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Malgré les critiques soulevées par l’usage disproportionné de la force : Benkirane défend les violences policières contre les manifestants


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Abdelilah Benkirane s’est attiré les foudres des défenseurs de droits de l’Homme. Sa prise de position en faveur des violences policières commises lors de la dispersion musclée des manifestants ne fait pas l’unanimité. En effet, le chef du gouvernement estime que  le recours à la violence lors de manifestations évite aux manifestants d’être arrêtés et incarcérés et à leurs familles d’être peinées.  Un argument qui a laissé pantois plus d’un.
Tel est le cas de Mohamed Abou Naser de l’Arganisation marocaine des droits de l’Homme (AMDH) qui estime que les déclarations de Benkirane ne constituent pas une surprise vu le parcours personnel de l’homme. Selon lui, les propos du chef du gouvernement mettent à jour les régressions enregistrées dernièrement au Maroc au niveau des droits civils et politiques.
Même évaluation du côté de Mustafa El Manouzi, du Forum vérité et justice (FVJ), qui ne mâche pas ses mots. D’après lui, Benkirane a du mal à assumer son nouveau rôle de chef du gouvernement. « L’homme se croit encore en campagne électorale et son discours est encore imprégné de démagogie. Il a tendance à oublier qu’on vit une période transitoire et que toute vraie réforme passe obligatoirement par la réhabilitation et le respect des droits de l’Homme», nous a-t-il indiqué.
El Manouzi va plus loin. Il estime que les connaissances de Benkirane dans le domaine des droits de l’Homme sont rudimentaires. «Les droits de l’Homme sont un tout qui ne peut être divisé. Toucher à une partie, même minime de ce tout risque de provoquer un déséquilibre de l’ensemble. Du coup,  le gouvernement a la responsabilité de préserver ce tout en veillant à l’équilibre entre la liberté et l’ordre public. Benkirane est appelé à garantir cet équilibre», a-t-il indiqué.
En détaillant dans le même sens, Mounir Bensalah, membre du Conseil national de l’OMDH, nous a expliqué que si,  par principe, l’Etat est le détenteur de la violence légitime, ce droit doit être utilisé au service d’autres droits et non au seul service des pouvoirs publics. D’après lui, Benkirane est en train d’abuser du droit de recours à la force au détriment d’autres droits dont celui de manifester. « Les individus qui manifestent dans la rue ne sont pas en principe des perturbateurs de l’ordre public et ne constituent pas une menace pour qu’on puisse tolérer une telle violence contre eux », nous a-t-il confié.
Selon lui, une telle déclaration risque de remettre en cause beaucoup d’acquis en matière de droits de l’Homme. Pire, elle risque d’assimiler les  manifestants aux fauteurs de troubles.
Notre source va plus loin. Elle estime que cette déclaration aura sans doute des conséquences néfastes sur l’image du Maroc à l’étranger. «Nos partenaires internationaux vont sûrement être choqués par ces propos puisqu’ils remettent en question la volonté du Royaume d’instaurer l’Etat de droit et de respecter les droits de l’Homme».
De son côté, Mohamed El Nouhi, président de l’Instance marocaine des droits de l’Homme, nous a indiqué que le droit de manifester est un droit légitime garanti par les lois et chartes internationales ainsi que par la Constitution. D’après lui, la déclaration du chef de l’Exécutif est en totale contradiction avec le programme gouvernemental qui a promu la garantie de ce droit au rang de ses priorités. Mieux, Benkirane himself a pris l’engagement personnel de préserver ce droit.  «Une contradiction qui révèle que l’approche des droits de l’Homme reste encore du ressort du discours et peine à s’enraciner dans la pratique», a-t-il conclu.

Hassan Bentaleb.

Article publié par le journal marocain Libération le 03/12/2012.

La schizophrénie, le démenti et le « kwi wbokh » comme politique gouvernementale du #PJD


Analyse d’une « politique gouvernementale » de la majorité conduite par le PJD !

