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Le Zoo n’est pas fait pour les pauvres! autres bêtes sévissent!


Une chose est sure, lire mon billet là-dessus, les animaux ne vont plus se suicider par faute de bon foyer! le nouveau zoo est finalement prêt et surtout inauguré :

Des petits enfants d’une association caritative aurait demandé aux responsables du zoo la réduction du tarif d’entrée, voire l’exonération, pour ces enfants. Voici la réponse telle que publié par cette association sur facebook ( traduction : payer les 20dh par enfant, 30dh par accompagnant, ce sont des prix étudiés pour cette catégorie ) :

Réponse du zoo à une association caritative
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Ô maitres de la jungle, rendez-moi mon zoo !


Je me rappelle, quand j’étais tout petit à l’école primaire publique, qu’un moment de joie annuel nous rendait sur les étoiles : Excursion au Zoo de Temara.

A proximité du Stade de Rabat, le Zoo national de Temara était un refuge pour nombreux jeunes écoliers de tout le Maroc. Nous y voyions les animaux que nous enseignaient les livres scolaires de boukmakh notamment, non sans grand émerveillement. De génération en génération, les plus grands ayant visité le parc zoologique racontaient aux plus jeunes leurs expériences fabuleuses : Faire manger aux singes des cacahuètes, entendre le cri effroyable du roi de la jungle, le lion, admirer le cou de la girafe, voir le cagibi improvisé de l’autruche, … bref, des mythes et des histoires d’enfants se sont construits autour du Zoo de Temara.

Il y a deux ans, mes souvenirs et mon égo ont été outré par les propos du haut-commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdeladim Lhafi : « Ce soi-disant zoo ne mérite pas son nom … il est dans un état délabré depuis 20 ans déjà » ! Ainsi, il explique qu’il a été décidé la construction pour fin 2010 d’un nouveau zoo, nécessitant 420 Millions de dirhams. Ainsi, La société Addoha a-t-elle été bénéficiaire ( comment ? ) du terrain de l’ancien zoo contre la construction du nouveau ! Le groupe Addoha a déclaré en 2008 déjà « Le terrain de l’ancien zoo a alors été estimé à 420 millions de DH … la cession du terrain n’a pas été faite à un prix symbolique comme le prétendent quelques articles de presse. Les sommes ont été versées en totalité même si l’Etat n’a mis à la disposition du groupe que la moitié du terrain cédé, explique le communiqué. Le groupe ajoute également qu’il a préféré avancer les fonds pour la construction du zoo qui ne relève pas de ses compétences ». Toytefois, « «les animaux, même dans un espace plus réduit, vivent dans de bonnes conditions de nutrition et d’encadrement», rassure le haut commissaire aux eaux et forêts en 2009. Résumons : Pour renouveler le zoo de Temara, l’Etat a cédé les 52 hectares ou 520.000 mètres carrés au groupe Addoha, en contre partie des 420 Millions de dirhams ( équivalent de 808 Dirhams le mètre carré de terrain nu ! ). Alors, en même temps, en 2008, le patron du groupe se défendait des accusations : « Pour le zoo de Témara, il y avait, au départ, deux appels d’offres infructueux, les propositions, qui étaient faites n’étant pas intéressantes pour cette ville et le CRI de Rabat. … Nous aussi, nous avons contacté des spécialistes, dont des architectes de Singapour qui ont réalisé plusieurs zoos dans le monde. Le coût d’estimation du zoo était arrêté autour de 420 millions DH, …Du coup, le prix dont a entendu parler et qui est évoqué dans la presse … est inacceptable. Quand on annonce un prix de 20.000 DH/m2 brut, il faudra s’attendre à débourser le double pour équiper le terrain… Pour le terrain du zoo, nous avons présenté un dossier très sérieux qui a été retenu par la ville de Rabat. Nous avons payé la totalité du foncier pour que l’Etat puisse avoir les fonds nécessaires pour financer une partie de la construction du zoo … » et d’ajouter sur la question des dérogations : « Tout promoteur, en fonction de son programme d’investissement, peut demander une dérogation. Pour notre part, nous avons proposé de construire des tours pour marquer l’entrée de Rabat. Nous avons fait une demande pour des immeubles R+17, sachant que déjà le siège de Maroc Telecom, qui est à côté, est un R+20. Donc, toute l’entrée de Rabat va être animée de la sorte car c’est un choix de la ville afin de donner du caractère à son entrée ». Très patriote dirais-je : 1 terrain à 800 Dirhams le mètre carré et en plus une dérogation pour la construction d’immeuble R+17 !

