Archives de Catégorie: anfass

Kénitra : Appel à réagir contre la poussière noire ! #tekhne9na


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« WAaa CHEF » #freeanouzla #freekoulchi #libertedespression !!!


#freeanouzla – MounirBensalah.org en solidarité avec Ali Anouzla


Ce blog participe à la campagne de solidarité Balckout avec Ali Anouzla.

anouzla-solidarité

#freeanouzla


anouzlaSuivez l’affaire sur le site : http://freeanouzla.com/

#anfass بيان بخصوص العفو على سجين اسباني معتقل على خلفية قضية اغتصاب أطفال مغاربة


 

بيان بخصوص العفو على سجين اسباني معتقل على خلفية قضية اغتصاب أطفال مغاربة

تابعت حركة انفاس الديمقراطية تفاعلات قضية العفو الصادر, بمناسبة عيد العرش, بحق المدعو دانيال كالفان, مواطن اسباني قد توبع و حكم عليه ب30 سنة سجنا نافدة و 50.000 درهم كتعويض للضحايا.

ان الحركة, و في سياق تتبعها و رصدها لهده القضية, تسجل :

+ ارتياحها لمنطوق الحكم الدي صدر في حق المتابع بجريمة اغتصاب قاصرين و التغرير بهم, لما من شانه ان يكون اجتهادا قضائيا محمودا.

+ اعلان القصر الاسباني ان العاهل الاسباني طلب من نظيره المغربي تمتيع مواطنين اسبان بالعفو, ثم إعلانه شكر ملك اسبانيا لملك المغرب في نفس السياق بعد صدور العفو.

+ العفو حق ملكي مكفول دستوريا.

كما تابعت الحركة استنكار فئات عديدة, خصوصا من الشباب على صفحات شبكات التواصل الاجتماعي, اطلاق سراح المدعو دانيال, و الدعوة الى التظاهر يوم الجمعة 02 غشت امام البرلمان بالرباط على الساعة العشرة مساءا.

ان حركة انفاس الديمقراطية :

+ تعلن تضامنها اللامشروط مع الضحايا و عائلاتهم.

+ تطالب السلطات العمومية بالاعتذار الرسمي و العلني للضحايا و عائلاتهم و لعموم الشعب المغربي عن هدا الخطأ الأخلاقي.

+ تدعوا السلطات العمومية المغربية ان تطلب من نظيرتها الاسبانية, في اطار الاتفاقيات القضائية بين الجانبين, ان يقضي المتابع عقوبته بالسجون الاسبانية.

+ تطالب بإصلاح مسطرة العفو و إعادة النظر في الفصل 53 من القانون الجنائي و الظهير رقم 1.57.387 لسنة 1958.

+ تعلن خروجها للتظاهر مساء يوم الجمعة 02 غشت 2013, كما تدعوا مناضلاتها و مناضليها و كافة المتعاطفين الى المشاركة في الوقفة.

كما تعلن انها ستستمر في تتبع هده القضية و اقتراح خطوات عملية لتفادي تكرار مثل هده الهفوات.

عن اللجنة التحضيرية الوطنية,

الدار البيضاء, 01 غشت2013

Communiqué  sur  la grâce royale du prisonnier espagnol inculpé pour viol d’enfants marocains :

 

Le mouvement Anfass démocratique a suivi l’affaire de grâce royale dont a bénéficié  Daniel CaLavan, citoyen espagnol condamné à une peine de 30 ans de prison ferme et 5.0000 Dhs de édommagement pour ses 11 victimes.

Dans le cadre de cette affaire, le mouvement tient tout d’abord à souligner quelques constats :

  • Sa satisfaction de l’énoncé du jugement prononcé à l’encontre de l’inculpé poursuivi pour pédophilie et détournement de mineurs, ce qui représente une jurisprudence importante.
  • Selon la déclaration du palais espagnol : le roi d’Espagne a demandé à celui du Maroc de faire bénéficier ses concitoyens de la grâce royale, chose faite, le roi d’Espagne a remercié le roi du Maroc pour son geste.
  • La grâce royale est un droit garanti par la constitution.

