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Printemps islamiste ou « les islamistes au défi du pouvoir »


Il est sans doute plus approprié de parler du printemps islamiste que de printemps arabe! En effet, un peu partout dans la région arabe, là où des élections sont organisées, plus transparentes que les précédentes, les islamistes ont gagné haut la main ! et les exemples ne manquent pas : Maroc, Tunisie, Egypte, Palestine, Turquie, Liban, … et là où les consultations ne sont pas encore organisées, on présage également une victoire islamiste (Yemen, Syrie, Libye, … ). Les islamistes sont-ils les mêmes partout ? Ceux qui intègrent le « jeu » politique sont-ils arrivés à accepter la démocratie ? Les sociétés arabes deviennent-elles plus conservatrices que jadis ? … beaucoup de questions se posent dans cette région du monde, mais surtout en occident.

Et si on dépasse ces questions pour analyser sereinement le comportement des forces de l’islam politique face à cette nouvelle donne : l’exercice du pouvoir ? Tel est l’exercice que se sont donné Samir Amghar, Docteur en sociologie, et une équipe de chercheurs, en analysant pays par pays, à travers un ouvrage fraichement paru, qui « retrace l’histoire de ces mouvements [islamistes], leur évolution, explique les causes de leur récente popularité et s’interroge sur leur devenir ».

« Les islamistes au défi du pouvoir – Evolution d’une idéologie » est un ouvrage en 208 pages paru Mars 2012 chez les éditions Michalon à Paris, avec focus sur le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Yémen, la Palestine, le Pakistan, la Turquie, le Liban et l’Egypte.

Alors que j’ai considéré ( actes de la conférence Forum de gauche, Décembre 2011 ) que la monté des islamistes au pouvoir partout où un simulacre de démocratie existait dans notre région est dûe essentiellement à une revanche des sociétés musulmanes sur une greffe non consentie de modernité « occidentale » depuis les colonisations, le rejet d’une occidentalisation détachante de ses élites, dites progressistes, l’ouvrage présent, quand à lui, se focalise sur les caractéristiques intrinsèques des mouvements de l’Islam politique et s’essaie de prédire leur évolution : passage de partis révolutionnaires à des partis de gouvernements, laïcisation de leur discours et leurs programmes … Et puis, pour effleurer des questions économiques et de géopolitiques : Quel sera le programme ( la tendance géopolitique ) de ces mouvements islamistes au pouvoir ? Vont-ils pencher vers le néo-libéralisme ou vers l’Islamo-gauche ?

L’analyse de chaque mouvement et dans chaque pays permet de voir que même si les évolutions sont différentes, vu le contexte de chaque pays, de grands points communs restent en suspens : la relation arithmétique liant les islamistes à la démocratie, double langage selon catégories sociale et selon communication interne ou externe, valeurs universelles, … Le bouquin reste in fine une bonne référence en matière de constat, par pays, des mouvements de l’Islam politique.

Il y a un an, fut une lettre … à la poste?


Il y a un an, une lettre a été rédigée comme aujourd’hui pour être signée le 29/01/2011. Beaucoup n’ont pas trop apprécié le ton, certains l’ont trouvé simple mimisme ou trop révolutionnaire à leur yeux, d’autres j’en sais quoi.

Un an après, elle devient « trop banale ». Il est important à mon sens de voir le cheminement en un an, surtout de cocher ( le peu? ) ce qui a réalisé, et ce qu’il ne l’est pas!

 

Lettre ouverte au Roi Mohammed VI et à l’ensemble des citoyennes et citoyens

Leçon tunisienne et égyptienne au Maroc : Manifeste pour une réforme politique démocratique.

Majesté,

Sœurs et frères Citoyens Marocains,

La commémoration des marocains du 11 Janvier a coïncidé avec les révoltes des peuples tunisien et égyptien, exprimant la volonté des peuples de notre région à récupérer leur dignité et leur droit à la citoyenneté. Evoquant les dimensions de la présentation du manifeste de l’indépendance, nous commémorons les luttes du peuple marocain pour obtenir son indépendance, la défense de la nation et son aspiration à une réelle démocratie et la réalisation d’une citoyenneté intégrale.

Nous remarquons que le Maroc vie une régression du projet démocratique. En outre, les conditions sociales et économiques de larges couches du peuple marocain sont sujettes à une grande préoccupation, en parallèle avec un copinage effréné de l’élite et l’aggravation de l’économie de rente. Le paysage politique marocain parait abject du fait d’un consensus stérile empêchant la confrontation d’idée et la possibilité de leur renouvellement ainsi que le renouvellement de l’élite les portant. Cette élite continue d’être formée dans des positions de clientélisme loin de l’école publique ou des organisations vives de la société, et ce par l’intervention des autorités dans le vif de l’action politique et civile, la tentative de sa restructuration d’en-haut, outre l’intervention des « affiliés » au Roi dans toutes les questions décisives de la nation, bravant toute logique de la bonne gouvernance. Les autorités abdiquent toujours à leur engagement de présenter des excuses publiques au sujet de leurs violations des droits humains et refusent d’activer l’application des recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation. Une minorité continue d’agencer les richesses du pays et épuiser ses ressources. Au même temps, les partis politiques souffrent d’un faible encadrement de la population, de l’absence de leurs initiatives réformatrices et l’impopularité de leurs leaders.

Les Marocains souffrent de cette situation, le Maroc et son intégrité sont menacés du fait de la poursuite de la même logique dans la gestion des affaires publiques et des enjeux nationaux.

Partant de là, nous, soussignés, demandons :

  • Le renvoi du gouvernement actuel, la destitution du parlement et la constitution d’un gouvernement de transition composé de potentialités démocratiques civiles, présidé par une personnalité nationale honnête réunissant un large consensus.

  • La constitution d’une instance nationale de toutes les sensibilités sociales, civiles et politiques pour la formulation d’un projet de constitution démocratique sujet à un référendum populaire, libre et transparent au cours de l’année actuelle. Une constitution instituant une monarchie parlementaire, où le Roi règne et les institutions gouvernent, qui garantit la séparation de pouvoirs, un gouvernement responsable devant un parlement véridique et représentatif de la volonté populaire, et qui instaure l’universalité des droits humains, la suprématie de la loi et la criminalisation de l’impunité.

  • La réalisation de la justice sociale, économique et fiscale, l’encouragement de la culture, la promotion de l’éducation, la réforme de la justice, la libéralisation des informations et de l’expression, surtout la démocratisation de l’espace audio-visuel afin de créer un climat sain de débat public, la réforme radicale de l’enseignement et le rétablissement des droits individuels et publics tels qu’universellement reconnus.

  • La poursuite de tout individu ayant été prouvé son implication dans la dilapidation des deniers publics, l’abus de pouvoirs ou l’atteintes aux droits humains.

Nous appelons l’ensemble des citoyens marocains à l’expression pacifique de leurs opinions de la façon convenable. Nous ne voulons que soit élevées la démocratie et la justice sociale, à travers un géni marocain. Le Maroc et les marocains méritent la transition rapide et lisse vers la démocratie.

Le Maroc, le 29 Janvier 2011.

Traduction de la lettre à signer ici. Pour voir la liste des signataires, c’est ici.

