Archives de Catégorie: Invitée de marque

Darif : d’Intello à chef de parti – Interview


Hausse des prix des gazoil : un éclairage signé #boulif


#boulif en 2011 :

#boulif en 2012 :

#boulif en 2013 :

@nicoladiaz Webmaster FIDH : « la promotion et l’implémentation des logiciels libres à l’échelle nationale pourraient sans équivoque capitaliser sur un accroissement significatif du degré de souveraineté technologique d’entités névralgiques d’une nation « 


Après des études de linguistique, en 1996, il contracte le virus du geek et l’autodidactie le pousse vers le webmastering. En 1999, il a été formé par un ingénieur en sécurité et logiciels libres au sein de la FIDH et s’emploie depuis plus de 12 ans à fournir aux défenseurs des droits humains des outils numériques pour mieux communiquer et lutter en faveur des libertés fondamentales.
Aujourd’hui Nicolas DIAZ s’intéresse particulièrement aux problématiques de la vie privée, de la sécurisation des données et de la souveraineté technologique. Il est webmaster chez la FIDH.


1- Pourriez-vous expliquer la notion de Hacktivite?
L’hacktivisme : c’est la discipline qui consiste à utiliser les technologies de l’information pour défendre les droits fondamentaux et donc tendre vers l’utopie. Ces technologies peuvent être donc détournées afin de mieux servir une cause noble et juste. L’hacktivisme impose aussi une bonne dose de curiosité et de veille pour mieux combattre l’opacité des systèmes et la surveillance engendrée notamment par les éditeurs de logiciels privateurs. L’hacktiviste a un trait distinctif il défend et promeut les logiciels libres 🙂

2- Dans le sillage du « printemps arabe », des informations se sont vérifiées : des entreprises occidentales ont bien livré des équipements d’espionnage aux régimes despotiques d’avant mais aussi aux nouveaux régimes, avec les islamistes en têtes des gouvernements. Comment commentez-vous cela?

Ces outils de surveillance sont purement et simplement des moyens mis à disposition des régimes tyranniques pour mieux aliéner la société civile et ce au prétexte de la lutte contre le terrorisme.
Les terroristes sont bien plus malins et ils n’utilisent pas que l’internet pour organiser leurs méfaits. Ils utilisent le prosélytisme dans les quartiers déshérités, les prisons, les écoles. Ils utilisent des photocopieurs, des vidéos sur support DVD, des voitures … Les gouvernements qui diabolisent l’internet n’ont jamais pris la peine d’interdire les voitures, l’usage de photocopieurs. Les fournisseurs de solutions de surveillance usent des mêmes stratagèmes que les marchands d’arme pour vendre leurs technologies.

3- Certains Réseaux sociaux à succès planétaire sont aujourd’hui une réelle mine d’informations personnelles et d’habitudes des gens. Ils utiliseraient ces informations pour s’enrichir davantage. Quelles sont votre point de vue la dessus? Pourquoi les « petits » réseaux communautaires ne marcheraient pas?

Depuis la révélation du programme Prism de la NSA grâce à Snowden on peut vraiment affirmer que le confort de l’utilisateur prime sur  la Protection de sa vie privée.
L’exemple Tunisien : aujourd’hui 3 millions d’utilisateurs sur 10 millions d’habitants … accélérateur de révolution mais aussi potentiellement un outil de surveillance de masse à l’échelle d’un pays. Plus que jamais il est impératif de surveiller les dérives et les abus des géant américains de l’internet FaceBook, Apple, Microsoft et Google sont tellement puissants qu’ils peuvent aujourd’hui sans trop de difficultés soumettre un état et porter atteinte à sa souveraineté.
Par ailleurs, Facebook/youtube ont libéré la parole des tunisiens et de nombreux peuples, mais sont évidemment également  des amplificateurs de rumeurs voire des vecteurs de diffamation ou de calomnie. En termes de journalisme, les informations trop soumises à la précipitation des réseaux sociaux perdent en pertinence et ne passent plus par le traitement déontologique journalistique. En somme la suprématie de certaines plateformes dîtes de liberté d’expression a, a contrario, amplifié la désinformation et l’absence de déontologie en journalisme.

4- Justement, des fuites récentes parlent d’une grande opération de flicage des services américains avec un libre accès aux serveurs des géants comme Google/facebook/microsoft/… ce qui mettrait en danger les informations personnelles de plusieurs centaines de millions de personnes sur terre. Comment voyez-vous ce risque?

Enfin je dirai que la centralisation des données représente un danger pour les internautes. Il est préférable de tendre vers la décentralisation du stockage des données et stimuler les échanges de données de pair à pair (peer2peer). Je recommande à tous les gens désireux de défendre leur liberté sur internet de consulter ce site : https://prism-break.org/ . Ce site répertorie tous les logiciels libres qui sont un des garants des libertés sur l’internet.

5- Revenons à un autre sujet important. Comment commentez-vous la poursuite des régimes du post « printemps arabe » d’achat de logiciels à cout de milliard de dirhams, alors que des équivalents en logiciel libre permettraient d’économiser cet argent pour ces pays qui en ont grandement besoin? Pareil pour les pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

Le cas de Microsoft est emblématique du manque de transparence des marchés publics notamment en FRANCE, en TUNISIE et en EGYPTE. Ces trois pays ont ce point commun : pour des raisons encore obscures ils sont soumis aux produits Microsoft. Certains justifient ces contrats astronomiques avec la firme de Redmond au nom de l’interopérabilité de systèmes et notamment celui de l’OTAN.
En termes de souveraineté, des transferts de compétences, de défense, d’emploi c’est une catastrophe pour tous ces pays voire ces continents qui sans le savoir sont soumis à une seule technologie et versent rapidement dans une addiction inconsciente.
A contrario la promotion et l’implémentation des logiciels libres à l’échelle nationale (administrations, écoles, ministères, universités) pourraient sans équivoque capitaliser sur un accroissement significatif du degré de souveraineté technologique d’entités névralgiques d’une nation et ainsi créer de la valeur et capitaliser sur son savoir-faire.

6- Finalement, quel rôle de la FIDH notamment pour la promotion des droits bafoués que vous avez évoqué dans cet entretien?

Le rôle de la FIDH est de défendre tous les droits énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. En l’espèce et concernant les technologies de l’information : la FIDH défend le droit à la vie privé et combats de les entreprises de surveillance qui violent les libertés fondamentales. Les récentes affaires : Amesys et Prism reflètent combien la FIDH s’est
emparé de ces problématiques. Notre groupe d’action judiciaire mené par Maître Patrick Baudouin (président d’honneur de la FIDH) est plus que jamais à l’œuvre pour lutter contre ces violations et rendre justice aux victimes. Le FIDH agit dans l’intérêt commun d’où la plainte contre X déposée récemment qui pourrait déboucher sur une enquête visant à déterminer qui de la NSA, du FBI, des entreprises au centre de Prism doit rendre des comptes la justice.

« Erdogan est l’homme politique le plus populaire et le plus détesté en Turquie ! » par @daghanirak


Entretien avec Daghan Irak

« Erdogan est l’homme politique le plus populaire et le plus détesté en Turquie ! »

Daghan Irak est blogueur, chercheur en sociologie et journaliste turc d’Istanbul. Il suit activement l’actualité de son pays et est un des leaders de la révolte populaire turque à Istanbul. Il est à l’origine de l’appel au soutien médiatique de la révolte turque :

« LA DÉMOCRATIE TURQUE, ELLE A BESOIN DE VOUS!

Suite aux manifestations pour la conservation d’un parc au sein du quartier central d’Istanbul qui est envisagé d’être démoli pour la construction d’un centre commercial, la police turque a lancé une attaque violente contre les manifestants paisibles avec du gaz lacrymogène et de l’eau à haute pression et visait directement sur les corps des gens. Des dizaines des protestataires sont hospitalisés et l’accès au parc est bloqué sans base légale. Les médias turcs, qui sont directement contrôlés ou ont des liaisons politiques et économiques avec le gouvernement, refusent de traiter des incidents. Les agences de presse turques également bloquent la diffusion de l’information sur les évènements.

