Archives de Tag: gauche

Aujourd’hui, ce n’est certainement pas la fin du monde … mais la fin de l’ « Union » pour moi !


L’Union Socialiste des Forces Populaires n’a pas été pour moi un simple parti. C’est un système entier, par ses hommes et ses femmes, ses valeurs, ses positions, son cheminement, …

Aussi loin que ma mémoire puisse aller, j’ai côtoyé des usfpéistes. Dans la petite ville où j’ai grandi, mes meilleurs enseignants du collège et du lycée sont dans cette union.  Les entraineurs de foot des équipes de jeunes, les épiciers de mon quartier, les conseillers communaux, les banquiers, les avocats, … aussi

Je n’oublierai jamais cet enseignant qui nous a carrément expulsés, alors qu’on était au lycée, du siège du parti, avec cette phrase : « Allez pour vos cours. Si vous voulez être uspéistes,  il faut le mériter, réussissez dans votre entourage. A l’USFP, nous devons être l’exemple ! ». Celui-là même qui était le plus gentil et le plus respecté des enseignants, était un ancien détenu politique, conseiller municipal en 95, venait au lycée à vélo pour des convictions « écologistes » !

A l’USFP, j’ai fait la connaissance des meilleurs poètes, des meilleurs avocats, des meilleurs enseignants, … des militants à l’image de « Haj Mouh ». Ce dernier passait chaque jour sur son vélo devant le siège du parti. Quand la porte était ouverte, il rentre sa bicyclette, sort une chaise de l’intérieur et se désintéressent royalement de ce qui se passe à l’intérieur : pour lui, l’Union est en marche. On rigolait bien de Haj Mouh. Plus tard, j’ai compris son attitude, lui qui a combattu avec un Bensaid les occupants à Ait Baamrane, puis a fui les forces de l’occupant pour s’installer dans notre ville et ne plus jamais la quitter jusqu’à embrasser son sol dans un dernier sommeil.

J’ai appris à l’union à lire Laroui avec Jabri, Sartres avec Camus, Lénine avec Trotski, … mais surtout j’ai appris sur des légendes, décédées ou vivantes, héros, ou « héros sans gloire » !

Avec l’avènement de Me Abderrahmane Youssoufi comme premier ministre de l’alternance, dans une ville du « Maroc non utile », le gouverneur a convoqué tous les représentants locaux des partis pour une réunion. La tradition usfpéiste, qui voulait que ces réunions soient systématiquement boycottées, a été brisée. L’Usfpéiste s’assoie au coin opposé du gouverneur et annonce en début de réunion : « Ecoutez. Le Maroc a changé, il y a des choses que seulement le gouverneur et moi comprenons ». Quelle naïveté de notre uspéiste, digne représentant de Ssi Abderrahmane dans son bourg, se croyant désormais le contrepoids du gouverneur, représentant du roi ! Dans l’esprit de beaucoup, cette naïveté était une croyance. Youssoufi n’a pas fait son premier voyage en 1er ministre à un souk hebdomadaire de Toubkal, où un militant exposait Mehdi, Omar et Abderrahim alors que d’autres vendaient des vivres et des habits !

Je ne vais pas continuer dans la nostalgie. Je ne fais pas l’éloge de l’union, comme je n’accepte pas les condoléances, l’USFP sera toujours vivante (lisez au moins ce qui a été dit lors du dernier congrès). En même temps, serait-il suffisant, avec tout ce qui est précédemment cité, et ce qui n’est pas évoqué, de continuer à nourrir l’union, d’y être ? Certainement pas.

Depuis 2002, nous avons compris que lorsqu’Omar a convaincu les uspéistes de réformer l’Etat de l’intérieur, à travers la stratégie de lutte démocratique, l’USFP n’était plus, en acceptant le « non-respect de la méthodologie démocratique », l’outil révolutionnaire capable de réformer l’Etat et la société. Depuis lors, nous nous sommes donnés comme mission de réformer l’union : Rébellion de la jeunesse, courants, pétitions, appels, … jusqu’à aujourd’hui, mais sans jamais réussir. Chaque fois que l’on se dit proche, on s’éloigne un peu plus dans une sorte d’agonie politique chronique. Non seulement l’USFP n’était plus capable de sortir le pays de la crise politique, elle en est devenue une partie. Et d’ailleurs, notre électorat, nos sympathisants n’ont cessé de nous le faire signifier depuis !

Le 9ème congrès, dernière chance comme nous l’avons évoqué, est la preuve tangible, en tout cas pour moi, et certainement pour beaucoup de camarades, que plus rien ne nous lie à cette union :

  • La « compétition » pour le poste du 1er secrétaire a été vidée et remplacée par une compétition de personnes, où le « plus fort gagne », au lieu d’une compétition d’idées et de projets.
  • Alors que nous avons, à maintes reprises, critiqué le non-respect par la direction du parti de la déclaration politique du 8ème congrès qui liait notre présence au gouvernement aux réformes constitutionnelles en vue d’une « réelle monarchie parlementaire », nous voici avec un communiqué politique du 9ème congrès, maigre, sans goût, sans horizons imposés à la direction, à interpréter selon les goûts des chefs. D’ailleurs, ce communiqué ne dit pas un mot sur la gestion du parti entre les deux congrès !
  • Alors que l’Union voit dans la constitution votée en 2011 une avancée notoire vers l’instauration de la monarchie parlementaire, il est l’évidence même que d’avouer que cette constitution, malgré ses imperfections, ses zones d’ombres, son refus par certaines forces progressistes, est l’enfant d’un 20 Février 2011, auquel nous avons participé, que nous, avec d’autres camarades partageant certaines convictions communes, avons préparé et encadré pendant plusieurs semaines, d’abord par des initiatives personnelles, puis par arrachement du soutien du conseil national. Il est ridicule, sinon politiquement inacceptable que cette effervescence du 20 Février ne soit nullement mentionnée dans le communiqué politique du congrès, malgré l’agitation des « usfpéistes du 20 février » !
  • Le communiqué politique issu du congrès voit en la constitution de 2011 le summum de la démocratie, et qu’il suffit de son « opérationnalité démocratique » pour atteindre la monarchie parlementaire en ces termes énoncés dans le titre du communiqué : « Parvenir à l’instauration d’une monarchie parlementaire en veillant à la concrétisation des dispositions de la Constitution ». Je refuse ce constat, et beaucoup de camarades l’ont fait remarquer au congrès même !
  • Le report de la suite des travaux du congrès trahit une sordide recherche de « consensus » et de partage de la tarte partisane !