Le mouvement Anfass a aussi suivi l’indignation générale, exprimée de façon explicite sur les réseaux sociaux, par rapport au relâchement du prisonnier Daniel, et dans ce sens un appel à une manifestation vendredi 2 Aout  à 22h devant le parlement à  Rabat a été lancé.

 

Le mouvement :

  • Déclare sa solidarité inconditionnée avec les victimes et leurs familles.
  • Exige des excuses officielles et publiques de la part des autorités publiques  à exprimer aux victimes, à leurs familles et à tout le peuple marocain pour cette  erreur d’ordre éthique.
  • Incite les autorités publiques marocaines à demander à celles espagnoles que l’inculpé purge la totalité de  sa peine en Espagne, et ce dans le cadre des accords juridiques entre les deux pays.
  • Demande une réforme de la procédure de grâce, ainsi qu’une revision de l’article 53 du code pénale et du décret numéro 1.57.387 de l’année 1958.
  • Déclare sa participation dans la manifestation du vendredi 2 août 2013, et invite ses militantes, militants et tous les sympathisants à faire de même.

 

Le mouvement  continuera à suivre l’évolution de cette affaire et proposera des  solutions pratiques  pour éviter de telle situation dans le futur.

 

Comité préparatoire national.

Casablanca, 01 août 13

 

Mobilisons-nous tous contre la grâce au violeur d’enfant!!!


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Le violeur d’enfants de Kénitra, alias Daniel a été gracié par le Roi Mohamed VI à l’occasion de la célébration de sa 14ème fête du trône.

Scandale alarmant pour la justice marocaine, il est à rappeler que Daniel a violé 11 enfants, crime pour lequel il a été condamné à 30 ans de prison ferme. A 2 ans de sa condamnation, Daniel est aujourd’hui gracié par le Roi!
Terrorisées, les familles des victimes sont incapables de réagir pour rendre justice à leurs enfants.

Dans ce sens, un sit-in est organisé le vendredi 02 Août à 22h devant le parlement à Rabat, mobilisons-nous tous pour un vraie liberté de la justice au Maroc !

La liste des victimes du violeur espagnol gracié:

1. Nawal (6 ans), âgée de 2 ans au moment des faits
2. Rkia (12 ans), qui avait 8 ans lorsqu’elle s’est fait violer.
3. Saïdia (13 ans) .
4. Souâd (10 ans), 6 ans au moment du viol.
5. Aziza. (10 ans), 6 ans au moment du premier viol.
6. Omar (19 ans), 14 ans au moment des faits.
7. Amal, 10 ans
8. Intissar, 10 ans aussi.
9. Fatéma, 15 ans.
10. Karima 11 ans (la sœur de Fatéma).
11. Hanane : 9 ans

@nicoladiaz Webmaster FIDH : « la promotion et l’implémentation des logiciels libres à l’échelle nationale pourraient sans équivoque capitaliser sur un accroissement significatif du degré de souveraineté technologique d’entités névralgiques d’une nation « 


Après des études de linguistique, en 1996, il contracte le virus du geek et l’autodidactie le pousse vers le webmastering. En 1999, il a été formé par un ingénieur en sécurité et logiciels libres au sein de la FIDH et s’emploie depuis plus de 12 ans à fournir aux défenseurs des droits humains des outils numériques pour mieux communiquer et lutter en faveur des libertés fondamentales.
Aujourd’hui Nicolas DIAZ s’intéresse particulièrement aux problématiques de la vie privée, de la sécurisation des données et de la souveraineté technologique. Il est webmaster chez la FIDH.


1- Pourriez-vous expliquer la notion de Hacktivite?
L’hacktivisme : c’est la discipline qui consiste à utiliser les technologies de l’information pour défendre les droits fondamentaux et donc tendre vers l’utopie. Ces technologies peuvent être donc détournées afin de mieux servir une cause noble et juste. L’hacktivisme impose aussi une bonne dose de curiosité et de veille pour mieux combattre l’opacité des systèmes et la surveillance engendrée notamment par les éditeurs de logiciels privateurs. L’hacktiviste a un trait distinctif il défend et promeut les logiciels libres 🙂

2- Dans le sillage du « printemps arabe », des informations se sont vérifiées : des entreprises occidentales ont bien livré des équipements d’espionnage aux régimes despotiques d’avant mais aussi aux nouveaux régimes, avec les islamistes en têtes des gouvernements. Comment commentez-vous cela?