SVP, diffusez ce message pour que le monde prenne conscience de l’état policier turc crée par l’AKP de Recep Tayyip Erdoğan, qui est souvent considéré comme un modèle exemplaire pour des pays du Moyen-Orient. La démocratie turque s’attend à votre soutien. Merci! »

A Istanbul, Daghan a bien accepté de nous accordé cet entretien pour discuter des évènements en Turquie :

MB : Nous avons presqu’une conviction chez nous que la Turquie de l’AKP et d’Erdogan est un modèle de développement économique et social. En plus de la tradition démocratique turque ne nous permet pas de comprendre la révolte actuelle, surtout qu’Erdogan a été élu démocratiquement à plus de 50% de voix. Pourriez-vous nous éclairer ?

Daghan Irak : D’abord, il faut comprendre que Mr Erdogan n’était pas comme cela il y a 3ans. Une fois qu’il a neutralisé l’armée, et cela est une bonne chose en soi,  il a commencé à virer vers sa propre doctrine. Le gouvernement qu’il mène est d’orientation néo-libérale et conservatrice. Ce gouvernement a privatisé sans merci les entreprises étatiques, malgré les alarmes des syndicats. Il visait faire émerger une « bourgeoisie islamiste » et « une classe moyenne docile » soutenant son électorat. En effet, lors des dernières élections, il a récolté un peu plus de 50% des scrutins.

MB : Donc, il devrait être très populaire ?

DI : Il l’était. Aujourd’hui, s’il appelle à de nouvelles élections, il n’aura pas plus de 30%. En plus de son psychique instable, il montre aujourd’hui qu’il n’est pas démocratique. Il a qualifié les manifestants de « voleurs », de « clochards », … cela a fait de lui un adversaire, même chez les gens qui le soutenaient avant. D’abord parce qu’il a menti sur la nature des manifestations, ensuite parce qu’il a montré que la Turquie ne lui importe que peu devant son orgueil personnel et puis et surtout parce que son idéologie prend le dessus sur les politiques publiques.

L’AKP d’Erdogan a créé sa propre fédération d’homme d’affaire constituant la nouvelle « bourgeoisie islamiste », qui est toujours favorisée. Alors que la Turquie a remboursé ses dettes envers le FMI et la BM, son gouvernement se tourne vers le Qatar, la banque islamique, … pour s’endetter.

Aujourd’hui, Erdogan a réussi à mettre toutes les minorités contre lui. Le slogan des manifestants est devenu « Nous sommes les autres 50% ». Toutes les minorités se sont unies dans les manifestations, avec une harmonie extraordinaire.

MB : Il semble aussi que sur le plan institutionnel, aucune force politique ne porte la voix des manifestants. Confirmez-vous ?

DI : Le socle constitutionnel des années 80, promulgué après le coup d’Etat, fait que seuls deux partis sont dans le jeu institutionnel …

MB : (interruption) mais dans certaines démocraties, deux partis sont suffisants, comme l’exemple américains.

DI : En effet, après le coup d’Etat, l’armée a promulgué une constitution sous impulsion américaine. Aujourd’hui, les petits partis (communiste, écolo, …) sont exclus de facto par une loi sur les partis qui éliminent ceux qui n’obtiennent pas plus de 10% des voix. Cela nuit à la pluralité et ne convient pas à la Turquie. Aujourd’hui, on change de gouvernements mais pas de politique.

Ce à quoi nous assistons à la place Taksim est une vraie révolution politique : les ultra-nationalistes scandent avec les kurdes en leur langue pour la « fraternité des peuples », les LGBT marchent à côté des supporters de foot (généralement homophobes), … Erdogan a mis toutes les minorités (arméniens, turcomans, musulmans laïcs, juifs, chrétiens, LGBT, kamalistes, … ) contre lui. Il faut noter que ces minorités ont boycotté massivement les élections par manque d’alternatives.

Aujourd’hui, il faut reconnaitre que cette opposition hétéroclite manque cruellement de leadership, de plateforme politique d’entente et surtout de représentants institutionnels.

MB : Justement, cela a été le cas un peu partout dans les pays du « printemps » arabe, du Maroc au Yemen. Ne pensez-vous pas à vous organiser en apprenant la leçon arabe ?

Il est très tôt de parler d’alternative politique. Erdogan est affaibli, même dans son propre camp. Beaucoup de militants de l’AKP commencent à revendiquer Gul comme futur candidat au présidentielles de 2014 (premières sous suffrages universelles après les derniers amendements constitutionnels). Je pense que Si Gul se porte candidat, il gagnerait largement face à Erdogan, trop impulsif. Gul est un homme équilibré, qui sait que la démocratie, ce n’est pas gagner des élections, mais surtout de conserver les droits des minorités. Malheureusement, en Turquie, nous n’avons même pas un Baradei, avec ses défauts !

MB : Revenons à Gezy. L’agence de presse Anadol a rapporté que la mairie va planter le triple des arbres extirpé. Selon vous, cela atténuerait la protestation ?

ID : Mr Erdogan doit comprendre que ce n’est pas au premier ministre de devenir tâcheron. La question n’est plus extirpation d’arbres de Gezy. Si Erdogan voulait planter, par la force, des arbres, nous serions sortis manifester. Les manifestants sortent contre la dictature que Mr Erdogan est en train d’installer. Il a beau créé sa bourgeoisie, il n’a jamais réussi à avoir l’élite avec lui. C’est le plus grand échec des islamistes.

Les espoirs de révolution culturelle au Maroc (1966-1973) racontés par Kenza Sefrioui.


« Le magnifique travail de Kenza Sefrioui, retranscris dans son livre « La revue Souffles : Espoirs de révolution culturelle au Maroc (1966-1973) » est une victoire de l’intelligence, de la mémoire et une arme contre le désespoir ». C’est ainsi que Abdellatif Laabi s’était-il exprimé dans la rencontre organisée le 1er Juin à la médiathèque de CEDIDELP*  sous le thème : « Jeunes des années 1960-jeunes des années 2000 : Liaisons et ruptures pour un Maroc démocratique », à Paris devant une quarantaine d’invités.

revue souffles par kenza sefriouiLa rencontre a été l’occasion de présenter l’ouvrage de Kenza Sefrioui consacré à l’étude de la revue souffles, ayant fait l’objet d’une thèse de doctorat de l’auteur. « Créée à Rabat en mars 1966 par un petit groupe de jeunes poètes d’expression française, Souffles a été, tout au long de ses sept années d’existence, une tribune singulière dans le paysage de la presse marocaine. Elle a porté un véritable mouvement littéraire et intellectuel, avant de devenir la tribune du mouvement marxiste-léniniste. Disparue en 1972, après l’arrestation d’Abdellatif Laâbi et d’Abraham Serfati, son histoire, retracée au travers des témoignages de ses auteurs, montre que sa vision moderniste et progressiste invitait à des questionnements toujours d’actualité » peut-on lire dans la description du livre.

D’emblée, pour saisir l’importance de l’ouvrage, il faut souligner qu’il a fallu 10 ans à notre journaliste (du défunt « Journal Hebdo ») et critique littéraire Kenza Sefrioui pour nous raconter l’histoire de la revue « Souffles », qui elle n’a duré que 8 ans ! Pour l’auteure, l’ambition était de « retracer l’historique de la revue souffles, puis en deuxième partie du livre d’étudier la relation politique ». Il est à noter qu’une multitude d’entretiens exclusifs ont été accordés à K. Sefrioui, édité en annexe de son livre, de témoins et acteurs de la revue (notamment de feu Abraham Serfaty, Abdellatif Laabi, Mostapha Nissabouri, … ).

rencontre cedidel souffles kenza sefrioui

Pour Abdellatif Laabi, dont le combat pour la culture date depuis la création de Souffles, il a estimé que la proposition qu’il a faite pour la création de « l’institut national de la mémoire contemporaine » ainsi que celle du « manifeste pour la culture au Maroc » n’ont pas eu beaucoup d’échos, et des fois dans les sphères intellectuelles ! Le poète marocain, prix Goncourt, se dit préoccupé des thématiques de la mémoire, de la transmission entre génération et de l’archive. Dans ce sens, il loue une initiative réussie de l’auteure K. Sefrioui de conserver une partie de la mémoire collective, lui qui a « préfacé ce travail consacré à une histoire qui ne lui appartient plus » a résumé le modérateur.