Comment rester dans un parti qui se dit moderniste et qui s’interdit de défendre « l’Etat civil » dans la constitution ?

Pour toutes ces raisons, l’USFP ne représente plus pour moi l’espoir, le rêve, l’utopie, … pour rassembler la gauche, pour réformer l’Etat et la société, pour défendre les démunis, pour installer l’égalité des chances, … Je ne partage plus les valeurs inavouées qui règnent au sein de certains camarades, de la base au sommet. Nous avons longtemps résisté à cette transformation du parti en machine électorale, et pire en agence de recrutement, aujourd’hui, le clanisme conduirait à la ruine ! Si l’union a accepté d’être « complément d’objet direct » dans les majorités depuis 2002, certains la mettraient « complément d’objet indirect », dans l’opposition !

Quand Abderrahmane youssoufi révéla à Bruxelles : « Espérons de ne pas perdre dans le proche avenir la faculté de rêver », je fais aujourd’hui mon engagement : « Je ne permettrai plus jamais de laisser voler mon rêve ».

Officiellement, je porte la casquette d’ancien ittihadi dès aujourd’hui ! A tous les camarades de gauche, ceux qui restent dans l’union, ceux qui sont dans d’autres organisations, ceux qui se définissent à gauche, CONSTRUISONS ENSEMBLE LE GRAND COURANT MODERNISTE, EGALITAIRE & DEMOCRATIQUE, CONSTRUISONS ENSEMBLE L’ALTERNATIVE DE GAUCHE.

Tribune : حميد باجو حركة 20 فبراير أمام الباب المسدود، من يتحمل المسؤولية؟


القمع ينزل على متظاهري 20 فبراير في حي اسباتة، وهؤلاء يتصارعون فيما بينهم ولا يصلون إلى أي اتفاق حول أجندة الأيام القادمة، وآخرون يحرضون ويجيشون السكان ضد الحركة.

فما الذي أوصلنا إلى هذا الباب المسدود، أو من الذي أرغمنا على أن لا نختار إلا بين الأبيض والأسود، أو بالأصح بين الأسود والأسود، أسود مخزني وأسود للتطرف والخرافة؟  ألم يبق لشبابنا الحق في اختيار ألوان أخرى من غير ما فرض عليهم مؤخرا داخل الحركة، ألوان تحفز على حب الحياة وحب الوطن؟

كنا نعرف جميعا منذ البداية، مدى الاختلافات الموجودة وسط أجهزة الدولة بشأن كيفية التعامل مع حركة 20 فبراير، وكنا نعايش أيضا من داخل هذه الأخيرة منذ انطلاقتها، مدى التفاوت في التقديرات وفي الأجندات بين مكوناتها.

ولكننا بقينا نحلم أو نعمل من أجل أن نحقق ما قد يبدو مستحيلا: أن لا ينتصر لوبي القمع وحراس المخزن القديم من داخل الدولة، وفي المقابل ألا يعلو صوت التطرف والمزايدات العدمية وسط شباب الحركة.

Lire la Suite →

Solidarité marocaine avec la Tunisie


De droite à gauche : Naibila Mounib ( membre du bureau politique PSU ), Jalila ( membre du parti communiste tunisien, exilée au Maroc), Hamid Bajjou ( Membre du conseil national l'USFP ) & Ahmed Daba ( Membre du conseil national du PSU ).

Une réunion s’est tenue ce soir, par l’espace de Casablanca pour le dialogue de gauche, pour organiser une activité « festive » en guise de solidarité avec le peuple tunisien ce samedi 22 Janvier au siège du PSU. L’espace invite tous les organismes démocratiques et toutes les bonnes intentions à une réunion de coordination, ce mardi au PSU à 18h30, pour organisation commune.

Autrement, un appel aux dons et vivres sera lancé incessamment pour collecter des aides au peuple tunisien, en réponse aux alertes de plusieurs organisations tuniennes amies.

Dans un autre registre, je publie la lettre suivante :

« J’ai longtemps attendu votre réaction, avant de vous écrire.

J’ai lu votre communiqué concernant les Coptes d’Egypte ; je l’ai trouvé  stéréotypé, répétitif de slogans galvaudés, incohérent et donc très peu convainquant.  Votre silence concernant ce qui se passe en Tunisie est incompréhensible. Je pense, en tant qu’être humain, qu’un autre  être  humain- (qui aurait pu être moi) qui s’immole par le feu, mérite que les spectateurs de son immolation- extrême violence exercée contre soi-même, publient au moins  un communiqué.

 

Bouazizi, humain- indépendamment de sa nationalité- contraint d’être en deçà de l’humanité- vendeur ambulant, pour pouvoir survivre et préserver ainsi sa dignité-  valeur primordiale de l’humain-  mais resté conscient de continuer à appartenir à l’humanité, s’immole pour que l’éveil,  le réveil, d’une  conscience collective, en l’occurrence maghrébine et méditerranéenne,  endormie à coup de silences ou de discours vides (ce qui revient ici  au même), ait lieu.

Sommes nous à la hauteur de comprendre son message lourd de sens? Sommes-nous capables de dialoguer avec lui, de lui transmettre notre message de reconnaissance dérisoire ?  

Je ne connais toujours pas votre conception du dialogue interculturel ; mais le dialogue  ne peut être synonyme, en aucun cas, de silence.

Le monde entier sait, aujourd’hui, que tout un peuple, dans le pourtour méditerranéen, est capable de briser le silence et de vaincre la peur, ce qui  est le sens même la liberté.

 

Quelle est votre opinion ? Puis-je espérer une réponse? 

Humaine, qui faute d’avoir des ailes, est incapable d’être en ce moment en Tunisie, mais qui dit ce qu’elle pense »

Lettre de Laila Imerhrane, membre de la fondation Anna Lindh, en réaction aux évènements de Tunisie et à ce communiqué de la même fondation :

« Déclaration de la Fondation Anna Lindh sur l´attentat d´Alexandrie

La Fondation Euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, dont le siège central est à Alexandrie (Egypte), manifeste sa profonde tristesse et douleur face à l´attentat terroriste dont cette ville a été l´objet la nuit du 31 décembre, et exprime la solidarité de son Président, André Azoulay, et de toute son équipe avec les victimes, leurs familles et le peuple égyptien.

Lisez la déclaration à travers le lien suivant :

http://www.euromedalex.org/fr/nouvelles/d-claration-de-la-fondation-anna-lindh-sur-l-attentat-d-alexandrie « 

Falsifier l’histoire est d’une lâcheté incomparable !


Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Il est des gens sans histoire, qui envient ceux qui en ont. Il est des gens sans gloire, veulent enlever à ceux qui en ont. Il est des gens sans conscience, ne croient pas qu’il y en a qui en ont.

Vouloir prendre la vague opportuniste n’est pas seulement aveuglante, mais rend des fois les gens insensés. Quand la confrontation publique d’idée n’est pas accessible aux personnes avec peu de bagage intellectuel, sans gloire et sans conscience, la solution la plus facile, Ô connue souvent dans le passé, devient la falsification de l’histoire, celle de toute une nation, de tout un peuple avec ses luttes et ses gloires.

Monsieur Niny, « patron » du quotidien Almassae, dans une chronique « fond de la jarre » du 12 Juillet 2010, fait assumer à la gauche, l’USFP en particulier, « 30 années de retard  dans le développement » ! Niny rajoute également d’autres « certitudes », piochées du « fond de sa jarre » évidemment, comme celles qui, selon notre historien improvisé à l’occasion d’une « chronique », mettent la victime responsable des dérives du bourreau !

Niny "victime des années de plomb" 🙂

Monsieur Niny s’attaque à Laabi, prix Goncourt alors que ses « poésies et proses » ont été à maintes fois refusées pour manque de qualité par l’Union des Ecrivains du Maroc. Il en veut à Benzekri, Nouidi, Herzenni, … et autres militants des droits humains et oublie qu’il n’a jamais intégré cette culture : lynchage à l’affaire de Ksar Lakbir, publication de correspondances personnelles d’une boite mail piratée de membres du « mouvement MALI », lynchage de ses confrères, … Il reproche à Bouabid d’avoir refusé que les américains construisent des autoroutes à l’aube de l’indépendance pour des raisons de souveraineté et de nationalisme, qu’il ne connaît guère, lui qui, à un moment, avait émigré clandestinement et fuit son pays, non pour des idées, non au nom d’une lutte, … comme Youssoufi ou autres qu’il attaque, mais par lâcheté … et revient aujourd’hui nous apprendre que « la gauche a fait perdre 35 ans au Maroc », lui qui l’a fuit à bord d’un paterra !

Lâche aux années de plomb, ... opportuniste aux années d'argent!

Le « Robin des bois marocain » détient la vérité. Celui qui prétend défendre les marocains trouve la justification aux prisons secrètes, aux geôles de détention, à la torture, … ne sont-ils pas ces « gauchos » qui l’ont bien cherché et mérité ?!!! Et oui, puisqu’il avance que ces mêmes « refuzniks » ont « touché leur dû ( pour la torture et autre emprisonnement ) en contre partie d’une labyrinthe politique … ayant fait retarder au Maroc des années pour construire son infrastructure …». Il oublie certainement que sans ces mêmes citoyens, il n’aurait jamais pu tenir un journal et gagner autant d’argent, lui qui a fuit son pays par manque d’espoir, ou par lâcheté ! Il reproche même à « ceux qui ne possédaient pas le prix des cigarettes » l’ascension leur ayant permis de toucher les salaires de ministre, alors qu’il a émigré clandestinement avant de se retrouver « patron » d’une entreprise de presse qui lui fait gagner beaucoup, mieux que ces ministres !

De grâce, faites savoir à tous ceux qui se sont découvert « sauveur » de ce Maroc du 21ème siècle, qu’il leur est tout permis au nom de liberté, payée par le sang de ces « misérables militants », à condition que la mémoire reste intouchable. Aucun pays ne se construit sans histoire, sans mémoire. Falsifier l’histoire est d’une lâcheté incomparable !

La rose socialiste fannée


L’USFP est en décadence et arrive à un état critique de décomposition.  Rien ne va plus et les derniers militants croyant encore à l’espoir commencent à perdre toute espérance. Omar Balafrej, dans une publication de la place, déclare que « L’USFP dans sa forme actuelle n’est pas son parti ». Il ajoute : « Je n’ai jamais eu … la volonté de me rassembler avec des leaders dont le seul objectif est de se maintenir en place et d’obtenir des postes. »

Dans une analyse organisationnelle, Hamid Bajjou ajoute dans un article détaillé : « … Ceci a poussé les militants ayant des principes, ceux qui n’ont pas d’intérêts à échanger ou qui ne veulent pas rentrer dans des relations autres que celles qui se basent sur les principes et les positions partisanes, au désespoir et à l’éloignement du parti et de la politique, après qu’ils se sont retrouvés marginalisés dans les organes partisanes, incapables de rivaliser avec les réseaux d’intérêts bien structurés, laissant ainsi le parti aux mains des opportunistes ».

Aujourd’hui s’annonce la suspension de la participation de 3 militants du bureau politique, il s’agit de : Ali Bouabid, Larbi Ajjou et Mohamed Achaari, et « ce jusqu’au prochain congrès ».

j’ai envoyé un texte au journal ( je ne sais pas s’il passera ), dont voici un passage traduit :

« Nos leaders doivent comprendre que l’avenir se fait par le peuple, pas aux bureaux politiques ou à Dar Lmakhzen… Il faudrait qu’on laisse de coté notre coté populiste, comme il faudrait ne pas trop se focaliser sur notre constitutionalité ( importante et capitale tout de meme ). Il faut au’on travaille sur les vrais dossiers : comment ne pas travailler sur le rapport de la cours des compte? Comment ne pas se poser la question sur la composition du capitalisme marocain? Comment le roi signe une convention du plan solaire a coup de milliards de dollars sans que la majorité ni le parlement n’en soient mis au courant? Qu’on soit une réelle gauche ou qu’on disparaisse! »

Addenda ( 20-04-2010 ) :

Mohamed Lahmine, ayant lancé récemment « l’autre courant » a de sa part déclaré : « Le bureau politique BP assume la responsabilité de la décadence humiliante du parti dans toutes les positions et de l’échec aux élections législatives et communales précédentes. En outre le BP bloque les organes du parti, le 1er secrétaire produit un discours qui n’a rien à voir avec l’USFP, le leadership avance devant tout le monde qu’elle procède pour le sauvetage du parti alors qu’en réalité elle fait le contraire et brise et disperse tous les efforts … Aucun leader n’a tiré les leçons de la catastrophe, en chiffres : l’USFP est passé de 560 sections à moins de 300, le nombre de militants s’est dégringolé de plus de 60 mille à moins de 25 mille, sans parler de l’inaction organisationelle totale de tous les organes de l’USFP. La jeunesse, chabiba ittihadia, vit un état de coma depuis longtemps et a vu ses ashérents passer de 12 mille à 1500 et le nombre de ses sections de 256 à 34. Pour la première fois dans l’histoire du parti nous récoltons des zéros à Casa, Rabat, Eljadida, Safi, Settat, Kénitra, … »

Profession : Ancien de gauche


J’ai trouvé un texte de Hassan Tariq sur le journal Alittihad d’aujourd’hui très intéressant. Dans la foulée, je l’ai traduit et publie ci-après :

Ils aiment « la gauche » ?

