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#RIP Guessous وداعا سي محمد كسوس, المثقف العضوي


Aujourd’hui, ce n’est certainement pas la fin du monde … mais la fin de l’ « Union » pour moi !


L’Union Socialiste des Forces Populaires n’a pas été pour moi un simple parti. C’est un système entier, par ses hommes et ses femmes, ses valeurs, ses positions, son cheminement, …

Aussi loin que ma mémoire puisse aller, j’ai côtoyé des usfpéistes. Dans la petite ville où j’ai grandi, mes meilleurs enseignants du collège et du lycée sont dans cette union.  Les entraineurs de foot des équipes de jeunes, les épiciers de mon quartier, les conseillers communaux, les banquiers, les avocats, … aussi

Je n’oublierai jamais cet enseignant qui nous a carrément expulsés, alors qu’on était au lycée, du siège du parti, avec cette phrase : « Allez pour vos cours. Si vous voulez être uspéistes,  il faut le mériter, réussissez dans votre entourage. A l’USFP, nous devons être l’exemple ! ». Celui-là même qui était le plus gentil et le plus respecté des enseignants, était un ancien détenu politique, conseiller municipal en 95, venait au lycée à vélo pour des convictions « écologistes » !

A l’USFP, j’ai fait la connaissance des meilleurs poètes, des meilleurs avocats, des meilleurs enseignants, … des militants à l’image de « Haj Mouh ». Ce dernier passait chaque jour sur son vélo devant le siège du parti. Quand la porte était ouverte, il rentre sa bicyclette, sort une chaise de l’intérieur et se désintéressent royalement de ce qui se passe à l’intérieur : pour lui, l’Union est en marche. On rigolait bien de Haj Mouh. Plus tard, j’ai compris son attitude, lui qui a combattu avec un Bensaid les occupants à Ait Baamrane, puis a fui les forces de l’occupant pour s’installer dans notre ville et ne plus jamais la quitter jusqu’à embrasser son sol dans un dernier sommeil.

J’ai appris à l’union à lire Laroui avec Jabri, Sartres avec Camus, Lénine avec Trotski, … mais surtout j’ai appris sur des légendes, décédées ou vivantes, héros, ou « héros sans gloire » !

Avec l’avènement de Me Abderrahmane Youssoufi comme premier ministre de l’alternance, dans une ville du « Maroc non utile », le gouverneur a convoqué tous les représentants locaux des partis pour une réunion. La tradition usfpéiste, qui voulait que ces réunions soient systématiquement boycottées, a été brisée. L’Usfpéiste s’assoie au coin opposé du gouverneur et annonce en début de réunion : « Ecoutez. Le Maroc a changé, il y a des choses que seulement le gouverneur et moi comprenons ». Quelle naïveté de notre uspéiste, digne représentant de Ssi Abderrahmane dans son bourg, se croyant désormais le contrepoids du gouverneur, représentant du roi ! Dans l’esprit de beaucoup, cette naïveté était une croyance. Youssoufi n’a pas fait son premier voyage en 1er ministre à un souk hebdomadaire de Toubkal, où un militant exposait Mehdi, Omar et Abderrahim alors que d’autres vendaient des vivres et des habits !

Je ne vais pas continuer dans la nostalgie. Je ne fais pas l’éloge de l’union, comme je n’accepte pas les condoléances, l’USFP sera toujours vivante (lisez au moins ce qui a été dit lors du dernier congrès). En même temps, serait-il suffisant, avec tout ce qui est précédemment cité, et ce qui n’est pas évoqué, de continuer à nourrir l’union, d’y être ? Certainement pas.

Depuis 2002, nous avons compris que lorsqu’Omar a convaincu les uspéistes de réformer l’Etat de l’intérieur, à travers la stratégie de lutte démocratique, l’USFP n’était plus, en acceptant le « non-respect de la méthodologie démocratique », l’outil révolutionnaire capable de réformer l’Etat et la société. Depuis lors, nous nous sommes donnés comme mission de réformer l’union : Rébellion de la jeunesse, courants, pétitions, appels, … jusqu’à aujourd’hui, mais sans jamais réussir. Chaque fois que l’on se dit proche, on s’éloigne un peu plus dans une sorte d’agonie politique chronique. Non seulement l’USFP n’était plus capable de sortir le pays de la crise politique, elle en est devenue une partie. Et d’ailleurs, notre électorat, nos sympathisants n’ont cessé de nous le faire signifier depuis !

Le 9ème congrès, dernière chance comme nous l’avons évoqué, est la preuve tangible, en tout cas pour moi, et certainement pour beaucoup de camarades, que plus rien ne nous lie à cette union :

  • La « compétition » pour le poste du 1er secrétaire a été vidée et remplacée par une compétition de personnes, où le « plus fort gagne », au lieu d’une compétition d’idées et de projets.
  • Alors que nous avons, à maintes reprises, critiqué le non-respect par la direction du parti de la déclaration politique du 8ème congrès qui liait notre présence au gouvernement aux réformes constitutionnelles en vue d’une « réelle monarchie parlementaire », nous voici avec un communiqué politique du 9ème congrès, maigre, sans goût, sans horizons imposés à la direction, à interpréter selon les goûts des chefs. D’ailleurs, ce communiqué ne dit pas un mot sur la gestion du parti entre les deux congrès !
  • Alors que l’Union voit dans la constitution votée en 2011 une avancée notoire vers l’instauration de la monarchie parlementaire, il est l’évidence même que d’avouer que cette constitution, malgré ses imperfections, ses zones d’ombres, son refus par certaines forces progressistes, est l’enfant d’un 20 Février 2011, auquel nous avons participé, que nous, avec d’autres camarades partageant certaines convictions communes, avons préparé et encadré pendant plusieurs semaines, d’abord par des initiatives personnelles, puis par arrachement du soutien du conseil national. Il est ridicule, sinon politiquement inacceptable que cette effervescence du 20 Février ne soit nullement mentionnée dans le communiqué politique du congrès, malgré l’agitation des « usfpéistes du 20 février » !
  • Le communiqué politique issu du congrès voit en la constitution de 2011 le summum de la démocratie, et qu’il suffit de son « opérationnalité démocratique » pour atteindre la monarchie parlementaire en ces termes énoncés dans le titre du communiqué : « Parvenir à l’instauration d’une monarchie parlementaire en veillant à la concrétisation des dispositions de la Constitution ». Je refuse ce constat, et beaucoup de camarades l’ont fait remarquer au congrès même !
  • Le report de la suite des travaux du congrès trahit une sordide recherche de « consensus » et de partage de la tarte partisane !

Comment rester dans un parti qui se dit moderniste et qui s’interdit de défendre « l’Etat civil » dans la constitution ?

Pour toutes ces raisons, l’USFP ne représente plus pour moi l’espoir, le rêve, l’utopie, … pour rassembler la gauche, pour réformer l’Etat et la société, pour défendre les démunis, pour installer l’égalité des chances, … Je ne partage plus les valeurs inavouées qui règnent au sein de certains camarades, de la base au sommet. Nous avons longtemps résisté à cette transformation du parti en machine électorale, et pire en agence de recrutement, aujourd’hui, le clanisme conduirait à la ruine ! Si l’union a accepté d’être « complément d’objet direct » dans les majorités depuis 2002, certains la mettraient « complément d’objet indirect », dans l’opposition !

Quand Abderrahmane youssoufi révéla à Bruxelles : « Espérons de ne pas perdre dans le proche avenir la faculté de rêver », je fais aujourd’hui mon engagement : « Je ne permettrai plus jamais de laisser voler mon rêve ».

Officiellement, je porte la casquette d’ancien ittihadi dès aujourd’hui ! A tous les camarades de gauche, ceux qui restent dans l’union, ceux qui sont dans d’autres organisations, ceux qui se définissent à gauche, CONSTRUISONS ENSEMBLE LE GRAND COURANT MODERNISTE, EGALITAIRE & DEMOCRATIQUE, CONSTRUISONS ENSEMBLE L’ALTERNATIVE DE GAUCHE.

Congrès #usfp #ouallaoualou


Parce qu’il faut bien un billet sur le IXème congrès de l’USFP, je me lance. Je ne vais pas parler sur le débat idéologique régnant dans la préparation du parti marocain de la rose, vous pourrez lire ici :

Dans un prochain billet, je mettrai en lumière mon analyse des différentes plateformes soumises au congressistes sur les différentes questions idéologiques, politiques, économiques, sociales et culturelles. Le débat de la commission de préparation a été riche, franc et sans concession. Les choix du parti, à savoir la social démocratie ( prônée lors du XIème congrès ) et la stratégie de lutte démocratique ne sont pas remis en cause. Par contre, le procès des 13 ans de gestion gouvernementale est on ne peut plus violent.

Je ne vais pas m’attarder sur ce sujet, objet d’un autre billet, pour passer à ce qui reste dans la scène médiatique « le plus important » : choix du capitaine de vaisseau. En effet, l’USFP a été le premier parti à avoir abandonné l’idée de la légitimité historique, que l’on interprète chez nous : « Ne te fatigue pas, le leader est naturellement choisi », avec la « révolte » sur Elyazghi, le malheureux éternel second de la formation de Benbarka. Cette pluralité à venir a été mal vécue au sein du parti n’ayant pas reçu de didactique spéciale 🙂 et du coup, le VIIIème congrès a failli détruire le parti, et s’est finalement déroulé sur une seconde manche de rattrapage.

Fidèle à ma tradition de transparence ( qui me vaut toujours des représailles organisationnelles, mais qu’est ce que je m’en-fous ), car je pense que ce parti appartient à tous les marocains et fait partie intégrante de leur inconscient collectif, même ceux qui disent le « haïr » ( d’ailleurs, je me demande comment des gens font de la politique en « aimant » ou « haïssant » un parti? la politique se fait-elle avec les sentiments? ), je vais faire ici la présentation des 5 candidats aux postes du 1er secrétaire de l’USFP.

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La gauche débatte (encore) de l’action commune


« Nous n’exerçons pas la politique pour chercher à avoir toujours raison, mais nous la pratiquons pour appliquer nos idées et nos projets, même s’il nous arrive de nous tromper ». C’est ainsi qu’a commencé Mohamed Achaari son intervention lors de la conférence « Questions de la gauche aujourd’hui » organisée par l’espace de Casablanca de dialogue de gauche, avec la participation de Mohamed Moujahid du Parti Socialiste Unifié, de Sara Soujar du mouvement 20 Février et Mohamed Achaari de l’Union Socialiste des Forces Populaires, ce Mercredi 19 Juin au siège du PSU à Casablanca.