L’auteure s’est indignée également d’une absence de volonté politique de développer la culture, parlant de la « nécessité d’une vraie révolution des valeurs ». « Dans les conclusions, je parlais d’ « élan brisé » parce qu’il faut tirer la sonnette d’alarme sur la situation culturelle au Maroc ! La culture est centrale dans le projet démocratique ! » Ajoute Kenza Sefroui. Plus nuancé, Abdellatif Laabi pense « que les mêmes combats continuent, surtout avec un système de l’enseignement actuel qui fabrique des analphabètes bilingues ! Mais, certaines initiatives (exemple de théâtre) nous redonnent l’espoir ».

Intervenant au nom du « Mouvement Anfass pour la démocratie », présenté comme portant le même combat que la revue d’antan, le militant du 20 Février Montassir Sakhi accuse « les carriéristes de la culture et ceux d’entre eux décrits dans « un autre Maroc » de Laabi par « ces intellectuels vendant leur âme contre des miettes » et surtout ceux qui n’ont pas soutenu le mouvement des jeunes ». Tout en rappelant l’engagement de Laabi et d’autres dans les manifestations du 20 Février, il a insisté sur le fait que « le 20 février n’est pas orphelin, il est l’héritier des mouvements de résistance, depuis la résistance pour l’indépendance ! ».

« Ecrivains, poètes, essayistes, cinéastes, plasticiens s’y croisent et s’y côtoient dans un partage fécond des idées. Celles-ci circulent, le projet culturel de la revue mûrit dans son entreprise de décolonisation des esprits et de reconstruction de l’identité nationale. Après la sombre page du colonialisme et l’archaïsme despotique du régime marocain d’alors, l’enjeu est de taille » analyse Nathalie Galesne dans une tribune consacrée au livre de Kenza Sefrioui, avant d’ajouter : « En nous racontant « Souffles comme mouvement », « Souffles comme projet d’opposition » l’auteure nous entraîne à visiter ou à revisiter une page essentielle de l’histoire du Maroc et à nous saisir, chemin faisant, d’un passeport de connaissance ».

Tout a commencé ainsi, nous apprend l’auteure : « C’était au départ un projet purement poétique. Abdellatif Laâbi, Mostafa Nissabouri et Mohammed Khaïr-Eddine – tous trois âgés de moins de trente ans et insatisfaits des circuits culturels – avaient décidé de créer leur propre tribune. Le premier numéro est un simple recueil de poèmes, accompagné des œuvres des artistes qui enseignaient à l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca (Farid Belkahia, Mohammed Chabâa et Mohammed Melehi, qui avait réalisé la maquette de la revue). Un tonitruant prologue signé Laâbi donne les grandes lignes : Souffles se veut une tribune ouverte à toutes les recherches novatrices ».

« La revue Souffles : Espoirs de révolution culturelle au Maroc (1966-1973) » est édité en 400 pages aux Editions du Sirocco.

* : « Centre de documentation internationale pour le développement, les libertés et la paix » dont l’objectif est « de rendre accessibles les savoirs et la mémoire des luttes sociales et environnementales passées et actuelles qui nous concernent tous, citoyens et citoyennes. Tout en conservant et valorisant les archives déjà présentes dans le centre, nous cherchons à ouvrir un maximum le CEDIDELP à des productions audiovisuelles des mouvements militants ou populaires contemporains »)

Monique Dagnaud : « La génération Y revendique plus de liberté individuelle, une égalité entre les sexes, la reconnaissance des identités particulières »


OLYMPUS DIGITAL CAMERAMonique Dagnaud est diplômée de HECjf, de l’Institut Politiques de Paris, et elle possède un doctorat en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a un parcours professionnel de chercheur et enseignante. Elle est directrice de recherche CNRS à l’Institut Marcel Mauss (CNRS – EHESS) à Paris. Elle est également maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; elle enseigne dans le master professionnel de l’INA et a été maître de conférence à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris de 1977 à 2008 .  Elle a été membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de 1991 à 1999 et a été membre du Conseil de surveillance du Groupe Le Monde de 2005 à 2010.

Sociologue des médias, elle a développé aussi des recherches sur les adolescents et les jeunes adultes. Elle est l’auteur d’une quinzaine de livres et de nombreux articles scientifiques. Elle collabore régulièrement à deux sites web : Telos-eu et Slate.fr.

Livres  récents :

.Génération Y (Why), Les jeunes et réseaux sociaux : de la dérision à la subversion,  Editions des Presses de Sciences Po, 2011, réédité dans une version enrichie en janvier 2013.

. Martin Hirsch, le parti des pauvres, Histoire politique du RSA, Ed de l’Aube, 2009

. La teuf, Essai sur le désordre entre générations, Le Seuil, 2008

J’ai eu le plaisir d’animer une conférence avec Monique Dagnaud au Salon du livre de Casablanca avec comme thème : « Génération Y: les jeunes et les réseaux sociaux ». A la marge, j’ai profité pour lui poser quelques questions :

1- Vous avez étudiez ce qu’on appelle aujourd’hui « génération Y », première génération à naitre sous l’ère d’Internet. Quelles en sont les principales caractéristiques?

Cette génération est la première à entrer dans l’univers de la connaissance, et de l’information par le biais des outils digitaux. Elle manie avec dextérité cet outil communicationnel, elle a pris l’habitude de fonctionner en jouant alternativement des liens forts (avec les gens que l’on connait et que l’on fréquente dans la vie réelle) et des liens faibles (avec les contacts que l’on peut mobiliser aux fins les plus diverses, récréatives ou engagées).  Une part importante de ses membres sait utiliser les abondantes ressources d’internet et des réseaux sociaux. Dans mes travaux, je dégage trois aspects qui sont amplifiés par cette culture digitale. D’abord,  la dimension expressive de l’individu : on se présente et on attire des contacts affinitaires en exprimant ses goûts, ses opinions, en se révélant par des photos, des images ou des vidéos fabriquées par soi ou repiquées, par des production artistiques éventuellement.  Ensuite,  une prédilection pour l’ironie et de la dérision, une certaine façon de regarder et de penser le monde, qui est aussi une prise de distance et une capacité critique à l’égard des autres; mais aussi de soi. Cette verve ironique est un catalyseur pour la critique sociale. Enfin, la consommation de biens culturels : jamais les jeunes n’ont consommé autant d’informations, de musiques, de films ou de séries télévisées.

2- Dans le monde professionnel, chez les parents, … il y a une grande incompréhension de cette génération. Croyez-vous que ce malaise est du justement à un conflit de génération normal, ou s’agit-il d’une accentuation du aux réflexes Internet?

C’est vrai que les générations plus âgées sont souvent critiques à l’égard d’une culture et d’un mode de fonctionnement qu’elles connaissent mal. Elles s’inquiètent de la mise dans l’espace public, sans trop réfléchir,  de données personnelles. Elles pensent qu’Internet favorise l’enferment dans un monde virtuel, et aboutit à se couper des autres et de la famille. Ces dérives existent, mais l’adolescence, dans les sociétés modernes,  est de toute façon une période de la vie où on tente de se construire individuellement,  où l’on prend son autonomie vis à vis de la famille, et où l’on favorise intensément la sociabilité avec les autres de son âge. Les réseaux sociaux intensifient cette tendance, mais n’inventent rien. Pour une grosse majorité des jeunes, Internet est un relais et un prolongement de la vie réelle, mais ne se substitue pas à la sociabilité de face à face.
Pourtant je pense que les professionnels et les parents regardent aussi cette culture avec une curiosité bienveillante, beaucoup souhaitent en connaitre le maniement et y participer.