Ces outils de surveillance sont purement et simplement des moyens mis à disposition des régimes tyranniques pour mieux aliéner la société civile et ce au prétexte de la lutte contre le terrorisme.
Les terroristes sont bien plus malins et ils n’utilisent pas que l’internet pour organiser leurs méfaits. Ils utilisent le prosélytisme dans les quartiers déshérités, les prisons, les écoles. Ils utilisent des photocopieurs, des vidéos sur support DVD, des voitures … Les gouvernements qui diabolisent l’internet n’ont jamais pris la peine d’interdire les voitures, l’usage de photocopieurs. Les fournisseurs de solutions de surveillance usent des mêmes stratagèmes que les marchands d’arme pour vendre leurs technologies.

3- Certains Réseaux sociaux à succès planétaire sont aujourd’hui une réelle mine d’informations personnelles et d’habitudes des gens. Ils utiliseraient ces informations pour s’enrichir davantage. Quelles sont votre point de vue la dessus? Pourquoi les « petits » réseaux communautaires ne marcheraient pas?

Depuis la révélation du programme Prism de la NSA grâce à Snowden on peut vraiment affirmer que le confort de l’utilisateur prime sur  la Protection de sa vie privée.
L’exemple Tunisien : aujourd’hui 3 millions d’utilisateurs sur 10 millions d’habitants … accélérateur de révolution mais aussi potentiellement un outil de surveillance de masse à l’échelle d’un pays. Plus que jamais il est impératif de surveiller les dérives et les abus des géant américains de l’internet FaceBook, Apple, Microsoft et Google sont tellement puissants qu’ils peuvent aujourd’hui sans trop de difficultés soumettre un état et porter atteinte à sa souveraineté.
Par ailleurs, Facebook/youtube ont libéré la parole des tunisiens et de nombreux peuples, mais sont évidemment également  des amplificateurs de rumeurs voire des vecteurs de diffamation ou de calomnie. En termes de journalisme, les informations trop soumises à la précipitation des réseaux sociaux perdent en pertinence et ne passent plus par le traitement déontologique journalistique. En somme la suprématie de certaines plateformes dîtes de liberté d’expression a, a contrario, amplifié la désinformation et l’absence de déontologie en journalisme.

4- Justement, des fuites récentes parlent d’une grande opération de flicage des services américains avec un libre accès aux serveurs des géants comme Google/facebook/microsoft/… ce qui mettrait en danger les informations personnelles de plusieurs centaines de millions de personnes sur terre. Comment voyez-vous ce risque?

Enfin je dirai que la centralisation des données représente un danger pour les internautes. Il est préférable de tendre vers la décentralisation du stockage des données et stimuler les échanges de données de pair à pair (peer2peer). Je recommande à tous les gens désireux de défendre leur liberté sur internet de consulter ce site : https://prism-break.org/ . Ce site répertorie tous les logiciels libres qui sont un des garants des libertés sur l’internet.

5- Revenons à un autre sujet important. Comment commentez-vous la poursuite des régimes du post « printemps arabe » d’achat de logiciels à cout de milliard de dirhams, alors que des équivalents en logiciel libre permettraient d’économiser cet argent pour ces pays qui en ont grandement besoin? Pareil pour les pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Le cas de Microsoft est emblématique du manque de transparence des marchés publics notamment en FRANCE, en TUNISIE et en EGYPTE. Ces trois pays ont ce point commun : pour des raisons encore obscures ils sont soumis aux produits Microsoft. Certains justifient ces contrats astronomiques avec la firme de Redmond au nom de l’interopérabilité de systèmes et notamment celui de l’OTAN.
En termes de souveraineté, des transferts de compétences, de défense, d’emploi c’est une catastrophe pour tous ces pays voire ces continents qui sans le savoir sont soumis à une seule technologie et versent rapidement dans une addiction inconsciente.
A contrario la promotion et l’implémentation des logiciels libres à l’échelle nationale (administrations, écoles, ministères, universités) pourraient sans équivoque capitaliser sur un accroissement significatif du degré de souveraineté technologique d’entités névralgiques d’une nation et ainsi créer de la valeur et capitaliser sur son savoir-faire.