Ils ont découvert dernièrement une multitude de ces innombrables vertus : Elle servirait à remplir les premières cases des CV des nouveaux leaders de l’ancienne droite ; ses mots pourraient servir à remplir les grands vides d’une droite en manque d’idée ; elle servirait à présenter ce qui reste de la pureté pour blanchir le noir des marchands des élections et fossoyeurs de la vie publique ; une partie de son langage pourrait être prêtée pour sculpter « l’hymne » de l’ère nouvelle.

Mais pourquoi tout ce soin pour annoncer ta première identité, non sans étrange gaieté ?

Pourquoi cherchent-ils au soin d’un chirurgien, à l’image de celui qui cherche une ancienne cicatrice, la moindre petite réunion à laquelle tu as, par erreur, assisté dans une organisation de gauche, la moindre cellule à laquelle il se peut que tu ais adhéré deux ou trois semaines, la moindre sympathie t’ayant été traversé adolescent pour une idée socialiste insouciante t’ayant été porté par les vents des 70s ?

Pourquoi ils célèbrent ton annonce à nous comme un ancien de gauche ?

Pourquoi te veulent-ils un ancien de gauche ?

Est-ce par amour à la droite ? Ou par défiance à la gauche ? Est-ce par fidélité aux trahisons ou par éloge aux révisions ? Ou tout simplement parce que le bon homme de gauche est l’ancien de gauche ?

Puis il y a une question remarquable : Pourquoi la droite a toujours besoin d’hommes de gauche ? Cela a-t-il une relation avec « le complexe de droite » ?

Pourquoi te veulent-ils un ancien de gauche ?

Est-ce pour que la gauche paraisse éjectée des nouvelles dualités : « Corruption » ou « obscurantisme », « droite » ou « droite », « droite de l’Etat » et « droite de la société » ?

Est-ce par soin à une ancienne prophétie de Fukuyama, déclarant avec beaucoup de naïveté la fin de l’histoire et la victoire du dernier homme ? L’Etat a-t-il besoin de toi pour qu’il soit convaincu de nouveau par son éternelle justesse et ses victoires historiques sur une société « inaccomplie » ? L’Etat a-t-il vraiment besoin de toi ?

Ils veulent que la gauche paraisse comme une nostalgie poétique à une bruyante enfance, que l’appartenance à la gauche paraisse comme un vulgaire épisode passager dans la direction de la sagesse de « l’Etat » et la raison de la « droite », qu’elle devienne un amour ancien dont on se rappelle sans sentiments, ou une tentative d’expérimenter les choses jusqu’à leur bout avant de toucher l’infaillibilité des modérations.

Ils veulent que la gauche paraissent comme un état biologique, et non comme elle est : un état idéologique, qu’elle soit bonne et convenable et peut être obligatoire avant les vingtaines, mais qui devient un état déviation notoire après. Ils la veulent un age et non une idée.

Et après tout, on s’aventurera et on dira qu’ils aiment la gauche ?

Ils l’aiment cassée et futile, vaincue et perdue dans les yeux des « anciens ».

Ils l’aiment cadavre décomposé devant la nouvelle divinité : le marché.

Ils l’aiment liquide comme l’eau, blanc comme la stupidité, docile comme l’éponge.

Ils l’aiment sans esprit, sans idées, sans souffle, sans vision ni projet ni prolongation au sein de la société.

Ils aiment la gauche …

Et pourtant ils n’aiment pas : l’égalité, la séparation des pouvoirs, la distribution de richesse, la justice sociale, les droits humains, le service public, l’économie solidaire, l’école publique, la presse indépendante.

Ils aiment la gauche …

Et pourtant ils se rappellent pas : des pauvres, les banlieues des villes, l’analphabétisme, les compagnes oubliées, les bidonvilles.

Ils n’en ont pas besoin, ils veulent une gauche light comme, une blague ou un repas rapide.

Ils n’ont pas besoin d’idéologie : ils détiennent le plus important : la médiaologie, les couvertures des revues satine, les cous des pseudo écrivains et les consciences des néo-journalistes.

Ils n’ont pas besoin d’idées, ils ont ce qu’il y a de mieux : les notables, les réseaux, les pouvoirs, l’argent de drogue et le hachich national.

Malgré tout, ils nous surprennent par des théories agitante : que la droite s’allie à la droite contre la droite, ou que les voleurs deviennent une nécessité à la démocratie.

Aiment-ils la « gauche » ?

Ils n’aiment pas la gauche.

Hassan Tariq.

USFP et le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne


A quelque semaine de la tenue du conseil national de l’USFP, le débat est revenu notamment sur la question de la participation gouvernementale. Je retranscris ici, ma traduction ( enfin ) d’une déclaration donnée à un journal de la place, en Septembre dernier.

Je considère, à mon sens, que le Maroc ne vivrait plus, au moins depuis les élections législatives de 2007, dans la logique des accumulations qui a bâtit l’ère de ce l’on a convenu d’appeler « la transition consensuelle » et de ce qui en résulte. Nous vivons une apostasie du projet du « processus démocratique », ou pire, nous recevons les condoléances du décès de la politique d’une manière humiliante !

Ainsi, et à partir de plusieurs données objectives que nous avons soulevé à propos de l’évaluation ou du dessin des traits de l’ère politique et suite également aux accumulation de l’USFP ( rapport de la commission d’évaluation des résultats 2007, Déclaration du 8ème congrès ), beaucoup de militants pensent-ils que la participation de l’USFP à un gouvernement incompatible et ne possédant aucune vision de réforme n’est que continuer à faire durer cette bourde mettant à mal la valeur du parti. Il n’a pas été donné suite au mémorandum des réformes constitutionnelles que le parti a présenté conformément aux résolutions du 8ème congrès qui limite notre participation gouvernementale. Et même la réforme de la justice, placée sous notre tutelle, je me demande sincèrement comment nous pourrons réaliser ce chantier alors que le Roi lui a posé un seuil en annonçant dans son dernier discours que « la justice est du ressort de la Commanderie des Croyants » !

