Archives de Tag: 20 février

1er reportage sur le 20 Février #feb20


 

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La gauche débatte (encore) de l’action commune


« Nous n’exerçons pas la politique pour chercher à avoir toujours raison, mais nous la pratiquons pour appliquer nos idées et nos projets, même s’il nous arrive de nous tromper ». C’est ainsi qu’a commencé Mohamed Achaari son intervention lors de la conférence « Questions de la gauche aujourd’hui » organisée par l’espace de Casablanca de dialogue de gauche, avec la participation de Mohamed Moujahid du Parti Socialiste Unifié, de Sara Soujar du mouvement 20 Février et Mohamed Achaari de l’Union Socialiste des Forces Populaires, ce Mercredi 19 Juin au siège du PSU à Casablanca.

Le leader socialiste, Achaari, a considéré les compromis réalisés par la gauche, l’USFP en particulier, lors d’une époque bien définie pour sortir le pays de la crise, ont acculé l’observateur à ne plus distinguer de clivage droite – gauche au niveau du projet. Achaari considère que l’union de la gauche n’est pas une thématique « éthique » ou « utopique », elle est une nécessité sociétale. Il prône l’union autour du concept de la « monarchie parlementaire » tel que vu par la gauche, en opposition aux conservateurs, à l’intérieur de l’Etat ( Makhzen ) et de la société ( Les islamistes ), et l’abdication à la logique des compromis, dont l’intérêt est révolu. L’ancien secrétaire général du Parti Socilaiste Unifié, Mohamed Moujahid, a exprimé son inquiétude quant aux tentatives d’avortement que connaissent les révolutions et les révoltes arabes, s’essayant d’illustrer une bipolarité entre « fouloul, makhzen, lobbies » d’un côté, et les fondamentalistes et les islamistes d’un autre. « j’appelle à l’union sur la base d’une autocritique collective de la gauche, y compris le mouvement 20 Février. Le discours radical de certains membres de ce mouvement, ainsi que l’alliance d’autres avec les fondamentalistes, ont contribué au rapetissement de la mouvance sociale » ajoute Moujahid. Sarah Soujar, leader de la jeunesse du Parti de l’Avant-Garde Démocratique et Socialiste, et du mouvement 20 Février, considère que le mouvement n’est pas mort tant que ses revendications sont toujours vivantes et ne se sont pas réalisées !

La conférence, qui a été modérée par la journaliste Badiaa Radi, a connu une présence importante de militants de diverses formations de gauche et de jeunes du 20 février. A rappeler que l’espace de Casablanca de dialogue de gauche, une initiative de plusieurs potentialités de gauche, a été fondé en 2008 dans l’objectif de créer un espace libre et ouvert de dialogue entre tous les sensibilités et les courants idéologiques et organisationnelles de gauche.

#intikhabates vs #madammsafra et #feb20


Sincèrement, voici ce que je pense des prochaines élections :

« Boycotter, ca veut dire rester à la marge. Et je ne pense pas que les marocains soient prêts pour une révolution »

Mounir Bensalah, ingénieur, blogueur et activiste âgé de32 ans, vit à Casablanca.

J’ai participé aux manifestations au début du Mouvement du 20 février, mais pas aux dernières, car je suis opposé au boycott. Boycotter, ça veut dire qu’on veut rester à la marge. Et après ? Cela veut-il dire qu’on passe à la révolution ? Je ne pense pas que les Marocains soient prêts pour cela. Les Marocains veulent du réformisme, pas une révolution.
C’est bien de descendre dans la rue, mais c’est mieux, selon moi, de passer par les institutions existantes. Quand nous étions face à une impasse, nous sommes descendus dans la rue. Maintenant que les Marocains ont adopté cette réforme constitutionnelle, nous avons dépassé l’impasse.
Je pense qu’il faut trouver un moyen d’amener les militants du Mouvement du 20 Février à représenter leurs idéaux dans les institutions. Nous pouvons également être observateurs de ce qui se passe pendants les élections, et témoigner des abus.
Le boycott aurait un effet négatif. En revanche, plus les gens votent, moins les irrégularités seront possible. Quand il y a une vraie participation, on ne peut pas acheter tout le monde ! »

Brahim Yassine sur le #feb20


Je l’aime bien ce monsieur, un des rares « Fquih » du PSU :

Tribune : Le consensus régressif qui se trame !


Le consensus régressif qui se trame !

Une réalité politique nouvelle s’esquisse

Le Maroc est déjà à l’aube d’une réalité politique nouvelle. Le « printemps arabe » et ses prolongements à travers le mouvement du 20FEV, dessinent une double tendance déjà perceptible lors des derniers scrutins électoraux.

