela ne laisse guerre aux candidats l’occasion de présenter des alternatives. Leurs programmes se limiteraient à une plateforme « managériale » du parti. Cela aurait été plus efficace que le conseil national valide une plateforme d’orientation mentionnant le socle de base qui unit les partisans de la rose et qui laisse l’opportunité aux candidats de la décliner et de l’assumer (option que j’ai défendu avec des camarades, mais qui n’a pas été retenue).
  • Élections des instances : Il est plus logique que quand les congressistes à la base élisent le futur 1er secrétaire, il soit doté de la possibilité de former « son cabinet », id est avoir au moins 51% des siège du bureau politique, organe exécutif du parti (option que j’ai défendu avec des camarades, mais qui n’a pas été retenue). Or aujourd’hui, après l’élection du 1er secrétaire, on élit une commission centrale de 300 militants ( c’est un autre débat! ) qui élira le bureau politique. C’est le risque d’avoir un 1er secrétaire sans pouvoir, sans majorité!
  • A l’exception d’un candidat, tous les autres ont été responsables au moins de la gestion politique du parti entre les VIIIème et le IXème congrès. Aucune autocritique par rapport à ce point n’a été rendue publique!

Passons désormais aux présentations des candidats (par ordre alphabétique des noms de familles). Première observation : aucune femme ne s’est présentée, un problème dans un parti qui se veut progressiste!

Habib El Malki :

66 ans, professeur universitaire, élu en 1991 secrétaire général du « Conseil national de la jeunesse et de l’avenir (CNJA) », organe consultatif institué par Hassan II, et considéré parmi les signe d’ouverture du palais à l’opposition de l’époque. Plusieurs fois député, ancien ministre de l’agriculture dans le gouvernement de l’alternance conduit par Youssoufi puis de l’éducation national dans le gouvernement suivant dirigé par Jettou. Il était président d’un des premiers Think tank marocain Groupement des Etudes et Recherches sur la Méditerranée GERM et du célèbre Centre Marocain de Conjoncture CMC, qui pendant de longues années, était le seul centre marocain à publier des statistiques, des études et des projections alternatives à celles du ministère des finances. Pour l’USFP de Bouabid, El Malki fut, avec Radi, l’un des canaux de communication avec le palais.

Il a signé un livre interview avec narjis Reghay : « La parenthèse désenchantée: une alternance marocaine », où il met les spots sur les limites, voire les échecs, de l’alternance consensuelle. Il n’oublie pas au passage de tirer sur les choix économique de son camarade Oualalou dans ce gouvernement ( les indiscrétions disent qu’il a été le premier à être proposé ministre des finances, avant que Youssoufi penche vers Oualalou ).

Membre du bureau politique, il a été candidat au poste de 1er secrétaire et a été 4ème en terme de voix derrière Radi, Oualalou et Lachgar et a eu le meilleur score pour les élections du bureau politique. Lire les grandes lignes de son programme ici.

Driss Lachgar :

58 ans, avocat, plusieurs fois député et président du groupe parlementaire du parti (notamment dans la législature où Youssoufi était 1er ministre). Spécialiste en législation juridique, redoutable homme de l’appareil. Les marocains se souviendraient certainement de lui lorsqu’en 2009, il a appelé à la sortie du parti du gouvernement, a critiqué le PAM, monté une promesse d’alliance avec le PJD, avant de se retrouver ministre en Janvier 2010. Dans ses missions parlementaires, il a présidé la 1ère commission parlementaire d’enquête sur l’affaire du CIH, a été très actif dans le « plan nationale d’intégration de la femme » (enterrée par manque de soutien de progressistes et l’opposition farouche des islamistes, avant d’être remplacée par la moudawana, proposée par Mohamed VI et voté au parlement) ainsi que le droit de la nationalité.

Membre du bureau politique, il a été candidat au poste de 1er secrétaire et a été 3ème en terme de voix derrière Radi et Oualalou. Lire les grandes lignes de son programme ici.