3- Nous avons l’impression qu’un certain « nivellement culturel » est en train de se passer au niveau planétaire grâce à internet, surtout chez les jeunes. C’est dire une perte des cultures locales au profit d’une culture globalisée.  Approuvez-vous ce constat?

Il y a certainement une culture mondialisée de la jeunesse grâce à la circulation des opinions, aux échanges et à la consommation de biens culturels, via Internet. Je ne suis pas sûre que ce mouvement anéantisse les cultures locales, car les jeunes savent bien que pour trouver une place dans leur société il faut aussi accorder de l’importance à la transmission issue des générations précédentes, et aux identités locales. Je pense plutôt qu’ils savent bien jongler avec ces différentes dimensions culturelles, la confrontation des angles de vues est plutôt un enrichissement, rien n’est plus stérile que l’enfermement dans une seule et même façon de penser et de voir les choses.

4- Beaucoup d’observateurs font le parallèle des révoltes des jeunes dans les pays arabes, ou les jeunes du mouvements des indignés au mai 68, avec un outil de taille : Internet. Pensez-vous que ces jeunes portent la même conscience de leur futur que ceux de 68?

Ils revendiquent plus de liberté individuelle, une égalité entres les sexes, la reconnaissance des identités particulières : cela ressemble en effet au mouvement de mai 68, un mouvement qu’il faut examiner sous ses diverses facettes -son côté vraiment émancipateur, bien sûr, et parfois les excès qu’il a pu engendrer.

siel conference

Mamadou Kouma (@kmamadou) : « A Tombouctou, plusieurs centaines d’années d’histoire du Mali ont été partiellement détruites par des fous d’Allah »


Mamadou KOUMA est malien vivant en France depuis 6 ans. Naturellement, il suit très attentivement l’actualité de son pays dans lequel se trouvent toute sa famille et beaucoup de ses amis. Dans cet entretien, il essaiera de nous éclairer sur la situation au Mali

mamdou Kouma

1-      Comment voyez-vous la situation généralement au Mali aujourd’hui ?

Le Mali, aujourd’hui, reste un pays instable tant au niveau sécuritaire qu’au niveau institutionnel malgré la libération des villes occupées et la défaite des islamistes désormais retranchés dans les grottes de l’Adrar des Ifoghas.  Le pays reste toujours sous la menace des groupes armés qui ont été juste chassés de leurs positions mais qui n’ont pas été complètement vaincus. Repliés, ils ont changé de tactique : au lieu d’affronter directement les troupes maliennes, françaises et africaines ils ont opté pour la stratégie d’opérations coup de point (Attentats et embuscades) avec, toujours, le but de faire le maximum de victimes. Après la tyrannie et la Charia des Salafistes, la population est désormais prise par la psychose des attentats suicides.

Le Sud, de son coté, reste englué dans une crise institutionnelle provoquée par le coup d’Etat du 22 mars 2012 et, au milieu de querelles partisanes, continue à véhiculer l’image de ne pas être concerné par la guerre qui se déroule dans la moitié nord. Les récents affrontements entre Bérets rouges et les bérets verts (deux composantes de l’armée malienne : les premiers opposés au coup d’Etat perpétré par les seconds) viennent illustrer à souhait ce sentiment d’insouciance face à la situation catastrophique que traverse le pays. L’autorité et la légitimité du président intérimaire Dioncounda Traoré sont constamment contestées par une partie de la population et par une minorité très active de partis politiques favorables au putsch qui a chassé l’ancien président Amadou Toumani Touré.  Une étude récemment publiée dans le Washington post concernant le niveau de stabilité des pays du monde place le Mali parmi les pays à haut risque dans lesquels un coup d’Etat est possible en 2013. On est encore très loin de retrouver une situation « normale » pour l’ensemble du territoire malien. Les villes libérées doivent être sécurisées et des élections, annoncées pour les 7 et 21 Juillet 2013, devraient permettre d’élire un président légitime pour mettre fin à cette instabilité institutionnelle qui dure depuis 10 mois.

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وداعاً شكري بلعيد


وداعاً شكري بلعيد

خضر سلامة

اغتيال شكري بلعيد – مؤسس حزب وطد الاشتراكي التونسي

من بيروت أكتب، وأرسم وجوه رفاقي المعلقين على مشانق اوطانهم

يقف مهدي عامل إلى جانب زكي مراد يصنعان حفل التبغ والقطن، يرتب حسين مروة أناقته الثورية ويمسح الغياب عن وجه المهدي بن بركة، ينشغل عبد الخالق محجوب بكتابة نشيد جديد يعيره لبياتريس لومومبا عن أفريقيا جديدة.. يسأل سلام عادل رفيقه فرج الله الحلو عن أحوال من تبقى حياً من الرفاق، اليوم عيد من لم يترك لهم الأوباش وقتاً لتوديعنا، اليوم يأتيكم شكري بلعيد، دم الرفاق رخيص في متاجر المساجد وحانات الطغاة..

لماذا لا تشبع هذه الأرض؟ لنا في كل وسيلة قتل، حسرة، نعرف من مات منا طعناً، ومن مات بالرصاص، ونعرف من أذابه القهر بالأسيد، ونعرف من لاحقنا بآيات شيطان خبيث، نعرف جيداً كيف يختلف الطغاة وأحفاد أبي جهل على كل شيء، ولا يلتقون إلا على التنكيل بشاعر، أو عقر حلم، أو اغتيال مثقف. من قتل بلعيد؟ لا أعرف بعد، ولكني أعرف غضبي، أود لو أصرخ بوجه تونس: حتى أنتِ يا تونس؟ من أين أتتك قبائل آكلي لحوم البشر، وأعداء العلوم، وأنصار الخنجر؟ حتى أنت يا تونس؟ لم يعد تغريك الموسيقى؟ صرت لا تطربين إلا على رائحة الدم؟

قتلوا شكري بلعيد، قتلوه كما قتلونا ألف مرة في ألف عام، لا مكان لابن رشد في عصر الأميّة هذا، كان لزاماً أن يموت أحدنا، حتى نعرف أن أرخص ما في هذه الأمة، مثقفيها ومناضليها وشعراءها، أرخصهم الصادق مع وطنه… وطن كعاشق أبله، يحب من يعذبه، ويتعلق بالكاذب، ويمجد التاجر بدين أو بشعب.

أيتها البلاد، اغضبي مرة واحدة لقتيل كان يحبك!420427_108009036026154_875571437_n

أيتها البلاد، ذاكرتك مثقوبة من أسفلها، ويسقط منك كل يوم شهيد، ولا تتذكرين إلا أسماء مطربيك وراقصاتك.

أيتها البلاد، اخجلي، لن يترك وحوشك لك خياط حلم واحد، يستر عورة صحرائك الكبيرة.

أيتها البلاد، كل ما أردناه وطناً حراً وشعباً سعيد.. فما أخذنا منك إلا وطناً مكبلاً بالطوائف والأحقاد والأديان والنخاسة، وشعباً مشغول بلوك الهم واليأس.

شكري بلعيد، احمل سلاماً لكل الأحياء في باطن هذا التراب المالح، سقطوا، لأن الأخضر لا ينبت في مدن الملح.. هذا الملح يخنقنا.

جوعان... مواطن ضد الأنظمة المزورة

خضر سلامة

اغتيال شكري بلعيد – مؤسس حزب وطد الاشتراكي التونسي

من بيروت أكتب، وأرسم وجوه رفاقي المعلقين على مشانق اوطانهم

يقف مهدي عامل إلى جانب زكي مراد يصنعان حفل التبغ والقطن، يرتب حسين مروة أناقته الثورية ويمسح الغياب عن وجه المهدي بن بركة، ينشغل عبد الخالق محجوب بكتابة نشيد جديد يعيره لبياتريس لومومبا عن أفريقيا جديدة.. يسأل سلام عادل رفيقه فرج الله الحلو عن أحوال من تبقى حياً من الرفاق، اليوم عيد من لم يترك لهم الأوباش وقتاً لتوديعنا، اليوم يأتيكم شكري بلعيد، دم الرفاق رخيص في متاجر المساجد وحانات الطغاة..