Benhaddou : « Ce qui se vit actuellement, c’est l’inachèvement qui brise l’illusion de la modernité »


Intro :

« Après avoir enquêté sur l’organisation du pouvoir au Maroc (Les élites du Royaume), l’auteur s’intéresse ici à l’univers sacré des sultans, des seigneurs et des hauts dignitaires du Royaume chérifien, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. Pour prendre le pouvoir, guerriers et suzerains, théologiens et mystiques, capitalistes et politiques animent des intrigues se déroulant sur la scène de l’Histoire. Qui gagne ? Qui perd ? Qui dépend de qui ? Qui manipule qui ? Vainqueurs et vaincus partagent la même angoisse née de l’incertitude de l’avenir, source de conflits entre les acteurs cherchant à tirer parti de leurs avantages et à minimiser ceux des autres. Beaucoup ont une prédilection pour le despotisme théocratique, hors duquel il n’est ni vérité, ni salut. D’autres, formés aux valeurs universelles, exaltant leur ardeur pour la cause libérale ou socialiste, exhortent au combat pour la démocratie formelle. Mais, très vite, leur espérance tourne au cauchemar, leurs idéologies progressistes deviennent dangereuses.
Monographies, portraits, témoignages des principaux acteurs, nourris des archives inédites sur les hommes et les institutions, démontrent que tout le problème, depuis un siècle, de génération en génération, repose sur la lutte pour le pouvoir. »

En expert en sociologie des élites, Ali Benhaddou récidive, après son ouvrage de l’année dernière « Les élites du royaume, enquête sur l’organisation du pouvoir au Maroc » ( Libé, du 16/12/2009 ), en décortiquant l’organisation du pouvoir au Maroc depuis 1830 ( occupation de l’Algérie, voir aussi cet article ) à aujourd’hui à travers les Hommes qui ont façonné l’Histoire moderne du pays.

Les changements socio-politiques du Maroc à travers ses Hommes :

Relatant les faits historiques depuis deux siècles à travers les hommes qui les ont façonnés, pour l’auteur « la démocratisation du régime tant vanté par les grands leaders est vite écartée au profit d’une supériorité monarchique … N’en déplaise aux prestigieux nationalistes ; ils savent maintenant que l’imprévu fait la loi dès l’origine ». Le péché originel conduirait, selon l’auteur, à l’essor d’une catégorie nouvelle, « les technocrates », qui remplacent les profiteurs de l’ère d’avant indépendance, qu’il a tant décrit. Ceux-là ont bien compris l’adage de Feu Hassan II : « Le pouvoir ressemble à une meule, si vous l’effleurez avec doigté, elle vous aiguise, en revanche, si vous appuyez trop fort elle vous lamine ». Beaucoup parmi les élites qui ont fait le Maroc depuis les années 60 ont été témoins de cette assertion. De Guedira à Basri, en politique par exemple. C’est ainsi que « l’opportunité est telle que tous les puissants du moment, saisis d’une euphorie générale, s’emparent des entreprises par dizaine … Vieille noblesse chérifienne, bourgeois enrichis, serviteurs de l’Etat, forment une oligarchie triomphante ».

Role de l’élite politique :

Quand Sabila se demande, sans réponse, dans le dernier chapitre de son nouvel ouvrage : « Parlant des formations politiques issues du mouvement national, et particulièrement les formations progressistes et modernisatrices sur lesquelles des générations ont porté beaucoup d’espoir de réformer la société et de la porter vers le progrès, la modernité et la raison, ces formations dont les idées formaient une idéologie et une utopie pour les générations nouvelles de la post-indépendance, quel est le secret de leur échec ? Quel est le secret de leur émiettement, des malentendus et de la violence qui les marquent ? Quel est le secret dans le fait que les formations modernistes du mouvement national, qui portait le flambeau du progrès, de l’équité sociale et de la raison, a enfanté in fine des créatures politiques abjectes d’une telle violence et a produit une déception de cette ampleur gigantesque ? Quel est le secret de cette triple crise vécue par ces nouvelles formations : crise idéologique et culturelle, crise institutionnelle et crise éthique ou de valeurs ? » Benhaddou conclût son étude ainsi : « Ce qui se vit actuellement, c’est l’inachèvement qui brise l’illusion de la modernité. C’est aussi la découverte de l’immaturité politique, d’où la pauvreté du débat démocratique … Le jour où, par exemple, les élites apprendront à se soumettre à d’autres lois que les leurs, à découvrir une liberté capable de déterminer les limites du supportable, à négocier, coopérer, redistribuer, partager, le Maroc sera alors sur la voie d’une réelle démocratisation ». 

 

Je reviendrai dans un prochain article pour une lecture/critique du livre.

Mehdi Ben Barka, deux vies de 45ans


Le 29 Octobre 1965, Mehdi Ben Barka fut enlevé en France à l’âge de 45 ans. Une grande figure du nationalisme et du socialisme marocain, Ben Barka continue de nourrir la polémique, tant que les autorités marocaines et françaises ( américaines et israéliennes également ) se raidissent dans la rigidité des positions contradictoires, mais finalement convergentes, de garder au secret les dessous de cet enlèvement. Aujourd’hui, Mehdi a vécu 45 ans encore à hanter les esprits, mais aussi à animer l’espoir d’une jeunesse marocaine en mal de figure d’identification. Révolutionnaire, militant « altermondialiste » ( le terme n’existait pas en son temps ), initiateur de la tricontinentale ( organisation de solidarité des mouvements de libération nationale au tiers monde ), opposant notoire au régime de Hassan II, professeur de mathématique, président du premier conseil marocain ( le parent du parlement actuel ), … Mehdi a été beaucoup plus que tout cela.

Sans vouloir faire dans la polémique ou chercher une quelconque « héroïsation » à travers cette figure, qui je l’avoue, me fascine, je vais essayer dans le prochain jeu de rôle, d’inventer une interview fictive avec Mehdi, les réponses sont de vrais propos de Mehdi, mis dans le contexte. L’objectif est certainement de partager sa pensée avec la jeunesse marocaine qui apprendra beaucoup à le connaitre.

 

Q : Monsieur le Président bonjour. Nous vous remercions de nous avoir accordé cette occasion pour vous parler. Quel regard portez-vous sur le Maroc d’aujourd’hui, 45 ans après votre enlèvement, à l’âge de 45 ans ?

Mehdi Ben Barka : « Je voudrai que notre discussion prenne la forme d’un échange entre nous, car les idées que je vais vous exposer sont en étroite liaison avec notre vie quotidienne et avec le destin de notre pays … quelque soit la forme de notre société actuelle, une analyse sociologique approfondie et un aperçu sur l’état des peuples socialement arriérés comme le notre, suffisent à nous montrer que cette société a besoin d’évoluer. Le Maroc nouveau a besoin d’une société nouvelle. … La participation populaire [est une des] conditions indispensables à la construction d’une société nouvelle. C’est la participation du peuple à l’élaboration, l’exécution et le contrôle des plans de développement … Mobilisons-nous de nouveau pour travailler avec un grand enthousiasme à la construction de la société nouvelle »(1).

Q : Quelle a été la principale entrave qui a empêché le Maroc, à votre avis, de réaliser 54 ans après son indépendance, cet objectif pourtant levé depuis longtemps ?