Après huit mois environ après l’installation du gouvernement Benkirane, arrivé au pouvoir après les manifestations du « printemps arabe » ( ou « printemps islamiste » comme le démontre le chercheur Samir Amghar ) du 20 février et la constitution du 1er Juillet, j’ai cherché à déceler les traits de la politique de ce même gouvernement.

Après une longue recherche, il m’est difficile de parler de « politique » du gouvernement barbu : Aucun plan sectoriel, aucune visibilité économique, … la majorité a reconduit la loi de finances préparée par l’ancien gouvernement, que le chef de file de la coalition a longtemps critiqué, puis a multiplié les annonces de réformes sans planification : réforme de la caisse de compensation, réforme du statut de la fonction publique, … Ceci sans parler des « dérapage » verbaux des ministres ( Ramid sur les détenus politiques, Hakkaoui sur l’affaire Amina, l’affaire de l’invité israélien au congrès PJD, … ).

Enfin, si on exclut les « annonces » proférées par les ministres de ce gouvernement ou par son chef ( d’ailleurs certaines sont démenties quelques jours, voire quelques heures après ), Il est, sans imprudence, évident que ce gouvernement ne possède aucune « politique », autrement, le pays navigue à vue !

Echouant à déceler la politique gouvernementale, j’ai recueilli quelques contradictions dans les déclarations des responsables ministériels. Je proposerai cela, pour le ramadan, à un « bêtisier » gouvernemental à passer sur nos chaines de télévision chères à notre ministre de la communication notamment :

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Cherté de la vie au #maroc : fragments de schizophrénie gouvernementale


Le 29/06/2012, Mr Benkirane, Chef du Gouvernement a déclaré que « l’actuelle Loi de finances a été basée sur la prévision d’un prix de 100 dollars le baril alors que les prix du pétrole dans le marché mondial ont atteint 117 dollars le baril ».

Un député : « estime également que la décision d’augmenter le prix de l’essence de 2 DH est incompréhensible, car près de 63% du parc des véhicules utilisant ce carburant appartiennent à l’Etat. L’intervenant s’est demandé pourquoi le gouvernement a exclu toute possibilité de puiser  des fonds nécessaires dans le budget destiné à l’investissement puisque ce dernier n’est  exécuté qu’à 55% ».

Pour Abdelilah Benkirane, « il est hors de question de toucher au budget de l’investissement. Ce sera, pour lui, courir le risque de perdre la confiance des hommes d’affaires. « Je veux maintenir un climat de sérénité » »

« La décision d’augmentation des prix s’est avérée nécessaire et indispensable quoiqu’elle ait des effets négatifs sur le budget de tout citoyen », a déclaré M. Benkirane lors d’une rencontre avec les professionnels du secteur du transport.

« Malgré la baisse du prix du baril de pétrole [91dollars], cette possibilité n’est pas envisageable, car, l’essentiel, pour le chef du gouvernement, est de compenser les énormes trous financiers de l’État ». Donc, il s’agit réellement d’un impôt déguisé!!!

Boulif a déclaré que « le gouvernement n’acceptera pas que le citoyen puisse être victime des spéculations comme il n’acceptera pas qu’on profite de la hausse récente des prix du carburant pour augmenter les prix du transport des personnes et des marchandises, rappelant que le gouvernement a ouvert un dialogue avec les professionnels et l’ensemble des parties concernées sur toute éventuelle hausse des prix ».

Le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed Najib Boulif, a immédiatement réagi à la décision des syndicats, en direct à la télévision. « Les prix des courses des taxis sont réglementés par des lois. Les responsables d’une hausse des prix en dehors de la procédure en vigueur devront assumer leurs responsabilités »

A titre d’illustration, ci-dessus a décision de la wilaya de Casablanca d’augmentation des prix de transport en taxi. On peut comprendre, naturellement que cette hausse est légale, suite à la « décision courageuse » d’augmentation des prix des hydrocarbures.

