Archives de Catégorie: Art

Jean-Paul Galibert, auteur de « Suicide et sacrifice » : « il me semble qu’il est impossible de laisser l’Islam aux islamistes radicaux … C’est le combat d’Averroès qui continue»


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J.P. Galibert, philosophe français, blogueur et auteur de plusieurs essais philosophique, dont le dernier s’intitule « Suicide et sacrifice ». Il nous a accordé cet entretien :

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« A vous de voter les enfants »


Au petit village « Fanidi », les enfants sont appelés à voter leur maire junior. Ce sera un droit réservé uniquement aux enfants, comme citoyens « juniors » de la cité.

Le monde du village fanidi est peuplé de « mounikettes« . Un monde fabuleux et éducatif.

«  »A vous de voter les enfants ! » est le titre du tout premier livre pour enfant signé Hanane Oulaïllah Jazouani, journaliste et auteure jeunesse franco-marocaine vivant actuellement à Casablanca au Maroc.

Mettant en scène les Mounikettes, l’objectif du livre est d’encourager les enfants à devenir de bons citoyens et à les sensibiliser sur l’importance du vote. Ainsi, l’histoire se passe dans un petit village marocain s’appelant Fanidi où ont lieu des élections municipales dont les candidats sont des enfants. Un livre idéal à découvrir en classe ou à la maison.

« A vous de voter les enfants !  » est disponible en français et en arabe actuellement dans toutes les librairies du Maroc et disponible également en France et sur internet, mais en langue française seulement. »

Cet ouvrage servira à faire l’exercice de vote démocratique à une classe d’enfants, d’une manière ludique et citoyenne. N’hésitez pas à l’offrir à vos enfants.

Rentrée culturelle #Maroc : congrès de « l’Union » des Ecrivains du Maroc


« Je pense que le moment est venu pour tous les protagonistes de la scène nationale (décideurs politiques, partis, syndicats, élus, entrepreneurs, acteurs associatifs, et bien sûr intellectuels et créateurs) de se prononcer clairement sur l’état alarmant de notre réalité culturelle et sur le train de mesures à prendre pour y remédier. » Abdellatif Laâbi.

La rentrée culturelle marocaine devrait être marquée cette année par le 18ème congrès de l’Union des Écrivains du Maroc.

Sans revenir au passé glorieux de cette association d’intellectuels, il est malheureux de constater aujourd’hui qu’elle compte plus d’adhérents que le nombre de productions intellectuelles du pays, et qu’elle n’est pour rien dans la promotion culturelle, certainement affectée par la « culture mcdo » d’Internet, à l’image de son compte Twitter à 5 messages depuis le 28 Décembre 2011!

Son congrès aurait été une occasion de poser en profondeur la question culturelle du pays, mais hélas, personne ne s’en soucie plausiblement! En tout cas, l’UEM, comme la culture marocaine, vit une crise profonde. Je rejoint un jeune écrivain dans sa pertinente assertion : « Je ne connais pas les détails de la crise, mais j’ai besoin de l’UEM ».

Finalement, la question culturelle n’est pas le ressort de la seule UEM, elle est profonde et structurelle et mérite d’être traitée, tout comme la crise du pain!

 

 

 

hommages posthumes à Mohamed Soukri : de l’élégance du style


En effet, il est « trop douloureux de parler de lui au passé« . Les amis de Mohamed Soukri ( entre autres : Hamid Jmahri, Lahcen Zinoun, Noureddine Sail, Aniss Hajjam, … et autres ) conduit par Hassan Narrais, ont signé un livre en son hommage. On pey y lire notamment :

« الموت مازال يضصك من سذاجتي, و يضحك, ايضا, من العواطف, الموت الذي يسخر منا دوما حتى و هو يدخل

صديقا ثالثا دوما في لحظة الوجود الكبرى … يسخر

اليس هو الذي يختار النهاية, و يختار اسماءنا, و يختار ادوارنا,

و لا يترك للحياة سوى هامشا صغيرا للعبور »

عبد الحميد الجماهري

Le festival du Film de Khouribga rendra un autre hommage à ce professeur universitaire, critique cinématographique et grand cinéphile marocain.