Mehdi Ben Barka : « Nous avons devant nous d’autres expériences, comme celle de la Turquie de Mustapha Kemal Atatürk, de la Chine populaire ou de l’Inde. Que pouvons-nous en tirer comme enseignements ? Dans ces expériences, nous constatons que les forces sociales qui ont conduit le combat pour la libération sont celles-là même qui ont pris les rênes, même après coup, pour diriger le combat difficile de la reconstruction pendant la période transitoire… La situation actuelle que vit notre pays ne peut être traitée par de belles paroles et de beaux discours. Elle a besoin d’une révolution profonde que nous devons mener …Nous ne promettons pas de miracles. Leur époque est révolue. C’était un don que Dieu a réservé à certains prophètes. Ce qu’on appelle aujourd’hui un miracle, c’est ce que réalisent les peuples par leur travail constant, avec abnégation et des sacrifices continus, et selon des programmes planifiés avec rigueur »(2).

Q : Les masses populaires, vos sympathisants parmi l’élite, que vous êtes censés représenter n’ont pas compris le sens de votre participation gouvernementale depuis 1998, comme celle de 1958. Que répondez-vous ?

Mehdi Ben Barka : « Comment peuvent-ils comprendre nos hésitations antérieures si jamais nous ne leur révélons pas les dures batailles que nous avions dues mener pendant notre participation au gouvernement, pour faire aboutir la réforme la plus bénigne ? Seule l’explication objective de nos insuffisances, de nos erreurs passées, peut leur permettre de se préparer pour les luttes à venir … La responsabilité directe ? Il faut la chercher dans l’imposture qui, depuis 1960, sert de fondement à la politique officielle du Maroc.

On fait applaudir les populations par contraintes, ou par réduction de la misère et l’on fait de ces applaudissements forcés un principe de gouvernement. Mais la réalité se venge de toutes ces illusions et la seule vraie politique est la politique du vrai ! »(3).

Q : Vous avez un ton différent, monsieur le Président. Quel regard portez-vous sur la transition démocratique que vit le Maroc d’aujourd’hui ?

Mehdi Ben Barka : « La démocratie n’est pas une enseigne qu’on exhibe aux touristes, c’est une réalité qui doit ouvrir concrètement à chacun des possibilités de progrès et de culture …Maintenant, nous avons pris une position nette sur le plan constitutionnel, mais nous ne devons pas compenser une erreur par une autre. Il ne faudrait pas que la constitution devienne un mot magique qui va régler tous les problèmes. A mon sens, la constitution n’est pas valable dans la mesure où elle ne garantit pas les libertés publiques, leur permet d’être effectives, par le contrôle et la sanction du pouvoir et où elle permet de contrecarrer les influences étrangères dans les affaires de notre pays. Ce qui importe pour nous c’est la définition des pouvoirs et des responsabilités devant le peuple, la mise en place des institutions authentiquement populaires. Donc, le problème constitutionnel n’est qu’une partie du problème démocratique, c’est-à-dire de la participation, de plus en plus large des masses populaires à la gestion publiques »(3).

Q : Et la laïcité, qu’en pensez-vous ? Spécialement dans l’école publique ?

Mehdi Ben Barka : « Il reste entendu que, pour nous, l’enseignement religieux fait partie intégrante des programmes d’enseignement pour les marocains, étant donné qu’ils sont soit musulmans, soit israélites. Mais la partie de l’enseignement religieux devra être facultative pour ceux qui nz sont pas de religion musulmane ou israélite. Nous adopterons, pour les non-musulmans, un système français qui donne à l’enseignement religieux une place à côté de l’enseignement laïque. Mais le citoyen marocain, en tant que citoyen, est aconfessionnel, en ce sens que les institutions de l’Etat marocain sont des institutions non confessionnelles »(4).

Q : Un dernier message pour les jeunes d’aujourd’hui …

Mehdi Ben Barka : « L’éducation … C’est que, sans la masse, sans l’éducation de la masse, nous resterons isolés, nous resterons comme l’arbre qui perd ses racines, et qui est voué à la mort. Voilà quelles sont actuellement nos préoccupations en matière d’éducation. D’abord, à long terme, c’est l’Université, c’est la réforme de l’école ; et à court terme, c’est cette lutte contre l’analphabétisme … »(4).

 Ressources :

(1)   : Mehdi Ben Barka, conférence devant les cadres du parti de l’istiqlal de Tétouan, 31 Juillet 1958.

(2)    : Mahdi Ben Barka, « Nos responsabilités », conférence devant les cadres du parti de l’istiqlal à Casablanca, théatre municipal, 19 Mai 1957.

(3)    : Mahdi Ben Barka, « Option révolutionnaire au Maroc », rapport au secrétariat général de l’UNFP, avant le 2e congrès, Rabat, le 1er Mai 1962 + préface de Mehdi Ben Barka, Juin 1965.

(4)   Mahdi Ben Barka, « L’Université marocaine », conférence donnée au séminaire des Bénédictions à Tioumliline (région d’Azrou) devant Fkih Mohammed Belarbi Alaoui, maître Abdelkrim Benjelloun, ministre de la justice, le professeur Louis Massignon et d’autres personnalités marocaines et étrangères, Août 1957.

Reviens Bouabid, ils sont devenus fous !


Pour avoir contribué un petit peu 🙂  Je le publie en parallèle avec le Magazine Le Temps, une interview « exclusive » et virtuelle avec Abderrahim Bouabid!

Cela fait 18 ans que vous n’êtes plus de ce monde. Vous y jetez un coup d’œil de temps à autre ?

De temps à autre, ça m’arrive.

Elle est bien chargée l’actualité politique marocaine !

Chargée d’évènements, je vous l’accorde, mais maigre de sens. Ces politiques ont perdu la tête, leur travail n’a plus d’horizon. C’était très clair de mon temps. On savait de quoi s’agissait-il, ce qu’on voulait, et comment y arriver. C’était difficile, certes, mais les enjeux étaient plus clairs.

L’USFP n’a plus cette lucidité, ce n’est même plus ce que c’était. Les « forces populaires » ont déserté pour ne laisser qu’une vague d’opportunistes se négocier des places. Le peu de militants intègres qui y restent se battent encore ou gardent le silence. Vous attendiez-vous à ce sort ?

C’est tout à fait normal. L’Union a été créée sur la base de trois grands mots d’ordre : libération, démocratie et socialisme. L’organisation était puissante, bien ficelée et verrouillée. Le régime avait besoin d’une organisation avec une puissance et une présence pareilles, mais pas assez au point de tirer les ficelles du pouvoir, car ça aurait été dangereux pour le règne de Hassan II. Pour rejoindre le parti, c’était toute une procédure, c’était un parti de militants et d’activistes. Quelle idée cette « ouverture » du parti ! Les règles d’adhésion ont été allégées, on ne vérifiait même plus si ces gens riches qui affluaient vers l’organisation avaient des principes à gauche. Le parti a été miné, tous les enjeux ont devancé les causes principales sur lesquelles nous avons construit l’USFP.

…Auriez-vous démissionné de la politique ?

Je devais le faire au cinquième congrès du parti en 1989. Recevant trop de critiques, j’ai dû me plier à la tendance générale du parti, mais visiblement ce n’était pas la volonté des militants qui voulaient mon retour. Le parti est actuellement là où il est parce que sa direction a fait toutes les concessions possibles et imaginables au régime. Ce n’est pas l’organisation pour laquelle beaucoup de militants ont sacrifié leurs vies.

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Ainsi disait Laroui à propos de la politique. Extraits politiques « min diwan Assyassa ».