Le leader socialiste, Achaari, a considéré les compromis réalisés par la gauche, l’USFP en particulier, lors d’une époque bien définie pour sortir le pays de la crise, ont acculé l’observateur à ne plus distinguer de clivage droite – gauche au niveau du projet. Achaari considère que l’union de la gauche n’est pas une thématique « éthique » ou « utopique », elle est une nécessité sociétale. Il prône l’union autour du concept de la « monarchie parlementaire » tel que vu par la gauche, en opposition aux conservateurs, à l’intérieur de l’Etat ( Makhzen ) et de la société ( Les islamistes ), et l’abdication à la logique des compromis, dont l’intérêt est révolu. L’ancien secrétaire général du Parti Socilaiste Unifié, Mohamed Moujahid, a exprimé son inquiétude quant aux tentatives d’avortement que connaissent les révolutions et les révoltes arabes, s’essayant d’illustrer une bipolarité entre « fouloul, makhzen, lobbies » d’un côté, et les fondamentalistes et les islamistes d’un autre. « j’appelle à l’union sur la base d’une autocritique collective de la gauche, y compris le mouvement 20 Février. Le discours radical de certains membres de ce mouvement, ainsi que l’alliance d’autres avec les fondamentalistes, ont contribué au rapetissement de la mouvance sociale » ajoute Moujahid. Sarah Soujar, leader de la jeunesse du Parti de l’Avant-Garde Démocratique et Socialiste, et du mouvement 20 Février, considère que le mouvement n’est pas mort tant que ses revendications sont toujours vivantes et ne se sont pas réalisées !

La conférence, qui a été modérée par la journaliste Badiaa Radi, a connu une présence importante de militants de diverses formations de gauche et de jeunes du 20 février. A rappeler que l’espace de Casablanca de dialogue de gauche, une initiative de plusieurs potentialités de gauche, a été fondé en 2008 dans l’objectif de créer un espace libre et ouvert de dialogue entre tous les sensibilités et les courants idéologiques et organisationnelles de gauche.

#intikhabate : programme électoral #USFP


«Pour la construction du Maroc de la citoyenneté ». C’est sous cette devise que les Usfpéistes se lancent dans la bataille électorale des législatives du 25 novembre. « Nous y allons armés d’une farouche volonté. Nous y allons avec confiance en soi et foi dans l’avenir », prévient Abdelouahed Radi. Ce jeudi 10 novembre au siège r’bati de l’Union socialiste des forces populaires, le Premier secrétaire de l’USFP l’affirme haut et fort : le programme électoral de sa famille politique est d’abord et avant tout axé sur l’application saine et démocratique de la nouvelle Constitution. Pas moins de 20 lois organiques doivent être adoptées par le prochain Parlement. Du contenu de ces lois dépend l’avenir démocratique de ce pays, dira en substance celui qui préside aux destinées de la Chambre actuelle des représentants.

Mettre en œuvre les dispositions de la Constitution mais aussi et surtout procéder à la moralisation de la vie politique et à celle des élections. La non utilisation de l’argent ainsi que la neutralité positive de l’Administration sont plus que jamais des revendications ittihadies. « La légitimité des institutions vient de la crédibilité et de la transparence des élections », rappelle A. Radi. Ces dernières semaines, l’USFP a milité pour la réforme électorale. « Nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions en ce qui concerne par exemple le renforcement de la liste nationale, l’élévation du seuil national ou encore le découpage électoral. L’USFP n’est pas seul sur le terrain. Alors, nous nous sommes inscrits dans le consensus, mais avec des réserves ». Le Maroc a mal à sa pratique politique. L’USFP en a pris acte et fait le pari de l’amélioration de la vie politique en présentant de nouveaux profils aux élections (voir encadré). « C’est avec ce nouveau groupe, cette nouvelle élite sous la Coupole que nous pourrons rendre concrètes et faire incarner sur le terrain les dispositions de la Loi suprême », martèle le chef de fil des socialistes marocains.

Ses auteurs sont prompts à l’affirmer : le programme électoral du parti de la Rose n’est ni ponctuel ni électoraliste. Il s’inscrit dans le droit fil des recommandations du 8ème congrès des Usfpéistes sur fond d’un dénominateur commun, celui de donner du sens à une Constitution qui n’existe pour l’heure que sur du papier. « Un programme d’un parti de gauche, un parti démocratique et qui incarne une vision claire de la société et du Maroc de demain, un programme où la citoyenneté pleine et entière est au cœur du processus démocratique », fait valoir Habib El Malki.

Scolarité obligatoire jusqu’au bac et impôt de solidarité

Chez les Usfpéistes, la citoyenneté est résolument multidimensionnelle. Elle est politique, économique, sociale et culturelle et se décline en autant de volets et, surtout, en 180 mesures concrètes. Et cela commence dès l’après 25 novembre. Le gouvernement issu des urnes, soutient H. El Malki, doit être politique par excellence. « L’Exécutif doit être politique pour être homogène, fort et allier sens politique et compétence », fait valoir celui qui brigue un nouveau mandat à Bejaad. Et dans le cadre de cette citoyenneté politique, l’USFP propose un code de bonne conduite parlementaire pour contribuer à l’amélioration de l’image du député. La citoyenneté économique est au cœur des propositions des Usfpéistes qui en appellent à l’adoption d’une nouvelle stratégie économique globale en rupture avec les politiques sectorielles. « Seul moyen de booster la compétitivité de l’économie marocaine », déclarent les initiateurs du programme électoral. L’industrialisation du pays fait ici figure de priorité ainsi que le taux de croissance fixé entre 7 et 8% au lieu de 4,2% actuellement. L’emploi et la mise à niveau du secteur privé font également l’objet de mesures concrètes tels que l’auto-emploi, l’emploi social ou encore le contrat programme Etat/secteur privé.

Pas de dignité sans citoyenneté sociale. C’est la conviction profonde des Usfpéistes dont le programme accorde une place importante à l’enseignement, la santé, le logement et la protection sociale. Un nouveau pacte entre l’école et la société est proposé aux électeurs. Les Usfpéistes proposent d’augmenter la durée de la scolarité obligatoire de 5 à 7 ans. La scolarité jusqu’au baccalauréat deviendrait alors obligatoire, « une condition pour la mise à niveau du citoyen et de l’économie », et la formation professionnelle deviendrait une véritable filière.

Des ambitions sociales pour l’Union socialiste des forces populaires qui compte élargir l’AMO, instaurer des indemnités contre la perte d’emploi, améliorer les retraites… Dans cette perspective éminemment sociale, un impôt de solidarité, « au nom de la stabilité sociale », est au programme ainsi qu’une réforme de la fiscalité « dans le sens de la justice sociale et de la compétitivité ». Autre réforme sociale à l’ordre du jour pour les Ittihadis en campagne dans quelques jours, celle de la Caisse de compensation. « Une réforme courageuse qui doit se faire pour, tout à la fois, mieux cibler les véritables bénéficiaires et alléger l’impact sur le budget », fait valoir Habib El Malki.

Enfin, la citoyenneté culturelle qui est loin d’être le parent pauvre du programme de l’USFP. En plus d’une Charte nationale de la culture, ceux et celles de l’Union socialiste des forces populaires proposent des mesures s’inscrivant dans le droit fil de la liberté d’expression, garantie en principe par la nouvelle Constitution. Une loi consacrant le droit à l’accès à l’information, un texte encadrant les médias publics pour qu’ils jouent leur rôle de service public ainsi qu’une réforme du Code de la presse garantissant la liberté d’expression et supprimant les peines privatives de liberté pour les journalistes sont quelques-unes des propositions des Usfpéistes.

Narjis Rerhaye

Télécharger le programme en arabe ici

Tribune : Le consensus régressif qui se trame !


Le consensus régressif qui se trame !

Une réalité politique nouvelle s’esquisse

Le Maroc est déjà à l’aube d’une réalité politique nouvelle. Le « printemps arabe » et ses prolongements à travers le mouvement du 20FEV, dessinent une double tendance déjà perceptible lors des derniers scrutins électoraux.

Première tendance : L’activité citoyenne est de plus en plus déconnectée du moment électoral. Les vrais citoyens ne sont pas forcément des électeurs. L’élection étant ici plus qu’ailleurs encore très largement frappée de suspicion. Elle ne constitue pas le seul registre de légitimité de la vie publique.

Deuxième tendance, loin de manifester une indifférence à l’endroit des sujets politiques, l’activité citoyenne entreprend désormais de les prendre en charge directement, ouvertement et publiquement moyennant  des procédés et des formes de mobilisation nouveaux. Jamais le thème de la réforme constitutionnelle n’a connu pareils diffusion et engouement, au moyen d’un portage politique de la société civile, aux dépens de celui peu convaincant et/ou bien tardif des partis politiques.

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Tribune : حميد باجو حركة 20 فبراير أمام الباب المسدود، من يتحمل المسؤولية؟


القمع ينزل على متظاهري 20 فبراير في حي اسباتة، وهؤلاء يتصارعون فيما بينهم ولا يصلون إلى أي اتفاق حول أجندة الأيام القادمة، وآخرون يحرضون ويجيشون السكان ضد الحركة.

فما الذي أوصلنا إلى هذا الباب المسدود، أو من الذي أرغمنا على أن لا نختار إلا بين الأبيض والأسود، أو بالأصح بين الأسود والأسود، أسود مخزني وأسود للتطرف والخرافة؟  ألم يبق لشبابنا الحق في اختيار ألوان أخرى من غير ما فرض عليهم مؤخرا داخل الحركة، ألوان تحفز على حب الحياة وحب الوطن؟

كنا نعرف جميعا منذ البداية، مدى الاختلافات الموجودة وسط أجهزة الدولة بشأن كيفية التعامل مع حركة 20 فبراير، وكنا نعايش أيضا من داخل هذه الأخيرة منذ انطلاقتها، مدى التفاوت في التقديرات وفي الأجندات بين مكوناتها.

ولكننا بقينا نحلم أو نعمل من أجل أن نحقق ما قد يبدو مستحيلا: أن لا ينتصر لوبي القمع وحراس المخزن القديم من داخل الدولة، وفي المقابل ألا يعلو صوت التطرف والمزايدات العدمية وسط شباب الحركة.