Solidarité avec les prisionniers palestiniens en grêve de faim #freepalestine متضامن مع الاسرى الفلسطينين المضربين عن الطعام #تحرير_فلسطين


En accord avec Le Front populaire de libération de la Palestine et l’Association de lutte contre le sionisme et le racisme.

LETTRE OUVERTE AUX CASABLANCAIS : L’immeuble Piot Templier


LETTRE OUVERTE
AUX CASABLANCAIS

L’immeuble Piot Templier :
premier bâtiment inscrit comme patrimoine national à être démoli avec la bénédiction de la Commune Urbaine de Casablanca !

« Association de sauvegarde du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc – CASAMEMOIRE»

casamemoire@casamemoire.org / http://www.casamemoire.org

Ce samedi 16 juillet 2011, nous avons assisté impuissants à la démolition de l’immeuble Piot Templier (sis angle boulevard Mohammed V et rue de la Chaouia). Cet immeuble a été construit en 1922 par l’architecte Pierre Ancelle. Il faisait partie d’un alignement urbain Art-Déco et Néomauresque exceptionnel voire unique au monde ; qui fait toute la valeur du boulevard Mohammed V.
L’autorisation de démolir signée par M. le président du Conseil de la ville de Casablanca le 26 mai 2011, constitue selon nous un déni flagrant de trois décisions officielles antérieures prises expressément pour la sauvegarde de ce monument historique :
i. ) le PV de la commission du patrimoine du 8 janvier 2010 composée de représentants de l’agence urbaine, de la commune urbaine, de la préfecture Casa-Anfa et de l’inspection des monuments historiques, et qui décide de l’inscription sur la liste du patrimoine national d’une liste de 17 bâtiments dont l’immeuble Piot Templier.
ii. ) l’arrêté du gouverneur de la préfecture de Casa-Anfa n°33 en date du 29 décembre 2010 édictant un moratoire sur la démolition de tout bâtiment à caractère patrimonial (notamment ceux en cours d’inscription aux monuments historique) sur le territoire de la préfecture de Casa-Anfa, et ce pour une période d’un an.
iii. ) l’arrêté ministériel du 25 janvier 2011 pris par le ministre de la Culture (n° 196.11, publié au Bulletin officiel 5919 du 21 février 2011) portant inscription de l’immeuble Piot Templier à la liste des monuments historiques.
Sur la foi de quoi, Casamémoire dénonce avec force :

1. la délivrance d’une autorisation de démolir un bâtiment inscrit à la liste des monuments nationaux, 1. en violation de l’article 6 de la loi 22-80 relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des objets d’art et d’antiquités
2. le refus des autorités de mettre fin à cette démolition, après avoir été saisies par la société civile dès le 2. 15 juillet 2011
3. la décision de M. le président du Conseil de la ville de Casablanca qui a permis la disparition d’un 3. pan de l’histoire commune à tous les habitants en contradiction avec ses discours officiels favorables au patrimoine ;
4. la désorganisation des services concernés de l’Etat et de la ville de Casablanca, apparente dans la ges4. tion du dossier du patrimoine depuis des années ;
l’instrumentalisation de la justice contre l’intérêt général et la désinformation lors de la procédure au 5. tribunal administratif, créant ainsi un dangereux précédant ;
5. le désintérêt manifeste de certains acteurs privés et publics dans la préservation active du patrimoine 6. urbanistique et architectural de Casablanca, au moment où les casablancais montrent un plus grand attachement à leur histoire et leur mémoire.
Il ne s’agit pas uniquement de la disparition d’un édifice aussi important soit-il. Il s’agit de la démolition d’un élément faisant partie d’un alignement urbain exceptionnel et unique au monde : le boulevard Mohammed V qui par ce fait, perd tout entier de sa valeur. Il s’agit également d’un acte qui met en évidence un grave disfonctionnement dans la gouvernance locale et la gestion du patrimoine, ce qui est une atteinte à l’histoire de la ville, mais peut également remettre en cause la candidature en cours de préparation de Casablanca au titre du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Casamémoire demande donc à ce que des mesures soient prises en urgence afin que cet acte irresponsable et ses conséquences néfastes sur le patrimoine de la ville de Casablanca, soient corrigés par les autorités compétentes et ne soit plus répété. Ceci passe par des mesures de conservation immédiate des bâtiments dont l’inscription aux monuments historiques a été réalisée ainsi que ceux dont l’inscription est en cours. Ainsi que par le prolongement de la validité de l’arrêté gubernatorial obligeant à un gel des permis de démolir des édifices patrimoniaux et son extension aux autres préfectures de la Wilaya de Casablanca en attendant la mise en place d’un véritable plan patrimonial global.
Casamémoire interpelle également toutes les autorités compétentes quant au danger à laisser s’installer une culture du mépris de la règle de droit, au nom du pouvoir ou de l’argent et invite les casablancais à se mobiliser fortement pour la sauvegarde de leur patrimoine commun contre toutes les tentatives de captation et de dénaturation de leur cadre de vie. Il s’agit aujourd’hui de redonner une cohérence à une ville mutilée et à conforter la volonté des autorités et des citoyens de participer au processus de sauvegarde du patrimoine et d’amélioration du cadre urbain casablancais.