Seulement, peu des « responsables » et des bénéficiaires ont prophétisé ce qui s’est passé : 3 girafe sont mortes sur le chantier J. Certains parlent de suicide collectif d’une famille girafe, alors que le haut commissaire parle « d’une mort normale de la femelle », suivie par le mal souffrant de « stress de solitude » !

Devant l’arrogance humaine, on peut s’attendre à tout des animaux : « Un lion mal nourri devenu herbivore, des singes intoxiqués par des « sorcières », une hyène lobotomisée, des flamands roses devenues blancs ». Dans d’autres légendes, on parle d’une « ferme des animaux » qui s’est révoltée contre les humains cupides et insouciants. Attention le 20 Février pourrait toucher aussi les animaux.

Alors, maîtres de la jungle, rendez-moi mon zoo, rendez-moi mon argent, … ou rendez-moi mes souvenirs !

HRW : Maroc : Des milliers de personnes ont manifesté en faveur de réformes


(Rabat, le 20 février 2011) – Des milliers de Marocains ont manifesté dans plusieurs villes du pays en faveur de réformes politiques le dimanche 20 février, a indiqué Human Rights Watch aujourd’hui. Les manifestations et rassemblements, pacifiques pour la plupart, ont eu lieu dans des villes et des villages, essentiellement sans interférence de la part de la police, qui dans certains endroits était à peine visible.

Ces milliers de Marocains n’ont été confrontés à aucun des moyens meurtriers utilisés par les forces de sécurité contre les manifestants en Tunisie, Libye, Egypte, au Bahreïn et au Yémen.

 « Dans le passé, les forces de sécurité marocaines ont parfois recouru à une violence considérable pour disperser d’importantes manifestations », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Mais aujourd’hui, les forces de sécurité ont permis aux citoyens marocains de manifester pacifiquement pour réclamer de profonds changements dans la manière dont leur pays est gouverné. »

À Rabat, la capitale, quelque 2 000 manifestants se sont réunis sur la place Bab el-Had et ont défilé jusqu’au parlement sur l’avenue Mohammed V, où ils ont scandé divers slogans appelant au changement : « Aujourd’hui ou demain, nous obtiendrons nos droits », « À bas la tyrannie » et « Le peuple réclame le changement ». Certains manifestants appelaient à des changements constitutionnels, à un système judiciaire indépendant et à un nouveau gouvernement.

Certaines sources à Casablanca, la plus grande ville du Maroc, ainsi qu’à Marrakech et à Agadir, ont indiqué à Human Rights Watch que des centaines de personnes avaient manifesté dans chacune de ces villes. Selon certaines informations, des manifestants ont incendié un poste de police à Marrakech. Des manifestations se sont également déroulées dans des villes du Rif, la région montagneuse située dans le nord du pays. Des témoins résidant dans cette région ont déclaré que la présence de la police était restée discrète à proximité des manifestants.

À Rabat, la manifestation tenue entre Bab el-Had et le parlement a été surveillée par près d’une dizaine de policiers en uniforme non armés et largement répartis dans cette zone. Quelques groupes d’agents en civil se tenaient à la périphérie de la manifestation. Des observateurs se sont dits surpris de n’apercevoir nulle part aucun fourgon rempli de forces auxiliaires ou de policiers anti-émeute, alors que l’on peut souvent voir ces fourgons lorsque des manifestations ont lieu. Une contre-manifestation pro-gouvernementale d’une quarantaine de personnes s’est déroulée un peu plus haut dans la rue où se trouvait la foule des manifestants en faveur des réformes, mais les deux groupes ont gardé leurs distances. Aucune arrestation n’avait été signalée à Rabat à la tombée de la nuit.

Toutefois, à Larache dans le nord-ouest du Maroc, des groupes de personnes ont mis le feu à un poste de police, ont dévalisé des magasins et tenté de pénétrer dans des banques, selon un représentant de l’Association marocaine des droits humains. Dans la ville d’Al-Hoceima, des groupes de manifestants ont vandalisé un stade, deux bureaux de parti politique et deux hôtels, ont indiqué des militants de cette ville. Les forces de sécurité ont riposté en utilisant des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc, faisant quelques blessés selon les informations recueillies. À Séfrou, ville située au nord du centre du Maroc, des manifestants favorables à des réformes se sont heurtés à des partisans du gouvernement, selon une personne blessée dans la bagarre. À Marrakech, des groupes de manifestants ont incendié un poste de police et endommagé des véhicules privés et des feux de circulation, selon l’un des témoignages recueillis par Human Rights Watch.