لماذا لا تشبع هذه الأرض؟ لنا في كل وسيلة قتل، حسرة، نعرف من مات منا طعناً، ومن مات بالرصاص، ونعرف من أذابه القهر بالأسيد، ونعرف من لاحقنا بآيات شيطان خبيث، نعرف جيداً كيف يختلف الطغاة وأحفاد أبي جهل على كل شيء، ولا يلتقون إلا على التنكيل بشاعر، أو عقر حلم، أو اغتيال مثقف. من قتل بلعيد؟ لا أعرف…

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@Novinha56 : « Si les Frères Musulmans étaient sans aucun doute la meilleure force d’opposition au niveau de leur organisation, ils sont de piètres politiciens »


ikhwane epicerie

Blogueuse avertie, elle travaille depuis 15 ans sur les questions sociales et de développement, notamment en Égypte où elle vit depuis 6 ans. @Novinha56, en plus de son blog ( Le blog à Bécassine ) où elle transcrit ses observations sur l’actualité, nous livre ci-dessous dans un entretien, des observations pertinentes :

L’Egypte connait un bouillonnement inégalé depuis la chute de l’ex-président Moubarak. Quelle est la situation que vous observez?
Le bouillonnement n’est pas constant, il surgit par crise à différents moments et à différents endroits. En dehors des points chauds et d’une minorité qui se sent concernée par la situation, une grande majorité d’Égyptiens continuent à vivre tant bien que mal (et plutôt mal que bien). Lorsqu’on vit assez loin des points chauds, on est peu touché dans notre vie quotidienne par cette instabilité, sauf quand les écoles sont fermées pour raisons de sécurité, ce qui a été le cas plusieurs fois au cours de ce dernier mois.

Si « bouillonnement » nous renvoie à l’idée d’instabilité en ce moment, ce n’est pas toujours le cas. Il y a aussi un « bouillonnement » positif comme la formidable explosion culturelle qu’on observe en Egypte depuis la révolution, dans les domaines de la musique, du cinéma, de la littérature. Cela mériterait un article complet.

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Jean-Paul Galibert, auteur de « Suicide et sacrifice » : « il me semble qu’il est impossible de laisser l’Islam aux islamistes radicaux … C’est le combat d’Averroès qui continue»


https://i2.wp.com/www.editions-lignes.com/local/cache-vignettes/L210xH339/COUV-GALIBERT-web-d6395.jpg

J.P. Galibert, philosophe français, blogueur et auteur de plusieurs essais philosophique, dont le dernier s’intitule « Suicide et sacrifice ». Il nous a accordé cet entretien :

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Réseaux sociaux et révolutions arabes?


« Depuis les évènements postélectoraux de 2009 en Iran, le monde a découvert qu’Internet joue un rôle majeur dans la mobilisation citoyenne. Les Révolutions arabes de 2011 sont venues conforter ce constat. Les régimes autoritaires ont sous-estimé ce que ces nouveaux outils pouvaient apporter aux jeunes citadins arabes pour braver la censure, la compromission de leurs élites et le silence honteux de l’Occident. Les jeunes Arabes ont préparé et informé, via le net, le monde entier des mouvements qui ont secoué la région. Internet a aussi changé les habitudes sociales et économiques d’une région qui était frappée de conservatisme bédouin. Ce nouvel espace médiatique sans limites est un canal privilégié, celui de l’avenir.L’auteur, ingénieur marocain de trente-trois ans, blogueur depuis 2004, a été témoin et acteur de nombreux évènements majeurs, au Maroc surtout. Militant politique de gauche, membre de l’Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH), il a été à l’avant-garde d’un réseau de jeunes militants blogueurs. »

Aux éditions Michalon.

Le livre dans les médias (MAJ 31/10/2012) :

Le Parisien (France – en français) : Les réseaux sociaux en débat.

France24 (France – en arabe) : Mounir Bensalah, les régimes du « printemps arabes » tentent la mainmise sur Internet par de nouvelles contraintes.

France24 (France – en français) : Mounir Bensalah, auteur de « Réseaux sociaux et révolutions arabes ».

Beur Fm (France – En français) : Internet & Révolutions Arabes ( choisir diffusion du 1er Novembre 2011 ).

Libération (Maroc – en français) : «Réseaux sociaux et révolutions arabes ?» de Mounir Bensalah : La topographie du militantisme cybernétique.

Tel-quel (Maroc – en français) : tawra 2.0

MidiPresse (France – en français ) : La topographie du militantisme cybernétique.

Febrayer (Maroc – en arabe) : Le Maroc s’est doté de technologies pour contrôler Internet.

Hespress (Maroc – en arabe) : Bensalah et le printemps arabe.

Gazapetition (Palestine – en arabe) : Blogueur marocain : Ce qui se passe au Bahrein est une révolution comme les autres révolutions arabes.

DZactiviste (Algérie – en français) : Livre : Réseaux sociaux et révolutions arabes ?

Blog 7our (Algérie – en français) : Interview de @7our par @mounirbensalah.

Observatoire des droits de l’Homme de Tizi-Ouzou (Algérie – en français) : @7our: « le jeune internaute [algérien] lui étant plus un absentéiste plus ou moins désabusé du débat politique » .

1stActu (France – en français) : «Réseaux sociaux et révolutions arabes ?» de Mounir Bensalah : La topographie du militantisme cybernétique.

Tunisian Girl (Tunisie – en français) : «Réseaux sociaux et révolutions arabes ?» de Mounir Bensalah : La topographie du militantisme cybernétique.

EMarrakech.info (Maroc – en français) : « Réseaux sociaux et Révolutions Arabes » de Mounir Bensalah (05/11/2012).

La Nouvelle Tribune (Maroc – en français) : “Réseaux sociaux et Révolutions Arabes” de Mounir Bensalah (07/11/2012).

Agence de presse Russe (Russie – en arabe) : « Mounir Bensalah : les ennemis de la démocratie au Maroc se vengent des jeunes du 20 février » (16/11/2012).

3lach.ma (Maroc – en arabe) : Mounir Bensalah édite un livre sur la relation des réseaux sociaux aux révolutions arabes (17/11/2012).

Hit Radio (Maroc – en français) : Sortie du livre: Réseaux sociaux et révolutions arabes (21/11/2012).

Forums social Mondial ( Tunisie – en français ) : réseaux sociaux et révolutions arabes (21/11/2012).

Blog Citoyen Hmida (Maroc – en français) : UN INTERNAUTE MAROCAIN FACE AUX REVOLUTIONS ARABES (23/11/2012).

Blog Alwihda – Actualité Franco-Tchadienne (France – Tchad – en français) : Ouvrage sur les révolutions arabes : Parole de cyberactiviste  (23/11/2012).

Tunisie Focus (Tunisie – en français) : Livre : Réseaux sociaux et révolutions arabes ? Par Mounir BEN SALAH (23/11/2012).

Talk Afrika (Afrique – en français) : Ouvrage sur les révolutions arabes : Parole de cyberactiviste (24/11/2012)

Le grand soir (Belgique – en français) : Réseaux sociaux et révolutions arabes ? (26/11/2012).

Salon du livre des droits de l’homme à Saintes (France – en français ) : Mounir Bensalah : un auteur sur le SALON 2012 (26/11/2012).

Mamfakinch (Maroc – en français) : « internet a été le moteur Formule 1 placé dans la vieille voiture de la révolution arabe qui peinait à remonter la pente.» (28/11/2012).

Maroc Hebdo (Maroc – en français) : Le temps des cybermilitants (07/12/2012).

Blog Le mythe (France – en français) : Un livre et un regard sur la Blogma (15/12/2012).

L’observateur (Maroc – en français) : Mounir Bensalah, l’ingénieur aux 20.000 tweets (17/12/2012).