Première tendance : L’activité citoyenne est de plus en plus déconnectée du moment électoral. Les vrais citoyens ne sont pas forcément des électeurs. L’élection étant ici plus qu’ailleurs encore très largement frappée de suspicion. Elle ne constitue pas le seul registre de légitimité de la vie publique.

Deuxième tendance, loin de manifester une indifférence à l’endroit des sujets politiques, l’activité citoyenne entreprend désormais de les prendre en charge directement, ouvertement et publiquement moyennant  des procédés et des formes de mobilisation nouveaux. Jamais le thème de la réforme constitutionnelle n’a connu pareils diffusion et engouement, au moyen d’un portage politique de la société civile, aux dépens de celui peu convaincant et/ou bien tardif des partis politiques.

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Tribune : 20 février, 1er juillet… quelles perspectives pour la lutte démocratique ?


« 20 février, 1er juillet… quelles perspectives pour la lutte démocratique ? »   Resume   Mon propos sur les perspectives de la lutte democratique après le 1er juillet peut se resumer de la maniere suivante:   – La strategie des forces democratiques doit aussi etre une contre-strategie face au pouvoir. – Les impasses et les contradictions de l’autoritarisme monarchique doivent etre sérieusement exploitées par les forces démocratiques. – Un des principaux enjeux de l’action pour le passage à la démocratie est la question de la responsabilité politique du roi. On ne peut concevoir un passage a la démocratie en maintenant un “évitement” de la question de la responsabilité du roi.

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Les méthodes policières marocaines en deux actes


C’est la troisième semaine que le Mouvement du 20 février au Maroc subit de plein fouet les foudres du régime politique marocain, à travers ses appareils répressifs et idéologiques, qui ne servent qu’à liquider toute aspiration des forces vives du pays, particulièrement sa jeune génération, à l’émancipation, à la liberté, et à une démocratie réelle.
A Rabat, ayant enregistré plus d’une centaine de blessés lors des manifestations brutalement réprimées des 15 et 22 mai derniers, le mouvement, ainsi que les organisations qui le soutiennent ont décidé d’organiser, ce samedi 28 mai, un sit-in devant le parlement pour condamner la répression policière à l’encontre de ses militants. Après avoir interdit le sit-in pacifique, les forces de police, toutes catégories confondues sont intervenues pour disperser  de force les manifestants. En 2 minutes, la place devant le parlement s’est vidée. S’en est suivi des courses-poursuites qui ont duré près d’une heure. Tous les cafés et boutiques du quartier entourant le parlement ont été fouillés par la police, qui a commencé une chasse aux sorcières dans toutes les rues à la recherche des jeunes du 20 février.

Acte I :
Dispersion faite et réussie, les militants se sont séparés, chacun est parti vaquer à ses occupations. A 16h, personne n’avait plus l’intention de re-manifester. Dans une rue derrière l’hôtel Balima, Nizar Bennamate, un jeune du 20 février et moi, croyions la course-poursuite finie. On est alors surpris par une quarantaine d’agents BLIR (Brigades légères d’intervention rapide) surgir des deux bouts de la rue. On essaie de se cacher dans une épicerie. Mais on a été rattrapés par une dizaine de ces agents, venus nous sortir manu militari de l’épicerie. Dans la rue, un photographe de la police s’approche de nous, et nous prend en photo de différents angles. Par la suite on est passés à la matraque, aux coups de brodequins, et coups de poing avant de nous relâcher, non sans les formules habituelles d’humiliation et de provocation.
Cette scène est très courante au Maroc, les mouvements sociaux à Rabat s’y sont habitués. En revanche, ce qui suit sort de la banalité, et renvoie aux méthodes employées par la police politique lors des années de plomb, que la génération actuelle ne connaissait que dans les romans de la littérature carcérale.