Nous nous rapportions l’information de la publication du nouveau livre de Laroui avec admiration et étonnement. Notre Ami Tafnout était le premier à nous rapporter l’information, comme si c’était une avant-première. On se bousculait pour lire et comprendre le livre. On a parlé du contexte de sa parution. Beaucoup ont parlé sur comment le lire. Tafnout avait l’idée de dire qu’il faut dépasser Laroui, le géant, comme le faisait Marx avec Hegel. Certains d’entre nous contemplaient la simplicité de la langue, alors que d’autres, comme Bajjou, remarquaient comment Laroui surgit et parle de politique après avoir coupé les liens avec elle. Peu d’articles ont été écrits sur le sujet. Généralement les journaux ont publié des extraits du livre, sans les commenter. Lire la Suite →

La production des élites du royaume se réalise dans « l’informel ».


« Historiquement, la démocratie a été d’abord une lutte pour l’ouverture du système politique, donc la liberté, ensuite pour l’égalité et la justice sociale. Maintenant, elle est devenue un objectif principal de développement économique. Mais la démocratie ne peut s’établir de façon efficace qu’à la condition de lutter contre les corporatismes familiaux, les coalitions tribales à vocation d’intérêts et le clientélisme des oligarchies technocratiques ». C’est ainsi que conclut Ali Benhaddou son dernier ouvrage « Les élites du royaume, enquête sur l’organisation du pouvoir au Maroc. Chercheur universitaire, spécialiste en sociologie des élites, il est auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Cet ouvrage constitue l’essentiel d’une enquête académique qu’a mené l’auteur à travers de « longs entretiens avec les acteurs de la vie économique, politique et sociale », tout en puisant du profond fond documentaire de l’auteur sur le sujet.

Pour Benhaddou, les élites marocaines ne font que reproduire les mêmes schémas du passé dans l’organisation du pouvoir, notamment à travers trois groupes : « les chorfas, les oulémas et les commerçants ». Il renchérit sur ce thème en les termes de A. Laroui : ces élites « tenaient à servir le sultan, qui avait besoin d’eux, soit pour le prestige, soit pour garantir leur fortune acquise contre spoliations toujours possibles ». Ces groupes se basent également dans leur conquête du pouvoir sur des liens de mariages entre eux, où « l’homme et la femme sont unis pour le meilleur, non pour le pire ». Ces même mariages redeviennent un « investissement à long terme ». En outre, dans ces familles, la coutume est de consacrer un des leurs au service de l’Etat, « non pas par plaisir, mais par obligation » avoue un des questionnés à l’auteur.

Dans le monde économique, « le capitalisme familial possède des réseaux d’infiltration privilégiés, … la structure actuelle des associations professionnelles témoigne de cet esprit de clan et d’intérêt ». Ainsi, les « confréries familiales » pensent-elle que l’Etat doit être « le reflet fidèle de leurs aspirations ». Dans ce contexte, on comprend bien que le grand enthousiasme avec lequel la fédération des entrepreneurs marocains ont accueilli l’expérience de l’alternance de 98, puis le combat acharné que l’on a mené sur cette équipe dirigeante au moment du non respect de la « coutume démocratique ». Youssoufi le rappelle bien dans son discours de Bruxelles : « L’implantation d’une «Troisième Force» au Maroc a eu comme conséquence de rendre plus difficile «la transition démocratique» bien que le mouvement national s’y était engagé depuis la présentation du Manifeste de l’Indépendance le 11 Janvier 1944 avec l’accord et la bénédiction de Mohammed V ». Benhaddou est alors affirmatif sur ce point : «  En tout cas, si la « menace du collectivisme prolétarien » est écartée, celle des technocrates et des confréries familiales est encore plus dangereuse. Elle risque, si ce n’est déjà fait, de porter atteinte à l’énergie du social et au dynamisme du politique ».

Sur le plan politique, l’auteur considère que « l’affaiblissement ou la marginalisation des partis d’opinion » passe inéluctablement par la montée en puissance des technocrates, sans opinion politique, sans projet pour la société, sans ambition pour le pays ». Ces technocrates ne peuvent être à la fois « au service d’une élite de classe et de la communauté nationale toute entière ». Même dans le social, l’auteur fait remarquer que « les association de protection de l’enfance, cinq au total, sont inféodées au patronat du textile. Pour ne prendre que cet exemple ».

Pour l’auteur, « la démocratie est symbole de liberté, … Il faut également des élites capables de travailler pour un avenir plus lointain. Les élites sont indispensables au pays …Mais quand une société se trouve avec des élites qui ne sont pas en phase avec la réalité ou qu’elles sont rongées par l’autoritarisme, le clientélisme et la corruption, il faut penser à la renouveler ».

Ce n’est pas un acteur politique qui le dit cette fois. Benhaddou, en académique respecté et maîtrisant le sujet, semble dire que la production des élites marocaines est loin d’être en phase avec les conditions modernes de leur formation. La production des élites s’opère globalement dans l’informel !

في تشخيص المرحلة السياسية


Le débat enclenché par la « lettre pour un réveil du peuple de gauche » contniue de susciter de larges réactions ( ici, ici, ici, ici ou ici ) dans le paysage politique de gauche au Maroc. Plusieurs titres de la presse nationale ont consacré des dossiers complets à l’initiative, soutenue par un peuple de gauche issu de toutes les formations politiques de gauche, des associations satellitaires de gauche, de journalistes, d’intellectuels, d’artistes, « d’apolitiques », …

Une première rencontre sera organisée ce Mardi à 21h au siège du PSU à Casablanca ( sis rue d’Agadir ) pour débattre du sujet.

Un camrade, ami et signataire de la lettre m’a fait parvenir sa contribution, en arabe. Mes réactions en commentaire.

في تشخيص المرحلة السياسية

منذ انتخابات 2002 وتشكيل الحكومة التي تلتها والتي استبعدت الأحزاب المشاركة من رآستها، بدأت بوادر انتهاء مرحلة سياسية دون أن تظهر بوضوح ملامح مرحلة جديدة، لكن هذا التحول لم يتضح بشكل كافي إلا بعد انتخابات 2007، التي كشفت بشكل عار عمق الأزمة المتجلية في الانفصام شبه التام بين المجتمع وبين النسق السياسي الذي انبنى على الصيغة السياسية للمرحة الممتدة من 1996 إلى 2007.

1- المرحلة المنتهية (1992-2007):

تميزت بداية هذه المرحلة بالتقاء عدد من المتغيرات التي وفرت شروط فرصة سياسية لتحقيق طفرة نوعية في النضال الديمقراطي تؤدي إلى تحقيق الانتقال إلى الديمقراطية، حيث تبلور لدى القوى الديمقراطية برنامج سياسي موحد تلخص في أولوية الإصلاح السياسي والدستوري  وتأسس تحالف واسع حول هذا البرنامج تمثل في « الكتلة الديمقراطية »، وترافق كل ذلك مع حركية اجتماعية نقابية وحقوقية متصاعدة. في المقابل استنفذ الحكم شعارات مرحلة « المسلسل الديمقراطي » (أو الهامش الديمقراطي حسب تعبير قوى اليسار) أمام تفاقم الأزمات الاجتماعية والاقتصادية وعجز الحكومات المعتمدة على الأحزاب الإدارية المتهالكة عن مواجهتها ووسط مناخ دولي ملائم للتحولات الديمقراطية بعد انتهاء الحرب الباردة في بداية التسعينات.