Crédit photo : Casamémoire (de haut en bas du 15 juillet au 19 juillet 2011)
Performance du danseur marocain : Aboubakr Menaoui

Le paradis de Khénifra




Un jeune homme, qui sort d’une boite de nuit casablancaise après une belle soirée, rencontre un respectable Imam allant faire la prière du matin :

 

         Mon garçon, n’oublie pas que la vie sur terre est éphémère. Fais en sorte que ton autre vie soit au Paradis, c’est éternel.

         Dites-moi, que peut-on trouver dans ce paradis respectable Imam ?

         Tu trouveras la verdure, les arbres fruitiers, la nature éblouissante, …

         Et quoi d’autre ?

         Les rivières, le bonheur, la quiétude, …

         Et quoi d’autre ?

         Les filles ( les 7our l3ine ), vierges et charmantes.

         Et quoi d’autres ?

         Mon fils, tout cela ne te suffit pas ?

         Mais Imam, tout ce que vous avez décrit, on l’a chez nous à Khénifra.

Les militants des droits humains s’unissent contre la disparition forcée


Ce 30 Août est un grand jour pour le mouvement des militants des droits humains au Maroc. Ainsi l’OMDH a-t-elle organisé, via sa section de Casablanca, une soirée artistique pour lancer sa « campagne nationale pour la ratification de la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre la disparition forcée ». La soirée a été entamée par un mot de la section de l’OMDH rappelant que l’organisation « avait participé en 2008 à «la campagne internationale pour inciter les gouvernements à ratifier la convention, de part son affiliation au collectif international d’ONG oeuvrant dans ce sens ». L’OMDH a reçu la réponse du premier ministre du Maroc que la dite convention s’inscrit dans les préoccupations du gouvernement et qu’elle est dans la procédure de ratification ». Le mot d’ouverture a rappelé que la décision de l’organisation de lancer cette campagne nationale, à l’occasion de la journée internationale du disparu, vient en action de « sa stratégie nationale de lutte contre l’impunité, de la recommandation de son 7ème congrès de l’urgence de la ratification de la convention et des recommandations de l’IER concernant la consolidation constitutionnelle des droits humains ». Pour rappel, le 6 Février 2007, 57 Etats ont signé, mais non ratifié, cette convention dont le Maroc : France, Albanie, Algérie, Argentine, Autriche, Brésil, Burkina Faso, Burundi, Congo, Croatie, Ghana, Guatemala, Haïti, Japon, Lituanie, Maldives, Moldavie, Maroc, Ouganda, Sénégal, Serbie, Sierra Leone, Macédoine, Tchad, Tunisie, Vamatu, Belgique, Bolivie, Bosnie Herzégovine, Cameroun, Cap Vert, Chili, Comores, Costa Rica, Cuba, Chypre, Finlande, Grenada, Honduras, Inde, Kenya, Liban, Luxembourg, Madagascar, Malte, Mexique, Monaco, Mongolie, Monténégro, Niger, Paraguay, Portugal, Somova, Suède, Uruguay, Mali, Azerbaïdjan.

Une production théâtrale a embellie la soirée au théâtre Hassan Sqalli à Casablanca à laquelle ont assisté quelques 160 personnes représentant des ONG de droits humains. « Lui… ! » est une pièce de théâtre mise en scène par le dramaturge Ahmed Jaouad suite à une adaptation du texte de Driss El Mesnaoui. La pièce raconte l’histoire d’un détenu qui décide d’écrire pour sauvegarder la mémoire, et se fait le procès par … le stylo et la feuille ! En marge de la soirée, un hommage a été rendu aux familles des disparus et une allocution a été prononcée par Hassan Ouazzane, du FMJV, en leur nom.