Nombre de militants de l’USFP se demandent comment continue le leadership du parti à confirmer cette image, déjà ébranlée, du parti dans un gouvernement ne possédant aucune décision politique, appliquant des politiques de droite et dans une alliance contre nature, au prix même de l’âme du parti. Il se peut que nous divergions avec certains de nos camarades sur de grands choix, et nous avions demandé plusieurs fois de canoniser les différences par l’institutionnalisation des courants certes, mais aujourd’hui, même la questions des courants ne possède plus une grande valeur devant le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne ?

Une des entrée essentielle pour exiger les grandes réformes, qu’il n’est plus à prouver que les autres forces politiques ne sont pas prêtes à l’entamer, reste la sortie de l’USFP du gouvernement, acte compatible avec son âme et les positions de son dernier congrès. Il est demandé à l’USFP aujourd’hui à rassembler les forces de gauche et progressistes autour du projet de l’Etat équitable socialement, moderne dans tous les sens et réellement démocratique, que nous ne possédons pas le privilège pragmatique, idéologique et philosophique de le concevoir en dehors de la monarchie parlementaire !

Nous avons signé, en compagnie de nos camarades, à l’intérieur et à l’extérieur des organisations de gauche, une « lettre au peuple de gauche » contenant un cri devant une piètre situation de la gauche entière, gouvernementale, opposée et même en dehors des organisations. Nous souhaitons installer un grand courant idéologique infiltrant toutes les organisations et qui exerce de la pression pour unifier la vision autour de la construction de l’Etat. L’objectif de cette initiative est de sortir la gauche de sa mort clinique. Nous ne sommes pas putschistes, ni même scissionnistes, nous sommes unitaires et nous oeuvrerons à poser les vrais questions de la patrie, à partir de nos conviction et attachement aux principes fondateurs de la gauche : une ambition collective pour la patrie, le courage dans les positions et la clarté idéologique.

Je me permets d’insister ici que l’unité de la gauche n’est pas une fin pour notre militantisme. Comme j’ai précédemment évoqué concernant la question des courants, le sujet de l’union et ses formes n’est plus une priorité quand on se pose la grande question de la patrie. Je considère que l’on revient à se poser les mêmes questions de l’Etat tels que posés à l’aube des années 60 et que toutes les accumulations qu’a réalisé la gauche à travers ses combats et le sang de ses martyrs se retrouvent aujourd’hui devant un grand danger de retour en arrière.

LA GAUCHE EST MORTE. VIVE LA GAUCHE !


De la clarté, de l’ambition et du courage.

Lettre au peuple de gauche

LE CONSTAT…

Depuis une dizaine d’année, le Maroc vit au rythme de grands chantiers économiques, pensés et mis en œuvre en dehors du système politique institutionnel.

Même si pour certains de ces grands projets économiques, les répercussions s’annoncent positives pour le pays, on est forcé de noter une absence flagrante de grands projets à dimension sociale, ô combien nécessaires dans le Maroc ultra inégalitaire d’aujourd’hui.

Pour en faire l’illustration et l’exercice, prenons pour seul – mais pas unique- exemple le projet du futur TGV marocain, qui devrait nous coûter quelque 20 milliards de dirhams.
Cette base de calcul est on ne peut plus appropriée puisque ce projet «budgétivore» symbolise à lui seul, et l’inefficience et l’archaïsme de notre gouvernance économique et politique.
En a-t-on débattu? Une analyse coûts-bénéfices a-t-elle été réalisée ? Que pourrions-nous faire d’autre avec 20 milliards de dirhams ? Plus concrètement, sur quelle base cette décision a-t-elle été justifiée et jugée prioritaire, quand on sait que même en occident, ce moyen de transport moderne est considéré comme socialement inéquitable, puisque seuls les plus aisés peuvent se permettre de l’emprunter.

Le budget alloué à l’INDH, chantier social majeur, est de 10 milliards de dirhams, soit un demi TGV. Le budget d’investissement du ministère de la Santé ne dépasse pas le dixième de l’enveloppe décidée pour le projet du TGV.
Le budget d’investissement du ministère de l’Education Nationale correspond, quant à lui, tout juste au quart de celui du TGV, etc, etc.

20 milliards de dirhams pour l’éducation et la formation, ne serait-ce pas le plan Marshall attendu depuis 50 ans ! La question doit être posée courageusement.

La politique économique, les grands choix structurants, prennent-ils en compte l’intérêt général ?

Sur le plan politique, s’il y a une leçon à tirer des deux derniers rendez-vous électoraux, c’est bien la désaffection totale de la population marocaine pour les urnes.
Sur vingt millions de personnes en âge de voter, seuls six se sont déplacées, et en majorité pour porter leur voix sur des «opportunistes de la politique.

Face à ces vérités, il n’est pas excessif d’affirmer que dans le Maroc d’aujourd’hui, l’espoir de changement à travers un projet politique n’existe plus. Les plus faibles parmi nos concitoyens n’ont malheureusement que trois horizons d’espérances – et ce n’est pas une caricature :

– Immigrer vers des terres où l’ascension sociale est possible.
– Obtenir un agrément lors d’un passage du souverain à proximité de leur rue, de leur quartier ou de leur ville.
– Se lancer dans la criminalité, en col bleu ou en col blanc cassé.

Ce manque d’espoir fait courir à notre pays un risque sociétal fatal. Nous risquons, au mieux – et à moyen terme -, de ressembler à un de ces pays d’Amérique du Sud, qui voilà trente ans, choisissaient la voie de l’ultra libéralisme et qui subissent, aujourd’hui, la violence armée d’une société ultra inégalitaire !

Quant au pire, il suffirait de regarder à l’Est pour le palper. Les exemples sont nombreux, de l’Algérie au Pakistan, en passant par l’Egypte.

Où EST PASSÉE LA GAUCHE ? …

Ces quelques constats sur la situation économique et politique de notre pays resteraient du niveau d’une discussion de café, s’ils ne s’accompagnaient pas d’une réflexion sur l’état de la gauche marocaine et la nécessité absolue de sa re-mobilisation.
Où est la gauche? Quelle est sa situation, aujourd’hui? Qu’a-t-elle fait, ou que n’a-t-elle pas fait pour en arriver là ? Où en sommes-nous du point de vue idéologique ? Quelles sont nos idées ? Où sont nos propositions innovantes ?
Les réponses sont dures à entendre. Et les faits incontestables. La Gauche marocaine est sous anesthésie.