LeLitteraire.com (France – en français) : La puissance libre des blogs (21/12/2012).

OMDH – Section Casablanca (Maroc – en français) : Le 89 arabe est-il né d’Internet ? (27/12/2012)

Maghreb Digital (Maghreb – en français) : Essai mettant en lumière 10 années d’activisme sur l’Internet dans le Monde Arabe. (01/01/2013)

La Vie Eco (Maroc – en français) : Printemps arabe 1.0 (28/12/2012)

A Tunisian Girl – Blog de Lina Benmhenni (Tunisie – en français ) : Notes de lecture: Réseaux Sociaux et Révolutions Arabes? de Mounir Bensalah (10/01/2013).

InassPress (Maroc – en arabe) : Livre de Mounir Bensalah « Réseaux sociaux et révolutions arabes? » (22/01/2013)

La vie Eco (Maroc – en français) : Presse électronique : « Certains sites se développent et cherchent aussi un modèle économique » (29/01/2013).

France 24 (France – en français) : Printemps arabe : « Le rôle des réseaux sociaux a été très exagéré » (04/02/2013).

Le Devoir de Montréal (Canada – en français) : « Printemps arabe et réseaux sociaux: une influence plus qu’exagérée » (04/02/2013).

Femmes du Maroc (Maroc – en français) : Mounir Bensalah blogeurs pour la liberté (05/02/2013).

Blog de Damien Delbrel (France – en français) : Réseaux sociaux et révolutions arabes ? (06/02/2013).

Jeune Afrique (France – en français) : Livres : Printemps arabe, le Net plus ultra (11/02/2013).

Horizons médiatiques (France – en français) : Crise de nerfs dans la blogosphère (12/02/2013).

Tel-Quel (Maroc – en français) : Internet relie les révoltés solitaires (12/02/2013).

Le Soir Echos (Maroc – en français ) : Que reste-t-il du M20F ? (20/02/2013).

Tel-Quel (Maroc – en français) : Maroc 2.0. La révolution par le Net (21/02/2013).

E-média (Suisse – en français) : Démocratie année 0 (05/03/2013).

Blog Livremoi.ma (Maroc – en français) : Petite récap’ entre amis (08/04/2013).

Luxe Radio (Maroc – en français ) : Où va le monde arabe (08/04/2013).

DimaBladna (Maroc – en français) : Génération Y, qui es tu? (09/04/2013).

Alwatane (Maroc – en arabe ) : Guerre médiatique dans le conflit du Sahara (02/05/2013)

Médi1TV (Maroc – en arabe) : Les marocains et les réseaux sociaux (20/05/2013).

TV5 (France – en français) : Émission Maghreb-Orient Express spéciale Guerre 2.0 (02/06/2013).

Média24 (Maroc – en français) : une première, algériens et marocains se font la guerre sur Twitter (03/06/2013).

L’Express (France – en français) : Réseaux sociaux et mobilisations? (01/07/2013).

FranceTV (France – en français) : Baiser marocain sur Facebook : « Le royaume tente de museler les internautes » (11/10/2013).

Blog Révolution 2.0 (en français) : Une censure détournée par la population jeune 23/01/2014).

20minutes.fr (France – en français) : Facebook: Que reste-t-il de l’usage du réseau social après les révolutions arabes? (03/02/2014).

Melty Buzz (France – en français) :Facebook : 10 ans d’existence qui ont modifié nos vies (03/02/2014).

Luxe Radio (Maroc – en français) : Internet, Facebook, twitter,…plus de liberté(s) : réalité ou virtualité (14/04/2014).

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لا نملك سوى المقاومة… الفردية


محمد بنيس*

لم يكن منَ المُستغرَب أن ينتصرَ الإسلاميون في الانتخابات. فهم كانوا القوة السياسية المقموعة، في الدرجة الأولى، أو تعاني من مضايقات في ممارستها السياسية، في مرحلة ما قبل الربيع العربي. السلطات المحلية والغربية كانت تخشى وصول الإسلاميين إلى الحكم، بسبب تشبثهم بالمرجعية الدينية ورفضهم الاحتكام للمرجعية الغربية، سياسياً وفكرياً. وقد كان الإسلاميون، في المقابل، منظمين ومنضبطين في التعبير عن مواقفهم كما في صداميتهم.
وفوجئ الإسلاميون، كما فوجئ الجميع، بثورة الشبان. جاء شبان الربيع العربي بجواب يختلف عن جواب الإسلاميين على الأزمة. فهم عادوا من جديد إلى قيم الحداثة في الاختيار السياسي والاجتماعي والثقافي. عالم برمته أصبح يتشكل مع هؤلاء الشبان الذين عبروا عن البعد التحرري للثقافة الحديثة. وكان اعتماد بيتـين من قصيدة »إرادة الحياة« لأبي القاسم الشابي، كافياً وحده للتنبيه على الجديد، النوعي والمبدع، في ثورة الشبان.
فهل كان من اللازم أن يكون حظنا من الفرح بثورة الشبان كلَّ هذا الانجراف في النهاية، نحو حكم إسلامي؟ صياغة السؤال، على هذا النحو، لا تعني الاستهانة بأشكال الظلم الذي كان الإسلاميون ضحيته. بل تعني أنّ هذا الظلم ليس وحده المبرر لتسلمهم مقاليد تسيير حكومات. فإذا كنت من الذين ينددون بقمع حرية الإسلاميين في التعبير، فأنا من بين الذين يرون أيضاً أن الربيع العربي أتى ليغير المسار، فيما توجُّهُ الإسلاميين نكوصٌ في مسار تاريخ الشعوب العربية الحديثة. بهذا المعنى يخفي انتصارهم هزيمة إضافية لمستقبلنا المفتوح على الذات والعالم.
غير أنّ ما يحدث قد يشجع على النظر إلى الثورات السياسية في العالم، بما هي ضوء يشع لحين يفتح طريقاً جديدة ليختفي، وننظر إلى تاريخ الثورات، من حيث هو تاريخ أفول هذه الومضات العابرة، التي تترك أثراً لا يلبث أن يمّحي. قراءة بعيدة عن مفهوم العبثية.
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1er reportage sur le 20 Février #feb20


 

hommages posthumes à Mohamed Soukri : de l’élégance du style


En effet, il est « trop douloureux de parler de lui au passé« . Les amis de Mohamed Soukri ( entre autres : Hamid Jmahri, Lahcen Zinoun, Noureddine Sail, Aniss Hajjam, … et autres ) conduit par Hassan Narrais, ont signé un livre en son hommage. On pey y lire notamment :

« الموت مازال يضصك من سذاجتي, و يضحك, ايضا, من العواطف, الموت الذي يسخر منا دوما حتى و هو يدخل

صديقا ثالثا دوما في لحظة الوجود الكبرى … يسخر

اليس هو الذي يختار النهاية, و يختار اسماءنا, و يختار ادوارنا,

و لا يترك للحياة سوى هامشا صغيرا للعبور »

عبد الحميد الجماهري

Le festival du Film de Khouribga rendra un autre hommage à ce professeur universitaire, critique cinématographique et grand cinéphile marocain.

La gauche débatte (encore) de l’action commune


« Nous n’exerçons pas la politique pour chercher à avoir toujours raison, mais nous la pratiquons pour appliquer nos idées et nos projets, même s’il nous arrive de nous tromper ». C’est ainsi qu’a commencé Mohamed Achaari son intervention lors de la conférence « Questions de la gauche aujourd’hui » organisée par l’espace de Casablanca de dialogue de gauche, avec la participation de Mohamed Moujahid du Parti Socialiste Unifié, de Sara Soujar du mouvement 20 Février et Mohamed Achaari de l’Union Socialiste des Forces Populaires, ce Mercredi 19 Juin au siège du PSU à Casablanca.