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Minis #feb20 à l’USFP


Les jeunes ittihadis réunis à Bouznika ce week end ont scandé « Radi dégage », et ont empêché Radi et son bureau politique de participer à l’inauguration de la rencontre :

توصيات الملتقى الوطني لاتحاديو 20 فبراير


توصيات الملتقى الوطني لاتحاديو 20 فبراير

تحت شعار « شباب من أجل دستور ديمقراطي »، وبحضور 520 مشاركة ومشارك عقد شباب الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية تحت اشراف المكتب السياسي ، « الملتقى الوطني لشباب اتحاديي 20 فبراير ـ دورة شهداء الشبيبة الاتحادية وحركة 20 فبراير: محمد أمين الطالبي، توفيق الزمري، محمد المخفي، عبد الصمد الطيبي »، أيام السادس والسابع والثامن ماي 2011 بالمركب الدولي مولاي رشيد للشباب والطفولة، بمدينة بوزنيقة.

بعد نقاش مستفيض من خلال ورشات موضوعاتية خصت مختلف القضايا الدستورية والسياسية، وبعد جلسات عامة حول قضايا حركة 20 فبراير ووحدة اليسار وكذلك حلقيات مفتوحة تناولت أسئلة الراهن السياسي والحراك الشعبي بعد إطلاق دينامية 20 فبراير المجيدة، خلص الملتقى إلى التوصيات التالية:

على المستوى الوطني:

• الإدانة المطلقة للأعمال الإجرامية والإرهابية مهما كان مصدرها، والتي راح ضحيتها مجموعة من الأبرياء بمدينة مراكش، والتأكيد على ضرورة فتح تحقيق نزيه حول هذه الأحداث الوحشية.

• الإلتزام بالدفاع عن مغربية الصحراء في إطار حكم ذاتي ديمقراطي.

• دعوة جميع القوى الوطنية إلى التعبئة الشاملة والضغط عبر جميع الوسائل من أجل استرجاع سبتة ومليلية وجميع الجزر المغربية المحتلة.

• تشبث شباب الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية بالمطالب المشروعة التي تناضل من أجلها حركة 20 فبراير كحركة اجتماعية سلمية تنادي بالكرامة والحرية والعدالة الاجتماعية.

• ضرورة إطلاق سراح جميع المعتقلين السياسيين ومعتقلي حركة 20 فبراير والكشف عن حقيقة أحداث الحسيمة التي راح ضحيتها 5 من الشباب الأبرياء.

• دعوة جميع الشباب الاتحادي باعتباره جزءا لا يتجزء من حركة 20 فبراير ومن نضالات الشبيبة المغربية الطامحة للحرية والديمقراطية إلى خلق لجان وخلايا « اتحاديو 20 فبراير » محلية وجهوية.

• المساندة اللامشروطة لجميع الاحتجاجات السلمية بما فيها نضالات المعطلين حاملي الشواهد العليا.

على المستوى الإصلاحات السياسية والدستورية:

• التأكيد على ضرورة إقرار دستور ديمقراطي يضمن نظام الملكية البرلمانية الحقيقية كما هو متعارف عليها كونيا بحيث يسود فيها الملك ولا يحكم مما يضمن فصلا حقيقيا للسلط.

• التكريس الدستوري للقضاء كسلطة وضمان استقلاليته ونزاهته.

• الفصل بين السلطة والمال ومحاربة كل أشكال الريع الاقتصادي وبناء استراتيجية للتنمية الاقتصادية حقيقة تضمن التوزيع العادل للثروات والعدالة الاجتماعية.

• دسترة اللغة الأمازيغية كلغة وطنية والإقرار بالتعدد الثقافي والهوياتي للمغرب.

• تحرير الإعلام العمومي ودمقرطة النقاش حول الإصلاحات السياسية والدستورية عبر فتح الإعلام للجميع.

• التأكيد على وحدة اليسار كخيار استراتيجي لتكريس الديمقراطية داخل البلاد.

• المطالبة بالكشف عن حقيقة الاغتيالات السياسية وعلى رأسها قضية المهدي بن بركة والحسين المانوزي.

على المستوى الداخلي:

• المطالبة بتفعيل وتأهيل وتجديد كافة الهياكل الحزبية لتكون في مستوى اللحظة التاريخية.•

فصل وتوازن السلط، بما يحفظ للمؤسسات كلها أدوارها ومكانتها ويدقق صلاحياتها انتهاج حكامة جيدة


المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي يدعو إلى إصلاح دستوري ومؤسسي يحقق مبدأ فصل وتوازن السلط، بما يحفظ للمؤسسات كلها (الملكية، البرلمان، الحكومة، القضاء، الجهة..) أدوارها ومكانتها ويدقق صلاحياتها انتهاج حكامة جيدة تغير من طبيعة العلاقات الريعية والفاسدة السائدة اليوم عقد المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية ، مساء يوم الثلاثاء 23 فبراير 2011، اجتماعا له برئاسة الكاتب الآول عبد الواحد الراضي، تناول فيه مستجدات الوضع السياسي والتنظيمي ولا سيما منها تنصيب المجلس الاقتصادي والاجتماعي والتحضير للمجلس الوطني، في شروط تضمن نجاحه وتفاعله مع التطورات الحاصلة في المحيط القريب والبعيد. وقد أصدر على إثر هذا الاجتماع البلاغ التالي: إن المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية، بعد نقاش مستفيض حول ما تعرفه المنطقة العربية من تحولات جذرية مست كيانات الأنظمة وأعادت شعوب المنطقة الى دائرة الفعل التاريخي،وبعد استحضار الجو الوطني المصاحب لكل هذه التحولات، وبناء على مختلف التقارير والتحاليل التي سبقت التطورات الأخيرة: – يسجل بكامل الثقة ما يشهده المغرب من تعبيرات حيوية، لعل أهم تمظهراتها المطالبة بالتعجيل بالانتقال الى مرحلة متقدمة من مسيرة توطيد الديموقراطية، والقطع مع مظاهر الفساد بكل وجوهه. – إذ يأسف للانفلاتات التي حدثت في عدد من المدن ويدين الطابع الاجرامي لبعضها، يعتز المكتب السياسي بدرجة النضج الذي أبانت عنه تظاهرات 20 فبراير السلمية والتي عمقت المطالب الإصلاحية وحولتها الى موجة عمق تلتقي مع مطالب حزبنا التي عبر عنها منذ مؤتمره الثامن، وتضيف شحنة جديدة الى تراكمات نضال القوى الديموقراطية والوطنية الصادقة من أجل بناء دولة المؤسسات. وعلى قاعدة ذلك، يعتبر المكتب السياسي للاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية أن بلادنا أمامها فرصة تاريخية كبرى، لتحقيق طفرة جديدة ، لا سيما وأن المغرب يملك رصيدا مهما من الإصلاحات ، والتي دشنتها بلادنا منذ 15 سنة، غير أن الدورة التي انطلقت منذ تلك اللحظة بدأت تستنفد نفسها، وأصبح لزاما على بلادنا التعجيل بالشروع في إصلاحات هيكلية عميقة تهم إعادة شحن النفس الاصلاحي بجرعات أقوى وأكثر تأثيرا على سير البلاد، سياسيا واقتصاديا واجتماعيا. والمكتب السياسي إذ ينصت الى نبض المجتمع في الظرفية الراهنة ، يعي بأن تجاوز الاختناق السياسي الراهن، يمر ، كما وضح بيان مؤتمرنا الوطني الثامن، عبر تأمين المكتسبات الإيجابية المحققة، وتسريع وتيرة الاصلاحات الاقتصادية والاجتماعية والسياسية بما يعيد الثقة والأمل للحياة السياسية، ويصون استقرار البلاد ويمكنها من وسائل مؤسسية تقيها من الهزات والتجارب المكرورة. – وإذ يعتبر المكتب السياسي المهمة المركزية في الظرفية السياسية الراهنة تتمثل في تجاوز الهوة القائمة بين المواطن والمجتمع السياسي، وإعادة الاعتبار للسياسة، فإن على رأس الإصلاحات اليوم ، الإصلاحات الدستورية الرامية الى بناء مؤسسات قوية ، حقيقية وقادرة على النهوض بشؤون البلاد ، بما يستوجبه الوضع الحالي إقليميا ودوليا ، إصلاح دستوري ومؤسسي يحقق مبدأ فصل وتوازن السلط، بما يحفظ للمؤسسات كلها ( الملكية، البرلمان، الحكومة، القضاء ، الجهة..) أدوارها ومكانتها ويدقق صلاحياتها، ويؤهلها للاضطلاع بمهامها في هيكلة الحقل السياسي وتأهيله.. – لقد سجل المكتب السياسي أن التظاهرات السلمية والشعارات المرفوعة أدانت الفساد بكل جوانبه ووجوهه، الاقتصادية والسياسية والاجتماعية والحزبية، وهو ما يطرح ضرورة انتهاج حكامة جيدة تغير من طبيعة العلاقات الريعية والفاسدة السائدة اليوم في المجالات المذكورة ، وذلك بإقرار سياسة واضحة وشاملة لمحاربة الفساد والرشوة في المجالات الاقتصادية والسياسية على السواء، وبمحاربة اقتصاد الريع والامتيازات، وربط كل الإجراءات بإعلان واضح عن الممتلكات، قبل وبعد تحمل المسؤولية.. – يرى المكتب السياسي أن قوة الإصلاحات السياسية التي يمكنها أن تحفظ للعمل وللتعددية السياسيين صدقيتهما،وتضمن حياد الإدارة الشامل ، وتعيد الطابع المؤسساتي الى الممارسة السياسية في الاختيار وفي التدبير، وتضمن الشرعية التمثيلية، عبر إعادة ربط العلاقة بين القرار الانتخابي والقرار السياسي، تستوجب تحديد أجندة لهذه الإصلاحات، محددة في سقف يتماشى مع سرعة التطورات الحالية في العالم عموما، وفي جوارنا الاقليمي والعربي خصوصا

Réformes Incontournables


La situation que traverse actuellement notre pays en cette étape historique couvant nombre de risques et changements, devrait inciter tout le monde, instances et individus, à faire preuve d’un esprit nationaliste authentique ayant toujours marqué et orienté le Mouvement national, face à de dures épreuves. Il s’agit de se doter, en premier lieu, d’une forte détermination et d’un courage politique approprié pour identifier la crise générale que connaît notre pays et dont l’une de ses manifestations les plus dangereuses consiste en la fracture entre la société marocaine et le monde politique. C’est ainsi que la scène politique se trouve divisée en deux camps distincts, celui dominant exerçant la gestion de la chose publique et un autre qui, à force d’être exclu de toute initiative pour ne pas être associé à cette gestion, s’est cantonné dans un rôle de spectateur passif. La politique a ainsi perdu de son éclat.

Mieux, il ne serait nullement exagéré d’affirmer que nous sommes aujourd’hui face à une action quasi-structurée pour saboter le projet d’une société moderniste et démocratique telle que nous l’avons toujours pensée et telle que nous l’avons toujours annoncée. Au point que l’on serait tenté d’avancer que la scène politique actuelle serait régie par une distribution de rôles.