Je n’ai pas trouvé mieux que ce commentaire d’un citoyen : « Benkirane a soulagé les comptes de l’Etat et étouffé le citoyen »

La gestion des deniers publics et la transparence dans les marchés publics : Le véritable examen de passage de Benkirane


Le véritable examen de passage de Benkirane 

A l’heure où Benkirane tarde à former son nouveau gouvernement, de nombreuses questions animent les discussions de salons dont certaines reviennent comme un leitmotiv sans que personne ne puisse véritablement y répondre.

Véritable cheval de bataille du PJD dans son programme et sa campagne électorale, la lutte contre la corruption et la bonne gestion des deniers publics semblent aujourd’hui attendre que quelqu’un s’y intéresse, apparemment reléguées toutes deux au dernier rang des priorités.

Benkirane et son équipe vont-ils s’atteler à combattre avec efficience la corruption et le népotisme ? 

Vont-ils ouvrir la boîte de pandorre et s’intéresser aux cas de prévarication soulevés ces derniers mois par quelques journalistes et autres blogueurs ?

Ou au contraire vont-ils faire le choix de fermer les yeux et se concentrer sur leur propre législature, scellant par là la chape d’immunité qui règne dans ce domaine?
La bonne gestion des deniers publics a été perçue lors des dernières élections comme étant un élément essentiel figurant dans les programmes des partis. Cette donnée n’est pas nouvelle et la promesse de combattre la mauvaise gestion a toujours été présente,renforcée cette fois-ci par une nouvelle Constitution faisant maintes fois référence à la bonne gouvernance. Néanmoins,  peu ou pas d’institutions osent s’y frotter réellement.

Qui a véritablement autorité pour s’intéresser à ces dossiers ?

La Cour des Comptes prolixe dans ses longs rapports mais plus lente à agir lorsqu’il s’agit de poursuites ?

La Trésorerie Générale, garante d’une passation transparente des marchés publics mais très (ou trop) discrète sur son action effective en cas de mauvaise application de la loi?

L’Instance Centrale de Prévention de la Corruption  hésitante à s’intéresser aux hauts fonctionnaires ?

Le gouvernement ? Le parlement ?

Ces questions de compétence semblent à elles-seules freiner un processus qui ne devrait nécessairement pas tarder à se mettre en place puisque la presse, la société civile et les associations concernées ne devraient plus être les seules à pointer du doigt ce système et n’ont pas vocation à saisir la justice.

Le sujet sensible de la mauvaise gestion des deniers publics qui renferme à lui seul autant d’écueils que la corruption, la prévarication, la concussion, le détournement, la dilapidation, le trafic d’influence, la prise illégale d’intérêts et le népotisme, devrait donc aujourd’hui franchir la ligne de taboue qui le caractérisait jusque là et sortir de l’omerta.

Bien que Benkirane semble animé d’une volonté d’imposer à ses futurs ministres une situation de fortune dès l’accession à leur fonction, il n’évoque nullement dans ses interviews et sorties médiatiques le cas du passif existant.

Quid donc des abus commencés sous l’ancien gouvernement ? Vont-ils être à leur tour frappés d’une prescription illégale ? La situation de fortune est-elle une résolution suffisante pour éviter les abus ?

Quelques préconisations préventives en matière de passation des marchés publics :

Certaines mesures simples, dont certaines sont préconisées par la loi, peuvent à elles seules garantir une transparence efficace.

1. La cellule de veille des marchés publics
La veille au Maroc n’est pas un élément nouveau. Aussi, de nombreuses cellules de veilles fonctionnent aujourd’hui tant aussi bien dans le public que dans le privé. Ainsi, l’on pourrait imaginer une cellule auprès de la Trésorerie Générale du Royaume chargée de surveiller la liste des attributaires des marchés et d’en constituer une base de données fiable permettant de déceler par exemple un actionnariat douteux dans une société qui serait lié à un fonctionnaire en charge du marché ou d’autres accointances suspicieuses.