 

En début de soirée, et au siège du Forum Marocain Vérité et Justice FMVJ, Amina Bouayach, présidente de l’OMDH a appelé « toutes les ONG des droits et tous les acteurs dans le domaine, y compris les partis politiques, a constituer un collectif pour inciter le gouvernement marocain à ratifier la convention internationale et constitutionaliser la criminalisation de la disparition forcée, la torture et tous les traitements inhumains, en rejoignant son appel à la campagne nationale ». « Aucun prétexte, ni aucune circonstance ne peut justifier la disparition forcée » Ajoute Bouayach. Benabdeslam, vice président de l’Association Marocaine des Droits Humains AMDH a rappelé « les recommandations fortes de l’IER qui appellent à la consolidation des droits humains, notamment dans la lutte contre la disparition forcée ». « Les attentats, condamnés et condamnables, du 16 Mai 2003 nous ont fait un amer rappel, nous victimes et familles des victimes des années de plomb. Nous devons œuvrer d’une manière collective entre toutes les ONG pour consolider les droits humains dans notre pays et préparer le prochain symposium national des droits humains, afin de donner un second souffle à notre mouvement. Concernant le sujet des disparition forcée, nous souhaitons que Mme Bouayach prenne l’initiative et propose une rencontre sur le sujet ». Les participants à cette rencontre de FMVJ ont par la suite rejoint en bloc la soirée théâtrale organisée par l’OMDH.

The man who sold the world!


C’est parce que ces histoires d’attaque à la production artistique en général, au cinéma en particulier, chez nos islamistes marocains sont devenues habituelles, je vous laisse lire un billet que j’avais écrit concernant « Amours voilés ». Remplacez le titre avec « The man who sold the world » et ce sera la même chose, croyez moi!

En attendant, je partage avec vous une des meilleures chansons de mes années d’ado :

Islamistes, voiles et amours !

Fidèle à ses polémiques interminables, Benkirane en sort encore une de sa vielle jarre. Après s’être attaqué au L’Boulevard, festival musical alternatif de jeunes et l’avoir traité de festival de débauche. Après s’être opposé farouchement au film Marock, le traitant de tous les noms. Après la tempête parlementaire agencée par lui et ses acolytes contre une journaliste de télévision. Revoilà le fraîchement élu secrétaire général du parti des « islamistes modérés » au milieu d’une autre polémique. Au point focal, une jeune femme voilée, Batoul de son prénom, médecin de profession, qui s’assume à disposer de sa vie privée loin de toute censure ou tuteur. Batoul est la héroïne du film de Aziz Salmy « Amours voilés ».

Répondant à une question de la télévision « France 24 », il avoue « ne pas avoir vu ces films », s’agissant de « Casanegra » et « Amours voilés ». Et d’ajouter : « ces films s’inscrivent dans une vague cinématographique qui incite à la débauche et à la sionisation, etc. ». C’est pour le moins révoltant. Comment peut-on juger une chose que l’on a jamais approché par un des cinq sens ? Comment juger un film sans l’avoir vu ?

Il est tout simplement scandaleux, surtout dans ce contexte, de traiter un film, une œuvre artistique de sionisme pour le simple fait qu’il n’a pas été aux goûts des barbus. Ceci est une incitation grave à la haine qui se produit simultanément avec l’invasion barbare sioniste sur Gaza.

Que reprochent nos islamistes au film ? A. Salmy a déclaré au Festival de Marrakech, où son film a été projeté hors compétition : « je cherche à provoquer le débat ». Quoi de plus naturel de la part d’un artiste, un créateur. Sur les colonnes d’Aujourd’hui le Maroc, il renchérit : « Dans mon film, je parle d’une seule femme, du cas particulier d’une certaine catégorie de femmes, et je ne généralise pas. Il s’agit de l’histoire d’une femme qui n’arrive pas à concilier sa vie sentimentale et sa vie religieuse, entre modernité et conservatisme, entre le divin et le charnel ». La dimension artistique est malheureusement mal perçue par nos islamistes et par un nombre considérable de nos concitoyens. Dans le cas particulier du cinéma, il est intellectuellement irrecevable de pratiquer une quelconque censure. C’est le public qui va volontairement voir le film en salle. Ceci n’est pas audible chez nos islamistes, un Zemzami appelle à l’interdiction du film tout simplement. Au nom de quoi sa requête serait acceptable ?

