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Profession : Ancien de gauche


J’ai trouvé un texte de Hassan Tariq sur le journal Alittihad d’aujourd’hui très intéressant. Dans la foulée, je l’ai traduit et publie ci-après :

Ils aiment « la gauche » ?

Ils ont découvert dernièrement une multitude de ces innombrables vertus : Elle servirait à remplir les premières cases des CV des nouveaux leaders de l’ancienne droite ; ses mots pourraient servir à remplir les grands vides d’une droite en manque d’idée ; elle servirait à présenter ce qui reste de la pureté pour blanchir le noir des marchands des élections et fossoyeurs de la vie publique ; une partie de son langage pourrait être prêtée pour sculpter « l’hymne » de l’ère nouvelle.

Mais pourquoi tout ce soin pour annoncer ta première identité, non sans étrange gaieté ?

Pourquoi cherchent-ils au soin d’un chirurgien, à l’image de celui qui cherche une ancienne cicatrice, la moindre petite réunion à laquelle tu as, par erreur, assisté dans une organisation de gauche, la moindre cellule à laquelle il se peut que tu ais adhéré deux ou trois semaines, la moindre sympathie t’ayant été traversé adolescent pour une idée socialiste insouciante t’ayant été porté par les vents des 70s ?

Pourquoi ils célèbrent ton annonce à nous comme un ancien de gauche ?

Pourquoi te veulent-ils un ancien de gauche ?

Est-ce par amour à la droite ? Ou par défiance à la gauche ? Est-ce par fidélité aux trahisons ou par éloge aux révisions ? Ou tout simplement parce que le bon homme de gauche est l’ancien de gauche ?

Puis il y a une question remarquable : Pourquoi la droite a toujours besoin d’hommes de gauche ? Cela a-t-il une relation avec « le complexe de droite » ?

Pourquoi te veulent-ils un ancien de gauche ?

Est-ce pour que la gauche paraisse éjectée des nouvelles dualités : « Corruption » ou « obscurantisme », « droite » ou « droite », « droite de l’Etat » et « droite de la société » ?

Est-ce par soin à une ancienne prophétie de Fukuyama, déclarant avec beaucoup de naïveté la fin de l’histoire et la victoire du dernier homme ? L’Etat a-t-il besoin de toi pour qu’il soit convaincu de nouveau par son éternelle justesse et ses victoires historiques sur une société « inaccomplie » ? L’Etat a-t-il vraiment besoin de toi ?

Ils veulent que la gauche paraisse comme une nostalgie poétique à une bruyante enfance, que l’appartenance à la gauche paraisse comme un vulgaire épisode passager dans la direction de la sagesse de « l’Etat » et la raison de la « droite », qu’elle devienne un amour ancien dont on se rappelle sans sentiments, ou une tentative d’expérimenter les choses jusqu’à leur bout avant de toucher l’infaillibilité des modérations.

Ils veulent que la gauche paraissent comme un état biologique, et non comme elle est : un état idéologique, qu’elle soit bonne et convenable et peut être obligatoire avant les vingtaines, mais qui devient un état déviation notoire après. Ils la veulent un age et non une idée.

Et après tout, on s’aventurera et on dira qu’ils aiment la gauche ?

Ils l’aiment cassée et futile, vaincue et perdue dans les yeux des « anciens ».

Ils l’aiment cadavre décomposé devant la nouvelle divinité : le marché.

Ils l’aiment liquide comme l’eau, blanc comme la stupidité, docile comme l’éponge.

Ils l’aiment sans esprit, sans idées, sans souffle, sans vision ni projet ni prolongation au sein de la société.

Ils aiment la gauche …

Et pourtant ils n’aiment pas : l’égalité, la séparation des pouvoirs, la distribution de richesse, la justice sociale, les droits humains, le service public, l’économie solidaire, l’école publique, la presse indépendante.

Ils aiment la gauche …

Et pourtant ils se rappellent pas : des pauvres, les banlieues des villes, l’analphabétisme, les compagnes oubliées, les bidonvilles.

Ils n’en ont pas besoin, ils veulent une gauche light comme, une blague ou un repas rapide.

Ils n’ont pas besoin d’idéologie : ils détiennent le plus important : la médiaologie, les couvertures des revues satine, les cous des pseudo écrivains et les consciences des néo-journalistes.

Ils n’ont pas besoin d’idées, ils ont ce qu’il y a de mieux : les notables, les réseaux, les pouvoirs, l’argent de drogue et le hachich national.

Malgré tout, ils nous surprennent par des théories agitante : que la droite s’allie à la droite contre la droite, ou que les voleurs deviennent une nécessité à la démocratie.

Aiment-ils la « gauche » ?

Ils n’aiment pas la gauche.

Hassan Tariq.

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