C’est ainsi que, de par notre devoir, notre sens du nationalisme et la noblesse de notre action politique –il est d’ailleurs du droit de notre peuple qui a tant nourri espoir et attente- nous reconnaissons l’existence d’une crise politique dont la solution exige une volonté affirmée pour l’accomplissement des réformes politiques et constitutionnelles qui ne peuvent plus souffrir d’aucun report. Dans la conjoncture politique actuelle, la mission principale et urgente consiste en la réhabilitation de l’action politique qui se doit de retrouver toute sa noblesse.

Pour ce faire, nous jugeons, aujourd’hui, qu’il est de notre devoir, de par notre patriotisme, la noblesse de notre action politique et compte tenu du droit de notre peuple, dont les revendications n’ont cessé d’être réitérées, de reconnaître qu’il existe bel et bien une crise politique et que sa résolution nécessite une volonté audacieuse d’entreprendre des réformes politiques et constitutionnelles à mettre en oeuvre dans les meilleurs délais. La mission principale et urgente dans ces conditions est la revalorisation de l’action politique, la réinstauration de la confiance auprès des populations et de leur motivation et la mobilisation de leurs compétences afin qu’elles puissent mettre leurs énergies au service de la Nation. Cela ne saurait se réaliser que si ces populations se sentent concernées directement par ces réformes qui constituent le premier pas vers l’édification de l’Etat de droit.

D’aucuns ont trop polémiqué lorsque nous en avions fait part lors de notre VIIIème Congrès, ou lorsque nous avions soumis à SM le Roi le mémorandum sur les réformes politiques et constitutionnelles. Nous aspirions à ce que lesdites réformes soient réalisées bien avant les élections communales qui, estimions- nous, devaient hypothéquer l’avenir du pays pour une période de six ans.

Par ailleurs, nous souhaitions que ces élections soient un couronnement du processus de réforme dans le cadre d’un plan visant à mettre un terme à l’économie de rente et l’octroi de privilèges et à lutter contre la prévarication, la dilapidation des deniers publics et la corruption, et à déclarer de manière claire et solennelle des biens personnels avant et après l’attribution des postes de responsabilité.

En le rappelant aujourd’hui, nous ne surfons pas sur une quelconque vague, ni ne souscrivons à une tradition, comme nous ne sommes pas nostalgiques du passé. Le clamer à voix haute ne signifie nullement un retour à un quelconque esprit de rupture ou d’une quelconque volonté de contribuer à l’aggravation de la situation. Il s’agit tout simplement d’une requête pour que notre pays devienne un véritable Etat de droit et non d’humeur; un Etat appartenant et adhérant amplement à son temps et à son époque.

Abdelhadi Khairat,

Membre du BP USFP, Directeur de Publication Libération

بيان شباب من أجل التغيير السلمي


الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية

الشبيبة الاتحادية

أعضاء من المكتب الوطني

بيان شباب من أجل التغيير السلمي

استقبل الشباب المغربي باعتزاز كبير ما انتهت اليه ثورتي « الياسمين » بتونس و « الفل » بمصر من القطع التام مع نظامين سياسيين تأسسا على قمع الحريات الفردية و الجماعية للمواطنين، و نظامين بوليسيين، يعتمد على القمع و تكريس النزعات الطائفية بين أبناء الشعب الواحد، و على سياسة الحزب الأغلبي القائمة على تهميش الحياة السياسية و الحزبية، و تزوير ارادة الشعوب، و إقصاء مختلف الفرقاء السياسيين و اغتيال كافة أدوات التأطير السياسي، النقابي و الاجتماعي.

و إذ نستحضر اليوم بإجلال كبير كل ارواح الشهداء الذين سقطوا من أجل معركة الكرامة و الحرية، فإننا نستحضر هنا بانه لا يمكن للأنظمة التي اقامت حكمها على الاستبداد و على أنظمة بوليسية و قمعية كانت تتصور أن أرادتها أبقى و أقوى من إرادة الشعوب، فإننا نسجل هنا بافتخار إرادة شعوب المنطقة في إقامة أنظمة مدنية –ديموقراطية، تعتمد على كون الشعب هو المصدر الوحيد للسلطة، و تبنيها للمواثيق الدولية و الاعلان العالمي لحقوق الانسان كمرجعية في الحكم و التدبير المؤسسات الدستورية.

و إذا كنا نتابع باهتمام بالغ هذه التطورات، و إرادة و رغبة كل شعوب المنطقة في الانعتاق و التحرر، فإننا نسجل بان المغرب الذي اختار منذ مسلسل ما عرف « بالانتقال الديموقراطي » 1998مبدأ التوافق، حيث عرف انطلاق العديد من اوراش الاصلاح بدء بمدونة الأسرة، ثم المكاشفة حول ما وقع إبان سنوات الرصاص، وأخيرا مبادرة الجهوية الموسعة….، والذي كان ينتظر منه أن يؤدي في النهاية ببلادنا إلى دخوله « نادي الدول الديموقراطية »، و الوصول بهذا المسلسل إلى نهايته و ذلك بإقامة نظام سياسي ديموقراطي حقيقي، إلا أن تطورات هذا المسار و وما شهدناه خصوصا منذ الانتخابات التشريعية ل 2002، و التي شكلت تراجعا خطيرا في هذا المسلسل، و انقلابا على المنهجية الديموقراطية، أدخلت المغرب في نفق مظلم يعيد إنتاج نفس أدوات الماضي و إن بأساليب جديدة يمكن إجمالها فيما يلي:

1 – استمرار « المؤسسة الملكية » كفاعل مركزي و وحيد و مؤثر، أدى إلى الإخلال بالتوازن المطلوب مع باقي المؤسسات الدستورية خصوصا التنفيذية منها و التشريعية والتراجع عن المسلسل التوافقي الذي دشنتهة القوى الوطنية والمؤسسة ذاتها.

2 – محاولة بعض الاوساط داخل الدولة المغربية استنساخ التجربة السياسية التونسية والمصرية- اللتين أثبتتا فشلهما- و ذلك بهيمنة منطق الحزب الأغلبي، و تأسيس حزب الدولة الذي يستمد قوته و هيبته من قربه من الدوائر العليا بالبلاد، و يستغل  » الصداقة للملك » من أجل السيطرة على الحياة الحزبية و السياسية والاقتصادية ببلادنا.

3- استمرار سياسة اقتصاد الريع الذي يكدس الثروة في فئة صغيرة من الشعب تعمل على استغلال خيرات البلاد، مما ادى و ما زال الى تكريس الفوارق الاجتماعية و الطبقية.

4 – التراجع عن المكتسبات النسبية التي حققها المغرب في السنوات الاولى لانطلاق ما سمي « بالانتقال الديموقراطي » بفضل التضحيات الكبيرة التي قدمها شهداء الشعب المغربي في سبيل الاستقلال، و الديموقراطية، و ذلك باستمرار الانتهاكات الجسيمة لحقوق الانسان، و الاعتداءات المتكررة التي عرفتها العديد من الحركات الاحتجاجية بمختلف المدن المغربية، و قمع الحريات الفردية، و تقزيم دور الاعلام المغربي .

5 – تكريس العديد من المظاهر المرضية داخل المجتمع المغربي من خلال « تهاون الدولة » في محاربة الرشوة، و الزبونية و كل المظاهر التي أدت إلى سيادة ثقافة الفردانية و الفساد داخل المجتمع مما يهدد تماسك المجتمع.

و انطلاقا من كون اللحظة الحالية، هي لحظة انبعاث للروح الوطنية، و للرغبة في التغيير و الانعتاق و تحرير المواطن المغربي من كافة أشكال الاستيلاب و القهر و الاستغلال، و أمام انسداد الافق الذي دخلت فيه بلادنا في السنوات الاخيرة و التي لن تزيد إلا من تأزيم الوضع، و تعميم فقدان الثقة في الوطن و في مؤسساته، و انطلاقا من مسؤوليتنا التاريخية و من الدور الذي لعبته الشبيبة الاتحادية كحركة شبابية-شبيبة ساهمت لسنوات طوال إلى جانب نضالات الشباب و الشعب المغربي، و رغبة منا في الإسهام في جل المبادرات الداعية للمطالبة بالتغيير الديمقراطي فإننا نعلن عما يلي:

أولا: نهيب بكافة الشباب المغربي بمختلف فئاته و انتماءاته، إلى التعبئة من اجل الانخراط في مسلسل المطالبة بالإصلاح السياسي و المؤسساتي، و بالتغيير الديموقراطي ببلادنا.

ثانيا: راهنية القيام العاجل بإصلاح دستوري و مؤسساتي يؤدي إلى تجاوز معيقات الانتقال الديمقراطي، و ذلك بالتوجه نحو إقرار ملكية برلمانية يتحقق في أطارها مبدأ فصل و توازن السلط بما يحفظ للمؤسسات كلها أدورها و مكانتها و يدقق صلاحياتها و يؤهلها للاضطلاع بمهامها في هيكلة الحقل السياسي و تأهيله.

ثالثا: محاكمة كل المفسدين الذين نهبوا ثروات البلاد على مر الأربعين سنة الماضية، و استرجاع أموال الشعب المغربي.

رابعا. إصلاح القضاء المغربي، و جعله قضاء في خدمة المواطنين يحقق العدالة ، يتساوى المواطنون أمامه، و يجعل منه جهازا مستقلا ، يشتغل فيه الجهاز القضائي بشكل حر و نزيه يعزز من مكانته و مصداقيته أمام المواطنين.

خامسا: إصلاح اقتصادي حقيقي و شامل يقطع مع سياسة اقتصاد الريع والتمييز، التي كرست التفاوت الطبقي و الاجتماعي بين أبناء الشعب المغربي، الذي أدى في النهاية إلى اتساع رقعة الهامش و الفقر، و تآكل الطبقة الوسطى و اندحارها.

سادسا: فتح تحقيق مع بعض الفاعلين الجدد على الفعل السياسي، حول استغلالهم لإمكانيات الدولة و علاقتهم بهرمها من أجل أن يشكل هذا « الوافد الجديد » بديلا عن كافة الأحزاب السياسية الحقيقية، و يؤسس « الحزب الأغلبي » المعتمد على الزبونية السياسية و على قرصنة المنتخبين الجماعيين و تشجيع الترحال البرلماني، و تمييع الحياة السياسية و التحكم فيها بأدوات الدولة و بعلاقات شخصية-خاصة، لا علاقة لها بالعمل السياسي النظيف.