Ne pas voir un film, comme c’était le cas d’ailleurs dans Marock, et le traiter de sionisme est tout simplement une grave atteinte à l’intelligence humaine. Et si Batoul la protagoniste n’était pas voilée ? Nos islamistes cherchent-ils à diviser encore cette société, un clivage vestimentaire ?. « La question qui se pose et de savoir si la femme voilée dans sa vie a le droit de profiter de l’instant cigarette ou vivre une histoire d’amour sous un bisou volé ? » me dit un ami à propos de ce film. Lueur, je réponds. Voilée ou non, c’est un choix personnel, mais le film ne saura résoudre les problèmes socioculturels. Le cinéma n’est autre qu’une imagination artistique de la réalité. Fiction, fait réel, … une œuvre d’art est tout simplement une pierre de l’artiste dans l’édifice de sa vision de la société et une interaction avec le milieu dans lequel il évolue.

C’est ce débat stérile autour d’un voile, d’une manière d’être, d’une incompréhension, ou d’une ignorance ( critiquer et ne pas voir le film ) qui font que dans nos société, il est difficile d’émerger la création. Youssef Chahine n’a pas été combattu pour ses œuvres ? Najib Mahfoud, Elallam, et autres Averroes qui ont un regard différent des gardiens autoproclamés de la morale existeront tant que l’art a un souffle humain.

« Si vous dites, tout ce qui est utile à ma société je l’adopte, quelles qu’en soient les conséquences prévisibles et imprévisibles, vous êtes un modernisateur.  Si vous dites, quelle qu’en soit l’utilité, je le refuse parce qu’il porte, ou pourrait porter, atteinte à mon identité culturelle, vous êtes ou vous finirez par être un anti-moderniste. Ceci est un choix, toute la science ne fera pas changer d’avis celui qui n’a de souci que pour son moi » dixit Abdellah Laroui.

Alors que le cinéma marocain fête ses 50 ans, nous voilà devant une destruction au nom de la morale de toute initiative créative. Aujourd’hui le cinéma, hier un festival, … laisserons-nous nous priver d’art et de fête ?

Il y a 20 ans, chuta le mur de Berlin!


Ceux qui sont nés après 1989 n’ont pas vécu un évènement majeur du monde contemporain : la chute du mur de Berlin. ( c’était une phrase pour dire que je vieillis 🙂 ). Toute l’histoire de la chute, la rentrée dans le « monde libre » marque les esprits de nos jours.

Le communisme, doctrine et utopie remontant à Engels et Marx ( et autres bien avant ), s’est vu ébranlé avec la chute du fameux mur, et l’on se lamente devant ce qui en reste, devenu un lieu pour touristes, et dont les débris aujourd’hui exposés et vendus en morceaux. Depuis, cette chute a bien inspiré le cinéma et d’autres formes artistiques.

Vingt ans après, toute la gauche et la pensée socialiste est en perte d’idéal, parce que même en Europe, où le communisme ne faisait pas tabac chez les partis de gauche, on a perdu la moitié du globe où s’expérimentait la théorie de l’abolition des classes.

Hassan El Fed ramène le sourire de la halqa marrakchie à la scène casablancaise.


« Hassan o rba3tou », est le nouveau spectacle de l’humoriste marocain Hassan El Fed. Avec « sa troupe » ( Rba3tou ), l’artiste a excellé en redessinant le sourire pour un public casablancais, généralement déprimé des programmes télévisés, dits humoristiques, de ce Ramadan.