Acte II :
A 20h, il n’y avait plus les forces d’intervention dans la place, tout semblait calme. J’attendais ma copine dans un café, pour rentrer à la maison, où on organisait une petite fête entre amis. Sur le chemin de la maison, deux policiers en uniforme (des CMI munis de gilets pare-balles) nous suivent depuis le café. Ils m’interpellent, me demande ma pièce d’identité. Je demande avec insistance la raison de mon arrestation, « tu sauras dans quelques minutes » m’avaient-ils expliqué. Ils nous emmènent, ma copine et moi, dans une rue vide de monde. Après dix minutes d’attente, leur chef arrive. Il me trouve en train de parler au téléphone à une membre du Bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Il m’ordonne, coup de poing dans mon thorax à l’appui, de raccrocher.  Le « chef », comme les deux CMI l’appelaient, était vêtu d’un uniforme marron, et était mieux musclé que la plupart des autres policiers. Les personnes à qui j’ai demandé des renseignements sur ce corps de la police, en uniforme marron, n’en savent rien. Ma copine terrorisée par cette violence physique et verbale, j’ai essayé de garder mon calme et ne pas réagir à leur provocation. « Nous t’avons vu dans la manifestation de tout à l’heure, et nous t’avons pris en photo » me dit-il. Il ajoute, en m’étranglant : «La prochaine fois que je te vois avec les jeunes du 20 février, dans un café ou dans la rue, la prochaine fois que tu participes à leurs réunions, la prochaine fois que tu manifesteras, je vais te briser le dos, je m’occuperai moi-même de te tuer et de t’enterrer. Rappelle-toi bien de moi ». Je me demande comment je pourrai l’oublier…

Après les coups de matraque, l’humiliation, la provocation, la police marocaine semble passer à une vitesse supérieure dans l’usage de la violence à l’encontre des militants. Le 22 mai dernier, elle a eu recours aux rafles nocturnes à Casablanca. Le 15 mai, en poursuivant les militants du 20 février, les chefs de police ordonnaient aux agents d’intervention rapide : « Cassez lui le bras, cassez lui la jambe », en ciblant méthodiquement  les militants les plus actifs. Les méthodes d’intimidation se multiplient dans les quartiers et dans la rue, où la police s’attaque à tout citoyen qui aurait manifesté un jour, et qui ait eu le malheur d’avoir été pris en photo par leurs photographes.

En tant que citoyen marocain, je considère que les forces de police agissent en toute illégalité, et que, par leurs actes que je dénonce, elles plongeront mon pays dans la terreur des années de plomb. Face à des mouvements qui prônent la protestation pacifique, le seul acteur qui emploie la violence actuellement, c’est l’Etat marocain.

Tout en revendiquant mon droit à l’expression et à la protestation pacifique, je réclame mon droit à une enquête sur cet agent de la police qui m’a explicitement menacé de mort, menaces que je prends très au sérieux, et je tiens, par conséquent, le ministre de l’Intérieur, Taieb Cherkaoui, pour unique responsable de ce qui pourrait m’arriver dans le futur, de la part des différentes catégories de la police.

Rabat, Le samedi 28 mai
Omar Radi
Jeune du 20 février. Journaliste.

Le printemps arabe deviendra-t-il mondial?


Je n’avais tort quand j’ai écrit que beaucoup de peuples vont apprendre la leçon tunisienne. Hier, c’était les belges, d’une manière modeste, aujourd’hui d’autres jeunes de l’au-delà de la méditerranée prennent exemples sur les tunisiens : grecs, espagnols, …

Parlons d’espagnols, je suis ébahi par le sens d’organisation, le dévouement et la persévérance des jeunes du mouvement M-15.

Si effectivement dans les pays où la société disposait d’organisations d’intermédiation efficaces, le clash a été évité ( cas du Maroc ), autant dans un pays de démocratie nouvelle comme l’Espagne, la maturité de la société est remarquable.

Quand les manifs pacifiques du 22 Mai ont été réprimées par les forces de police, le 20 Février au Maroc a reçu la lettre de solidarité suivante d’une camarade catalane :

 » La acampada de Barcelona se solidariza con la lucha pacifica con los hermanos del movimiento del 20 de febrero en Marruecos.
Desde el 20 de febrero, el pueblo marroqui ha expresado con mucho valor su derecho a la dignidad. Ha exigido que la voz de los hombres y las mujeres sea oida, ha propuesto reformas politicas que pongan fin a la corrupcion, a la violencia politica y a la distribucion de las riquezas del pueblo por los politicos y empresarios. El pueblo marroqui ha reclamado profundas reformas para poner fin a un sistema politico en el que ya nadie se reconoce.
Os apoyamos en vuestra lucha por la igualdad, la dignidad y la libertad, os invitamos a compartir vuestras experiencias con el movimiento de acampada de Barcelona y exigimos la libertad inmediata de los presos politicos y el reconocimiento inmediato de las mujeres. Por último, condenamos el uso de la fuerza en cualquier manifestación pacífica.
Estamos con vosotros de todo corazon.
Tahiyya nidaliyya »

A mon tour, après l’intervention musclée de la police espagnole dans la plaça de Catacaluna à Barcelonne, je tiens à exprimer ma solidarité au mouvement M-15 espagnol.

