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Mamadou Kouma (@kmamadou) : « A Tombouctou, plusieurs centaines d’années d’histoire du Mali ont été partiellement détruites par des fous d’Allah »


Mamadou KOUMA est malien vivant en France depuis 6 ans. Naturellement, il suit très attentivement l’actualité de son pays dans lequel se trouvent toute sa famille et beaucoup de ses amis. Dans cet entretien, il essaiera de nous éclairer sur la situation au Mali

mamdou Kouma

1-      Comment voyez-vous la situation généralement au Mali aujourd’hui ?

Le Mali, aujourd’hui, reste un pays instable tant au niveau sécuritaire qu’au niveau institutionnel malgré la libération des villes occupées et la défaite des islamistes désormais retranchés dans les grottes de l’Adrar des Ifoghas.  Le pays reste toujours sous la menace des groupes armés qui ont été juste chassés de leurs positions mais qui n’ont pas été complètement vaincus. Repliés, ils ont changé de tactique : au lieu d’affronter directement les troupes maliennes, françaises et africaines ils ont opté pour la stratégie d’opérations coup de point (Attentats et embuscades) avec, toujours, le but de faire le maximum de victimes. Après la tyrannie et la Charia des Salafistes, la population est désormais prise par la psychose des attentats suicides.

Le Sud, de son coté, reste englué dans une crise institutionnelle provoquée par le coup d’Etat du 22 mars 2012 et, au milieu de querelles partisanes, continue à véhiculer l’image de ne pas être concerné par la guerre qui se déroule dans la moitié nord. Les récents affrontements entre Bérets rouges et les bérets verts (deux composantes de l’armée malienne : les premiers opposés au coup d’Etat perpétré par les seconds) viennent illustrer à souhait ce sentiment d’insouciance face à la situation catastrophique que traverse le pays. L’autorité et la légitimité du président intérimaire Dioncounda Traoré sont constamment contestées par une partie de la population et par une minorité très active de partis politiques favorables au putsch qui a chassé l’ancien président Amadou Toumani Touré.  Une étude récemment publiée dans le Washington post concernant le niveau de stabilité des pays du monde place le Mali parmi les pays à haut risque dans lesquels un coup d’Etat est possible en 2013. On est encore très loin de retrouver une situation « normale » pour l’ensemble du territoire malien. Les villes libérées doivent être sécurisées et des élections, annoncées pour les 7 et 21 Juillet 2013, devraient permettre d’élire un président légitime pour mettre fin à cette instabilité institutionnelle qui dure depuis 10 mois.

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Tous pour que le prochain Ramadan soit le mois de l’abstention de la corruption, de l’assistanat, de la dilapidation des deniers publics, de la cherté de la vie, …


 D’abord, Ramadane moubarak à tous.

La polémique lancée l’année dernière, suite à une tentative de rupture collective du jeune en plein jour, est relancée cette année également. Pour rappel, je me suis déjà prononcée sur cette affaire l’année passée sur ce même blog ici. Répondant à un message du groupe MALI sur Facebook à l’époque appelant à « la désobéissance civile », j’avais écrit un mail privé aux administrateurs du groupe : « J’aime votre analyse, mais permettez moi de vous rappeler, que dans la démarche des droits humains, qui semble bien être l’essence de votre réflexion, il n’est pas préconisé « une désobéissance » à une quelconque loi. La démarche stipule à respecter la loi, et oeuvrer par tous les moyens légaux à la faire changer. La désobéissance est un vocable à teneur politique et non du dictionnaire des droits humains. Sommes nous capables de l’assumer? ».

Du nouveau cette année, le groupe semble dessoudé ( fatalité de toute action progressiste ? ). Une pétition ( une connerie ) a été rédigée par un « courant » ( dont l’icône est la psychologue Ibtissam Lachgar ), et signée par 115 personnes, appelant « le département d’Etat américain à laisser de côté les calculs diplomatiques étroits et à faire pression sur notre gouvernement [marocain] par tous les moyens légaux pour qu’il respecte et instaure les libertés religieuses à tous les citoyens et les étrangers résidants au Maroc, afin de rendre service au développement et à la diversité humaine au Royaume du Maroc et dans toute la région du Moyen orient et de l’Afrique du Nord, et de faire face à une crise d’identité culturelle tyrannique nourrissant l’extrémisme de toutes ses couleurs et menaçant la paix humaine aux moyen et long termes ».

