Archives de Tag: liberté d’expression

#freeanouzla – MounirBensalah.org en solidarité avec Ali Anouzla


Ce blog participe à la campagne de solidarité Balckout avec Ali Anouzla.

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Villa ou palais : la liberté de la presse justifie-t-elle la diffamation ?


Nous sommes aujourd’hui devant un « conflit » entre deux citoyens marocains. Le citoyen Rachid accuse publiquement le citoyen Jamal de détournement de fonds publics pour la construction d’une prétendue somptueuse villa donnant sur la mer. Le citoyen Jamal nie catégoriquement et demande réparation par demande publique d’excuse du citoyen Rachid, seulement ce dernier, n’apportant aucune preuve de ses révélations, fait fi à toute déontologie qui l’obligerait à s’en excuser publiquement.

Tout a commencé par une chronique de Rachid Niny sur son journal Almassae du 16 Août 2010, dans le passage suivant :

« Alors qu’ « un » ministre de l’emploi, amené par Yazghi au gouvernement, n’a plus le temps d’entendre les doléances des fonctionnaires … l’homme est occupé par les dernières retouches de sa géante villa qu’il a construit en parallèle avec la construction du nouveau siège du ministère de l’emploi.

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Media, intermédiation dans un Etat de droit


Said Khoumri : « Il n’y a pas de solutions aux problématiques de la presse en dehors de la réforme de la justice et la révision du texte encadrant la liberté d’expression et de la presse ».

Boubker Largou : « Nous renouvelons l’appel de l’OMDH aux professionnels et aux institutions professionnelles, eu égard de leur rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie, et son initiative, avec le concours tous les défenseurs des droits élémentaires à la préparation d’un symposium national dans les plus brefs délais pour se concerter au sujets de la presse, le respect des droits humains, instauration de la démocratie et la suprématie de la loi, comme bases de toute société démocratique respectant les droits humains ».

Mustapha Kassou : « Pourquoi on nous compare à la Tunisie et pas à la Suède en matière de liberté de la presse ? nous refusons cette logique de comparaison et nous souhaitons simplement l’engagement au respect des chartes internationales ».

Abderrahim Tafnout : « Quand les marges de liberté s’élargissent, l’ambition de l’expression grandit et, de facto, les aires de confrontation augmentent ».

L’année 2009 a connu un ensemble de dossiers mettant la presse et les médias sujet de débats ( poursuite 3 journaux, affaire Nichane, fermeture Akhbar Alyaoum, prison pour directeurs almasse et almichaal, amende et saisie à l’encontre de Economie & Entreprises, amende contre almassae, dossiers des blogueurs, débtas sur le paysage audiovisuel au parlement, … ). Dans ce contexte, en préparation de l’initiative de l’Organisation Marocaine des Droits Humains OMDH concernant un symposium national relatif au sujet et en célébration de la 61ème anniversaire de la déclaration universelle des droits humains, la section de Casablanca de l’OMDH, en collaboration avec l’Institut Supérieur du Journalisme et de la Communication, a organisé une conférence autour du thème : « Presse, média et droits humains », ayant connu une participation massive des étudiants de l’Institut ISJC, d’activistes des droits humains, d’universitaires, syndicalistes, de blogueurs et d’intéressés.

Pour Said Khomri, professeur universitaire et modérateur, la conférence vient dans le contexte de succession de procès relatifs à la presse, aux médias et à l’Internet. « Ces problématiques et dislocations interpellent essentiellement le texte encadrant la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et la gestion de la profession de la déontologie » estime-t-il. Pour sa part, Boubker Largou, secrétaire Général de l’OMDH, a marqué sa joie de voir la participation massive des jeunes à cette conférence pour débattre du thème des médias et droits humains. Il a renouvelé dans son intervention « l’appel de l’OMDH aux professionnels et aux institutions professionnelles, eu égard de leurs rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie, et son initiative, avec le concours de tous les défenseurs des droits élémentaires, à la préparation d’un symposium national dans les plus brefs délais pour se concerter au sujet de la presse, le respect des droits humains, instauration de la démocratie et la suprématie de la loi, comme bases de toute société démocratique respectant les droits humains ».