6- Finalement, quel rôle de la FIDH notamment pour la promotion des droits bafoués que vous avez évoqué dans cet entretien?

Le rôle de la FIDH est de défendre tous les droits énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. En l’espèce et concernant les technologies de l’information : la FIDH défend le droit à la vie privé et combats de les entreprises de surveillance qui violent les libertés fondamentales. Les récentes affaires : Amesys et Prism reflètent combien la FIDH s’est
emparé de ces problématiques. Notre groupe d’action judiciaire mené par Maître Patrick Baudouin (président d’honneur de la FIDH) est plus que jamais à l’œuvre pour lutter contre ces violations et rendre justice aux victimes. Le FIDH agit dans l’intérêt commun d’où la plainte contre X déposée récemment qui pourrait déboucher sur une enquête visant à déterminer qui de la NSA, du FBI, des entreprises au centre de Prism doit rendre des comptes la justice.

« Erdogan est l’homme politique le plus populaire et le plus détesté en Turquie ! » par @daghanirak


Entretien avec Daghan Irak

« Erdogan est l’homme politique le plus populaire et le plus détesté en Turquie ! »

Daghan Irak est blogueur, chercheur en sociologie et journaliste turc d’Istanbul. Il suit activement l’actualité de son pays et est un des leaders de la révolte populaire turque à Istanbul. Il est à l’origine de l’appel au soutien médiatique de la révolte turque :

« LA DÉMOCRATIE TURQUE, ELLE A BESOIN DE VOUS!

Suite aux manifestations pour la conservation d’un parc au sein du quartier central d’Istanbul qui est envisagé d’être démoli pour la construction d’un centre commercial, la police turque a lancé une attaque violente contre les manifestants paisibles avec du gaz lacrymogène et de l’eau à haute pression et visait directement sur les corps des gens. Des dizaines des protestataires sont hospitalisés et l’accès au parc est bloqué sans base légale. Les médias turcs, qui sont directement contrôlés ou ont des liaisons politiques et économiques avec le gouvernement, refusent de traiter des incidents. Les agences de presse turques également bloquent la diffusion de l’information sur les évènements.

SVP, diffusez ce message pour que le monde prenne conscience de l’état policier turc crée par l’AKP de Recep Tayyip Erdoğan, qui est souvent considéré comme un modèle exemplaire pour des pays du Moyen-Orient. La démocratie turque s’attend à votre soutien. Merci! »

A Istanbul, Daghan a bien accepté de nous accordé cet entretien pour discuter des évènements en Turquie :

MB : Nous avons presqu’une conviction chez nous que la Turquie de l’AKP et d’Erdogan est un modèle de développement économique et social. En plus de la tradition démocratique turque ne nous permet pas de comprendre la révolte actuelle, surtout qu’Erdogan a été élu démocratiquement à plus de 50% de voix. Pourriez-vous nous éclairer ?

Daghan Irak : D’abord, il faut comprendre que Mr Erdogan n’était pas comme cela il y a 3ans. Une fois qu’il a neutralisé l’armée, et cela est une bonne chose en soi,  il a commencé à virer vers sa propre doctrine. Le gouvernement qu’il mène est d’orientation néo-libérale et conservatrice. Ce gouvernement a privatisé sans merci les entreprises étatiques, malgré les alarmes des syndicats. Il visait faire émerger une « bourgeoisie islamiste » et « une classe moyenne docile » soutenant son électorat. En effet, lors des dernières élections, il a récolté un peu plus de 50% des scrutins.

MB : Donc, il devrait être très populaire ?

DI : Il l’était. Aujourd’hui, s’il appelle à de nouvelles élections, il n’aura pas plus de 30%. En plus de son psychique instable, il montre aujourd’hui qu’il n’est pas démocratique. Il a qualifié les manifestants de « voleurs », de « clochards », … cela a fait de lui un adversaire, même chez les gens qui le soutenaient avant. D’abord parce qu’il a menti sur la nature des manifestations, ensuite parce qu’il a montré que la Turquie ne lui importe que peu devant son orgueil personnel et puis et surtout parce que son idéologie prend le dessus sur les politiques publiques.