En majorité au «pouvoir» pendant près de dix ans, la gauche n’a – à quelques exceptions près – pas mis en place la moindre de ses idées sociales, pourtant mûries pendant près de 40 ans d’opposition. Bien au contraire, c’est sous des gouvernements où la gauche participait, que l’option ultra libérale – alors en cours d’implantation-, a prospéré. (baisse du taux de l’IS, lois anti-coopératives, etc).

Sur le plan sociétal, aucune idée novatrice ou courageuse n’a été défendue sur des questions aussi importantes que la séparation du religieux et de l’état ou sur la langue ou les langues nationales.

Et pour finir, sur le plan politique, la majorité de la Gauche marocaine a définitivement renoncé à défendre l’option démocratique réelle et l’Etat de droit, s’accommodant et se compromettant chaque jour un peu plus.

Force est de constater que la majorité des partis de gauche et en particulier l’USFP, se sont transformés en petites boutiques, tenues par des leaders sans aucune autre ambition que de maintenir leur petite capacité de nuisance et de défendre ce qu’ils considèrent comme leur dû : la chance d’accéder à un maroquin ministériel ou d’être nommé à tel ou tel poste.

DE LA CLARTE, DE L’AMBITION ET DU COURAGE

Comment sortir de ce coma, comment renaître de nos cendres ? Là sont les questions à se poser, aujourd’hui. Et gageons, quelles que soient les réponses, de respecter ces Trois mots d’ordre, CLARTÉ, AMBITION, COURAGE.
Trois principes qui devraient faire l’unanimité au sein du peuple de gauche marocain pour espérer bâtir une société meilleure.

CLARTE OU CLARIFICATION IDEOLOGIQUE

Politique de gauche
Devant un Maroc profondément inégalitaire, nos actions politiques qu’elles soient protestataires ou réformatrices, doivent viser avant toute chose la défense et l’intérêt des plus faibles parmi nos concitoyens et la promotion d’une égalité réelle des chances de tous les marocains.
Cela implique un engagement franc, sans ambiguïté et sans double langage contre la corruption, la rente, la culture de passe-droits ainsi que tous les abus de pouvoirs dont les plus faibles paient le prix fort.
Cela implique aussi une série de prises de position et d’actions en vue de rendre l’impôt – ciment de l’état de droit – sous toutes ses formes, plus juste et surtout, au service de la cohésion sociale et non pas des rentiers.
Ceci implique de travailler en profondeur sur le rétablissement de l’égalité réelle des chances, et notamment de manière prioritaire à un travers un système éducatif fort, devant faire l’objet de toutes les attentions.

Sur la question des chantiers sociaux en cours, et à leur tête l’INDH, si leur jeunesse ne permet pas de les condamner d’emblée, il est force de constater que les budgets qui y sont alloués sont faibles sur une base de calcul «TGV à 20 milliards». Une lecture attentive de la dernière loi de finance permet aussi de déterminer le peu de place fait aux chantiers sociaux et culturels, en particulier en direction de la jeunesse.
Car la Culture n’est pas faite uniquement de festivals ou de rendez-vous d’animation folklorique, mais de théâtre, de musique, de littérature, de la médiathèque à l’école publique…

En résumé, la gauche doit défendre, forger et porter des projets socio-économiques alternatifs. Croissance à tout prix certes, mais croissance pro-pauvres et surtout fortement redistributive.

La séparation du religieux de l’Etat
Ces dernières années, notre pays a évolué dans le domaine religieux, mais pas nécessairement dans la bonne direction. Il est triste de voir que la dimension restrictive et intolérante de la religion domine toujours.

Aujourd’hui plus qu’hier, cela constitue un frein à notre développement sociétal. Et c’est encore une fois, aux femmes et aux hommes de la Gauche d’être à la pointe de la réflexion et de l’initiative sur ce que le monde développé – et non seulement l’occident comme certains le déclarent- a réussi à faire dans le domaine de la séparation de l’Etat du religieux.

Car si la religion est une composante importante de notre identité marocaine mais aussi du ressort de la liberté individuelle, et qu’à ce titre sa pratique doit bien entendu être protégée et valorisée, il est important de poser le problème de son immixtion dans tous les champs de la vie publique et individuelle. L’application ou non de certaines lois religieuses laissées au bon vouloir des agents d’autorité, créée un dysfonctionnement dans notre éducation civique collective.
Comment par exemple, espérer inculquer le respect des lois à nos enfants lorsque plusieurs lois sont appliquées de manière «flexible» ?

Notre conception démocratique de l’Etat de droit doit prévaloir. Lorsqu’une loi n’est pas bonne, il faut la changer et non pas accepter qu’elle soit bafouée car alors ce sont toutes les lois qui deviennent «flexibles» aux yeux de nos enfants et du peuple tout entier.

Rapport au pouvoir central

En moins de dix ans, la majeure partie de la Gauche et l’USFP en particulier a détruit ce qu’elle mit 40 ans à mettre en place, dans ce domaine. En effet, le roi est le Chef de l’Etat marocain et mérite à ce titre notre respect car nous, peuple de gauche, considérons que ne pas respecter le chef de l’Etat, ou le fragiliser dans son rôle de ciment de la nation, porterait indéniablement tord aux intérêts de la nation et par conséquent au bien-être potentiel de ses citoyens.

Le défi à relever en ce qui concerne notre relation au chef de l’état, doit impérativement trouver ses sources non pas dans des postures stériles mais dans l’axiome fondateur de la gauche moderne marocaine qui annonçait il y déjà plus de trente ans qu’un pays ne peut être gouverné correctement par un seul homme.

AMBITION POUR LE PAYS

La clarification idéologique abordée dans les paragraphes précédents ne servirait à rien, si elle n’est pas, tout de suite, mise au service d’une ambition pour le Maroc. Une ambition collective portée par les femmes et les hommes de la Gauche.

Commençons par énumérer quelques objectifs évidents et déterminons avec clarté et au moyen de calendriers, quelques étapes nécessaires à leur réalisation.

•Dans moins de cinquante ans,

Le Maroc doit être un pays de Citoyens.

Les inégalités sociales doivent être moins importantes que ce qu’elles sont, aujourd’hui, dans les pays développés.

Le Maroc doit être à la pointe de l’innovation sociale, économique et sociétale. (Sortir de l’ère de la franchise, de l’exploitation et de la charité pour entrer dans une économie de création, de travail, de recherche et développement.

Pour y arriver, il nous faut impérativement fixer les objectifs à court terme.

•Dans moins de dix ans,

Le peuple marocain doit avoir de l’Espoir (les pères et les mères doivent croire que la vie de leurs enfants sera meilleure que la leur).