وقد صمدت إجمالا أطراف الكتلة ما بين 92 و96 في التشبث ببرنامجها السياسي وفي الحفاظ على حد أدنى من تماسك وحدتها، رغم التنافس بين طرفيها الأساسيين (الاتحاد والاستقلال) حول من يكون المخاطب أو المفاوض الأول من طرف الحكم، ورغم بعض التكتيكات الانفرادية للتقدم والاشتراكية الذي كان دائما سباقا إلى الدعوة إلى المشركة من أجل « الإصلاح من الداخل ».

وقد بدأت تضيع الفرصة السياسية لتحقيق الانتقال الديمقراطي التي توفرت في بداية هذه المرحلة بمجرد تصويت أغلب أطراف الكتلة بالإيجاب على دستور 96 بمبرر إعطاء « إشارة سياسية » لإرساء الثقة مع الحكم، وليس موافقة على نص الدستور، ثم جاء تشكيل حكومة « التناوب التوافقي » كاستكمال لصفقة سياسية ظاهرها المشاركة في الحكومة لتحقيق إصلاحات اقتصادية واجتماعية توفر الشروط لاستكمال الانتقال الديمقراطي وجوهرها التخلي عن شرط أولوية الإصلاح السياسي والدستوري مقابل تقاسم (شكلي) للسلطة.

ورغم الاختلافات حول مدى نجاح أو فشل هذه التجربة (الاختلاف أصبح مقتصرا على فترة 1998-2002) في تحقيق ما وعدت به من إصلاحات اقتصادية واجتماعية ومن مكاسب حقوقية وغيرها، إلا أن الجميع –في الصف التقدمي- بمن فيهم من قادوا التجربة متفقون على أنها لم تؤدي إلى النتيجة الأساسية التي راهنوا عليها ألا وهي تحقيق (أو استكمال) الانتقال الديمقراطي.

وإذا كانت القوى المشاركة في الصيغة السياسية التي حكمت مرحلة 1996-2007 قد فشلت في تحقيق أي من أهدافها (أو أهمها على الأقل) ولم تستطع إقناع جماهيرها بما تعتبره إنجازات لها، فإن أحزاب اليسار غير المشارك في هذه التجربة قد فشلت كذلك في أن تشكل معارضة فاعلة للحكومات التي كانت واجهة لها فأحرى أن تقدم بديلا جذريا عن تلك الصيغة السياسية يمكن أن يعبئ فئات المجتمع المتنورة التي انفضت من حول الأحزاب التقليدية وأن تقودها في معركة انتقال حقيقي إلى الديمقراطية.

وإذا كان من خلاصة لهذا الفشل المزدوج فهي أن القوى الديمقراطية في المغرب تتقوى ويتوسع نفوذها السياسي بشكل جماعي عندما تتوفر الشروط الموضوعية والذاتية لذلك وخاصة شرط توحيد عملها وتتراجع أيضا بشكل جماعي عندما تختلف خططها السياسية وتتشتت قواها.

2- المرحلة السياسية الجديدة:

2.1 – منعطف انتخابات 2007:

إن انتخابات شتنبر 2007 لم تكن مجرد نكسة انتخابية للأحزاب الديمقراطية وخاصة اليسارية ناتجة عن فشل مشاركتها في الحكومة أو لضعف تواصلها مع المواطنين، بل كانت (انتخابات 2007) منعطفا سياسيا كبيرا كشف عن عمق أزمة النسق السياسي بأكمله، دولة ومؤسسات وأحزابا، وتجلت هذه الأزمة في المظاهر التالية:

–         فقدان الغالبية الساحقة من المواطنين لأية ثقة في المؤسسات السياسية في شكلها الحالي وفي الانتخابات التي تفرزها، وخصوصا فقدان الأمل في أي تغيير لأحوالهم من خلال المشاركة في هذه الانتخابات؛

–         انهيار كبير لإشعاع ومصداقية الأحزاب الديمقراطية، المشاركة في تجربة 1998-2007 وحتى المعارضة لها، وسط جماهيرها المعتادة، ووسط الفئات المتعلمة  والمتنورة في المجتمع، واختلال وتفكك تنظيماتها وإطاراتها الجماهيرية، النقابية وغيرها؛

–         انتصار إستراتيجية الاحتواء والإفساد (انتخابيا) على محاولات الصمود والمقاومة أمام طوفان النفوذ والمال، فإذا كانت الدولة قلصت بشكل كبير من التزوير السافر للنتائج لفائدة أحزابها أو حتى الأحزاب المستقلة عنها، فقد أطلقت العنان للجميع « للتنافس » على استعمال المال واستقطاب الأعيان.

2.2- التراجع السياسي:

انطلاقا من تجليات منعطف انتخابات 2007 ومما كشفته من أزمة في النسق السياسي واختناق للمشروع الديمقراطي يطرح السؤال حول سمات المرحلة المقبلة. وإذا كانت هذه المرحلة تتميز أساسا بسمة التراجع، فسيكون من المهم تحديد فيما حصل التراجع؟ ومن الذي تراجع؟ (الدولة، الأحزاب، المجتمع؟).

في موقف الدولة:

ما زالت الطبيعة الأساسية للسلطة السياسية الحاكمة مستمرة، والتي تتمثل في أسلوب الحكم السلطوي الاستبدادي المرتكز على  فئة اجتماعية ضيقة لكنها قوية بوسائلها وإمكانياتها، لأنها مرتبطة بالأنشطة الريعية وبنظام الفساد والزبونية. ولتعزيز سيطرته يعمد الحكم إلى أسلوب احتواء أكبر عدد ممكن من النخب المفترض فيها أن تعبر عن مصالح أوسع فئات المجتمع عن طريق الإرشاء السياسي والمادي وتوزيع المنافع والمواقع، دون أي تنازل عن سلطاته ولا عن احتكاره لمصادر الثروة وطرق توزيعها.

فلا خلال المرحلة السابقة، مرحلة « التناوب التوافقي »، ولا بعدها، لم تتراجع السلطة عن أي من اختياراتها، لسبب بسيط هو أنه لم يقع أي تقدم في جوهر هذه الاختيارات حتى يتم التراجع عنه، فكل ما حدث أنها فتحت قوس « التناوب التوافقي » كتنازل شكلي بإشراك بعض قوى المعارضة في الحكومة وليس في السلطة، وذلك بالضبط لتجنب أي تنازل جوهري في توزيع السلطة والثروة.

وكل ما يبدو كتراجع في سياسة الدولة منذ شتنبر 2007، بل منذ 2002، ليس سوى تعديل في تعامل الدولة مع أحزاب المعارضة السابقة بعد أن استنفذت دورها في المرحلة المنتهية وانتفاء الضرورة لإعطائها أية امتيازات في الانتخابات أو في تشكيل الحكومات. رغم أن ذلك قد لا ينفي الفائدة من استمرار مواقفها في صف السلطة، لكن ليس إلى لدرجة الخضوع لمطالبها سواء بتعزيز مركزها من داخل موقعها في الحكومة أو لضغطها  بالانتقال إلى موقع المعارضة.

في وضع القوى التقدمية:

كل المعطيات تدل على تراجع خطير في وضع القوى التقدمية وفي نفوذها، على اختلاف موقعها سواء في الحكومة أو في المعارضة، لدرجة يمكن القول بدون مبالغة أنها أصبحت مهددة بالهامشية وحتى بالتفكك والانحلال.