Le second courant représenté par le blogueur Najib Chawqui se veut un appel au dialogue calme sur le sujet de la rupture publique du jeune au mois de Ramadan :

  

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MALI, le mouvement de la discorde


L’affaire des dé-jeûneurs de Mohammedia a pris des dimensions démesurées. D’une part la réaction de l’Etat était disproportionnée par rapport à l’événement, d’autre part, les médias ont couvert l’événement d’une manière à en faire un vrai sujet de société.

Nous avons constaté un certains nombre de réactions, notamment de la part d’ONG de droits humains ( OMDH, AMDH, Bayt Alhikma, … ) qui d’une manière générale traite du sujet de la liberté du culte et sur le fondement même du concept de « l’ébranlement de la foi ». Certains acteurs politiques ( PAM, MP, … ) étaient, à l’opposés, dans la défense de la sacro-sainte de ce que l’on qualifie de « unanimité nationale » et « constantes de la nation », concepts par ailleurs farfelus et sans contenu précis eu égard de la loi. Dans la presse, on a pu lire également la réaction d’un groupe de citoyens qui a appelé à l’organisation d’un sit-in contre « les agissements irresponsables » des membres de MALI. Dans certains articles, le nom de la jeunesse de l’USFP ( Chabiba Ittihadia ) est cité dans le même contexte. La presse, que je respecte énormément, et que je considère comme maillon essentiel et facilitateur important dans un Etat de Droit, aurait pu, objectivité oblige, demander la véracité de cette information auprès des instances habilitées.

De toute manière, à mon avis de simple militant, je considère qu’aujourd’hui, que la question est plus grande qu’une simple question d’un mouvement de dé-jeûneurs. Je ne peux cautionner l’appel de MALI à enfreindre une loi afin de la réformer. Ce n’est nullement réformiste. Peut-on l’assumer ? Mais sur un autre plan, je suis favorable à un débat national ( ou plus grand ) sur la liberté du culte, principe fondamental des droits humains. Plus généralement, en hiéarchisant  les priorités, je pense que d’autres sujets sont plus importants. Je me demande sincèrement comment le citoyen marocains s’indigne violemment devant les 10 malheureux dé-jeûneurs, qui finalement ne le touchent absolument pas, et ne réagit pas au prix de la tomate, denrée capitale dans la harira ramadanesque, qui a atteint 25 Dh dans certains étalages des villes marocaines ? Comment l’Etat se mobilise à haut niveau ( le conseiller du Roi se réunit avec les chefs des partis, tel que rapporté par la presse ) pour une action de 10 jeunes armés de sandwichs alors qu’aucune suite n’est donnée à des appels de réformes constitutionnelles lancés par des partis de gauche représentant des dizaines de milliers de militants ? Le débat est biaisé de plus belle.

Le « mouvement » Mali a finalement obtenu plus qu’il n’espérait, une grande médiatisation du dossier de la liberté du culte, qui par ailleurs figurerait certainement dans les rapports des ONG internationales et ceux du département d’Etat américain ou encore européen, mais finiront par comprendre, que dans la pratique des choses, le seul tapage médiatique ne résout pas fondamentalement les choses dans ce pays.

Par ailleurs, sommes-nous en mesure d’affirmer qu’un acteur nouveau ( facebook, twitter, … ) est entré dans la scène au Maroc ? Difficile de confirmer, à mon avis. Si aujourd’hui l’actualité est faite de coups de médiatisation des débats sur facebook, ou autres réseaux sociaux ou tribunes de blogs, aucun débat profond de la société n’a abouti ou même organisé autour de ces initiatives, nombreuses et diverses. Ceci étant, ces initiatives ont certainement le mérite d’avoir brisé plusieurs tabous et permis un échange intense, franc et sans censure entre marocains et dégager les clivages vertueux.

Addenda : La journaliste Zyneb, accusée d’être la meneuse du mouvement, et portée disparue depuis Mercredi dernier, s’est livrée par elle même, en compagnie du responsable local AMDH Abdellah Mesdad, à la police. Elle a été entendue par le procureur avant d’être déférée à la police.

Une pétition circule pour « l’abrogation du décret 222 … & soutenir les militants de MALI, et de réaffirmer notre attachement à la liberté de culte ».

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