Et Mohamed Kassou, professionnel, acteur des droits humains et du syndicat, de se demander : « Pourquoi l’on veut nous comparer à des pays comme la Tunisie ou autres qui violent le droit d’expression alors qu’on nous compare pas à la Suède par exemple ou d’autres pays démocratiques, où la presse occupe une place d’avant-garde et jouit d’espace immense de liberté ? » avant d’insister sur « le refus des défenseurs des droits humains du principe réducteur de la comparaison. Nous demandons de commencer par le respect des chartes internationales sur le sujet ! ». Il renchérit : « Nous avons une justice spécialisée, mais en l’extermination de la presse, en prononçant des amendes faramineuses et les jugements de privation de liberté ! », avant d’ajouter que « nous devons nous demander également qu’est ce qu’a fait le corps de la presse pour la liberté d’expression, la solidarité professionnelle et le respect de la déontologie ».

Abderrahim Tafnout, journaliste et penseur, a exposé dans son intervention plusieurs problématiques philosophiques et historiques du conflit entre la presse et les détenteurs de pouvoirs. « Pourquoi ce conflit ? A-t-il un justificatif » se dit-il, avant d’ajouter également « que quand les marges de liberté s’élargissent, l’ambition de l’expression grandit et, de facto, les aires de confrontation augmentent. Depuis la naissance de la presse en Angleterre et en Amérique aux trentaines du 18ème siècle, sur la base des rumeurs, sa relation a été toujours conflictuelle avec le politique, détenteur d’un pouvoir. Le modèle français est également est aussi intéressant. L’histoire de « j’accuse » d’Eimle Zola montre comment est sortie la parole du cercle académique à la société pour un débat public ». D’un autre côté, Tafnout considère que le journaliste est garant de la pluralité, avant de critiquer vivement l’état du paysage audiovisuel qui enfreint cette règle essentielle. « Il faut aussi avouer qu’une certaine presse exerce la diffamation et l’injure, nous devons nous référer à une justice équitable dans ces cas et invoquer les instances professionnelles en matière de respect de la déontologie » martèle-t-il. Il considère aussi que « le premier enseignant du journaliste, à part son métier, est le défenseur des droits humains. Ce dernier défend la victime du dépassement, quel qu’elle soit ! » avant d’appeler dans ce sens à « une alliance stratégique entre le journaliste et le défenseur des droits humains pour construire le code national de la presse et des médias ».

Au terme de la conférence, les participants ont appelé :

  • Les autorités publiques à se référer à la justice concernant la question de la presse, éviter les décisions de l’administration et dépasser le traitement conflictuel avec les dossiers de la presse, des médias et d’Internet, prenant en considération que leurs acteurs sont des associés dans la construction de l’Etat de droit, et à considérer que la réforme de la justice est une question capitale dans le respect du droit d’expression ;
  • Les professionnelles et les institutions professionnelles, eu égard leur rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie ;
  • A la coopération entre les instituts de formation, les organisations de défense des droits humains et les organismes professionnelles pour instituer l’inexcitable relation entre la liberté de la presse et les droits humains.
  • Construire une alliance stratégique entre le journaliste, les organisations de défense des droits humains et les organismes professionnelles pour bâtir « le code nationale de la presse ». Dans ce sens, les participants ont demandé à l’OMDH de continuer dans sa préparation à un symposium national auquel elle a appelé, eu égard de ce qu’il peut apporter pour donner un nouveau souffle entre tous les intervenants et acteurs dans ce domaine, à partir de la force de proposition possible.

Liberté de la presse vs sacralité de la santé du Roi


Dans un geste progressiste, un communiqué du palais royal, premier du genre ( Cf communiqué sur la bonne santé du Roi ), informe les marocains que « SM LE ROI EN CONVALESCENCE DE 5 JOURS, MAIS SON ÉTAT DE SANTÉ NE JUSTIFIE AUCUNE INQUIÉTUDE ». Nous ne pourrons que se féliciter d’un acte de transparence de haute qualité et souhaiter prompt rétablissement au Roi.

Le cœur du communiqué parle de « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, présente une infection à rotavirus avec signes digestifs et déshydratation aiguë nécessitant une convalescence de cinq jours ». Voilà ce qui donne envie au commun des mortels, de savoir ce que c’est ce rotavirus.

La presse écrite marocaine s’est saisie de l’occasion de l’ouverture et la transparence affichée par l’institution centrale du pays et a cru, comme tout le monde, naïvement, que « l’information est sacrée, le commentaire est libre ». Chaque publication fera son affaire pour donner le scoop, commenter l’événement de transparence inédit et surtout expliquer ce que veux dire ce mot bizarroïde de rotavirus.