L’AKP d’Erdogan a créé sa propre fédération d’homme d’affaire constituant la nouvelle « bourgeoisie islamiste », qui est toujours favorisée. Alors que la Turquie a remboursé ses dettes envers le FMI et la BM, son gouvernement se tourne vers le Qatar, la banque islamique, … pour s’endetter.

Aujourd’hui, Erdogan a réussi à mettre toutes les minorités contre lui. Le slogan des manifestants est devenu « Nous sommes les autres 50% ». Toutes les minorités se sont unies dans les manifestations, avec une harmonie extraordinaire.

MB : Il semble aussi que sur le plan institutionnel, aucune force politique ne porte la voix des manifestants. Confirmez-vous ?

DI : Le socle constitutionnel des années 80, promulgué après le coup d’Etat, fait que seuls deux partis sont dans le jeu institutionnel …

MB : (interruption) mais dans certaines démocraties, deux partis sont suffisants, comme l’exemple américains.

DI : En effet, après le coup d’Etat, l’armée a promulgué une constitution sous impulsion américaine. Aujourd’hui, les petits partis (communiste, écolo, …) sont exclus de facto par une loi sur les partis qui éliminent ceux qui n’obtiennent pas plus de 10% des voix. Cela nuit à la pluralité et ne convient pas à la Turquie. Aujourd’hui, on change de gouvernements mais pas de politique.

Ce à quoi nous assistons à la place Taksim est une vraie révolution politique : les ultra-nationalistes scandent avec les kurdes en leur langue pour la « fraternité des peuples », les LGBT marchent à côté des supporters de foot (généralement homophobes), … Erdogan a mis toutes les minorités (arméniens, turcomans, musulmans laïcs, juifs, chrétiens, LGBT, kamalistes, … ) contre lui. Il faut noter que ces minorités ont boycotté massivement les élections par manque d’alternatives.

Aujourd’hui, il faut reconnaitre que cette opposition hétéroclite manque cruellement de leadership, de plateforme politique d’entente et surtout de représentants institutionnels.

MB : Justement, cela a été le cas un peu partout dans les pays du « printemps » arabe, du Maroc au Yemen. Ne pensez-vous pas à vous organiser en apprenant la leçon arabe ?

Il est très tôt de parler d’alternative politique. Erdogan est affaibli, même dans son propre camp. Beaucoup de militants de l’AKP commencent à revendiquer Gul comme futur candidat au présidentielles de 2014 (premières sous suffrages universelles après les derniers amendements constitutionnels). Je pense que Si Gul se porte candidat, il gagnerait largement face à Erdogan, trop impulsif. Gul est un homme équilibré, qui sait que la démocratie, ce n’est pas gagner des élections, mais surtout de conserver les droits des minorités. Malheureusement, en Turquie, nous n’avons même pas un Baradei, avec ses défauts !

MB : Revenons à Gezy. L’agence de presse Anadol a rapporté que la mairie va planter le triple des arbres extirpé. Selon vous, cela atténuerait la protestation ?

ID : Mr Erdogan doit comprendre que ce n’est pas au premier ministre de devenir tâcheron. La question n’est plus extirpation d’arbres de Gezy. Si Erdogan voulait planter, par la force, des arbres, nous serions sortis manifester. Les manifestants sortent contre la dictature que Mr Erdogan est en train d’installer. Il a beau créé sa bourgeoisie, il n’a jamais réussi à avoir l’élite avec lui. C’est le plus grand échec des islamistes.

Istanbul 2013 : le printemps du Parc !


« Les gens sortent place Taksim pour dénoncer l’hégémonie idéologique de Erdogan. Il ne s’agit pas que d’une affaire du parc Gezy » nous a raconté, convaincu, Abbas A, propriétaire de l’hôtel où nous avons logé à Istanbul, avant de nous prévenir : « il faut faire attention, après 23h, il ne faut pas s’aventurer dans les rue d’Istanbul, la police lance des bombes lacrymogènes … ». Et notre hébergeur, quinquagénaire, musulman stambouliote de souche, de continuer : « Ce que Mr Erdogan ne veut pas comprendre, c’est qu’il ne peut pas nous imposer son idéologie. Mais malheureusement, l’opposition parlementaire est bien piètre que l’AKP et ne fait rien pour porter la voix des protestataires dans les institutions, car c’est là où cela se passe réellement ! ».