2. Une nomenclature cohérente dans les références des appels d’offre
Les références des appels d’offre ne semblent pas obéirent à une nomenclature précise, aussi il est difficile de les retrouver par ce numéro qui devrait logiquement être un identifiant unique.
Deux écueils surviennent à ce niveau et il serait donc judicieux de prévoir des références plus précises et homogènes :

– des appels d’offres portant la même référence  :


– des appels d’offres avec des références aux nomenclatures différentes et n’obéissant à aucune règle logique.

3. La publication systématique du nom de l’attributaire dans le site des marchés publics
Le site des marchés publics est un portail à la pointe de la technologie mais laisse à désirer au niveau ergonomique. Il permet de consulter les avis d’appels d’offres selon de nombreux critères et même de lire les avis d’attribution. T

outefois, de nombreux avis d’attribution ne comportent pas le nom de l’attributaire bien que ce soit une obligation imposée par la loi.

Cette irrégularité semble ne concerner souvent que les mêmes adminstrations.

Prenons l’exemple de l’une des affaires célèbres dévoilées en 2011, dite l’affaire BULL Maroc.
Ce projet concerne la mise en place d’un système informatique complet pour le ministère des Sport et a été divisé en deux marchés publics :
– Appel d’offres sur offres de prix n°61/2010 pour l’acquisition, la mise en oeuvre et infogérance des systèmes CRM, ERP et contrôle d’accès pour la gestion des centres de proximité sportifs intégrés (CPSI), Piscines et Fédérations sportives.
– Appel d’offres sur offres de prix n°3/2011 pour l’assistance à la maitrise d’ ouvrage pour la mise en oeuvre des systèmes (Customer Relationship management) (CRM), (Enterprise Resource Planning) (ERP) et contrôle d’accès pour la gestion des centres de proximité sportifs intégrés (CPSI ), Piscines et Fédérations sportives

Il a été révélé que ces 2 marchés accordés par le Ministère de la Jeunesse et des Sports ont tout d’eux été remportés par des attributaires liés à la personne même du Ministre de la Jeunesse. Aussi, le premier a été accordé à Bull Maroc dont le DG est Mehdi Kettani un membre de sa famille, et le second à Capital Consulting dont l’associé principal et dirigeant est Hicham Chebihi Hassani, ami du ministre et trésorier de Mawazine.

Néanmoins, comme le révèlent les images ci-dessous, les noms d’attributaires dans ces deux marchés ne figurent pas dans le site des marchés publics.

– Avis d’attribution du marché remporté par la société Bull Maroc sur le Portail des Marchés publics (le nom de l’attributaire et le montant n’y figurent pas)

                     – Avis d’attribution du marché remporté par la société Capital Consulting sur le Portail des Marchés publics (le nom de l’attributaire et le montant du marché n’y figurent pas)

– L’exemple comparatif du dernier avis d’attribution publié sur le Portail des marchés publics : comporte le nom de la société attributrice et le montant du marché

4. La possibilité de recherche par nom d’attributaire dans le site des marchés publics

La préconisation précédente prendrait tout son sens si elle était accompagnée d’un outil de recherche plus efficace et qui constituerait certainement l’arme la plus efficace de lutte contre les passations douteuses de marchés publics. En effet, la recherche dans le portail devrait comporter un critère supplémentaire : celui de la recherche par nom d’attributaire.

Cette démarche, sil elle est mise en place permettrait de retrouver facilement les marchés publics suspicieux et forceraient donc les personnes concernées à faire montre de plus de diligence dans le choix des attributaires et permettrait par ailleurs un contrôle plus efficace des institutions concernées et un pas de plus vers une démocratie citoyenne et surtout… Participative !

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