Le sentiment patriotique doit prendre la place de l’égoïsme et l’individualisme. Les grandes nations se reconnaissent d’abord au patriotisme de leurs citoyens. (A ce titre, la remise en place d’un service civil national obligatoire peut constituer un début de solution.

Si on est de gauche, ces objectifs ne doivent pas sonner comme de l’idéalisme béat.
C’est ce qu’on appelle L’AMBITION COLLECTIVE.

Une fois partagée, portée par le peuple de gauche, cette ambition collective doit se traduire par la construction d’un projet de société alternatif, développé et détaillé en programmes et actions !

COURAGE POLITIQUE :

Pour effectuer son aggiornamento et développer une ambition collective, il est une qualité dont aucune force politique digne de ce nom ne peut se passer : LE COURAGE!

La gauche a démontré dans le passé, sa capacité à canaliser les courages individuels et les transformer en courage collectif. Ce n’est plus de mise aujourd’hui, à de rares exceptions près.

ETRE COURAGEUX, C’EST AFFIRMER CLAIREMENT SES IDEES, SES IDEAUX MAIS SURTOUT S’Y TENIR DANS SES ACTES QUOTIDIENS.

Il est totalement faux de dire qu’il n’y a plus de risque à militer à gauche aujourd’hui. Les répercussions sur les carrières professionnelles, les vies personnelles sont toujours de mise. Mais rappelons ici une évidence, rien n’a jamais été réellement changé dans l’histoire sans prise risque par des hommes et des femmes. Ceux-là sont nos référents.

ETRE COURAGEUX A GAUCHE AUJOURD’HUI, C’EST AUSSI ACCEPTER L’IDEE DE RUPTURE ORGANISATIONNELLE, GENERATIONNELLE ET DE MENTALITES.

Quasiment rien de ce qui a fait notre histoire récente, et surtout aucun des dirigeants de la gauche durant ses dernières années ne peuvent être lavés à la machine et retrouver une virginité politique. Le courage pour le peuple de gauche aujourd’hui, c’est donc aussi de revendiquer la rupture pour tout reconstruire.

Gageons de construire la force de Gauche de demain.

LA GAUCHE EST MORTE. VIVE LA GAUCHE !

Premiers signataires :

Omar Balafrej

Souhayl Ben Barka

Mounir Bensalah

Youssef Chehbi

Brahim Bouabid

Sanaa El Aji

Marouane Mortabit

Soufiane Khairat

Annabelle Lhomme

La gauche, grande absente des grandes villes au Maroc.


Le constat est clair et sans appel, le « pôle » gauche, l’USFP en tête, est le grand perdant des dernières communales. Quoique l’on peut dire, quoique l’on peut creuser encore sur les circonstances « mafieuses » et anti-moderniste des agissements des adversaires, il n’est nul doute que la gauche a perdu. N’en déplaise à tous, non seulement la gauche partisane qui a perdu, mais tout l’idéal de gauche, même ceux qui ont « ce cœur à gauche », et toute l’aspiration progressiste sortent perdants des dernières consultations.

Observations générales sur le scrutin.

Avant de me lancer sur les raisons intrinsèques de l’échec mon parti, l’USFP, de ma famille idéologique, la gauche, je souhaite, objectivement, revenir sur l’atmosphère générale qui régnait durant toute la période des élections.

Il est trivial que les marocains ont été un peu plus nombreux à voter comparativement avec 2007. Ce constat peut être réconfortant si l’on omet de rappeler que plus de 2 millions ont été rayé des listes électorales. Ce qui ramène le taux de participation, en tenant compte de la liste de 2007, de 52 à 46%. Aussi, faut-il rappeler que 130.000 candidats mobiliseraient un peu plus, ne serait-ce que leurs propres familles, que les 6.000 candidats à la députation. Ajoutez à cela la mobilisation frauduleuse des intermédiaires des candidats, cela fait que le taux n’a pas été élevé comme le souhaitaient les plus optimistes des marocains.

Abstraction faite de cette micro-analyse, il est communément admis que la moitié des inscrits sur les listes n’ont pas voté ! Pourquoi ? personne n’a donné une explication convaincante, tout comme en 2007. L’utilisation massive de l’argent ( les exemples ne manquent pas et les rapports d’observation des différents organismes en attestent ), l’abus de pouvoir, l’utilisation des moyens de l’Etat, … sont d’autres phénomènes qui ont entaché le déroulement du scrutin.

Sur un autre registre, et sans rappeler nos divers écrits sur le sujets avant même le scrutin, un parti, qui sort du plein pouvoir de l’Etat, constitué en moins d’un an présente le plus grand nombre de candidat et rafle la première places en terme de nombre de conseillers communaux ! Du déjà vu, aux années 60, 70, 80, … c’est une pratique que nous avons crue révolue. Constituer un « parti » avec des « potentialités » de gauche, puis mandater des candidats, bien rôdés aux magouilles électoraux, pour enfin gouverner, est un « navet » dont les marocains n’ont plus besoin de regarder. Dans ce contexte, notons ce que relève le forum civil démocratique marocain dans son rapport d’observation : « De ce point de l’arrivée sur scène d’un nouveau parti a constitué un fait majeur sur lequel s’est articulé de larges pans de la vie politique courante. Le nouveau venu a mené une action de construction organisationnelle à l’échelle nationale à l’occasion de la dernière échéance électorale, dépassant ainsi les enjeux locaux de cette dernière. La question de savoir s’il s’agit d’un nouveau FDIC, d’un nouveau RNI, d’une nouvelle UC est largement posée. En même temps celle de savoir s’il ne constitue pas un phénomène inédit dans le contexte marocain, une initiative d’un type nouveau a également été invoquée. Il n’est pas de réponse convaincante pour l’heure à ces hypothèses. De même il n’en est pas concernant la proximité de cette nouvelle organisation par rapport à l’Etat: s’agit-il du produit de la recherche par l’Etat d’un soutien organisée, de nature politique, face aux dangers et menaces qui guettent l’ordre marocain ? N’est-il pas le produit de l’affaiblissement actuel des partis politiques ? N’est-il pas non plus une simple tentative du régime de se doter d’une base indépendante ? La phase à venir apportera sans doute des éléments de réponse à ces interrogations. » Tant de questions auxquelles l’intelligentsia marocaine est amenée à répondre !

Une autocritique !