Passé ce petit commérage avec l’hôtelier, nous nous dirigeons vers la place Taksim ce samedi 29 Juin 2013, découvrir la révolte. En passant par le parc de Gezy, nous constatons déjà la nature des changements : les cafés (dont le fameux « café des arabes ») et les arbres sur la colline donnant sur la place sont rasés, la chaussée est remplacé de béton et un grand tunnel est en construction.

gezy

Organisation exemplaire.

Il est 17h, la vie semble normale place Taksim et sur l’avenue piétonne Istiqlal. La place est entourée de véhicule de police avec une présence remarquable de policiers en uniforme et en civil portant des baudriers distinctifs. Cette mesure a été prise après que nombreuses ONG ont dénoncé des violences de civils proches de l’AKP contre des manifestants, et qui se présentaient comme des policiers.

Tout le long de l’avenue Istiqlal, des véhicules blindés de la police sont stationnés partout, et surtout, toutes les ruelles de bifurcation sont remplies de brigades de policiers.

police

A 18h, et soudainement un premier groupe des passants se forment à l’extrémité de l’avenue Istiklal, du côté de la tour Galata. Très rapidement, ce groupe commence à bouger et la marche prend forme. Au bout de 10 minutes, une dizaine de milliers de manifestants, auparavant sur les terrasses de café ou dans les étalages de magasins, battent le pavé en scandant en chœur « Résistance à Taksim, résistance partout ! », « Taksim est partout, la révolte est partout ! » ou encore « Tayyip t’es foutu, la Turquie est dans la rue ».

manif taksim

Vers la libération de Taksim et Gezy.

Vers 19h, la rue Istiqlal est bloquée de manifestants. Lelong des 2,5km, les manifestants se serrent les rangs, et d’autres essaient de rejoindre la marche (en arrêt). La foule est composée essentiellement de jeunes, avec une organisation exemplaire. Au milieu, des artistes, des écrivains, des journalistes, … dont le prix nobel Orhan Pamuk, manifestent après avoir publié une tribune « un appel au gouvernement lui demandant de cesser d’employer une rhétorique de division qui alimente selon eux la haine dans le pays ».

taksim tram

Au bout de la rue, place Taksim est protégée par la police avec des boucliers. Vers 20h, les manifestants commencent à bouger et transgressent le dispositif policier, la place Taksim est ainsi libérée !

Une révolte écologique et civique.

Après des menaces policières, et estimant que la « libération de Gezy » n’était pas possible forcément, les manifestants commencent vers 21h à sortir de la place Taksim. En se dispersant, les manifestants n’oublient pas de nettoyer la rue. Toutes et tous sortent des sacs en plastics (biodégradables de surcroit) et ramassent les détritus.

Il est à noter qu’aucun incident n’est à déplorer lors de la manifestation (selon nos estimations, la participation était d’environ 100.000 manifestants. Selon les organisateurs, il s’agissait de plus de 200.000).

A la marge, des jeunes s’assoient en cercles et entament des débats devant le regard admiratif de certains touristes. Des peintres exposent des tableaux dessinés à l’occasion, des caricaturistes font de même.

La révolte ne touche pas le commerce !

Ce qui est remarquable chez les stambouliotes, c’est qu’ils ne perdent jamais leur esprit de commerçants. En effet, durant les 5 heures des manifestations, les boutiques de l’avenue Taksim ont continué leur commerce normalement. Mieux encore, tous les samedis, avant et pendant les manifestations, des commerçants ambulants propose les drapeaux turcs, des portraits de Kamal Ataturk, des masques à gaz bons marchés, … Les hôtels ne désemplissent pas, les circuits touristiques, en pleine saison, sont toujours prisés, …  Qui a dit que les révoltes pro-démocratiques nuisent à l’économie ?

commerce

Tous manifestent !

Le lendemain, c’est le tour de la marche de la fierté (équivalent de la gay pride). Quelques dizaines de milliers de personnes ont scandé (dans toutes les langues) pour les droits des LGBT.

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Quelques heures plus tard, une centaine de militants pro-islamistes ont manifesté sur la même rue scandant « Turquie islamique ».

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Retour de la violence policière.