سابعا: إطلاق الحريات الفردية و الجماعية، و رفع الحظر عن كافة الإطارات السياسية و الحقوقية…، و تحرير الإعلام المغربي خصوصا المرئي منه و جعله قادرا على لعب كافة أدواره و اصطفافه إلى جانب دافعي الضرائب ( الشعب).

ثامنا: إجراء انتخابات حرة و نزيهة برلمانية و جماعية على قواعد و أسس جديدة تكون مستمدة شرعيتها من الشعب، تتأسس على حملات انتخابية نزيهة بقوانين و تقطيع انتخابيين جديدين وتحيين عام للوائح الانتخابية تحت إشراف لجان مستقلة، تتيح إمكانية مشاركة كافة الأحزاب والمكونات السياسية بشكل متساو،تسمح بإمكانية التعبير الحر للمواطنين عن إرادتهم.

تاسعا: الكشف عن الحقيقة الكاملة في كافة الملفات العالقة المتعلقة بالانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان التي عرفها المغرب، على رأسها ملف شهيد الاختيار الثوري المهدي بن بركة، و الحسين المانوزي، و الكشف عن الحقيقة الكاملة في ملفات الاغتيال السياسي التي تعرض لها المناضلون الديموقراطيون ببلادنا نذكر منهم شهيد الاختيار الديموقراطي عمر بن جلون، و شهيد الشبيبة الاتحادية – والتقدمية- محمد كرينة، و كافة شهداء التحرر من مناضلي إلى الأمام و 23 مارس، و شهداء الاتحاد الوطني لطلبة المغرب، إعمالا لقاعدة لا تقادم في الجريمة السياسية.

عاشرا: فتح تحقيق جدي و نزيه حول ما يدعيه العديد من المواطنين و الفاعلين من مختلف الانتماءات، حول تعرضهم للتعذيب و الاختطاف داخل الأقبية و المعتقلات السرية منها و العلنية في السنوات العشر الأخيرة و تقديم من ثبت تورطهم فيها للعدالة.

و إذا كنا اليوم نعلن عن مساندتنا لكل المبادرات الرامية الى تعميق و دعم الاصلاح السياسي و الاقتصادي ببلادنا، فإننا نؤكد على ضرورة حماية الشباب المغربي لمطالبه من أي استغلال يهدف الى المساس بوحدته الترابية أو بمكتسباته، و يقوض من رغبته في الانعتاق و التحرر وحقه في التعبير السلمي، بالمقابل فاننا نحذر الدولة المغربية من أي تعامل قمعي معها، من كون القمع و كبت الحريات، لن تؤدي إلا إلى المزيد من التصعيد و التوتر الذي لن يستفيد منه المغرب.

ملحوظة: ندعو كافة أعضاء و مناضلي و طلبة وتلاميذ وإطارات الشبيبة الاتحادية بكافة أنحاء البلاد إلى الانخراط في كافة أشكال الاحتجاج السلمي والوطني فيلا مسيرات التغيير من أجل ملكية برلمانية.

عاش الوطن حرا كريما، عاش المغرب….

الإمضاء أعضاء المكتب الوطني للشبيبة الاتحادية

نوفل البعمري

جواد فرجي

خالد بوبكري

رضا حموز

حنان رحاب

عبد الخالق الشماخ

سميرة السنونسي

ميكيل محمد

عبد الكريم أشبون

Tanger, une ville sans maire, sans politique non plus


Le maire de Tanger, Samir Abdelmoula, et ces 4 adjoints, tous PAM, ont démissionné de leurs fonctions. Tanger est désormais une ville sans maire après plusieurs mois d’incertitudes. Les compétences de la mairie sont transférées à la préfecture comme stipule la loi. Le PAM perd donc une ville où il avait promis une grande mutation, une année après son investiture à la mairie ! D’où une grande claque à l’expérience promise par ce jeune parti, formé en un an autour d’un ami du Roi et se plaçant 1er aux communales de 2009.

Dans la même région, le PJD, parti islamiste marocain, vit sous le choc de démissions, volontaires ou forcées, de plusieurs élus et responsables. L’autre formation historiquement forte dans la région, l’USFP, est en déconfiture organisationnelle suite à sa perte de siège parlementaire et de la mairie de la ville. Tanger, … tout comme Fès, … ( et toutes les autres grandes villes me diriez-vous ), la 1ère formation de gauche du Royaume vit encore une désorganisation organique sérieuse. Pour le parti du premier ministre, l’Istiqlal, il suffit de voir comment les parlementaires de ce parti attaquent le code de la route, sorti dans la douleur par Ghellab, ministre Istiqlalien de l’équipement et du transport.

Somme toute, qui pourra se valoir d’un statut particulier dans cette ville, voire dans le pays ?

Quand je parle de guignols, d’agonie politique, de diplomates indélicats, … je ne peux être taxé de populiste ou de nihiliste, je ne fais qu’observer ce « paysage » politique, quant à mes conclusions, je les assume pleinement. Le constat aujourd’hui, comme je l’ai signalé il y a plus d’un an : Au Maroc, le Roi, seul, règne, gouverne, juge, légifère, … sans opposition … et avec le silence et le consentement corrompus de toute l’élite du pays, sans exception ! ( un nouveau billet en préparation pour amender la réflexion énoncée dans le billet précédent ).

Reviens Bouabid, ils sont devenus fous !


Pour avoir contribué un petit peu 🙂  Je le publie en parallèle avec le Magazine Le Temps, une interview « exclusive » et virtuelle avec Abderrahim Bouabid!

Cela fait 18 ans que vous n’êtes plus de ce monde. Vous y jetez un coup d’œil de temps à autre ?

De temps à autre, ça m’arrive.

Elle est bien chargée l’actualité politique marocaine !

Chargée d’évènements, je vous l’accorde, mais maigre de sens. Ces politiques ont perdu la tête, leur travail n’a plus d’horizon. C’était très clair de mon temps. On savait de quoi s’agissait-il, ce qu’on voulait, et comment y arriver. C’était difficile, certes, mais les enjeux étaient plus clairs.

L’USFP n’a plus cette lucidité, ce n’est même plus ce que c’était. Les « forces populaires » ont déserté pour ne laisser qu’une vague d’opportunistes se négocier des places. Le peu de militants intègres qui y restent se battent encore ou gardent le silence. Vous attendiez-vous à ce sort ?

C’est tout à fait normal. L’Union a été créée sur la base de trois grands mots d’ordre : libération, démocratie et socialisme. L’organisation était puissante, bien ficelée et verrouillée. Le régime avait besoin d’une organisation avec une puissance et une présence pareilles, mais pas assez au point de tirer les ficelles du pouvoir, car ça aurait été dangereux pour le règne de Hassan II. Pour rejoindre le parti, c’était toute une procédure, c’était un parti de militants et d’activistes. Quelle idée cette « ouverture » du parti ! Les règles d’adhésion ont été allégées, on ne vérifiait même plus si ces gens riches qui affluaient vers l’organisation avaient des principes à gauche. Le parti a été miné, tous les enjeux ont devancé les causes principales sur lesquelles nous avons construit l’USFP.

…Auriez-vous démissionné de la politique ?

Je devais le faire au cinquième congrès du parti en 1989. Recevant trop de critiques, j’ai dû me plier à la tendance générale du parti, mais visiblement ce n’était pas la volonté des militants qui voulaient mon retour. Le parti est actuellement là où il est parce que sa direction a fait toutes les concessions possibles et imaginables au régime. Ce n’est pas l’organisation pour laquelle beaucoup de militants ont sacrifié leurs vies.

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Jabri n’est plus, le début de la fin des grands hommes


Mohamed Abed Jabri, un des grands penseurs marocains et arabes contemporains est décédé aujourd’hui à l’age de 75 ans.

Avec Laroui, ils sont à l’origine, ou presque, de toute la pensée philosophique marocaine, mais aussi de la production politique. tous deux ont été derrière la grande littérature de l’USFP, et tous deux l’ont quitté déçus ( tous finirons par le faire ).

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Hommage à Abdellah Ouelladi


Aux grands Hommes … la patrie doit être reconnaissante !

Mardi 19 Janvier, feu Abdellah Ouelladi nous a quitté. Le défunt est une perte pour le Maroc et pour tout le mouvement des droits humains. Militant de longue date, ancien membre du bureau exécutif de l’UNEM, militant de l’USFP, membre fondateur puis président de l’OMDH, Si Abdellah Ouelladi était avocat au barreau de Casablanca. « Il s’agit, bien sur, de lutter contre la mort. D’opposer à la mortalité individuelle cette forme d’immortalité collective qui est celle de la continuité du groupe, .. mais aussi de la nation » ( Jean Daniel, Noubel Obs. H.S. Juin 98 ), c’est ainsi que l’OMDH et la famille du défunt organisent une rencontre commémorative le Vendredi 12 Mars 2010 à la maison de l’avocat à Casablanca et invitent tous ceux et celles qui ont côtoyé « Si Abdellah » à témoigner.

Abdellah Ouelladi a été de tous les combats. De la défense de la préservation des droits et de la dignité humains, le combat de l’égalité, au combat politique pour l’établissement de l’Etat de droit en passant par les grandes questions internationales : Palestine, Irak, Afrique du sud, … le défunt militant n’a jamais ménagé ses efforts pour les bonnes causes et a côtoyé de grandes figures du militantisme mondial pour la liberté et les droits humains : Yasser Arafat, Nelson Mandela, Abderrahmane Youssoufi, Kofi Anan, …

Ce défenseur des droits humains croyait sincèrement à l’universalité des valeurs du droit international. Militant de gauche, il s’est opposé à la compagne sécuritaire qui a suivi le 16 Mai 2003 contre les islamistes soupçonnés, car il pense que « Le principe de présomption d’innocence est sacré. Il sert aussi bien le prévenu que le citoyen qui peut, du jour au lendemain, se retrouver à la place, peu enviable, d’accusé. Je pense que nous ne pouvons pas combattre la haine par la haine. Si nous condamnons au préalable dans nos têtes, le procès devient simple formalisme ». Pour lui, l’OMDH est « une association humanitaire aux standards internationaux, en même temps indépendante des partis politiques et des pouvoirs publics. L’idée était d’être au service des droits de l’homme tels qu’universellement reconnus ». Convaincu de l’essence de la justice transitionnelle, il a soutenu l’IER tout en se démarquant et critiquant. Il avait d’ailleurs demandé à son installation d’associer le concept de « vérité » aux deux concepts portés : Equité et réconciliation. Par ailleurs, il était convaincu que c’était le bon chemin à suivre. Sans équivoque, il avait déclaré à l’ouverture du dernier congrès de l’Organisation : « Même si nous voudrions le [le procès des responsables des violations graves des droits de l’homme du passé] faire, notre justice n’est pas qualifiée pour l’instant et notre code pénal doit subir un certain nombre de changements pour rendre justement cette lutte contre l’impunité opérationnelle ».