Les principales villes marocaines sont fréquemment le théâtre de manifestations. Parmi les manifestants figurent des groupes bien organisés de personnes sans emploi qui réclament du travail, ainsi que des familles de prisonniers politiques. Il y a eu aussi dans le passé des manifestations de solidarité en faveur du peuple palestinien. À l’occasion de l’une des plus grosses manifestations que Casablanca ait jamais connues, environ un demi-million de personnes y ont défilé le 12 mars 2000, pour s’opposer aux projets de réforme du code de la famille marocain, basé sur la Charia. Selon le droit marocain, les organisateurs d’une manifestation en plein air doivent fournir une notification préalable aux autorités, qui peuvent interdire l’événement si elles estiment qu’il constitue une menace pour l’ordre public.

La réponse des forces de sécurité marocaines aux manifestations est très variable ; elles laissent parfois l’événement se dérouler paisiblement ; parfois elles frappent les manifestants à coups de matraque, et s’en prennent aux journalistes qui photographient ou filment les événements. Au fil des ans, les autorités ont inculpé des centaines de Marocains de participation à des manifestations « illégales », et les tribunaux ont condamné nombre d’entre eux à des peines de prison de plusieurs mois.

Alors que les manifestations de ce jour se terminaient et que les Marocains se préparaient à entamer une semaine de travail lundi, les organisateurs ont parlé de préparer une autre manifestation le prochain week-end.

« La réponse calme du gouvernement marocain aux manifestations de ce jour montre qu’il est possible de tolérer une opposition pacifique, et devrait constituer la règle et non l’exception », a conclu Sarah Leah Whitson.

Qui gère le dossier du transport public au Maroc? Exemple de Rabat


Il y a moins d’une semaine, l’annonce a été faite par la société délégatrice du service public de transport ( bus ) pour son nouveau réseau. La carte du réseau des bus est consultable ici.

Selon le communiqué, l’ultime phase de déploiement du réseau de bus « assurera la complémentarité avec le réseau du tramway sur Rabat et Salé et interviendra après la mise en service de ce dernier ». Seulement il se trouve ( comme affiché sur la carte du réseau des bus ) que les mêmes trajets que fait le futur tramway de Rabat, qui rentrera en service avant la première moitié de l’année ( pour les deux premières lignes )!

Le ticket du bus est maintenu à 4 Dh ( sans compter les liaisons intervilles – Salé – Rabat – Téméra … ). Les tarifs futurs du tramway seront de 7 Dh par ticket ( valable 1h, avec des formules aventageuses pour les étudiants et les abonnements ). Mais le pire c’est que les ticket du tram et du bus n’ont pas de validité interchangeable ( comme le stipule le principe de complémentarité ). Aucun organisme ne veille sur cette homogénéisation!

En outre, les deux opérateurs, ayant la délégation du service public, font partie du même groupe, qui est largement contesté par la société civile, notamment en solidarité avec le peuple palestinien!

Dans tout cela, j’accuse les mairies de l’agglomération, qui sont censées représenter la population, défendre ses intérêts et entendre sa voix! Laissons Salé de côté, la justice est en train d’instruire un dossier, Témara n’est pas en reste. Pour Rabat, Mr le Maire, Fathallah Oulaalou, êtes vous au courant de ces affaires? Si oui, êtes-vous consentant de ce qui se passe? Dans les deux cas, vous ferez mieux de démissionner et de nous dire, surtout aux Rbatis, qui gère ces dossiers!

Espoir dans le pays


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Dans notre lettre, nous l’avons déjà mentionné :

« Face à ces vérités, il n’est pas excessif d’affirmer que dans le Maroc d’aujourd’hui, l’espoir de changement à travers un projet politique n’existe plus. Les plus faibles parmi nos concitoyens n’ont malheureusement que trois horizons d’espérances – et ce n’est pas une caricature :

– Immigrer vers des terres où l’ascension sociale est possible.
– Obtenir un agrément lors d’un passage du souverain à proximité de leur rue, de leur quartier ou de leur ville.
– Se lancer dans la criminalité, en col bleu ou en col blanc cassé.

Ce manque d’espoir fait courir à notre pays un risque sociétal fatal. Nous risquons, au mieux – et à moyen terme -, de ressembler à un de ces pays d’Amérique du Sud, qui voilà trente ans, choisissaient la voie de l’ultra libéralisme et qui subissent, aujourd’hui, la violence armée d’une société ultra inégalitaire !