Premier acte après la publication des dossiers, « Le parquet près le tribunal de première instance de Rabat a ordonné à la police judiciaire de diligenter une enquête minutieuse avec le directeur de publication du journal “Al Jarida Al Oula”, suite à la publication, le 27 août 2009, d’un article intitulé “la maladie du Roi reporte les causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca”, ainsi qu’avec toute personne impliquée dans cette affaire ». Ali Anouzla et Bouchra Addou passent plus de 80 heures d’interrogatoires, notamment sur la source qui leur avait révélé que le Roi « était atteint d’asthme et qu’il est traité de médicaments à base de corticoïdes ». Mieux encore, le parquet ne lui suffit pas deux journalistes. Il interpelle les journaux Alayam et Almichal.

Alayam a titré « la vérité de la maladie de Mohamed VI ». Dans son dossier, la publication se demande si le Roi « souffre d’une maladie de l’asthme » et martèle que « seul Dr Maouni, médecin du Roi, est capable de répondre ». Abdelkrim Elmanouzi, spécialiste de l’appareil digestif, figure de gauche de l’USFP, explique que le fait que « le Roi soit atteint du rotavirus est une chose normale, parce que c’est une maladie démocratique » ! Il ajoute « que c’est une maladie normale qui ne nécisste pas plus d’une semaine de convalescence ».

Almichal, quant à lui, a consulté un autre spécialiste, Boubekri Mohamadine, membre du PSU et président du syndicat libre des médecins. Le pauvre Toubib de gauche a subi un interrogatoire pointu de plusieurs heures. Fait rapporté par Le soir Echos dans sa livraison du Mardi 08 Septembre.

Dernier développement dans l’affaire, « Le directeur de publication du journal « Al Jarida Al Oula », Ali Anouzla et la journaliste Bouchra Edaou, auteur de l’article « La maladie du Roi reporte les Causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca », publié par le journal, comparaîtront le 29 septembre devant le tribunal de première instance de Rabat », selon un communiqué de la MAP.

Récapitulons : 10 journalistes ont subi des interrogatoires marathons, un médecin interpellé. Le communiqué officiel initial parlé de « fausses informations concernant la santé du Roi » qui n’ont pas de lien avec « la vérité » que contient le communiqué. Je ne suis pas peut-être spécialiste de la presse, mais je ne comprends pas qu’il puisse exister, avec mon background, « une vérité » que la presse serait obligée de relayer. Bien sur, comme d’habitude, quand tu fais taire ta presse, celle des autres, qui généralement n’a aucun souci national, profite pour te donner des leçons, ne serait-ce qu’ici, ici et . Fekha yamen we7eltiha. Je pense à notre camarade khalidov, qui me traitera de tous les noms. Tout simplement, vous faites la gaffe, après vous venez criez, au nom du patriotisme, que l’on soit solidaire face à cette presse, qui si vous la contrôliez, elle sera aussi sous le verrou. Et remarquez que je n’ai aucune sympathie pour cette presse, je défends tout simplement un principe universel, qui s’appelle la liberté d’expression, qui, selon l’artcile 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme, veut dire « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. ». Je suis sur que le Roi, comme il l’avait montré dans de précédent cas, fera signe d’indulgence et abandonnera la poursuite collective des journalistes !

Remarque qui n’a rien à voir avec ce qui précède. Le journal arabophone du parti du premier ministre titre à sa une samedi dernier : « La compagne agressive contre ce chef d’Etat [Cf Kaddafi] frère est la cause de la convocation du président du polisario à la Libye ». Cela ne mérite pas une poursuite, dans la même logique, pour information abrutissante touchant la sacralité de la cause nationale !

L’arbitraire frappe encore la liberté d’expression


Source MAP :

« Le parquet ordonne une enquête avec le directeur d' »Al Jarida Al Oula » sur un article concernant la santé de SM le Roi

Rabat – Le parquet près le tribunal de première instance de Rabat a ordonné à la police judiciaire de diligenter une enquête minutieuse avec le directeur de publication du journal « Al Jarida Al Oula », suite à la publication, le 27 août 2009, d’un article intitulé « la maladie du Roi reporte les causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca », ainsi qu’avec toute personne impliquée dans cette affaire. »
Ali Anouzla, directeur de publication d’Aljarida Aloula

Affaire à suivre!!

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