Le spectacle, pour le moins original, met en scène plusieurs tableaux inspirés de scènes de la halqa marrakchie. Cet art populaire marocain ancestral, incarné notamment dans l’espace mythique de Jamaa Elfna à Marrakech, entre autres, combine récits, chants, acrobatie, … et improvisations. El Fed a rendu possible sa mise en scène au théâtre, avec beaucoup de retouches d’humour. « Ce qui est intéressant dans cet art, c’est que l’artiste œuvre à transformer les passant en spectateur. Son public n’est pas destiné, mais attiré. C’est toute la magie de cet art » Conclut El Fad à la fin de son spectacle, louant ainsi ses co-protagonistes de la scène. Dans un entretien à un quotidien de la place, El Fed explique qu’il a cherché à « Explorer tout ce panel de traditions populaires qui contient de la théâtralité et qui est transposable dans un théâtre contemporain ». Un critique le décrit : « Campant le rôle d’animateur de ce spectacle haut en couleur, El Fad, en profite, pour le bonheur d’un public ravi, en vue de servir des boutades irrésistibles, et de faire apprécier ce one man show qui est bien son truc à lui et où il excelle particulièrement ».

Mariant avec habilité plusieurs scènes de chant, de récits, de dialogue, … le spectacle redessine le sourire à partir des contradictions simples du vécu du marocain. Il ne cherche pas la mise en boite, ni même le gag abrutissant, il va au cœur de préoccupations simples et de scènes ordinaires. De l’ancien combattant nostalgique au faux guide, personnages qu’incarne El Fed, l’artiste a daigné de partager sa scène avec des stars de la halqa populaire, devant un public assoiffé de bons spectacles. La salle du Megarama où se produisait l’humoriste affichait complet pendant les trois jours du show.

Ils sont aujourd’hui plus de 1.500 fans à rejoindre son club sur facebook. Les messages d’éloge n’y manquent pas : « un vrai régal hier soir, un spectacle original, éclectique, on se sent transporté dans la place Jamaa El Fna pour voir ses meilleurs 7lay9ia.Les personnages représentés par Hassan sont tout aussi marrants et amusants les uns les autres. Je le conseille vivement à tous ceux ou celles qui souhaitent rire, s’amuser ou décompresser » affirme un de ses fans. Le public d’autres villes attendent avec impatience la programmation nationale de son spectacle.

En tout cas, le public bidaoui a été bien gâté. Une scène de dakka marrakchia à l’entrée du Megarama et un spectacle applaudi longuement par le public. Ce dernier revient à sa morosité quotidienne sur les chaînes de télévision nationales, où El Fed est grand absent cette année.

Merci à ceux qui m’y ont amené 🙂

Never again


« En Chine, une jeune enfant échappe à la douloureuse contrainte des pieds bandés que cherche à lui imposer sa mère. Dans sa fuite, elle devient adolescente noire dans un village africain qui parvient à échapper à une excision dans un village africain, puis jeune femme arabe au Moyen-Orient refusant le port de la burka. Excédée d’être ainsi la victime de traditions inhumaines, elle finit par participer au premier vote des femmes en France.
A la fin du film, on découvre que tout ce voyage d’accession à la liberté se passe dans la tête d’une petite fille qui voit sa mère maltraitée par son père. La petite fille décide de partir : le cycle continue. »

C’est tellement touchant, la vidéo est visible ici en compagnie de plein d’autres créations. Bon watching.

De « la chambre noire » à une liberté « vers le large ».


Auteur d’un best seller marocain, la chambre noire, Jaouad Midech récidive avec un roman, pour le moins attachant.

« La chambre noire », un des premiers livres marocains à raconter la sombre période des années de plomb, est une sorte d’exorcisme de l’auteur. Livre préfacé par Abraham Serfaty et adapté au cinéma par Hassane Benjelloun, il raconte les circonstances des arrestations du groupe de Casablanca et les supplices du fameux « mouroir » de Derb Moulay Chrif. Ce premier ouvrage représentait une rétrospective du protagoniste / auteur, comme un défilé de son vécu passé, au milieu des atrocités du centre de détention macabre de Hay Mohammadi.