Feu Abdellah avait des qualités intrinsèques d’écoute, de sincérité, d’ascèse, … Ce sont ces mêmes qualités qui ont fait de lui un grand leader et un grand homme, à qui la patrie doit être reconnaissante. Mehdi Benbarka, cher au défunt et sujet de son travail de quête de vérité, disait de cette catégorie d’hommes ( Nos responsabilités. 19 Mai 1957 ) : « Il y a des qualités qui ne peuvent être acquises et qui sont pourtant indispensables au cadre. Elles se rattachent à la disponibilité intellectuelle et au penchant naturel qui font qu’un homme ou une femme est apte à l’encadrement. Il s’agit de la fidélité et de l’abnégation au service de l’intérêt de la patrie mis au dessus de l’intérêt personnel ».

La rose socialiste fannée


L’USFP est en décadence et arrive à un état critique de décomposition.  Rien ne va plus et les derniers militants croyant encore à l’espoir commencent à perdre toute espérance. Omar Balafrej, dans une publication de la place, déclare que « L’USFP dans sa forme actuelle n’est pas son parti ». Il ajoute : « Je n’ai jamais eu … la volonté de me rassembler avec des leaders dont le seul objectif est de se maintenir en place et d’obtenir des postes. »

Dans une analyse organisationnelle, Hamid Bajjou ajoute dans un article détaillé : « … Ceci a poussé les militants ayant des principes, ceux qui n’ont pas d’intérêts à échanger ou qui ne veulent pas rentrer dans des relations autres que celles qui se basent sur les principes et les positions partisanes, au désespoir et à l’éloignement du parti et de la politique, après qu’ils se sont retrouvés marginalisés dans les organes partisanes, incapables de rivaliser avec les réseaux d’intérêts bien structurés, laissant ainsi le parti aux mains des opportunistes ».

Aujourd’hui s’annonce la suspension de la participation de 3 militants du bureau politique, il s’agit de : Ali Bouabid, Larbi Ajjou et Mohamed Achaari, et « ce jusqu’au prochain congrès ».

j’ai envoyé un texte au journal ( je ne sais pas s’il passera ), dont voici un passage traduit :

« Nos leaders doivent comprendre que l’avenir se fait par le peuple, pas aux bureaux politiques ou à Dar Lmakhzen… Il faudrait qu’on laisse de coté notre coté populiste, comme il faudrait ne pas trop se focaliser sur notre constitutionalité ( importante et capitale tout de meme ). Il faut au’on travaille sur les vrais dossiers : comment ne pas travailler sur le rapport de la cours des compte? Comment ne pas se poser la question sur la composition du capitalisme marocain? Comment le roi signe une convention du plan solaire a coup de milliards de dollars sans que la majorité ni le parlement n’en soient mis au courant? Qu’on soit une réelle gauche ou qu’on disparaisse! »

Addenda ( 20-04-2010 ) :

Mohamed Lahmine, ayant lancé récemment « l’autre courant » a de sa part déclaré : « Le bureau politique BP assume la responsabilité de la décadence humiliante du parti dans toutes les positions et de l’échec aux élections législatives et communales précédentes. En outre le BP bloque les organes du parti, le 1er secrétaire produit un discours qui n’a rien à voir avec l’USFP, le leadership avance devant tout le monde qu’elle procède pour le sauvetage du parti alors qu’en réalité elle fait le contraire et brise et disperse tous les efforts … Aucun leader n’a tiré les leçons de la catastrophe, en chiffres : l’USFP est passé de 560 sections à moins de 300, le nombre de militants s’est dégringolé de plus de 60 mille à moins de 25 mille, sans parler de l’inaction organisationelle totale de tous les organes de l’USFP. La jeunesse, chabiba ittihadia, vit un état de coma depuis longtemps et a vu ses ashérents passer de 12 mille à 1500 et le nombre de ses sections de 256 à 34. Pour la première fois dans l’histoire du parti nous récoltons des zéros à Casa, Rabat, Eljadida, Safi, Settat, Kénitra, … »

USFP et le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne


A quelque semaine de la tenue du conseil national de l’USFP, le débat est revenu notamment sur la question de la participation gouvernementale. Je retranscris ici, ma traduction ( enfin ) d’une déclaration donnée à un journal de la place, en Septembre dernier.

Je considère, à mon sens, que le Maroc ne vivrait plus, au moins depuis les élections législatives de 2007, dans la logique des accumulations qui a bâtit l’ère de ce l’on a convenu d’appeler « la transition consensuelle » et de ce qui en résulte. Nous vivons une apostasie du projet du « processus démocratique », ou pire, nous recevons les condoléances du décès de la politique d’une manière humiliante !

Ainsi, et à partir de plusieurs données objectives que nous avons soulevé à propos de l’évaluation ou du dessin des traits de l’ère politique et suite également aux accumulation de l’USFP ( rapport de la commission d’évaluation des résultats 2007, Déclaration du 8ème congrès ), beaucoup de militants pensent-ils que la participation de l’USFP à un gouvernement incompatible et ne possédant aucune vision de réforme n’est que continuer à faire durer cette bourde mettant à mal la valeur du parti. Il n’a pas été donné suite au mémorandum des réformes constitutionnelles que le parti a présenté conformément aux résolutions du 8ème congrès qui limite notre participation gouvernementale. Et même la réforme de la justice, placée sous notre tutelle, je me demande sincèrement comment nous pourrons réaliser ce chantier alors que le Roi lui a posé un seuil en annonçant dans son dernier discours que « la justice est du ressort de la Commanderie des Croyants » !

Nombre de militants de l’USFP se demandent comment continue le leadership du parti à confirmer cette image, déjà ébranlée, du parti dans un gouvernement ne possédant aucune décision politique, appliquant des politiques de droite et dans une alliance contre nature, au prix même de l’âme du parti. Il se peut que nous divergions avec certains de nos camarades sur de grands choix, et nous avions demandé plusieurs fois de canoniser les différences par l’institutionnalisation des courants certes, mais aujourd’hui, même la questions des courants ne possède plus une grande valeur devant le retour insistant de la question de l’Etat et qui le gouverne ?

Une des entrée essentielle pour exiger les grandes réformes, qu’il n’est plus à prouver que les autres forces politiques ne sont pas prêtes à l’entamer, reste la sortie de l’USFP du gouvernement, acte compatible avec son âme et les positions de son dernier congrès. Il est demandé à l’USFP aujourd’hui à rassembler les forces de gauche et progressistes autour du projet de l’Etat équitable socialement, moderne dans tous les sens et réellement démocratique, que nous ne possédons pas le privilège pragmatique, idéologique et philosophique de le concevoir en dehors de la monarchie parlementaire !

Nous avons signé, en compagnie de nos camarades, à l’intérieur et à l’extérieur des organisations de gauche, une « lettre au peuple de gauche » contenant un cri devant une piètre situation de la gauche entière, gouvernementale, opposée et même en dehors des organisations. Nous souhaitons installer un grand courant idéologique infiltrant toutes les organisations et qui exerce de la pression pour unifier la vision autour de la construction de l’Etat. L’objectif de cette initiative est de sortir la gauche de sa mort clinique. Nous ne sommes pas putschistes, ni même scissionnistes, nous sommes unitaires et nous oeuvrerons à poser les vrais questions de la patrie, à partir de nos conviction et attachement aux principes fondateurs de la gauche : une ambition collective pour la patrie, le courage dans les positions et la clarté idéologique.

Je me permets d’insister ici que l’unité de la gauche n’est pas une fin pour notre militantisme. Comme j’ai précédemment évoqué concernant la question des courants, le sujet de l’union et ses formes n’est plus une priorité quand on se pose la grande question de la patrie. Je considère que l’on revient à se poser les mêmes questions de l’Etat tels que posés à l’aube des années 60 et que toutes les accumulations qu’a réalisé la gauche à travers ses combats et le sang de ses martyrs se retrouvent aujourd’hui devant un grand danger de retour en arrière.

LA GAUCHE EST MORTE. VIVE LA GAUCHE !


De la clarté, de l’ambition et du courage.

Lettre au peuple de gauche

LE CONSTAT…

Depuis une dizaine d’année, le Maroc vit au rythme de grands chantiers économiques, pensés et mis en œuvre en dehors du système politique institutionnel.

Même si pour certains de ces grands projets économiques, les répercussions s’annoncent positives pour le pays, on est forcé de noter une absence flagrante de grands projets à dimension sociale, ô combien nécessaires dans le Maroc ultra inégalitaire d’aujourd’hui.

Pour en faire l’illustration et l’exercice, prenons pour seul – mais pas unique- exemple le projet du futur TGV marocain, qui devrait nous coûter quelque 20 milliards de dirhams.
Cette base de calcul est on ne peut plus appropriée puisque ce projet «budgétivore» symbolise à lui seul, et l’inefficience et l’archaïsme de notre gouvernance économique et politique.
En a-t-on débattu? Une analyse coûts-bénéfices a-t-elle été réalisée ? Que pourrions-nous faire d’autre avec 20 milliards de dirhams ? Plus concrètement, sur quelle base cette décision a-t-elle été justifiée et jugée prioritaire, quand on sait que même en occident, ce moyen de transport moderne est considéré comme socialement inéquitable, puisque seuls les plus aisés peuvent se permettre de l’emprunter.

Le budget alloué à l’INDH, chantier social majeur, est de 10 milliards de dirhams, soit un demi TGV. Le budget d’investissement du ministère de la Santé ne dépasse pas le dixième de l’enveloppe décidée pour le projet du TGV.
Le budget d’investissement du ministère de l’Education Nationale correspond, quant à lui, tout juste au quart de celui du TGV, etc, etc.

20 milliards de dirhams pour l’éducation et la formation, ne serait-ce pas le plan Marshall attendu depuis 50 ans ! La question doit être posée courageusement.

La politique économique, les grands choix structurants, prennent-ils en compte l’intérêt général ?

Sur le plan politique, s’il y a une leçon à tirer des deux derniers rendez-vous électoraux, c’est bien la désaffection totale de la population marocaine pour les urnes.
Sur vingt millions de personnes en âge de voter, seuls six se sont déplacées, et en majorité pour porter leur voix sur des «opportunistes de la politique.

