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Adieu Moumen Diouri : Aux Grands Hommes, la Patrie doit être reconnaissante!


Tout un pan de l’histoire s’en va avec le décès de Moumen Diouri

Opposant sous Hassan II, il a été condamné à mort en 1963 ( Procès des « comploteurs UNFP » ). Devant la cour, il avoua qu’il a été approché par Oufkir lui proposant de modifier sa version des faits et avouer l’implication des camarades ( Mehdi benbarka, Abderrahmane Youssoufi, … ) en contrepartie de l’arrêt de torture qu’il subissait!

Moumen était réfugié à Paris, où il a été déporté sous Chirac, sous pression de Hassan II, au Gabon, avant de revenir en France. Il rentre au Maroc en 2007.

Moumen Diouri est natif de Kénitra, fils d’un résistant tué par le colonisateur Français. Une grande artère de la ville porte encore le nom de son père : « Chahid Mohamed diouri ».

Il a été notamment l’auteur d’un livre accablant : « A qui appartient le Maroc » :

Dans ce livre documenté, Moumen montrait les détournements de l’économie par Hassan II, la famille royale et les personnes de l’entourage du sérail. Ce livre serait toujours interdit au Maroc, malgré que je l’ai aperçu une fois dans l’étalage d’une librairie Merrakchie ( exception qui confirme la règle! ).

J’ai eu l’occasion de connaître Moumen Diouri et de le rencontrer une fois à Paris. Son corps témoignait du calvaire qu’il a vécu en combattant le despotisme. Je suis tout ému du déçu de ce Héros de la nation. Moumen Diouri et beaucoup de ses camarades, ont sacrifié leur vie, leurs projets personnels et professionnels pour que notre génération vit l’ouverture, toute relative, d’aujourd’hui. Tout en présentant mes condoléances à sa petite et grande famille ( 3aza2ouna wa7id ), je tiens à exprimer ma grande reconnaissance à ce Héros. Aux Grands Hommes, la Patrie doit être reconnaissante!

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Mehdi : « nous nous sommes attachés à construire l’Etat »!


« Bien entendu, nous nous sommes attachés à construire l’Etat, à mettre en place les institutions gouvernementales, à liquider les formes politiques de domination étrangère. Nous nous sommes engagés, dans une seconde phase à lutter contre toute domination économique et l’année 1959 a été une année fondamentale qui a permis au peuple marocain et à l’Etat marocain de disposer des instruments qui permettaient d’engager ces nouvelles batailles. Mais le pouvoir restait encore partagé entre des forces populaires, les forces qui ont mené la lutte pour l’indépendance nationale, et les forces conservatrices qui ramenaient plutôt le Maroc aux conditions de 1912, c’est-à-dire à un régime semi féodal et qui pourrait très bien s’accommoder du maintien des intérêts étrangers dans la mesure où ces intérêts étrangers protégeraient les tenants des privilèges contre la vague populaire. »

Mehdi Ben Barka, « Conditions de la réforme agraire », Janvier 1962.

« Voilà quelles sont actuellement nos préoccupations en matière d’éducation. D’abord, à long terme, c’est l’Université, c’est la réforme de l’école ; et à court terme, c’est cette lutte contre l’analphabétisme, … C’est pour cela que nous avons pensé que les vacances pouvaient nous donner l’occasion de créer une immense école de l’éducation de base ».

Mehdi Ben Barka, Conférence donnée au séminaire des bénédictins à Tioumliline ( Azrou ) devant Fquih Mohammed Belarbi Alaoui, maître Abdelkrim Benjelloun, ministre de la justice, …, Août 1957.

Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 Octobre 1965 à Paris. La vérité sur son sort n’a jamais été élucidé

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