« Vers le large » est un ouvrage exogène. Il est plutôt dirigé vers les autres. L’auteur, en première partie, réalise, à coup de portraits, l’histoire du quartier Alif de la prison centrale de Kénitra. L’auteur fait le tour des années à travers des personnages, tantôt importants, tantôt passagers, tantôt célèbres, tantôt sans gloire. D’un Hassan, gardien de prison de son état, à Nelson Mandela, à une charmante infirmière, le romancier extériorise ses maux, ses sensations, ses effrois, son quotidien à travers son regard sur l’autre, ou in fine sur lui même. Entre personnages représentant l’agonie, le trépas, le désespoir, … l’auteur en fait jaillir des protagonistes emblèmes de l’espoir, de la vie, de l’humain. Un échange succinct en salle d’attente du dentiste avec Hicham, un enfant de 8 ans, alors que l’auteur ait passé le même age en prison, le fait oublier pour un moment sa douleur, son incarcération, pour se poser maintes questions sur le monde enfantin. La thématique de la femme et de l’enfant est très présente dans cette première partie, pourtant assombrie dans le récit d’un lieu où l’absence de la femme et de l’enfant est ressentie comme « une cruauté insoutenable ». « Imaginez un monde peuplé uniquement d’hommes, sans enfants, sans femmes. Un supplice ! Une vraie Géhenne ! » s’indigne l’auteur. Portant, au bon milieu de son séjour à la prison de Kénitra, l’auteur n’hésite pas à voler quelques instants pour consommer de simples actes humains « ordinaires ». Aimer une femme au bon milieu d’une souffrance clinique, échanger avec un enfant, entendre la souffrance de L., impliqué par erreur dans les proèces des groupes gauchistes d’Ila Amam et 23 Mars, …

« Le jour où je suis sorti du quartier B, c’est comme si j’avais franchi le portail de la prison pour rejoindre le large. Mon soulagement était incommensurable. » raconte l’auteur dans un article paru en 2005 à propos de Hakimi Belkacem, un rescapé de la peine capitale à laquelle il avait été condamné en 1985, pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. C’est le même sentiment de Mdidech à sa sortie de la prison. « Il a 38 ans quand il est libéré et se sent perdu. Le Maroc a changé, et il n’est pas sûr d’y trouver sa place. » lui réserve Jeune Afrique dans un portrait collectif d’anciens détenus.

« Rejoindre le large », c’est la définition que donne l’auteur à sa nouvelle vie, et au second chapitre de son nouveau roman. Un horizon et des sensations nouveaux. Après quinze ans de réclusion, un homme de trente huit ans a encore des choses à bâtir. Jaouad Mdidech est catégoriquement dans l’affirmative. Il saura mieux faire en gardant son amour à la vie, son souffle d’optimisme et son humanisme.

A sa sortie de prison, « les premiers jours, [il] se sentait déplacé, et surtout tout écœuré par l’hypocrisie ambiante ». Tout avait changé entre temps : les gens, les lieux, les noms des rues, … mais, non sans nostalgie, l’auteur prend goût à retrouver ses vieilles habitudes, celle d’une vie « normale », antérieure. La thématique de la femme revient en force également dans la seconde partie du roman, en atteste un portrait hommage aux femmes des ex-prisonniers politiques, et à travers elle, certainement, à la femme marocaine.

L’ouvrage est plutôt un message d’espoir, d’optimisme que porte l’auteur sur la vie. Les portrait qu’il illustre à la fin : Abdelfattah Fakihani ( que nous lui souhaitons un prompt rétablissement ), Ahmed Merzouki, Driss Bouissef, … sont autant de « revenant », qui malgré les souffrances et le calvaire de l’internement, ont pu retrouver la vie, avec beaucoup humanisme.

La première lecture de ce livre est organisée par l’OMDH le Vendredi 26 Juin, à l’hotel Diwan de Casablanca à 18h.

Tremplin


J’en parlai dans ce billet, dans bien d’autres sur mon ancien blog, hier j’y étais, à l’inauguration. C’est le templin.

C’est magnifique. Après le boulo, j’y suis allé, je me suis senti ridicule, avec ma tenue de travail, entre une jeunesse défoulée, … et encore, on me reproche, au travail que je ne suis pas très « conformiste ».

Comment vous décrire ce beau spectacle de cette jeunesse urbaine qui s’affirme de plus en plus et se prends par la main. Inutile de vous décrire le défoulement des jeunes. Venez admirez le spectacle aux anciens abatoires, tout en face des grillades célèbres de Hay Mohammadi.

Rass derb vidéos


La jeunesse marocaine ne cesse de me surprendre. Une jeunesse créative, créatrice et récrée.