فقد تراجع تأثيرها الشعبي من خلال هزالة نتائجها الانتخابية، ولكن قبل ذلك من خلال تآكل تنظيماتها الحزبية وتفكك أذرعها الجماهيرية، والأخطر أن أغلبها تعمل على تعويض خسارتها لقواعدها الحزبية باستقطاب فئات تقليدية من الأعيان المرتبطين بالسلطة كمرشحين وحتى كمسؤولية حزبيين.

وتخلت أهم هذه القوى تدريجيا عن خطابها السياسي والاجتماعي المنحاز بالكامل للديمقراطية والحداثة والعدالة الاجتماعية، وبدأت تندمج في خطاب السلطة وايديلوجيتها التقليدية وتبرير سياساتها.

أما فصائل اليسار التي حاولت الحفاظ على مبادئها وعلى حد أدنى من الوضوح في خطها السياسي، ورغم صحة تقييمها الإجمالي للمرحلة السابقة وتبني أوساط هامة من الرأي العام لجوهر تحليلاتها، فقد تقلص إشعاعها إلى أدنى الحدود، وأصيبت بالضمور التنظيمي، إضافة إلى حرمانها من وسائل العمل من خلال عتبة التمويل.

وتعرف المرحلة الجديدة التحاق حب الاستقلال بصفة كاملة، وتبدو نهائية، بصف السلطة وبالتالي بمنظومة الزبونية والفساد، وبذلك تفقد القوى التقدمية بالطبع حليفا لها سابقا لن يعود من الممكن المراهنة عليه في المرحلة الجديدة.

وفي الخلاصة فإن التراجع السياسي الحالي سببه أساسا تراجع موقع ووضع القوى التقدمية، وفي النهاية فإن السمة الأساسية للمرحلة الجديدة هي تراجع المشروع الديمقراطي الذي حملته ويفترض أنها مازالت تحمله هذه القوى، بل أصبح هذا المشروع مهدد بالانفراط نهائيا، في المرحلة المقبلة وعلى المدى المتوسط على الأقل.

في وضع المجتمع:

موضوع التراجع السياسي يطرح بالضرورة التساؤل عن وضع المجتمع، فبموازاة، أو بالأحرى قبل التراجع السياسي، هل حدث تراجع مجتمعي خلال المرحلة الأخيرة؟

إذا كان المجتمع اليوم أقل دينامية وحركية في المطالبة بالديمقراطية وفي المشاركة في المعارك المفترض أنها جزء من النضال الديمقراطي، فهل حاجته وطموحه إلى الديمقراطية أصبحا أقل مما كان عليه الأمر عند بداية التسعينات مثلا؟

فهل يدل قبول فئات معينة، في الغالب فقيرة ومهمشة، ببيع أصواتها على تراجع مجتمعي في القيم والسلوكات؟ خاصة إذا علمنا أن حجمها جد محدود بالنظر إلى ضعف المشاركة الانتخابية إجمالا، بحيث لو افترضنا أن هذه الفئة تشمل نصف الناخبين المشاركين، فإن وزنها من مجموع المواطنين البالغين سن التصويت (أكثر من 20 مليون) لا يتجاوز 15 بالمائة.

وهل يدل تصويت حوالي نصف مليون من الناخبين على مرشحي جماعة أصولية، وهو ما يمثل بالكاد 3 بالمائة من مجموع الهيئة الناخبة، على تراجع في المجتمع؟

من حيث المعطيات الموضوعية المتوفرة، لاشيء يبرر القول بالتراجع المجتمعي، إذ لم تقع أحداث سلبية ضخمة بالحجم الذي يعيد المجتمع إلى الوراء (مثل مجاعة أو حتى أزمة اجتماعية حادة ومديدة مثلا)، بل بالعكس، فقد دخلت فئات أوسع خاصة من البوادي في نظام العلاقات الأجرية الرأسمالية بدل أنماط العلاقات التقليدية، وأصبح المجتمع أكثر تمدنا (55 بالمائة من السكان)، وأكثر تعلما، وأكثر انفتاحا واستفادة من وسائل الاتصال.

فالأساس الموضوعي الذي يدفع في اتجاه التغيير الديمقراطي متوفر ويتقوى سنة بعد أخرى، لكن الخصاص في الشروط الذاتية للقوى التي من المفترض أن تقود المشروع الديمقراطي، أي في عدم وضوح برامجها وتشرذم قواها.

2.3- تطورات المرحلة الجديدة:

بناء على تشخيص الوضع السياسي لما بعد انتخابات 2007، وعلى بعض الخلاصات التي تبلورت عن بداية مرحلة جديدة، يمكن تلمس سمات هذه المرحلة من خلال تطور سياسة السلطة و مواقف الأحزاب الديمقراطية والتقدمية.

تطور سياسة السلطة:

من الأكيد أن السلطة تستشعر، إذا لم تكن تدرك، عمق أزمة النسق السياسي التي كشفت عنها انتخابات 2007، والمتمثلة بالنسبة لها أساسا في « عزوف » الأغلبية الساحقة من المواطنين عن المشاركة في هذه الانتخابات، لكن الأجوبة التي حاولت الدولة « إبداعها » لمعالجة هذه الأزمة، أو على الأصح لتجاوزها من أجل ضمان استمرار نفس أساليب التحكم القديمة مع البحث عن وسائل « جديدة » للحفاظ على مظاهر ديمقراطية الواجهة، كانت أجوبة في جوهرها قديمة.

فالعودة إلى أسلوب « حزب السلطة » نابعة من الشعور بفراغ في القاعدة السياسية للسلطة لم تعد تملأه الأحزاب الإدارية التقليدية، وفراغ آخر في الجهة المقابلة للسلطة لم تعد تستطيع ملأه الأحزاب الديمقراطية لاستمرارها في نفس الخط الذي أدى إلى انهيار شعبيتها.

فالمرجح إذن أن تواصل الدولة بناء وترسيخ هذا الاختيار إلى ما بعد سنة 2012 على الأقل، حيث بتم بالتدريج تعزيز القوة الانتخابية لحزب السلطة، مع احتمال ابتلاعه لأحزاب إدارية أخرى أو قضم أكبر عدد من نخبها وأعيانها لبناء الحزب ألأغلبي في مواجهة الحزب الأصولي.

وعن موقف السلطة من الأحزاب التقدمية المشاركة في الحكومة، فإما أن تستمر في إغرائها بالبقاء في موقع تبعي لسياسة الدولة مرغوب فيه كمكمل للدور الأساسي لحزب السلطة، لكنه هامشي بحيث لا يسمح لا بالتأثير من داخل الحكومة ولا بابتزازها بالتهديد بمعارضتها، وإما أن تعتبر أنها أصبحت مجرد قوقعة فارغة وبالتالي لا خوف من أن تقوم لها قائمة فيما بعد فترمي بها إلى « المعارضة » مثل ليمونة بعد عصرها.

أما عن موقف السلطة من أحزاب اليسار المعارض،فالاتجاه واضح لدى دوائر السلطة للعمل على تهميشها أو حتى إقصائها من الساحة السياسية.

تطور موقف القوى التقدمية:

تعيش القوى التقدمية، في بداية المرحلة الجديدة، وضعا حرجا؛ فهي تدرك مدى التراجع الذي أصاب قواعدها الانتخابية وتنظيماتها، وتشعر بضغط الرأي العام وبعض قواعدها وأطرها في اتجاه تغيير خطها السياسي، ولكنها في نفس الوقت رهينة لقيادتها التقليدية النافذة التي لا ترى أملا في أي عمل سياسي إلا من خلال البقاء قريبة من مواقع السلطة.