Quant au pire, il suffirait de regarder à l’Est pour le palper. Les exemples sont nombreux, de l’Algérie au Pakistan, en passant par l’Egypte. »

La gauche marocaine n’est pas encore née


C’est devant une salle comble, où 300 militants de toutes les couleurs de la gauche marocaine ont assisté au débat organisé par l’Espace de dialogue de gauche à Rabat, Mercredi 26 Mai, à Dar Mouhami. Le « peuple de gauche » ayant fait le déplacement a débattu de la thématique « Le projet démocratique vs rôles de la gauche ».

« Nous avons beaucoup parlé du diagnostic de la gauche, au moins depuis 2007. Il faut passer à l’étape supérieure » amorce le débat Hassan Tariq, du bureau politique de l’USFP. Il rajoute que la gauche « doit reprendre l’initiative. Nous ne sommes plus précurseurs, l’Etat a présenté d’autres alternatives ( Rapport du cinquantenaire, rapport IER, … ) à nos revendications constitutionnelles, qui jadis étaient la seule proposition valable. Nous devons opérer une auto-critique collective puis créer ensemble un climat favorable aux réformes. Pour ainsi faire, il faut être fort électoralement ». Ali boutouala, du bureau politique du PADS, est quant à lui revenu aux fondamentaux : « Le projet démocratique pour nous est si clair : celui qui dirige les affaires publiques doit être soumis au vote populaire, son mandat doit être circonscrit dans la durée et son bilan soumis à la sanction du vote. La gauche a un seul rôle : œuvrer à construire ce projet ! ».

A l’opposé de Hassan Tariq, Fouad Abdelmoumni, acteur associatif et militant de gauche, ne croit pas que la gauche peut faire un grand pas d’ici 2012. « Au lieu de focaliser sur les élections, la gauche doit reconstruire son identité. La gauche se définit par rapport au passé, par rapport aux organisations existantes, au lieu de se définir par ses valeurs. Peu importe les élections, il faut construire le projet de société », ajoute Abdelmoumni. « Personnellement, je suis favorable, attentif même, d’une gauche plus à gauche que moi. Le seuil des ambitions de cette gauche, non électorale, doit être supérieure à nous, gauche plutôt réformiste et non pas tournée contre l’USFP ! J’ose avancer, en partageant l’avis de Fouad Abdelmoumni, que la gauche au Maroc n’est pas encore née. Ce débat est essentiellement constitutif d’un référentiel de gauche. Cette gauche ne doit plus être dans les appareils, elle doit sortir vers les intellectuels, les artistes, … qui devraient aussi se positionner ». Rétorque Tariq. Latifa Bouhsini, militante associative et sympathisante de gauche, considère que « l’incident de 2002 n’est pas une simple coïncidence. La gauche doit désormais se positionner sur les vrais sujets : laïcité, équité sociale, … ». Sur ce sujet, Tariq se demande « je ne comprends pas que cette « gauche de principe » ne se prononce pas sur ces sujets ( comme la laïcité ) du moment que les élections ne la concerne pas ou peu ? ». Et Abdelmoumni de conclure : « Pour rester dans l’optimisme que je prône, quand je vois autour de nous, je suis content du Maroc que je laisse à ma fille, il est beaucoup mieux que celui que nous a laissé nos parents. Mais il n’est pas à la hauteur du Maroc auquel j’aspire, celui que je veux lui laisser ! ».

Ont pris part à cette rencontre, dirigée par Mohamed Elaouni, du bureau politique du PSU, également Mohamed Badaoui, bureau politique du PS et Rachid Fekkak, du bureau politique du PPS.

Première rame de Tramway au Maroc, depuis plus de 60 ans!


l’Etat des Emirats Arabes Unis reconnait le résultat du sperme émirati en diaspora


Merci à un collègue de m’avoir montré l’info dans un journal de la place au petit-déjeuner.

Pour les non arabisants, voici la traduction de l’annonce, ON SAIT JAMAIS :

« Ambassade de l’Etat des Emirats Arabes Unis à Rabat.

Annonce

Aux enfants de l’Etat des Emirats Arabes Unis résidant dans le Royaume du Maroc.

L’ambassade de l’Etat des Emirats Arabes Unis à Rabat annonce que la commission de réappropriation des enfants des citoyens de l’Etat des Emirats Arabes Unis  sera en visite au Royaume du Maroc, de ce fait, il est demandé aux enfants des citoyens des Emirats résidant au Royaume du Maroc de se présenter à l’ambassade pour présenter leurs papiers justificatifs, et ce pour que la commission les examine et les étudie. Dernier délai pour la réception des demandes est le vendredi 26/03/2010.