Face à ces vérités, il n’est pas excessif d’affirmer que dans le Maroc d’aujourd’hui, l’espoir de changement à travers un projet politique n’existe plus. Les plus faibles parmi nos concitoyens n’ont malheureusement que trois horizons d’espérances – et ce n’est pas une caricature :

– Immigrer vers des terres où l’ascension sociale est possible.
– Obtenir un agrément lors d’un passage du souverain à proximité de leur rue, de leur quartier ou de leur ville.
– Se lancer dans la criminalité, en col bleu ou en col blanc cassé.

Ce manque d’espoir fait courir à notre pays un risque sociétal fatal. Nous risquons, au mieux – et à moyen terme -, de ressembler à un de ces pays d’Amérique du Sud, qui voilà trente ans, choisissaient la voie de l’ultra libéralisme et qui subissent, aujourd’hui, la violence armée d’une société ultra inégalitaire !

Quant au pire, il suffirait de regarder à l’Est pour le palper. Les exemples sont nombreux, de l’Algérie au Pakistan, en passant par l’Egypte.

Où EST PASSÉE LA GAUCHE ? …

Ces quelques constats sur la situation économique et politique de notre pays resteraient du niveau d’une discussion de café, s’ils ne s’accompagnaient pas d’une réflexion sur l’état de la gauche marocaine et la nécessité absolue de sa re-mobilisation.
Où est la gauche? Quelle est sa situation, aujourd’hui? Qu’a-t-elle fait, ou que n’a-t-elle pas fait pour en arriver là ? Où en sommes-nous du point de vue idéologique ? Quelles sont nos idées ? Où sont nos propositions innovantes ?
Les réponses sont dures à entendre. Et les faits incontestables. La Gauche marocaine est sous anesthésie.

En majorité au «pouvoir» pendant près de dix ans, la gauche n’a – à quelques exceptions près – pas mis en place la moindre de ses idées sociales, pourtant mûries pendant près de 40 ans d’opposition. Bien au contraire, c’est sous des gouvernements où la gauche participait, que l’option ultra libérale – alors en cours d’implantation-, a prospéré. (baisse du taux de l’IS, lois anti-coopératives, etc).

Sur le plan sociétal, aucune idée novatrice ou courageuse n’a été défendue sur des questions aussi importantes que la séparation du religieux et de l’état ou sur la langue ou les langues nationales.

Et pour finir, sur le plan politique, la majorité de la Gauche marocaine a définitivement renoncé à défendre l’option démocratique réelle et l’Etat de droit, s’accommodant et se compromettant chaque jour un peu plus.

Force est de constater que la majorité des partis de gauche et en particulier l’USFP, se sont transformés en petites boutiques, tenues par des leaders sans aucune autre ambition que de maintenir leur petite capacité de nuisance et de défendre ce qu’ils considèrent comme leur dû : la chance d’accéder à un maroquin ministériel ou d’être nommé à tel ou tel poste.

DE LA CLARTE, DE L’AMBITION ET DU COURAGE

Comment sortir de ce coma, comment renaître de nos cendres ? Là sont les questions à se poser, aujourd’hui. Et gageons, quelles que soient les réponses, de respecter ces Trois mots d’ordre, CLARTÉ, AMBITION, COURAGE.
Trois principes qui devraient faire l’unanimité au sein du peuple de gauche marocain pour espérer bâtir une société meilleure.

CLARTE OU CLARIFICATION IDEOLOGIQUE

Politique de gauche
Devant un Maroc profondément inégalitaire, nos actions politiques qu’elles soient protestataires ou réformatrices, doivent viser avant toute chose la défense et l’intérêt des plus faibles parmi nos concitoyens et la promotion d’une égalité réelle des chances de tous les marocains.
Cela implique un engagement franc, sans ambiguïté et sans double langage contre la corruption, la rente, la culture de passe-droits ainsi que tous les abus de pouvoirs dont les plus faibles paient le prix fort.
Cela implique aussi une série de prises de position et d’actions en vue de rendre l’impôt – ciment de l’état de droit – sous toutes ses formes, plus juste et surtout, au service de la cohésion sociale et non pas des rentiers.
Ceci implique de travailler en profondeur sur le rétablissement de l’égalité réelle des chances, et notamment de manière prioritaire à un travers un système éducatif fort, devant faire l’objet de toutes les attentions.

Sur la question des chantiers sociaux en cours, et à leur tête l’INDH, si leur jeunesse ne permet pas de les condamner d’emblée, il est force de constater que les budgets qui y sont alloués sont faibles sur une base de calcul «TGV à 20 milliards». Une lecture attentive de la dernière loi de finance permet aussi de déterminer le peu de place fait aux chantiers sociaux et culturels, en particulier en direction de la jeunesse.
Car la Culture n’est pas faite uniquement de festivals ou de rendez-vous d’animation folklorique, mais de théâtre, de musique, de littérature, de la médiathèque à l’école publique…

En résumé, la gauche doit défendre, forger et porter des projets socio-économiques alternatifs. Croissance à tout prix certes, mais croissance pro-pauvres et surtout fortement redistributive.

La séparation du religieux de l’Etat
Ces dernières années, notre pays a évolué dans le domaine religieux, mais pas nécessairement dans la bonne direction. Il est triste de voir que la dimension restrictive et intolérante de la religion domine toujours.

Aujourd’hui plus qu’hier, cela constitue un frein à notre développement sociétal. Et c’est encore une fois, aux femmes et aux hommes de la Gauche d’être à la pointe de la réflexion et de l’initiative sur ce que le monde développé – et non seulement l’occident comme certains le déclarent- a réussi à faire dans le domaine de la séparation de l’Etat du religieux.

Car si la religion est une composante importante de notre identité marocaine mais aussi du ressort de la liberté individuelle, et qu’à ce titre sa pratique doit bien entendu être protégée et valorisée, il est important de poser le problème de son immixtion dans tous les champs de la vie publique et individuelle. L’application ou non de certaines lois religieuses laissées au bon vouloir des agents d’autorité, créée un dysfonctionnement dans notre éducation civique collective.
Comment par exemple, espérer inculquer le respect des lois à nos enfants lorsque plusieurs lois sont appliquées de manière «flexible» ?

Notre conception démocratique de l’Etat de droit doit prévaloir. Lorsqu’une loi n’est pas bonne, il faut la changer et non pas accepter qu’elle soit bafouée car alors ce sont toutes les lois qui deviennent «flexibles» aux yeux de nos enfants et du peuple tout entier.

Rapport au pouvoir central

En moins de dix ans, la majeure partie de la Gauche et l’USFP en particulier a détruit ce qu’elle mit 40 ans à mettre en place, dans ce domaine. En effet, le roi est le Chef de l’Etat marocain et mérite à ce titre notre respect car nous, peuple de gauche, considérons que ne pas respecter le chef de l’Etat, ou le fragiliser dans son rôle de ciment de la nation, porterait indéniablement tord aux intérêts de la nation et par conséquent au bien-être potentiel de ses citoyens.

Le défi à relever en ce qui concerne notre relation au chef de l’état, doit impérativement trouver ses sources non pas dans des postures stériles mais dans l’axiome fondateur de la gauche moderne marocaine qui annonçait il y déjà plus de trente ans qu’un pays ne peut être gouverné correctement par un seul homme.

AMBITION POUR LE PAYS

La clarification idéologique abordée dans les paragraphes précédents ne servirait à rien, si elle n’est pas, tout de suite, mise au service d’une ambition pour le Maroc. Une ambition collective portée par les femmes et les hommes de la Gauche.

Commençons par énumérer quelques objectifs évidents et déterminons avec clarté et au moyen de calendriers, quelques étapes nécessaires à leur réalisation.

•Dans moins de cinquante ans,

Le Maroc doit être un pays de Citoyens.

Les inégalités sociales doivent être moins importantes que ce qu’elles sont, aujourd’hui, dans les pays développés.

Le Maroc doit être à la pointe de l’innovation sociale, économique et sociétale. (Sortir de l’ère de la franchise, de l’exploitation et de la charité pour entrer dans une économie de création, de travail, de recherche et développement.

Pour y arriver, il nous faut impérativement fixer les objectifs à court terme.

•Dans moins de dix ans,

Le peuple marocain doit avoir de l’Espoir (les pères et les mères doivent croire que la vie de leurs enfants sera meilleure que la leur).

Le sentiment patriotique doit prendre la place de l’égoïsme et l’individualisme. Les grandes nations se reconnaissent d’abord au patriotisme de leurs citoyens. (A ce titre, la remise en place d’un service civil national obligatoire peut constituer un début de solution.

Si on est de gauche, ces objectifs ne doivent pas sonner comme de l’idéalisme béat.
C’est ce qu’on appelle L’AMBITION COLLECTIVE.

Une fois partagée, portée par le peuple de gauche, cette ambition collective doit se traduire par la construction d’un projet de société alternatif, développé et détaillé en programmes et actions !

COURAGE POLITIQUE :

Pour effectuer son aggiornamento et développer une ambition collective, il est une qualité dont aucune force politique digne de ce nom ne peut se passer : LE COURAGE!

La gauche a démontré dans le passé, sa capacité à canaliser les courages individuels et les transformer en courage collectif. Ce n’est plus de mise aujourd’hui, à de rares exceptions près.

ETRE COURAGEUX, C’EST AFFIRMER CLAIREMENT SES IDEES, SES IDEAUX MAIS SURTOUT S’Y TENIR DANS SES ACTES QUOTIDIENS.

Il est totalement faux de dire qu’il n’y a plus de risque à militer à gauche aujourd’hui. Les répercussions sur les carrières professionnelles, les vies personnelles sont toujours de mise. Mais rappelons ici une évidence, rien n’a jamais été réellement changé dans l’histoire sans prise risque par des hommes et des femmes. Ceux-là sont nos référents.

ETRE COURAGEUX A GAUCHE AUJOURD’HUI, C’EST AUSSI ACCEPTER L’IDEE DE RUPTURE ORGANISATIONNELLE, GENERATIONNELLE ET DE MENTALITES.

Quasiment rien de ce qui a fait notre histoire récente, et surtout aucun des dirigeants de la gauche durant ses dernières années ne peuvent être lavés à la machine et retrouver une virginité politique. Le courage pour le peuple de gauche aujourd’hui, c’est donc aussi de revendiquer la rupture pour tout reconstruire.

Gageons de construire la force de Gauche de demain.

LA GAUCHE EST MORTE. VIVE LA GAUCHE !

Premiers signataires :

Omar Balafrej

Souhayl Ben Barka

Mounir Bensalah

Youssef Chehbi

Brahim Bouabid

Sanaa El Aji

Marouane Mortabit

Soufiane Khairat

Annabelle Lhomme

La gauche, grande absente des grandes villes au Maroc.