Alors que la violence policière s’est éclipsée au moins à Istanbul après que des agences de presse internationales aient relayé des photos choquantes, la manifestation du Samedi 6 Juillet 2013 a été violemment réprimée !

Des militants pro-AKP ont même attaqué les manifestants à coup d’épée après que la police ait lancé des bombes lacrymogènes. « On voit dans la séquence de vidéo un groupe attaquer avec des couperets les personnes qui fuient l’intervention de la police. Un des agresseurs frappe d’abord avec un coutelas la jeune femme qu’il vise et il lui donne un coup de pied. On voit que la police n’intervient pas au groupe de personnes armé aux coutelas » rapporte le blog « FreeTurkeyNow ».

#anfass Secteur de la #santé : Sortir des sentiers battus


« Mouvement ANFASS Pour la Démocratie et la citoyenneté »

Secteur de la santé : Sortir des sentiers battus

 

Pourquoi ce Document ?

Dans un contexte marqué par la tenue, pour la première fois depuis 1959, d’une conférence nationale sur la santé visant à déterminer les priorités stratégiques pour les 30 années à venir, nous, « Mouvement ANFASS pour la Démocratie et la citoyenneté », soumettons cette contribution au débat public.

En Mai dernier, et en collaboration avec le mouvement « Clarté-Ambition-Courage », nous avions publié un document sur la fiscalité où nous avions mis clairement l’accent sur la notion de « pacte de citoyenneté ». Nous avons considéré que la fiscalité est « un instrument au service du projet de société » et une contribution citoyenne reflétant l’engagement du citoyen envers sa société à travers un pacte. De ce fait, elle ne pourra jamais être perçue comme telle sans un regain de confiance du citoyen dans les piliers que sont l’éduction, la justice, la sécurité et la santé.

La santé aujourd’hui au Maroc marche à deux vitesse et créé de ce fait deux catégories de citoyens : citoyens ayant une couverture médicale « solide » ou des moyens financiers, et les autres démunis, laissés pour leur compte. Cela doit absolument cesser !

Nous estimons qu’il est temps de sortir des sentiers battus et établir un projet sectoriel « santé 2030 » adapté à nos réalités locales capable de surmonter, dans un futur proche, les écueils qui entachent ce secteur névralgique, dans le cadre d’une stratégie globale permettant de redonner l’espoir d’un Maroc meilleur avec un service public de qualité.

Etat des lieux :

Nous relevons, en toute objectivité, que les politiques de santé menées depuis l’indépendance ont permis un certain nombre de réalisations indéniables qu’on peut résumer comme suit :

  • Une amélioration de l’espérance de vie à la naissance et une baisse notoire de la mortalité infanto-juvénile (moins de 5 ans).
  • Une baisse de la mortalité maternelle liée principalement à une amélioration du suivi de la grossesse et de la prise en charge des accouchements.
  • Une généralisation de la couverture vaccinale et des structures de soins de santé de base (dispensaires, centres de santé, centre de santé avec unités d’accouchements).
  • Un démarrage d’un programme de couverture médicale.
  • Une production locale du médicament capable de subvenir à plus de 70% des besoins nationaux, avec des dispositifs de contrôles adéquats.

Malgré ces réalisations, le système de santé demeure handicapé par de nombreuses insuffisances qu’il faudra absolument surmonter si on désire redonner confiance au citoyen dans ses établissements de santé.

Ainsi, nous notons principalement :