J’ai été candidat dans la liste USFP de l’arrondissement de roches-noires à Casablanca. Bien que nouveau dans la section ( y habite depuis 3 ans, au bureau de la section depuis moins d’un an ),  et réticent de nature quant aux consultations populaires ( croyant n’ayant pas le profil idoine ), j’ai été amené à déposer ma candidature par manque de candidature et par précaution, étant membre du bureau ( Nous avions reçu 16 candidatures pour une liste de 13 ). On ne peux pas être moine, non pratiquant. Passé de la 13ème à la 8ème puis à la 3ème place, nos listes, à l’instar de toutes les listes du parti à travers le Maroc, se faisait et se défaisait. J’ai cru bien faire, et je le croix toujours, en me mettant sur la liste de mon parti, mettant en évidence un profil de jeune, de cadre, … que je suis, en lequel pourrait s’identifier une jeunesse en mal de vote. Faisant aussi fi à tous les récalcitrants, de ma candidature, de celle des autres co-listiers. Cela est devenu coutume dans le parti de la rose, tu portes X tête de liste, alors Y range la moitié des militants contre lui, dans une campagne adverse. La liste n’a été finalisé qu’une journée avant la campagne, comme toutes les listes du parti, alors que les adversaires étaient préparés bien longtemps.

Nous avons passé une campagne sereine, parlant avec les habitants du quartier, exposant un programme détaillé, chiffré et budgétisé, ayant un franc parler, … les concurrents, certains bien connus ont engagé une armada « d’ouvriers de campagne » balançant des tracts partout et s’adonnant à de frauduleux agissements. Je faisait ma campagne dans un bidonville, un de ceux que l’on a crée durant les années où l’Etat peuplaient les villes par une armée de votants dociles. Il n’est nul malheur que de voir des gens, marchander la misère de ces habitants, à qui, malgré tout, notre message était incompréhensible.

Ayant, pour un moment, cru que sans projet politique national clair, sans travail quotidien de proximité, sans un parti en bonne santé organisationnelle, il suffisait de rencontrer les citoyens, en exhibant son intégrité, sa jeunesse, son programme local, … faisant fi des enjeux nationaux, des circonstances politiques, de l’utilisation massive de l’argent, …, ayant cru, naïvement, en cela, j’ai eu tort. C’est une erreur politique !

Malgré toute la bonne foi expiant l’interprétation et le devoir militant, un acteur politique se doit d’avouer son échec quand il se produit, à reconnaître l’erreur. Le résultat est sans appel : 0 siège, 593 voix sur 12300 votants parmi 61000 inscrits. Un échec cuisant.

L’USFP, les dinosaures sont appelés à partir !

Tout a commencé en 2002. Cette date marque, politiquement, un grand tournant dans la vie du parti de la rose. Le Roi a choisi de remplacer le socialiste Abderrahmane Youssoufi, alors premier ministre de l’alternance et de la transition démocratique, par Driss Jettou, technocrate, alors que l’USFP était classé 1er aux élections législatives. Le parti réagit durement en se révoltant dans un fameux communiqué sur le non respect de la « coutume démocratique », mais se contredit le lendemain par l’acceptation de la participation dans un gouvernement sans teneur politique. Les conséquences politiques se suivent et se ressemblent. Le parti, pourtant favoris par les votes en 2003, à l’occasion des communales, se voit écarté encore une fois de la gestion des grandes villes ( Casablanca, Rabat, … ). 4 ans durant, les « leaders de parti » chantaient l’harmonie, répétaient à qui veut l’entendre que « le makhzen est mort », … pour arriver à un séisme politique en 2007. Tempête au sein de la formation qui a fait que le congrès ait duré en souffrance. 2009 a été la dernière gifle pour les dinosaures. L’appareil affaibli à coup de mouvements organisationnel : listes des élections 2007, congrès, réoganisation des sections, choix des listes, …

Les gestations de la crise n’ont cessé de s’accumuler. Lutte interne pour la préparation d’un congrès, passé dans la douleur, élection des congressistes, … puis le congrès semble bien faire le diagnostic. Un appel sans appel à « une monarchie parlementaire ». Abdelouahed Radi promu à la tête de la formation de Bouabid avait promis aux militants de démissionner de son poste ministériel pour s’occuper, à plein temps, de la refondation du parti. Un peu plus d’un mois passé, le Roi le « félicite pour la confiance placée en lui par les militants de l’USFP pour son élection » et « Après avoir rappelé le contexte de la candidature et de l’élection de M. Abdelwahed Radi à la direction de l’Union socialiste des forces populaires, SM le Roi, que Dieu l’Assiste, a demandé à M. Abdelwahed Radi de continuer à assumer ses fonctions pour s’acquitter de la tâche de réforme profonde de la justice » ( communiqué Map ), chose que Radi acceptera contre sa promesse aux militants et ne démissionnera de son poste de chef des socialistes. Signe après signe, les vieux routiers du parti déçoivent !

La gauche, les « forces populaires » et les prolétaires.

J’ai été toujours fasciné par Marx, par cette théorie de classes et par sa description du « capital ». J’ai longtemps débattu avec mes camarades de gauche sur comment avoir une description marxiste du Maroc. Je ne comprends pourtant jamais comment la classe la plus défavorisée de notre pays, s’allie avec la classe qui l’exploite. Comment se fait-il par exemple, qu’au niveau de la province de Hay Mohammadi Ain Sebaa, jadis bastion de la gauche, de l’USFP en particulier, et emblème de la résistance aux années de plomb, également de la résistance contre l’occupation française, les trois premières formations sont successivement l’UC, le RNI et le PAM ? J’avoue que la gauche, pas seulement marocaine, manque gravement d’outils nouveaux d’analyse.

Pour justement revenir à cette débâcle de la gauche dans les grandes cités du Royaume, il faut certainement regarder l’état des formations de gauche. Premier constat, il y en a plusieurs ! Plusieurs militants qui oeuvrent au sein de ces mêmes formations à un travail commun, et ont même appelé à une candidature commune. En vain. Les ego ont triomphé sur l’idéal. La gauche est en train de se transformer à un grand salon de débat, stérile, improductif et sans orientation ni projet !

Dans les grandes villes, la gauche sort perdante. Les villes et les citadins ont changé, alors que la gauche n’a pas suivi. Il est temps de tout recomposer dans cette gauche, toute entière.

En effet, la déconfiture de la gauche, la seconde gifle, … sont autant de facteurs qui devraient pousser les derniers récalcitrants et douteux à adhérer à l’idée du rassemblement de la gauche. Cette dernière, toute rassemblée, a obtenu 1.356.088 voix, soit 19,37 % du total des voix, dépassant de 3 points le premier parti en terme de voix !

Qu’on se rassemble, ou qu’on arrête !

Mounir BENSALAH.

%d blogueurs aiment cette page :