Tribune : Le discours royal reste très insuffisant


Le discours royal du 09 mars 2011 n’est pas à la hauteur des attentes. Les points manquants sont nombreux.   Parmi les points non tranchés, on peut citer :

– La monarchie parlementaire : le concept n’a pas été déclaré. Or tant que le roi ne dit pas explicitement qu’il ne gouvernera pas, ce n’est pas convaincant

–  Le roi a limité déjà lui-même les points à réviser, pourquoi pas toute la constitution ?  De quel droit le fait-il ? Est-ce démocratique ?

– Pourquoi parler encore de première et deuxième chambre ? Pourquoi anticiper ? Et si le peuple voulait une seule chambre ?

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Répression du sit-in du mouv du 20 fev CASA (témoignage d’un journaliste)


je voudrais partager avec vous une petite expérience de pratique du journalisme dans mon pays, vécue ce matin.

Suite à la répression du sit-in du 20 fev de ce matin à Casa, plusieurs journalistes ont été arrêtés et on leur a confisqué leurs matériels. C’était mon cas. au moment de mon arrestation je prenais des photos de blessés graves transportés par ambulance.

J’ai eu beau expliquer à la police que j’étais journaliste, mais ils ont voulu rien de savoir. Un deux m’a confisqué l’appareil photo du boulot et mon téléphone.

On m’a embarqué dans une estafette, menotté, frappé, insulté (des mots doux comme: « on va te montrer c’est quoi être journaliste ya le fils de p…., la liberté de la presse et la loi tu peux te la mettre au …, vous vous acharnez contre la police ya les chiens de la presse, nous on protège le pays de vous; les journalistes)

Par la suite, on a été transféré vers la wilaya de police. après deux heures de détention, j’étais libéré, un peu plus tôt que le autres personnes. le chef de la PJ commença à se montrer plus respectueux quand il a su que j’étais journaliste.
Avec une grande difficulté j’ai pu récupéré l’appareil photo, car l’équipe de l’estafette n’a pas déclaré le matériel confisqué et a préféré le garder pour elle.
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D’autre part l’intervention de ce matin était atroce et le traitement réservé aux 62 personnes arrêtées est dégradant:
– Un enfant de 12 ans qui passait devant la place de med V s’est fait arrêté.
– une femme de 58 ans a pris plusieurs coups dans le reins dans une estafette
– quatre cas souffrants de fracture (cuisse, épaule, nez…) n’ont pas été hospitalisé. la police a refusé de ramener une ambiance.

En somme c’était Hchouma.
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Salaheddine LEMAIZI
Journaliste

Le Changement démocratique pacifique…au Maroc et maintenan


Nous, citoyennes et citoyens, individus et acteurs associatifs et politiques, appelons à œuvrer pour le changement démocratique pacifique au Maroc et maintenant.

Suivant les transformations que connait la région arabe et leurs prolongements au Maroc à travers les appels à un changement profond, nous prenons acte des initiatives de la jeunesse marocaine, y compris les initiatives du 20 février pour le changement qui traduisent la forte préoccupation de la jeunesse pour les questions d’intérêt général et qui dessinent l’horizon de ce changement.

En nous inscrivant dans la dynamique de ces différentes initiatives qui appellent au changement démocratique pacifique, nous exprimons notre soutien aux revendications de nos jeunes et confirmons la nécessité d’entamer rapidement les changements et les réformes qui garantissent la gouvernance démocratique du système politique, au moyen notamment de:

1 – la révision constitutionnelle globale garantissant la séparation et l’équilibre des pouvoirs, le renforcement des pouvoirs législatif et exécutif, et l’établissement de la justice comme pouvoir indépendant.

2 – le renforcement de l’exercice des droits et libertés basé sur l’égalité, y compris l’égalité des sexes, l’équité et la justice, et sur une révision profonde du code des libertés publiques et de toutes les législations qui limitent les droits et les libertés.

3 – l’adoption de législations et de mécanismes pour combattre la corruption.

4 – la lutte contre la corruption dans les secteurs administratif, économique et politique appliquant le principe de la lutte contre l’impunité en matière des crimes économiques et politiques.

5- la fin des pratiques rentières et clientélistes, et la garantie de la justice sociale et de la distribution équitable des richesses.

6 – la rupture avec l’hégémonie étatique sur l’audiovisuel et l’ouverture du paysage médiatique sur la pluralité et la diversité des opinions et des expressions

7 – la révision du cadre législatif des institutions nationales et consultatives et la soumission de celles-ci au principe du contrôle et de l’imputabilité

8 – l’affirmation et l’application des droits culturels et linguistiques et la consécration constitutionnelle de la langue amazigh et l’application des droits à la santé, à l’éducation et au logement.