Coordonnées »

En plus clair et moins codé, les enfants issus d’une relation de spermes impliquant un ressortissant émirati, pourront désormais, après justification ( comment? ), être reconnus et rétablis dans leur droit.

J’imagine la file ( et la fille ) qui se présentera devant l’ambassade.

Mawazine et la classe moyenne.


Tout d’abord, j’avoue que la promotion des arts et leur ouverture sur le grand public est un acte à encourager. Néanmoins, nous sommes en notre droit de nous demander sur l’efficacité des actions de promotion.

 

Mawazine, nom du festival, devenu fameux, de la ville de Rabat, signifie en arabe rythmes, équilibres, balances. Ironie du sort, le mot est extrait de la même racine que Mizanya, qui signifie budget. Parlons alors justement des budgets.

 

Sans vouloir retenir des arguments « populistes » de la sorte de : « Avec le même budget, on aurait pu aider plus de pauvres, construit plus d’école, … », je ne partage pas nécessairement ce point de vue guère clairvoyant. L’art et la culture ont une place centrale dans la vie de toutes les civilisations et de toute société qui se veut moderne, libérée et épanouie.

 

Ce que je déplore par contre, est malheureusement les indemnités faramineuses octroyées à certaines « stars » de la chanson. Certaines indiscrétions parlent de 600.000 dirhams d’indemnités pour un seul chanteur ! Pour 4 heures de prestation, il perçoit cette somme astronomique, ou encore, en bon calculateur, 150 miles dirhams pour une heure de « prestation », soit l’équivalent de plus de 14.700 heures de labeur d’un Smigard. Mieux encore, le plafond de revenus, tel que définit par le Haut Commissariat au Plan HCP, se situe à 55 Dirhams de l’heure. L’indemnité de notre artiste s’élève à 11.000 heures de travail d’un citoyen de la « classe moyenne » dite supérieure. Six ans et demi de travail d’un ouvrier payé au Smig payé en une heure de « chant » ! c’est une atteinte grave aux valeurs, celles du travail et du mérite, et une insulte pas seulement à cette « classe moyenne », mais aussi à toutes les classes.

 

Revenant justement sur le sujet de la classe moyenne. Un sujet qui passionne apparemment par la complexité d’analyse. Les communications récentes du HCP avancent ce qui suit : « Durant la période 1998-2006, on a assisté à une amélioration certaine des revenus des Marocains. Le revenu brut disponible (par an et par habitant) a, en effet, augmenté, selon les données de la comptabilité nationale, de 4,1% par an. Avec une inflation de 1,8%, le pouvoir d’achat de la population marocaine s’est donc amélioré de 2,3% par an. Il y a lieu de noter toutefois que la distribution des revenus au Maroc, telle qu’elle ressort de l’enquête précitée, reste inégalitaire. ». Voilà le mot qui est lâché : « Inégalité de la distribution des revenus ».

 

Répartition des richesses, mais aussi de la culture. Le budget colossal de Mawazine a été tellement budgétivore que maints autres festivals, non « officiels », ne se tiendraient pas à cause d’un manque de sponsors. Ces derniers ont été amenés, vu sa grandeur, à offrir la grande part de leurs rubriques « COM’ » au très officiel festival de la capitale, Mawazine. Dernier incident en date, le Boulevard, festival jeune des musiques, ne se tiendra pas cette année et cèdera sa place au Tremplin, une célèbre compétition qui précède le festival de la scène alternative casablancaise. D’autres événements, dans plusieurs régions et dans plusieurs domaines culturels, seraient décalés ou annulés par manque de moyens.

C’est bien d’avoir un festival d’une grandeur qui valoriserait la capitale. C’est bien d’offrir à un public assoiffé des scènes gratuites produisant les « stars ». C’est encore mieux de penser local, à promouvoir les scènes, les artistes et la culture locaux. C’est évidemment meilleur d’associer à ces festivité une réelle valorisation d’une « classe moyenne », capable de doper le pays en matière de création de la valeur, de consommation et d’épanouissement.

 

 

Nota : ce n’est qu’à l’achèvement de ce texte que j’ai appris le décès de 11 personnes lors une bousculade dans une des scènes de Mawazine. Mes sincères condoléances aux familles des victimes et prompt rétablissement aux blessés.

 

Mounir BENSALAH.

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