  • une disparité importante des indicateurs de santé entre les milieux urbain et rural.
  • Une concentration de l’offre de soin spécialisé autour des grands centres urbains traditionnels.
  • L’insuffisance de la densité de la population médicale (6.2 médecins pour 10.000 habitants au Maroc contre 10.8 en moyenne de la région) et paramédicale (8.9 pour 10.000 habitants au Maroc contre 15.9 en moyenne de la région).
  • La faible part des dépenses de la santé dans le PIB (à peine 2%) dont plus de la moitié est supportée par les ménages (uniquement 34% de la population a actuellement une couverture maladie : dépense par habitant au Maroc est inférieure à 170 $ annuellement contre plus de 220 $ comme moyenne de la région).
  • L’absence d’une politique nationale de la santé mentale et psychique,
  • L’absence d’une politique du médicament.
  • La lenteur du processus de mise en adéquation de l’arsenal législatif.
  • Le retard manifeste en termes de recherche liée aux sciences de la santé.
  • Alors que le pays bénéficie d’une flore riche et variée dont une grande partie est représentée par les plantes médicinales et aromatiques, aucune volonté politique n’a été affichée pour rédiger les monographies liées à cette flore, et développer une industrie nationale structurée en la matière.
  • Certaines pratiques de charlatanisme demeurent manifestes en toute impunité et avec une neutralité passive de la part des autorités.
  • L’absence d’une politique nationale de santé bucco-dentaire.
  • Bien que le pays est en cours de virage épidémiologique où les maladies chroniques (cardio-vasculaires, cancers..) sont de plus en plus prépondérantes comme causes de mortalité, presqu’aucune politique nationale préventive n’est enregistrée.
  • De même, la population de plus en plus vieillissante ne bénéficie d’aucun programme national de gériatrie et de prise en considération des besoins des populations âgées.

Nos propositions :

Sur le plan démarche :

Nous avons entamé, depuis un certain temps, au sein du « Mouvement ANFASS pour la démocratie et la citoyenneté » une réflexion de fond sur les futurs possibles du système de la santé.

Notre démarche qui s’appuie sur la prospective stratégique s’articule sur 4 étapes dont la conduite nécessite un travail de fond d’environ 2 ans :

  • Une première étape de collecte d’informations et de données visant à l’élaboration de fiches de synthèses sur les principales problématiques clés du secteur.
  • Une seconde étape de formulation d’hypothèses à partir des données recueillies et conduite d’une enquête nationale impliquant tous les acteurs.
  • Une troisième étape de publication des résultats de l’enquête et de rapprochement statistique permettant de dégager des scénarii futurs que nous soumettrons à débat public.
  • Une quatrième étape d’élaboration d’un programme d’action sur 15 ans intitulé « Vision santé 2030 ».

Cette initiative est ouverte à tous les acteurs qui peuvent nous rejoindre pour participer et mener à bien cette démarche.

Sur le plan mesures :

Notre travail actuel sur cette problématique nous pousse à regarder avec scepticisme la manière avec laquelle la deuxième conférence nationale sur la santé est en train d’être menée et nous doutons fortement de l’émergence d’orientations politiques et de programmes d’action clairs. Nous avons vu opportun de formuler quelques propositions d’orientations ayant émergé du débat sur la question au sein du « Mouvement ANFASS pour la démocratie et la citoyenneté », en harmonie avec le projet de société que nous défendons axé sur les valeurs de l’équité sociale, de la centralité du citoyen, du progrès et de la répartition. Dans cet état d’esprit, nous pensons que toute réflexion doit prendre en compte les quatre enjeux que sont :

  • L’accès
  • La qualité.
  • L’équité.
  • Le coût

Parmi les axes vers lesquels nous souhaitons que le débat public soit orienté, nous mentionnons :

  • La formation : Nous estimons qu’il faudra revoir, sur le fond, la manière avec laquelle le médecin est formé. La formation du personnel paramédical est également un domaine à réformer.
  • La médecine préventive doit devenir le centre du système de santé.
  • Une politique de santé psychique axée sur une meilleure prise en charge, l’implication du médecin généraliste et la création de nouvelles structures de soins.
  • La problématique de l’accès au médicament devra être résolue d’une manière différente en dehors de l’approche actuelle. Nous estimons qu’on ne peut être efficace dans l’amélioration de l’accès au médicament sans prises de certaines mesures :
    • Encouragement de l’émergence de grands acteurs pharmaceutiques nationaux capables de produire à très grande échelle et exporter vers les plus grands marchés internationaux.
    • Amélioration de la couverture maladie.
  • L’encouragement de la recherche médicale appliquée et en économie de la santé.

Nous estimons au sein du « Mouvement ANFASS pour la démocratie et la citoyenneté » que la santé est l’un des leviers importants permettant de redonner confiance au citoyen marocain et conduire à la concrétisation d’un pacte de citoyenneté.

Contacts :

Othmane Boumaalif (boumaalif@gmail.com)

Issam Ourrai  (issam.ourrai@gmail.com )

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