لكن هل فقدت  القوى التقدمية أية إمكانية للنهوض؟

موضوعيا، ورغم كفر أغلب قيادات القوى التقدمية بأي دور سياسي للجماهير، فإن أوسع الفئات المتنورة والواعية في المجتمع، تعيش على أمل استرجاع هذه القوى إلى صف النضال الديمقراطي الجدي، لأنها تعي بحدسها أن لا بديل عن هذه القوى لتحقيق التغيير الديمقراطي، فحتى محاولات التيار الأصولي لاستقطاب هذه الفئات الفاعلة في المجتمع، رغم جاذبية خطابه الأخلاقي، لم تمكنه من التأثير إلا على جزء قليل منها، في حين قاطع أغلبها المسلسل الانتخابي.

وذاتيا،  لا تزال وسط هذه القوى قواعد وأطر تطمح إلى أفق نضالي جديد، وتضغط على قياداتها من استعادة دور هذه الأحزاب وسط جماهيرها الطبيعية، وفي النهاية ستجد هذه القيادات نفسها أمام اختيار صعب، بين تغيير خطها السياسي من أجل بقاء الحزب، وبين خطر فناء الحزب وفنائها معه، وقد تتغلب غريزة البقاء.

أما أحزاب اليسار المعارض، ولإن كان تراجعها لا يقل عن تراجع الأحزاب المشاركة لأنها فشلت في تعبئة ولو جزء يسير من الفئات الطامحة إلى التغير الديمقراطي لدعمها في القيام بدور معارضة فاعلة، فإن الوضوح السياسي الذي تتمتع به، ونظافة تجربتها ونزاهة قياداتها، بالإضافة إلى وعيها المبكر بأزمة  المشروع الديمقراطي والمخاطر التي تهدده، كلها عوامل تؤهلها لتكون مبادرة في التفكير والحوار والإقناع من أجل الدفع إلى استنهاض الحركة التقدمية وتوحيد قواها حول برنامج نضالي متجدد لإنقاذ المشروع الديمقراطي في أفق تحقيق الانتقال إلى الديمقراطية.

وبالتالي فإن مفتاح تجاوز أزمة المشروع الديمقراطي بيد القوى التقدمية، فإما أن توضح برنامجها السياسي وتوحد جهودها وتنتقل إلى شكل متقدم للعمل المشترك، وإما أن ينتهي دورها وربما وجودها، وينتهي معه أي أمل في تحقيق  الديمقراطية إلى أجل غير مسمى.

علي بندين

عضو المجلس الوطني

للحزب الاشتراكي الموحد

Chakib, une vraie « marocothérapie »!


Chakib elkhayari a écopé de 3 ans de prison ferme et 750.000 Dh d’amende !

Au moment où le juge Housseine Jaber prononçait la sentence, des marocains des pays bas ont organisé un sit-in devant l’ambassade du Maroc.

Un autre coup de pub à la « marocothérapie » :

La gauche, grande absente des grandes villes au Maroc.


Le constat est clair et sans appel, le « pôle » gauche, l’USFP en tête, est le grand perdant des dernières communales. Quoique l’on peut dire, quoique l’on peut creuser encore sur les circonstances « mafieuses » et anti-moderniste des agissements des adversaires, il n’est nul doute que la gauche a perdu. N’en déplaise à tous, non seulement la gauche partisane qui a perdu, mais tout l’idéal de gauche, même ceux qui ont « ce cœur à gauche », et toute l’aspiration progressiste sortent perdants des dernières consultations.

Observations générales sur le scrutin.

Avant de me lancer sur les raisons intrinsèques de l’échec mon parti, l’USFP, de ma famille idéologique, la gauche, je souhaite, objectivement, revenir sur l’atmosphère générale qui régnait durant toute la période des élections.

Il est trivial que les marocains ont été un peu plus nombreux à voter comparativement avec 2007. Ce constat peut être réconfortant si l’on omet de rappeler que plus de 2 millions ont été rayé des listes électorales. Ce qui ramène le taux de participation, en tenant compte de la liste de 2007, de 52 à 46%. Aussi, faut-il rappeler que 130.000 candidats mobiliseraient un peu plus, ne serait-ce que leurs propres familles, que les 6.000 candidats à la députation. Ajoutez à cela la mobilisation frauduleuse des intermédiaires des candidats, cela fait que le taux n’a pas été élevé comme le souhaitaient les plus optimistes des marocains.

Abstraction faite de cette micro-analyse, il est communément admis que la moitié des inscrits sur les listes n’ont pas voté ! Pourquoi ? personne n’a donné une explication convaincante, tout comme en 2007. L’utilisation massive de l’argent ( les exemples ne manquent pas et les rapports d’observation des différents organismes en attestent ), l’abus de pouvoir, l’utilisation des moyens de l’Etat, … sont d’autres phénomènes qui ont entaché le déroulement du scrutin.

Sur un autre registre, et sans rappeler nos divers écrits sur le sujets avant même le scrutin, un parti, qui sort du plein pouvoir de l’Etat, constitué en moins d’un an présente le plus grand nombre de candidat et rafle la première places en terme de nombre de conseillers communaux ! Du déjà vu, aux années 60, 70, 80, … c’est une pratique que nous avons crue révolue. Constituer un « parti » avec des « potentialités » de gauche, puis mandater des candidats, bien rôdés aux magouilles électoraux, pour enfin gouverner, est un « navet » dont les marocains n’ont plus besoin de regarder. Dans ce contexte, notons ce que relève le forum civil démocratique marocain dans son rapport d’observation : « De ce point de l’arrivée sur scène d’un nouveau parti a constitué un fait majeur sur lequel s’est articulé de larges pans de la vie politique courante. Le nouveau venu a mené une action de construction organisationnelle à l’échelle nationale à l’occasion de la dernière échéance électorale, dépassant ainsi les enjeux locaux de cette dernière. La question de savoir s’il s’agit d’un nouveau FDIC, d’un nouveau RNI, d’une nouvelle UC est largement posée. En même temps celle de savoir s’il ne constitue pas un phénomène inédit dans le contexte marocain, une initiative d’un type nouveau a également été invoquée. Il n’est pas de réponse convaincante pour l’heure à ces hypothèses. De même il n’en est pas concernant la proximité de cette nouvelle organisation par rapport à l’Etat: s’agit-il du produit de la recherche par l’Etat d’un soutien organisée, de nature politique, face aux dangers et menaces qui guettent l’ordre marocain ? N’est-il pas le produit de l’affaiblissement actuel des partis politiques ? N’est-il pas non plus une simple tentative du régime de se doter d’une base indépendante ? La phase à venir apportera sans doute des éléments de réponse à ces interrogations. » Tant de questions auxquelles l’intelligentsia marocaine est amenée à répondre !

Une autocritique !