Tout en soulignant le caractère urgent de ces revendications, nous proclamons notre attachement aux moyens pacifiques et démocratiques pour les réaliser en permettant à toutes les catégories et à toutes les sensibilités, l’expression et la participation démocratiques, organisées et responsables à l’œuvre de changement.

Cette initiative « Changement Démocratique Pacifique..au Maroc et maintenant », est ouverte à celles et ceux qui en partagent ces principes et ces objectifs.

Nous, citoyennes et citoyens, individus et acteurs associatifs et politiques, appelons à œuvrer pour le changement démocratique pacifique au Maroc et maintenant.

Suivant les transformations que connait la région arabe et leurs prolongements au Maroc à travers les appels à un changement profond, nous prenons acte des initiatives de la jeunesse marocaine, y compris les initiatives du 20 février pour le changement qui traduisent la forte préoccupation de la jeunesse pour les questions d’intérêt général et qui dessinent l’horizon de ce changement.

En nous inscrivant dans la dynamique de ces différentes initiatives qui appellent au changement démocratique pacifique, nous exprimons notre soutien aux revendications de nos jeunes et confirmons la nécessité d’entamer rapidement les changements et les réformes qui garantissent la gouvernance démocratique du système politique, au moyen notamment de:

1 – la révision constitutionnelle globale garantissant la séparation et l’équilibre des pouvoirs, le renforcement des pouvoirs législatif et exécutif, et l’établissement de la justice comme pouvoir indépendant.

2 – le renforcement de l’exercice des droits et libertés basé sur l’égalité, y compris l’égalité des sexes, l’équité et la justice, et sur une révision profonde du code des libertés publiques et de toutes les législations qui limitent les droits et les libertés.

3 – l’adoption de législations et de mécanismes pour combattre la corruption.

4 – la lutte contre la corruption dans les secteurs administratif, économique et politique appliquant le principe de la lutte contre l’impunité en matière des crimes économiques et politiques.

5- la fin des pratiques rentières et clientélistes, et la garantie de la justice sociale et de la distribution équitable des richesses.

6 – la rupture avec l’hégémonie étatique sur l’audiovisuel et l’ouverture du paysage médiatique sur la pluralité et la diversité des opinions et des expressions

7 – la révision du cadre législatif des institutions nationales et consultatives et la soumission de celles-ci au principe du contrôle et de l’imputabilité

8 – l’affirmation et l’application des droits culturels et linguistiques et la consécration constitutionnelle de la langue amazigh et l’application des droits à la santé, à l’éducation et au logement.

Tout en soulignant le caractère urgent de ces revendications, nous proclamons notre attachement aux moyens pacifiques et démocratiques pour les réaliser en permettant à toutes les catégories et à toutes les sensibilités, l’expression et la participation démocratiques, organisées et responsables à l’œuvre de changement.

Cette initiative « Changement Démocratique Pacifique..au Maroc et maintenant », est ouverte à celles et ceux qui en partagent ces principes et ces objectifs.

Le peuple … veut …


Chacun ses revendications :

Manifeste pour une réforme politique démocratique


Lettre ouverte au Roi Mohammed VI et à l’ensemble des citoyennes et citoyens

Leçon tunisienne et égyptienne au Maroc : Manifeste pour une réforme politique démocratique.

 

Majesté,

Sœurs et frères Citoyens Marocains,

 

La commémoration des marocains du 11 Janvier a coïncidé avec les révoltes des peuples tunisien et égyptien, exprimant la volonté des peuples de notre région à récupérer leur dignité et leur droit à la citoyenneté. Evoquant les dimensions de la présentation du manifeste de l’indépendance, nous commémorons les luttes du peuple marocain pour obtenir son indépendance, la défense de la nation et son aspiration à une réelle démocratie et la réalisation d’une citoyenneté intégrale.

 

Nous remarquons que le Maroc vie une régression du projet démocratique. En outre, les conditions sociales et économiques de larges couches du peuple marocain sont sujettes à une grande préoccupation, en parallèle avec un copinage effréné et l’aggravation de l’économie de rente. Le paysage politique marocain parait abject du fait d’un consensus stérile empêchant la confrontation d’idée et la possibilité de leur renouvellement ainsi que le renouvellement de l’élite les portant. Cette élite continue d’être formée dans des positions de clientélisme loin de l’école publique ou des organisations vives de la société, et ce par l’intervention des autorités dans le vif de l’action politique et civile la tentative de sa restructuration d’en-haut, outre l’intervention des « affiliés » au Roi dans toutes les questions décisives de la nation, bravant toute logique de la bonne gouvernance. Les autorités abdiquent toujours à leur engagement de présenter des excuses publiques au sujet de leurs violations des droits humains et refusent d’activer l’application des recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation. Une minorité continue d’agencer les richesses du pays et épuiser ses ressources. Au même temps, les partis politiques souffrent d’un faible encadrement de la population, de l’absence de leurs initiatives réformatrices et l’impopularité de leurs leaders.