Comme je l’avait déjà marqué dans ce billet sur mon ancien blog, la vidéo diffusion d’une jeunesse marocaine vivant ailleurs, passe à la dérision raisonnable!

Une autre jeunesse, d’ici cette fois, produit d’autres oeuvres. Il s’agit de Rass derb. Je vous laisse déguster une production :

Mawazine et la classe moyenne.


Tout d’abord, j’avoue que la promotion des arts et leur ouverture sur le grand public est un acte à encourager. Néanmoins, nous sommes en notre droit de nous demander sur l’efficacité des actions de promotion.

 

Mawazine, nom du festival, devenu fameux, de la ville de Rabat, signifie en arabe rythmes, équilibres, balances. Ironie du sort, le mot est extrait de la même racine que Mizanya, qui signifie budget. Parlons alors justement des budgets.

 

Sans vouloir retenir des arguments « populistes » de la sorte de : « Avec le même budget, on aurait pu aider plus de pauvres, construit plus d’école, … », je ne partage pas nécessairement ce point de vue guère clairvoyant. L’art et la culture ont une place centrale dans la vie de toutes les civilisations et de toute société qui se veut moderne, libérée et épanouie.

 

Ce que je déplore par contre, est malheureusement les indemnités faramineuses octroyées à certaines « stars » de la chanson. Certaines indiscrétions parlent de 600.000 dirhams d’indemnités pour un seul chanteur ! Pour 4 heures de prestation, il perçoit cette somme astronomique, ou encore, en bon calculateur, 150 miles dirhams pour une heure de « prestation », soit l’équivalent de plus de 14.700 heures de labeur d’un Smigard. Mieux encore, le plafond de revenus, tel que définit par le Haut Commissariat au Plan HCP, se situe à 55 Dirhams de l’heure. L’indemnité de notre artiste s’élève à 11.000 heures de travail d’un citoyen de la « classe moyenne » dite supérieure. Six ans et demi de travail d’un ouvrier payé au Smig payé en une heure de « chant » ! c’est une atteinte grave aux valeurs, celles du travail et du mérite, et une insulte pas seulement à cette « classe moyenne », mais aussi à toutes les classes.

 

Revenant justement sur le sujet de la classe moyenne. Un sujet qui passionne apparemment par la complexité d’analyse. Les communications récentes du HCP avancent ce qui suit : « Durant la période 1998-2006, on a assisté à une amélioration certaine des revenus des Marocains. Le revenu brut disponible (par an et par habitant) a, en effet, augmenté, selon les données de la comptabilité nationale, de 4,1% par an. Avec une inflation de 1,8%, le pouvoir d’achat de la population marocaine s’est donc amélioré de 2,3% par an. Il y a lieu de noter toutefois que la distribution des revenus au Maroc, telle qu’elle ressort de l’enquête précitée, reste inégalitaire. ». Voilà le mot qui est lâché : « Inégalité de la distribution des revenus ».

 

Répartition des richesses, mais aussi de la culture. Le budget colossal de Mawazine a été tellement budgétivore que maints autres festivals, non « officiels », ne se tiendraient pas à cause d’un manque de sponsors. Ces derniers ont été amenés, vu sa grandeur, à offrir la grande part de leurs rubriques « COM’ » au très officiel festival de la capitale, Mawazine. Dernier incident en date, le Boulevard, festival jeune des musiques, ne se tiendra pas cette année et cèdera sa place au Tremplin, une célèbre compétition qui précède le festival de la scène alternative casablancaise. D’autres événements, dans plusieurs régions et dans plusieurs domaines culturels, seraient décalés ou annulés par manque de moyens.

C’est bien d’avoir un festival d’une grandeur qui valoriserait la capitale. C’est bien d’offrir à un public assoiffé des scènes gratuites produisant les « stars ». C’est encore mieux de penser local, à promouvoir les scènes, les artistes et la culture locaux. C’est évidemment meilleur d’associer à ces festivité une réelle valorisation d’une « classe moyenne », capable de doper le pays en matière de création de la valeur, de consommation et d’épanouissement.

 

 

Nota : ce n’est qu’à l’achèvement de ce texte que j’ai appris le décès de 11 personnes lors une bousculade dans une des scènes de Mawazine. Mes sincères condoléances aux familles des victimes et prompt rétablissement aux blessés.

 

Mounir BENSALAH.

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