Fathallah Oualalou :

70 ans, professeur universitaire. Plusieurs fois parlementaire, maire actuel de la capitale Rabat. Il avait dessiné pendant la phase de l’opposition l’image du « cavalier du parlement ». Il a été 2 fois ministres des finances (privatisation et tourisme pendant 1 mandat), la 1ère sous le gouvernement de l’alternance de Youssoufi et la 2ème avec Jettou. Il a marqué la scène avec son orthodoxie de stabilité macro-économique. Il se définit social démocrate de la 3ème voie, proche des sociaux-libéraux ( courant anglais de Tony blair, et prôné par Strauss Kahn). Il a signé en 2009 un essai important « Nous et la crise économique« , prévoyant notamment la seconde crise mondiale ( livre qui n’a pas eu la place qu’il mérite dans le débat public ), et où il développe une stratégie de sortie de crise, qui ne peut qu’être que « sociale-démocrate et de surcroit, maghrébine ».

1er secrétaire adjoint dans le mandat actuel, il était candidat au poste de 1er secrétaire et a été 2ème ( de justesse ) derrière Radi. Lire les grandes lignes de son programme ici. Les indiscrétions disent qu’il est soutenu par A. Youssoufi himself.

Mohamed talbi :

41 ans, journaliste. Avec d’autres, il a été parmi ceux qui se sont révolté contre Sassi dans la gestion autocratique de la chabiba, puis parmi ceux qui se révolteront ensuite contre Elyazghi, l’accusant de vouloir domestiquer la jeunesse du parti. En compagnie de hassan Tariq, Hamid Bajjou, Leila Louadi, … et d’autres, il a constitué le premier « courant » au sein de parti qui sort au public : « Les nouveaux socialistes« , mais que la conjoncture de l’époque, le retrait de Mohamed Elgahs, … ont fait disparaitre. Quand beaucoup le considère comme outsider, la symbolique de sa candidature est très importante.

Ancien membre du bureau national de la jeunesse de l’USFP, membre du conseil national du parti.

Ahmed Zaidi :

59 ans, journaliste, ancien rédacteur en chef et présentateur des infos sur la télévision marocaine. Conseiller communale, plusieurs fois députés parlementaire, président du groupe parlementaire du parti depuis 2007. Zaidi lui même avoue qu’il ne souhaitait pas se présenter, mais qu’il l’a fait sur insistance de A.R. Chami, qui aurait « souhaité plus de frottements avec les bases du parti ». Le groupe parlementaire du parti s’est « professionnalisé » sous sa présidence, il doit compter sur le soutien d’une grande partie des parlementaires, mais en même temps on lui reproche d’être trop proche des « notables » et des « nouveaux arrivants » du parti.

Membre du bureau politique. Les indiscrétion disent qu’il est soutenu par El Yazghi, contre Lachgar!

Conclusion générale :

Sur le futur 1er secrétaire : Le show devrait être passionnant. La course se déroulera en 2 tours. Les candidats ayant plus de chances sont Zaidi, Lachgar et Fathallah. J’attends leurs intervention officiellement dans le congrès pour pouvoir juger leur programme et vers qui pencher. Pour ne pas être traité de « politicien » qui ne souhaite pas se dévoiler ( après tout ce que j’ai écrit plus haut 🙂 ), j’avoue que je penche un peu pour Fathallah Oulalou. Sur un autre registre, d’autres paramètres organisationnels ne sont pas encore révélés : on ne connait pas vers quoi vont pencher le trio Achaari, Ajoul et Bouabid, ni les 3 autres mousquetaires Jmahri, Khirat, Tariq.

Sur le congrès : je ferai un post (ne me bousculez pas, je ne travaille chez personne 🙂 ) pour présenter une synthèse des orientation politique. J’espère que le congrès suscitera le débat au sein des progressistes et touchera les vrais enjeux du parti, du camps du progrès et du pays, voire de la région.

4 Réponses

  1. Bel article récapitulatif, merci pour votre effort

  2. […] « compétition » pour le poste du 1er secrétaire a été vidée et remplacée par une compétition de […]

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