Les Marocains souffrent de cette situation, le Maroc et son intégrité sont menacés du fait de la poursuite de la même logique dans la gestion des affaires publiques et des enjeux nationaux.

 

Partant de là, nous, soussignés, demandons :

 

  • Le renvoi du gouvernement actuel, la destitution du parlement et la constitution d’un gouvernement de transition composé de potentialités démocratiques civiles, présidé par une personnalité nationale honnête réunissant un large consensus.

 

  • La constitution d’une instance nationale de toutes les sensibilités sociales, civiles et politiques pour la formulation d’un projet de constitution démocratique sujet à un référendum populaire, libre et transparent au cours de l’année actuelle. Une constitution instituant une monarchie parlementaire, où le Roi règne et les institutions gouvernent, qui garantit la séparation de pouvoirs, un gouvernement responsable devant un parlement véridique et représentatif de la volonté populaire, et qui instaure l’universalité des droits humains, la suprématie de la loi et la criminalisation de l’impunité.

 

  • La réalisation de la justice sociale, économique et fiscale, l’encouragement de la culture, la promotion de l’éducation, la réforme de la justice, la libéralisation des informations et de l’expression, surtout la démocratisation de l’espace audio-visuel afin de créer un climat sain de débat public, la réforme radicale de l’enseignement et le rétablissement des droits individuels et publics tels qu’universellement reconnus.

 

  • La poursuite de tout individu ayant été prouvé son implication dans la dilapidation des deniers publics, l’abus de pouvoirs ou l’atteintes aux droits humains.

 

Nous appelons l’ensemble des citoyens marocains à l’expression pacifique de leurs opinions de la façon convenable. Nous ne voulons que soit élevées la démocratie et la justice sociale, à travers un géni marocain. Le Maroc et les marocains méritent la transition rapide et lisse vers la démocratie.

 

Le Maroc, le 29 Janvier 2011.

 

Traduction de la lettre à signer ici. Pour voir la liste des signataires, c’est ici.

 

Répartition géographique des signataires du Maroc

فصل وتوازن السلط، بما يحفظ للمؤسسات كلها أدوارها ومكانتها ويدقق صلاحياتها انتهاج حكامة جيدة


المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي يدعو إلى إصلاح دستوري ومؤسسي يحقق مبدأ فصل وتوازن السلط، بما يحفظ للمؤسسات كلها (الملكية، البرلمان، الحكومة، القضاء، الجهة..) أدوارها ومكانتها ويدقق صلاحياتها انتهاج حكامة جيدة تغير من طبيعة العلاقات الريعية والفاسدة السائدة اليوم عقد المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية ، مساء يوم الثلاثاء 23 فبراير 2011، اجتماعا له برئاسة الكاتب الآول عبد الواحد الراضي، تناول فيه مستجدات الوضع السياسي والتنظيمي ولا سيما منها تنصيب المجلس الاقتصادي والاجتماعي والتحضير للمجلس الوطني، في شروط تضمن نجاحه وتفاعله مع التطورات الحاصلة في المحيط القريب والبعيد. وقد أصدر على إثر هذا الاجتماع البلاغ التالي: إن المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية، بعد نقاش مستفيض حول ما تعرفه المنطقة العربية من تحولات جذرية مست كيانات الأنظمة وأعادت شعوب المنطقة الى دائرة الفعل التاريخي،وبعد استحضار الجو الوطني المصاحب لكل هذه التحولات، وبناء على مختلف التقارير والتحاليل التي سبقت التطورات الأخيرة: – يسجل بكامل الثقة ما يشهده المغرب من تعبيرات حيوية، لعل أهم تمظهراتها المطالبة بالتعجيل بالانتقال الى مرحلة متقدمة من مسيرة توطيد الديموقراطية، والقطع مع مظاهر الفساد بكل وجوهه. – إذ يأسف للانفلاتات التي حدثت في عدد من المدن ويدين الطابع الاجرامي لبعضها، يعتز المكتب السياسي بدرجة النضج الذي أبانت عنه تظاهرات 20 فبراير السلمية والتي عمقت المطالب الإصلاحية وحولتها الى موجة عمق تلتقي مع مطالب حزبنا التي عبر عنها منذ مؤتمره الثامن، وتضيف شحنة جديدة الى تراكمات نضال القوى الديموقراطية والوطنية الصادقة من أجل بناء دولة المؤسسات. وعلى قاعدة ذلك، يعتبر المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية أن بلادنا أمامها فرصة تاريخية كبرى، لتحقيق طفرة جديدة ، لا سيما وأن المغرب يملك رصيدا مهما من الإصلاحات ، والتي دشنتها بلادنا منذ 15 سنة، غير أن الدورة التي انطلقت منذ تلك اللحظة بدأت تستنفد نفسها، وأصبح لزاما على بلادنا التعجيل بالشروع في إصلاحات هيكلية عميقة تهم إعادة شحن النفس الاصلاحي بجرعات أقوى وأكثر تأثيرا على سير البلاد، سياسيا واقتصاديا واجتماعيا. والمكتب السياسي إذ ينصت الى نبض المجتمع في الظرفية الراهنة ، يعي بأن تجاوز الاختناق السياسي الراهن، يمر ، كما وضح بيان مؤتمرنا الوطني الثامن، عبر تأمين المكتسبات الإيجابية المحققة، وتسريع وتيرة الاصلاحات الاقتصادية والاجتماعية والسياسية بما يعيد الثقة والأمل للحياة السياسية، ويصون استقرار البلاد ويمكنها من وسائل مؤسسية تقيها من الهزات والتجارب المكرورة. – وإذ يعتبر المكتب السياسي المهمة المركزية في الظرفية السياسية الراهنة تتمثل في تجاوز الهوة القائمة بين المواطن والمجتمع السياسي، وإعادة الاعتبار للسياسة، فإن على رأس الإصلاحات اليوم ، الإصلاحات الدستورية الرامية الى بناء مؤسسات قوية ، حقيقية وقادرة على النهوض بشؤون البلاد ، بما يستوجبه الوضع الحالي إقليميا ودوليا ، إصلاح دستوري ومؤسسي يحقق مبدأ فصل وتوازن السلط، بما يحفظ للمؤسسات كلها ( الملكية، البرلمان، الحكومة، القضاء ، الجهة..) أدوارها ومكانتها ويدقق صلاحياتها، ويؤهلها للاضطلاع بمهامها في هيكلة الحقل السياسي وتأهيله.. – لقد سجل المكتب السياسي أن التظاهرات السلمية والشعارات المرفوعة أدانت الفساد بكل جوانبه ووجوهه، الاقتصادية والسياسية والاجتماعية والحزبية، وهو ما يطرح ضرورة انتهاج حكامة جيدة تغير من طبيعة العلاقات الريعية والفاسدة السائدة اليوم في المجالات المذكورة ، وذلك بإقرار سياسة واضحة وشاملة لمحاربة الفساد والرشوة في المجالات الاقتصادية والسياسية على السواء، وبمحاربة اقتصاد الريع والامتيازات، وربط كل الإجراءات بإعلان واضح عن الممتلكات، قبل وبعد تحمل المسؤولية.. – يرى المكتب السياسي أن قوة الإصلاحات السياسية التي يمكنها أن تحفظ للعمل وللتعددية السياسيين صدقيتهما،وتضمن حياد الإدارة الشامل ، وتعيد الطابع المؤسساتي الى الممارسة السياسية في الاختيار وفي التدبير، وتضمن الشرعية التمثيلية، عبر إعادة ربط العلاقة بين القرار الانتخابي والقرار السياسي، تستوجب تحديد أجندة لهذه الإصلاحات، محددة في سقف يتماشى مع سرعة التطورات الحالية في العالم عموما، وفي جوارنا الاقليمي والعربي خصوصا

20 Février continue … en musique


HRW : Maroc : Des milliers de personnes ont manifesté en faveur de réformes


(Rabat, le 20 février 2011) – Des milliers de Marocains ont manifesté dans plusieurs villes du pays en faveur de réformes politiques le dimanche 20 février, a indiqué Human Rights Watch aujourd’hui. Les manifestations et rassemblements, pacifiques pour la plupart, ont eu lieu dans des villes et des villages, essentiellement sans interférence de la part de la police, qui dans certains endroits était à peine visible.

Ces milliers de Marocains n’ont été confrontés à aucun des moyens meurtriers utilisés par les forces de sécurité contre les manifestants en Tunisie, Libye, Egypte, au Bahreïn et au Yémen.