Le leader socialiste, Achaari, a considéré les compromis réalisés par la gauche, l’USFP en particulier, lors d’une époque bien définie pour sortir le pays de la crise, ont acculé l’observateur à ne plus distinguer de clivage droite – gauche au niveau du projet. Achaari considère que l’union de la gauche n’est pas une thématique « éthique » ou « utopique », elle est une nécessité sociétale. Il prône l’union autour du concept de la « monarchie parlementaire » tel que vu par la gauche, en opposition aux conservateurs, à l’intérieur de l’Etat ( Makhzen ) et de la société ( Les islamistes ), et l’abdication à la logique des compromis, dont l’intérêt est révolu. L’ancien secrétaire général du Parti Socilaiste Unifié, Mohamed Moujahid, a exprimé son inquiétude quant aux tentatives d’avortement que connaissent les révolutions et les révoltes arabes, s’essayant d’illustrer une bipolarité entre « fouloul, makhzen, lobbies » d’un côté, et les fondamentalistes et les islamistes d’un autre. « j’appelle à l’union sur la base d’une autocritique collective de la gauche, y compris le mouvement 20 Février. Le discours radical de certains membres de ce mouvement, ainsi que l’alliance d’autres avec les fondamentalistes, ont contribué au rapetissement de la mouvance sociale » ajoute Moujahid. Sarah Soujar, leader de la jeunesse du Parti de l’Avant-Garde Démocratique et Socialiste, et du mouvement 20 Février, considère que le mouvement n’est pas mort tant que ses revendications sont toujours vivantes et ne se sont pas réalisées !

La conférence, qui a été modérée par la journaliste Badiaa Radi, a connu une présence importante de militants de diverses formations de gauche et de jeunes du 20 février. A rappeler que l’espace de Casablanca de dialogue de gauche, une initiative de plusieurs potentialités de gauche, a été fondé en 2008 dans l’objectif de créer un espace libre et ouvert de dialogue entre tous les sensibilités et les courants idéologiques et organisationnelles de gauche.

Adieu Moumen Diouri : Aux Grands Hommes, la Patrie doit être reconnaissante!


Tout un pan de l’histoire s’en va avec le décès de Moumen Diouri

Opposant sous Hassan II, il a été condamné à mort en 1963 ( Procès des « comploteurs UNFP » ). Devant la cour, il avoua qu’il a été approché par Oufkir lui proposant de modifier sa version des faits et avouer l’implication des camarades ( Mehdi benbarka, Abderrahmane Youssoufi, … ) en contrepartie de l’arrêt de torture qu’il subissait!

Moumen était réfugié à Paris, où il a été déporté sous Chirac, sous pression de Hassan II, au Gabon, avant de revenir en France. Il rentre au Maroc en 2007.

Moumen Diouri est natif de Kénitra, fils d’un résistant tué par le colonisateur Français. Une grande artère de la ville porte encore le nom de son père : « Chahid Mohamed diouri ».

Il a été notamment l’auteur d’un livre accablant : « A qui appartient le Maroc » :

Dans ce livre documenté, Moumen montrait les détournements de l’économie par Hassan II, la famille royale et les personnes de l’entourage du sérail. Ce livre serait toujours interdit au Maroc, malgré que je l’ai aperçu une fois dans l’étalage d’une librairie Merrakchie ( exception qui confirme la règle! ).

J’ai eu l’occasion de connaître Moumen Diouri et de le rencontrer une fois à Paris. Son corps témoignait du calvaire qu’il a vécu en combattant le despotisme. Je suis tout ému du déçu de ce Héros de la nation. Moumen Diouri et beaucoup de ses camarades, ont sacrifié leur vie, leurs projets personnels et professionnels pour que notre génération vit l’ouverture, toute relative, d’aujourd’hui. Tout en présentant mes condoléances à sa petite et grande famille ( 3aza2ouna wa7id ), je tiens à exprimer ma grande reconnaissance à ce Héros. Aux Grands Hommes, la Patrie doit être reconnaissante!

Scandaleux au Maroc de l’après #feb20 !!!


Pour un débat public et une enquête incriminant les supposés coupables!!!

Ali Benhaddou : « le pouvoir économique n’a pas changé de mains »


La nouvelle Constitution marocaine, adoptée le 1er juillet dernier par référendum, amorce une démocratisation des institutions du royaume. Reste à l’appliquer… Pensez-vous que les élites du pays soient prêtes à l’accepter ?

Les élites du royaume sont depuis toujours réfractaires au changement. Leur objectif premier, de génération en génération, est de préserver leur statut et leurs privilèges. Mais, en même temps, elles sont liées à la monarchie. A partir du moment ou le roi décide de promouvoir des réformes, elles n’ont guère d’autre choix que de les accepter, ou de s’en accommoder. Cela dit, les réformes annoncées ne mettent pas véritablement en cause leur rôle ni leur suprématie.

Sont-ce les mêmes familles qu’à l’époque d’Hassan II qui sont au pouvoir aujourd’hui ?

Dans les grandes lignes, oui. Le roi a cependant promu plusieurs de ses anciens camarades du Collège royal qui, eux, viennent d’horizons divers, y compris de couches sociales plus défavorisées. Pour le reste, le pouvoir économique n’a pas changé de mains. Ce sont les mêmes qui sont à la tête des grandes entreprises, publiques ou privées, ou parfois les héritiers de la génération qui était aux affaires sous Hassan II. Adil Douiri, aujourd’hui l’un des grands noms de la finance après un passage au ministère du Tourisme est le fils de M’Hamed Douiri, l’un des fondateurs de l’Istiqlal, plusieurs fois ministre sous Hassan II. Mostafa Terrab, patron de l’Office chérifien des phosphates, est le petit-fils de Moulay Mustapha Belarbi Alaoui, l’une des figures de la politique et de la haute administration sous Hassan II. Driss Benhima, personnage clef du règne de Mohammed VI, lui aussi issu d’une grande famille, est le fils de l’ancien Premier ministre Mohamed Benhima. On pourrait multiplier les exemples… Ce sont des dynasties.

Ces dynasties ont aussi investi la technocratie, laquelle pèse au Maroc beaucoup plus lourd que la classe politique…

Absolument. Il en a toujours été ainsi depuis le début du règne d’Hassan II. Les technocrates exercent le pouvoir. On a tout fait depuis 1965 pour stériliser le champ politique. Pour manipuler aussi le jeu politique, afin qu’il ne constitue pas une menace. Or le débat politique est, avec l’action syndicale, un instrument de pacification de la société. Le supprimer, ou l’amputer de l’essentiel, c’est prendre le risque de la violence et de l’extrémisme. C’est d’ailleurs, en partie au moins, l’absence de vrai débat politique qui explique, à mon sens, la montée de l’islamisme.

Le Mouvement du 20 février a-t-il changé la donne ?

Il est l’expression de l’exaspération de la société civile. Celle-ci veut voir la politique reprendre ses droits.

La réforme des institutions est-elle vraiment prioritaire au Maroc ? Ne vaudrait-il pas mieux imposer d’abord une redistribution de la ressource nationale afin que les inégalités soient moins criantes ?

La démocratie est la base du développement. Mais la démocratie, c’est beaucoup plus qu’une réforme des institutions. La démocratie est à la fois politique, culturelle, économique. Elle induit en effet une redistribution des richesses seule à même de faire disparaître l’extrême pauvreté au Maroc.