J’ai été candidat dans la liste USFP de l’arrondissement de roches-noires à Casablanca. Bien que nouveau dans la section ( y habite depuis 3 ans, au bureau de la section depuis moins d’un an ),  et réticent de nature quant aux consultations populaires ( croyant n’ayant pas le profil idoine ), j’ai été amené à déposer ma candidature par manque de candidature et par précaution, étant membre du bureau ( Nous avions reçu 16 candidatures pour une liste de 13 ). On ne peux pas être moine, non pratiquant. Passé de la 13ème à la 8ème puis à la 3ème place, nos listes, à l’instar de toutes les listes du parti à travers le Maroc, se faisait et se défaisait. J’ai cru bien faire, et je le croix toujours, en me mettant sur la liste de mon parti, mettant en évidence un profil de jeune, de cadre, … que je suis, en lequel pourrait s’identifier une jeunesse en mal de vote. Faisant aussi fi à tous les récalcitrants, de ma candidature, de celle des autres co-listiers. Cela est devenu coutume dans le parti de la rose, tu portes X tête de liste, alors Y range la moitié des militants contre lui, dans une campagne adverse. La liste n’a été finalisé qu’une journée avant la campagne, comme toutes les listes du parti, alors que les adversaires étaient préparés bien longtemps.

Nous avons passé une campagne sereine, parlant avec les habitants du quartier, exposant un programme détaillé, chiffré et budgétisé, ayant un franc parler, … les concurrents, certains bien connus ont engagé une armada « d’ouvriers de campagne » balançant des tracts partout et s’adonnant à de frauduleux agissements. Je faisait ma campagne dans un bidonville, un de ceux que l’on a crée durant les années où l’Etat peuplaient les villes par une armée de votants dociles. Il n’est nul malheur que de voir des gens, marchander la misère de ces habitants, à qui, malgré tout, notre message était incompréhensible.

Ayant, pour un moment, cru que sans projet politique national clair, sans travail quotidien de proximité, sans un parti en bonne santé organisationnelle, il suffisait de rencontrer les citoyens, en exhibant son intégrité, sa jeunesse, son programme local, … faisant fi des enjeux nationaux, des circonstances politiques, de l’utilisation massive de l’argent, …, ayant cru, naïvement, en cela, j’ai eu tort. C’est une erreur politique !

Malgré toute la bonne foi expiant l’interprétation et le devoir militant, un acteur politique se doit d’avouer son échec quand il se produit, à reconnaître l’erreur. Le résultat est sans appel : 0 siège, 593 voix sur 12300 votants parmi 61000 inscrits. Un échec cuisant.

L’USFP, les dinosaures sont appelés à partir !

Tout a commencé en 2002. Cette date marque, politiquement, un grand tournant dans la vie du parti de la rose. Le Roi a choisi de remplacer le socialiste Abderrahmane Youssoufi, alors premier ministre de l’alternance et de la transition démocratique, par Driss Jettou, technocrate, alors que l’USFP était classé 1er aux élections législatives. Le parti réagit durement en se révoltant dans un fameux communiqué sur le non respect de la « coutume démocratique », mais se contredit le lendemain par l’acceptation de la participation dans un gouvernement sans teneur politique. Les conséquences politiques se suivent et se ressemblent. Le parti, pourtant favoris par les votes en 2003, à l’occasion des communales, se voit écarté encore une fois de la gestion des grandes villes ( Casablanca, Rabat, … ). 4 ans durant, les « leaders de parti » chantaient l’harmonie, répétaient à qui veut l’entendre que « le makhzen est mort », … pour arriver à un séisme politique en 2007. Tempête au sein de la formation qui a fait que le congrès ait duré en souffrance. 2009 a été la dernière gifle pour les dinosaures. L’appareil affaibli à coup de mouvements organisationnel : listes des élections 2007, congrès, réoganisation des sections, choix des listes, …

Les gestations de la crise n’ont cessé de s’accumuler. Lutte interne pour la préparation d’un congrès, passé dans la douleur, élection des congressistes, … puis le congrès semble bien faire le diagnostic. Un appel sans appel à « une monarchie parlementaire ». Abdelouahed Radi promu à la tête de la formation de Bouabid avait promis aux militants de démissionner de son poste ministériel pour s’occuper, à plein temps, de la refondation du parti. Un peu plus d’un mois passé, le Roi le « félicite pour la confiance placée en lui par les militants de l’USFP pour son élection » et « Après avoir rappelé le contexte de la candidature et de l’élection de M. Abdelwahed Radi à la direction de l’Union socialiste des forces populaires, SM le Roi, que Dieu l’Assiste, a demandé à M. Abdelwahed Radi de continuer à assumer ses fonctions pour s’acquitter de la tâche de réforme profonde de la justice » ( communiqué Map ), chose que Radi acceptera contre sa promesse aux militants et ne démissionnera de son poste de chef des socialistes. Signe après signe, les vieux routiers du parti déçoivent !

La gauche, les « forces populaires » et les prolétaires.

J’ai été toujours fasciné par Marx, par cette théorie de classes et par sa description du « capital ». J’ai longtemps débattu avec mes camarades de gauche sur comment avoir une description marxiste du Maroc. Je ne comprends pourtant jamais comment la classe la plus défavorisée de notre pays, s’allie avec la classe qui l’exploite. Comment se fait-il par exemple, qu’au niveau de la province de Hay Mohammadi Ain Sebaa, jadis bastion de la gauche, de l’USFP en particulier, et emblème de la résistance aux années de plomb, également de la résistance contre l’occupation française, les trois premières formations sont successivement l’UC, le RNI et le PAM ? J’avoue que la gauche, pas seulement marocaine, manque gravement d’outils nouveaux d’analyse.

Pour justement revenir à cette débâcle de la gauche dans les grandes cités du Royaume, il faut certainement regarder l’état des formations de gauche. Premier constat, il y en a plusieurs ! Plusieurs militants qui oeuvrent au sein de ces mêmes formations à un travail commun, et ont même appelé à une candidature commune. En vain. Les ego ont triomphé sur l’idéal. La gauche est en train de se transformer à un grand salon de débat, stérile, improductif et sans orientation ni projet !

Dans les grandes villes, la gauche sort perdante. Les villes et les citadins ont changé, alors que la gauche n’a pas suivi. Il est temps de tout recomposer dans cette gauche, toute entière.

En effet, la déconfiture de la gauche, la seconde gifle, … sont autant de facteurs qui devraient pousser les derniers récalcitrants et douteux à adhérer à l’idée du rassemblement de la gauche. Cette dernière, toute rassemblée, a obtenu 1.356.088 voix, soit 19,37 % du total des voix, dépassant de 3 points le premier parti en terme de voix !

Qu’on se rassemble, ou qu’on arrête !

Mounir BENSALAH.

Ce ne sont pas nos parents qui nous ont légué la terre, ce sont nos enfants qui nous la confie!


Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de l’environnement. Cette année, elle coincide au Maroc avec la compagne électorale. J’aurais souhaité que nos politiques intégrent cette dimension dans leurs programmes, au lieu de balancer dans nos rues et campagnes des flyers qui rajoutent « lkhel 3el khmira ». J’aurais aimé parlé du thème de cette année, le réchauffement climatique au lieu de parler du réchauffement politique. J’aurais souhaité également que la population puisse se prendre en charge en lançant des initiatives : journée sans voitures, sensibilisation, …

Dommage que ne pouvons tout le temps être au rendez-vous gagant. Gérer des communes c’est aussi gérer l’environnement dans lequel se situe l’avenir de l’humain, citoyen, votant. Penser à l’environnement, « ce n’est pas planter un arbre » disait un ami, ou faire une compagne de nettoyage du quartier. L’environnement comprend « la culture, l’architecture, l’espace naturel, … qui concourent à préparer une vie humaine décente » nous a rappelé une amie, spécialiste de l’écologie.

En attendant que nous puissions penser aux vraies problématiques, bonne journée … de l’environnement.

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