 « Dans le passé, les forces de sécurité marocaines ont parfois recouru à une violence considérable pour disperser d’importantes manifestations », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Mais aujourd’hui, les forces de sécurité ont permis aux citoyens marocains de manifester pacifiquement pour réclamer de profonds changements dans la manière dont leur pays est gouverné. »

À Rabat, la capitale, quelque 2 000 manifestants se sont réunis sur la place Bab el-Had et ont défilé jusqu’au parlement sur l’avenue Mohammed V, où ils ont scandé divers slogans appelant au changement : « Aujourd’hui ou demain, nous obtiendrons nos droits », « À bas la tyrannie » et « Le peuple réclame le changement ». Certains manifestants appelaient à des changements constitutionnels, à un système judiciaire indépendant et à un nouveau gouvernement.

Certaines sources à Casablanca, la plus grande ville du Maroc, ainsi qu’à Marrakech et à Agadir, ont indiqué à Human Rights Watch que des centaines de personnes avaient manifesté dans chacune de ces villes. Selon certaines informations, des manifestants ont incendié un poste de police à Marrakech. Des manifestations se sont également déroulées dans des villes du Rif, la région montagneuse située dans le nord du pays. Des témoins résidant dans cette région ont déclaré que la présence de la police était restée discrète à proximité des manifestants.

À Rabat, la manifestation tenue entre Bab el-Had et le parlement a été surveillée par près d’une dizaine de policiers en uniforme non armés et largement répartis dans cette zone. Quelques groupes d’agents en civil se tenaient à la périphérie de la manifestation. Des observateurs se sont dits surpris de n’apercevoir nulle part aucun fourgon rempli de forces auxiliaires ou de policiers anti-émeute, alors que l’on peut souvent voir ces fourgons lorsque des manifestations ont lieu. Une contre-manifestation pro-gouvernementale d’une quarantaine de personnes s’est déroulée un peu plus haut dans la rue où se trouvait la foule des manifestants en faveur des réformes, mais les deux groupes ont gardé leurs distances. Aucune arrestation n’avait été signalée à Rabat à la tombée de la nuit.

Toutefois, à Larache dans le nord-ouest du Maroc, des groupes de personnes ont mis le feu à un poste de police, ont dévalisé des magasins et tenté de pénétrer dans des banques, selon un représentant de l’Association marocaine des droits humains. Dans la ville d’Al-Hoceima, des groupes de manifestants ont vandalisé un stade, deux bureaux de parti politique et deux hôtels, ont indiqué des militants de cette ville. Les forces de sécurité ont riposté en utilisant des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc, faisant quelques blessés selon les informations recueillies. À Séfrou, ville située au nord du centre du Maroc, des manifestants favorables à des réformes se sont heurtés à des partisans du gouvernement, selon une personne blessée dans la bagarre. À Marrakech, des groupes de manifestants ont incendié un poste de police et endommagé des véhicules privés et des feux de circulation, selon l’un des témoignages recueillis par Human Rights Watch.

Les principales villes marocaines sont fréquemment le théâtre de manifestations. Parmi les manifestants figurent des groupes bien organisés de personnes sans emploi qui réclament du travail, ainsi que des familles de prisonniers politiques. Il y a eu aussi dans le passé des manifestations de solidarité en faveur du peuple palestinien. À l’occasion de l’une des plus grosses manifestations que Casablanca ait jamais connues, environ un demi-million de personnes y ont défilé le 12 mars 2000, pour s’opposer aux projets de réforme du code de la famille marocain, basé sur la Charia. Selon le droit marocain, les organisateurs d’une manifestation en plein air doivent fournir une notification préalable aux autorités, qui peuvent interdire l’événement si elles estiment qu’il constitue une menace pour l’ordre public.

La réponse des forces de sécurité marocaines aux manifestations est très variable ; elles laissent parfois l’événement se dérouler paisiblement ; parfois elles frappent les manifestants à coups de matraque, et s’en prennent aux journalistes qui photographient ou filment les événements. Au fil des ans, les autorités ont inculpé des centaines de Marocains de participation à des manifestations « illégales », et les tribunaux ont condamné nombre d’entre eux à des peines de prison de plusieurs mois.

Alors que les manifestations de ce jour se terminaient et que les Marocains se préparaient à entamer une semaine de travail lundi, les organisateurs ont parlé de préparer une autre manifestation le prochain week-end.

« La réponse calme du gouvernement marocain aux manifestations de ce jour montre qu’il est possible de tolérer une opposition pacifique, et devrait constituer la règle et non l’exception », a conclu Sarah Leah Whitson.

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