Source : l’express

Tribune : Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de la communication


M. le Ministre,

 

    Je m’adresse à vous en tant que citoyen marocain, mais aussi en tant qu’artiste, « auteur, compositeur et interprète », et gestionnaire de projets culturels, car la situation de l’artiste au Maroc ne peut que nous attrister. Certains pourraient se demander pourquoi je m’adresse à vous, alors que la logique voudrait que j’interpelle le Ministre de la culture. Dans cette lettre, je m’adresse à vous car la société de gestion des droits d’auteurs « BMDA » est curieusement sous votre tutelle ! Cela a-t-il un rapport avec la liberté d’expression ? Car c’est un secret de polichinelle de dire que la redistribution des droits d’auteurs est la condition sine qua non pour que l’artiste puisse avoir des rentrées d’argent autonomes afin qu’il puisse jouir de cette liberté. Si l’auteur ne peut vivre de ses œuvres, il est immédiatement asservi à une puissance économique, politique ou idéologique. Telle est l’histoire de l’art et de la création. A quelques exceptions près…

 

    Cependant tel n’est pas notre sujet. J’aimerais plutôt me focaliser sur le BMDA, cet organisme qui détient le monopole de la gestion des droits d’auteurs (Décret N°2.64.406 du 5 Kaada 1384 (8 mars 1965) Portant création du Bureau Marocain des Droits d’Auteurs) et qui est censé défendre l’auteur, compositeur et éditeur en premier lieu. Ce qui devrait être un droit, et une protection pour l’artiste et ses créations, se révèle être un grand flou artistique, l’un des tabous de la vie culturelle au sein du plus beau pays du monde. Malgré tout, artistes, associations, professionnels, entrepreneurs culturels, du monde de la musique, du cinéma, de l’édition, etc.… se mobilisent et se battent depuis plusieurs années pour que, au moins, les lois (votées par le parlement marocain) soient appliquées, et, au mieux, le système réformé. Monsieur le Ministre, même le plus rudimentaire des droits, celui de l’adhésion à cet organisme, est bafoué. Je vous parle en connaissance de cause car j’ai vécu un calvaire administratif pendant trois mois pour m’y inscrire sans que ma tentative ne puisse aboutir (Je vous épargne les détails de cette histoire qui, comme tant d’autres, révèle un dysfonctionnement administratif  aigu). Pourtant ce qui a pris trois mois sans aucun résultat avec le BMDA n’a pris que deux semaines à la SOCAN (Société de gestion des droits au Canada) et ce sans avoir à me déplacer à leurs locaux (effet magique d’internet).

 

     Je voudrais maintenant vous demander de prendre cinq minutes et de jeter un coup d’œil  sur le site web http://www.bmda.org.ma. Commencez par regarder le spot de sensibilisation qui constitue, à mon avis, une insulte à la créativité de l’artiste marocain. Mais peut-être illustre-t-il le mieux le BMDA ? Vous remarquerez ensuite que ce site est une coquille vide, et qu’il n’existe aucune possibilité d’avoir de l’information, ne serait-ce sur l’organigramme, son fonctionnement et ses objectifs spécifiques. Défile encore l’information d’un événement datant d’Avril 2009 (Une question : s’agit-il vraiment d’un organisme  sous la tutelle du Ministère de la communication ?!). N’importe quel artiste aimerait y apprendre que notre BMDA fait preuve d’une transparence inégale, où le dernier des centimes de la convention signée en 2010 à valeur de 13 millions de dhs entre votre Ministère et le BMDA est justifié. Que notre BMDA redistribue les droits à tous les ayants-droits qui voient leurs œuvres d’esprit passer en boucle sur les ondes des radios nationales. Qu’il lutte efficacement contre le piratage des œuvres artistiques qu’on trouve à chaque coin de rue. Pour que mes propos ne soient pas mal compris, je n’invoque pas les petits détaillants qui bataillent pour survivre dans un pays où le chômage et le clientélisme bloquent toute ascension sociale, mais je parle de l’industrie parallèle qui profite de l’anarchie ambiante, s’enrichit en produisant des millions de copies chaque jour sans que les ayants-droits puissent toucher leur du. Avez-vous une idée de la manne d’argent dont l’Etat se voit priver, à cause du piratage, et qui pourrait être investi dans le développement de l’économie de la culture, et son épanouissement ?

 

    M. le Ministre, vous avez du travail. Vous avez du travail car l’Histoire ne pardonne jamais, et ceux qui ont défilé avant vous à ce poste n’ont pas su marquer l’Histoire par des actes tangibles. Des actes qui ne se traduiraient  pas uniquement  par « mettre la main à la poche », mais par l’élaboration d’une stratégie à court, moyen et long terme, par le choix de personnes, intègres et qualifiées, à la tête de cet organisme. Des actes qui rendraient la confiance et l’espoir à tous les travailleurs de l’industrie culturelle (encore faudrait-il que celle-ci existe bel et bien).

 

     M. le Ministre je m’adresse à vous car vous n’êtes pas encore nommé Ministre de la communication. Vous êtes actuellement une personne lambda pour la plupart des marocains, vous avez encore l’oreille pour écouter nos revendications. Car, je suppose que, dès que les flashs de la photo officielle vont briller, l’effet de cette lettre ne sera plus le même.

 

 Badre Belhachemi

Auteur, compositeur, interprète & gestionnaire de projets culturels

Tribune : تساؤلات دستورية


أصدرت وكالة المغرب العربي للأنباء يوم 5 أكتوبر2011 بيانا تعلن فيه أن الملك محمد السادس عـيـَّن السيد المصطفى ساهل مستشارا له بالديوان الملكي، وذلك نقلا عن بلاغ لوزارة القصور الملكية والتشريفات والأوسمة.

قبل ذلك بشهرين صدر بلاغ مشابه يعلن عن تعيين السيد عبد اللطيف المنوني مستشارا للملك أيضا، وذلك بعد شهر و نيف عن الاستفتاء على الدستور الجديد الذي ترأس السيد المنوني لجنة صياغته.

وقد صدر تعيين السيد المنوني بالجريدة الرسمية عدد 5984 بتاريخ 06 أكتوبر 2011 :

هنا صورة الجريدة الرسمية :

هذان التعيينان يطرحان بضعة تساؤلات نورد منها :

أولا، ما هو موقع وزارة القصور الملكية والتشريفات والأوسمة من الدستور الجديد و هيكلته المؤسساتية ؟ علما أنها وزارة بدون وزير أو على الأقل بدون وزير معروف كباقي الوزراء، وعلما أن الفصل 87 من الدستور الجديد ينص صراحة  » تتألف الحكومة من رئيس الحكومة والوزراء، ويمكن أن تضم كتابا للدولة. يُحدد قانون تنظيمي، خاصة، القواعد المتعلقة بتنظيم وتسيير أشغال الحكومة والوضع القانوني لأعضائها. » بينما الفصل 93 ينص على  » الوزراء مسؤولون عن تنفيذ السياسة الحكومية كل في القطاع المكلف به، وفي إطار التضامن الحكومي. يقوم الوزراء بأداء المهام المسندة إليهم من قبل رئيس الحكومة، ويطلعون مجلس الحكومة على ذلك. يمكن للوزراء أن يفوضوا جزءا من اختصاصاتهم لكتاب الدولة « .

فما هي إذن صفة وزارة القصور الملكية و التشريفات والأوسمة وما وضعها القانوني؟ هل هي دستورية أم فوق دستورية أم تحت دستورية أم لا دستورية أم ماذا ؟ و هل ستضم الحكومة المقبلة وزيرا لهذه الوزارة ينفذ السياسة الحكومية في قطاع القصور الملكية ؟

ثانيا، هل احترمَ التعيينُ الملكي للمستشار السيد مصطفى ساهل و من قبله كذلك السيد عبد اللطيف المنوني، مقتضيات هذا الدستور و خاصة مساطر إصدار الظهائر من طرف الملك ؟ علما أن منصب المستشار ليس بالهين ولا يمكن حصره في دائرة الأمور الشخصية للملك – كالطبيب الخاص و السائق الخاص و غيره – وإلا فليس من المستساغ أي بكون تعيينه بظهير، وهو يتقاضى مرتبا من الميزانية العمومية و له موقع بروتوكولي بارز و يحضر المراسيم و يحضر مجلس الوزراء و يترأس الاجتماعات و يقرأ الرسائل الملكية نيابة عن الملك في المحافل|، و هناك من يشرف مباشرة على مشاريع اقتصادية أو اجتماعية وغير ذلك و قد يكون له القول الفصل في بعض الأمور أكثر من الحكومة و الأغلبية والمعارضة و البرلمان جميعا.

لننظر إذن ماذا يقول الدستور عن صلاحيات الملك و خاصة في ما يتعلق بالتعيينات في المناصب ؟

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