Le constat est clair et sans appel, le « pôle » gauche, l’USFP en tête, est le grand perdant des dernières communales. Quoique l’on peut dire, quoique l’on peut creuser encore sur les circonstances « mafieuses » et anti-moderniste des agissements des adversaires, il n’est nul doute que la gauche a perdu. N’en déplaise à tous, non seulement la gauche partisane qui a perdu, mais tout l’idéal de gauche, même ceux qui ont « ce cœur à gauche », et toute l’aspiration progressiste sortent perdants des dernières consultations.

Observations générales sur le scrutin.

Avant de me lancer sur les raisons intrinsèques de l’échec mon parti, l’USFP, de ma famille idéologique, la gauche, je souhaite, objectivement, revenir sur l’atmosphère générale qui régnait durant toute la période des élections.

Il est trivial que les marocains ont été un peu plus nombreux à voter comparativement avec 2007. Ce constat peut être réconfortant si l’on omet de rappeler que plus de 2 millions ont été rayé des listes électorales. Ce qui ramène le taux de participation, en tenant compte de la liste de 2007, de 52 à 46%. Aussi, faut-il rappeler que 130.000 candidats mobiliseraient un peu plus, ne serait-ce que leurs propres familles, que les 6.000 candidats à la députation. Ajoutez à cela la mobilisation frauduleuse des intermédiaires des candidats, cela fait que le taux n’a pas été élevé comme le souhaitaient les plus optimistes des marocains.

Abstraction faite de cette micro-analyse, il est communément admis que la moitié des inscrits sur les listes n’ont pas voté ! Pourquoi ? personne n’a donné une explication convaincante, tout comme en 2007. L’utilisation massive de l’argent ( les exemples ne manquent pas et les rapports d’observation des différents organismes en attestent ), l’abus de pouvoir, l’utilisation des moyens de l’Etat, … sont d’autres phénomènes qui ont entaché le déroulement du scrutin.

Sur un autre registre, et sans rappeler nos divers écrits sur le sujets avant même le scrutin, un parti, qui sort du plein pouvoir de l’Etat, constitué en moins d’un an présente le plus grand nombre de candidat et rafle la première places en terme de nombre de conseillers communaux ! Du déjà vu, aux années 60, 70, 80, … c’est une pratique que nous avons crue révolue. Constituer un « parti » avec des « potentialités » de gauche, puis mandater des candidats, bien rôdés aux magouilles électoraux, pour enfin gouverner, est un « navet » dont les marocains n’ont plus besoin de regarder. Dans ce contexte, notons ce que relève le forum civil démocratique marocain dans son rapport d’observation : « De ce point de l’arrivée sur scène d’un nouveau parti a constitué un fait majeur sur lequel s’est articulé de larges pans de la vie politique courante. Le nouveau venu a mené une action de construction organisationnelle à l’échelle nationale à l’occasion de la dernière échéance électorale, dépassant ainsi les enjeux locaux de cette dernière. La question de savoir s’il s’agit d’un nouveau FDIC, d’un nouveau RNI, d’une nouvelle UC est largement posée. En même temps celle de savoir s’il ne constitue pas un phénomène inédit dans le contexte marocain, une initiative d’un type nouveau a également été invoquée. Il n’est pas de réponse convaincante pour l’heure à ces hypothèses. De même il n’en est pas concernant la proximité de cette nouvelle organisation par rapport à l’Etat: s’agit-il du produit de la recherche par l’Etat d’un soutien organisée, de nature politique, face aux dangers et menaces qui guettent l’ordre marocain ? N’est-il pas le produit de l’affaiblissement actuel des partis politiques ? N’est-il pas non plus une simple tentative du régime de se doter d’une base indépendante ? La phase à venir apportera sans doute des éléments de réponse à ces interrogations. » Tant de questions auxquelles l’intelligentsia marocaine est amenée à répondre !

Une autocritique !

J’ai été candidat dans la liste USFP de l’arrondissement de roches-noires à Casablanca. Bien que nouveau dans la section ( y habite depuis 3 ans, au bureau de la section depuis moins d’un an ),  et réticent de nature quant aux consultations populaires ( croyant n’ayant pas le profil idoine ), j’ai été amené à déposer ma candidature par manque de candidature et par précaution, étant membre du bureau ( Nous avions reçu 16 candidatures pour une liste de 13 ). On ne peux pas être moine, non pratiquant. Passé de la 13ème à la 8ème puis à la 3ème place, nos listes, à l’instar de toutes les listes du parti à travers le Maroc, se faisait et se défaisait. J’ai cru bien faire, et je le croix toujours, en me mettant sur la liste de mon parti, mettant en évidence un profil de jeune, de cadre, … que je suis, en lequel pourrait s’identifier une jeunesse en mal de vote. Faisant aussi fi à tous les récalcitrants, de ma candidature, de celle des autres co-listiers. Cela est devenu coutume dans le parti de la rose, tu portes X tête de liste, alors Y range la moitié des militants contre lui, dans une campagne adverse. La liste n’a été finalisé qu’une journée avant la campagne, comme toutes les listes du parti, alors que les adversaires étaient préparés bien longtemps.

Nous avons passé une campagne sereine, parlant avec les habitants du quartier, exposant un programme détaillé, chiffré et budgétisé, ayant un franc parler, … les concurrents, certains bien connus ont engagé une armada « d’ouvriers de campagne » balançant des tracts partout et s’adonnant à de frauduleux agissements. Je faisait ma campagne dans un bidonville, un de ceux que l’on a crée durant les années où l’Etat peuplaient les villes par une armée de votants dociles. Il n’est nul malheur que de voir des gens, marchander la misère de ces habitants, à qui, malgré tout, notre message était incompréhensible.

Ayant, pour un moment, cru que sans projet politique national clair, sans travail quotidien de proximité, sans un parti en bonne santé organisationnelle, il suffisait de rencontrer les citoyens, en exhibant son intégrité, sa jeunesse, son programme local, … faisant fi des enjeux nationaux, des circonstances politiques, de l’utilisation massive de l’argent, …, ayant cru, naïvement, en cela, j’ai eu tort. C’est une erreur politique !

Malgré toute la bonne foi expiant l’interprétation et le devoir militant, un acteur politique se doit d’avouer son échec quand il se produit, à reconnaître l’erreur. Le résultat est sans appel : 0 siège, 593 voix sur 12300 votants parmi 61000 inscrits. Un échec cuisant.

L’USFP, les dinosaures sont appelés à partir !

Tout a commencé en 2002. Cette date marque, politiquement, un grand tournant dans la vie du parti de la rose. Le Roi a choisi de remplacer le socialiste Abderrahmane Youssoufi, alors premier ministre de l’alternance et de la transition démocratique, par Driss Jettou, technocrate, alors que l’USFP était classé 1er aux élections législatives. Le parti réagit durement en se révoltant dans un fameux communiqué sur le non respect de la « coutume démocratique », mais se contredit le lendemain par l’acceptation de la participation dans un gouvernement sans teneur politique. Les conséquences politiques se suivent et se ressemblent. Le parti, pourtant favoris par les votes en 2003, à l’occasion des communales, se voit écarté encore une fois de la gestion des grandes villes ( Casablanca, Rabat, … ). 4 ans durant, les « leaders de parti » chantaient l’harmonie, répétaient à qui veut l’entendre que « le makhzen est mort », … pour arriver à un séisme politique en 2007. Tempête au sein de la formation qui a fait que le congrès ait duré en souffrance. 2009 a été la dernière gifle pour les dinosaures. L’appareil affaibli à coup de mouvements organisationnel : listes des élections 2007, congrès, réoganisation des sections, choix des listes, …

Les gestations de la crise n’ont cessé de s’accumuler. Lutte interne pour la préparation d’un congrès, passé dans la douleur, élection des congressistes, … puis le congrès semble bien faire le diagnostic. Un appel sans appel à « une monarchie parlementaire ». Abdelouahed Radi promu à la tête de la formation de Bouabid avait promis aux militants de démissionner de son poste ministériel pour s’occuper, à plein temps, de la refondation du parti. Un peu plus d’un mois passé, le Roi le « félicite pour la confiance placée en lui par les militants de l’USFP pour son élection » et « Après avoir rappelé le contexte de la candidature et de l’élection de M. Abdelwahed Radi à la direction de l’Union socialiste des forces populaires, SM le Roi, que Dieu l’Assiste, a demandé à M. Abdelwahed Radi de continuer à assumer ses fonctions pour s’acquitter de la tâche de réforme profonde de la justice » ( communiqué Map ), chose que Radi acceptera contre sa promesse aux militants et ne démissionnera de son poste de chef des socialistes. Signe après signe, les vieux routiers du parti déçoivent !

La gauche, les « forces populaires » et les prolétaires.

J’ai été toujours fasciné par Marx, par cette théorie de classes et par sa description du « capital ». J’ai longtemps débattu avec mes camarades de gauche sur comment avoir une description marxiste du Maroc. Je ne comprends pourtant jamais comment la classe la plus défavorisée de notre pays, s’allie avec la classe qui l’exploite. Comment se fait-il par exemple, qu’au niveau de la province de Hay Mohammadi Ain Sebaa, jadis bastion de la gauche, de l’USFP en particulier, et emblème de la résistance aux années de plomb, également de la résistance contre l’occupation française, les trois premières formations sont successivement l’UC, le RNI et le PAM ? J’avoue que la gauche, pas seulement marocaine, manque gravement d’outils nouveaux d’analyse.

Pour justement revenir à cette débâcle de la gauche dans les grandes cités du Royaume, il faut certainement regarder l’état des formations de gauche. Premier constat, il y en a plusieurs ! Plusieurs militants qui oeuvrent au sein de ces mêmes formations à un travail commun, et ont même appelé à une candidature commune. En vain. Les ego ont triomphé sur l’idéal. La gauche est en train de se transformer à un grand salon de débat, stérile, improductif et sans orientation ni projet !

Dans les grandes villes, la gauche sort perdante. Les villes et les citadins ont changé, alors que la gauche n’a pas suivi. Il est temps de tout recomposer dans cette gauche, toute entière.

En effet, la déconfiture de la gauche, la seconde gifle, … sont autant de facteurs qui devraient pousser les derniers récalcitrants et douteux à adhérer à l’idée du rassemblement de la gauche. Cette dernière, toute rassemblée, a obtenu 1.356.088 voix, soit 19,37 % du total des voix, dépassant de 3 points le premier parti en terme de voix !

Qu’on se rassemble, ou qu’on arrête !

Mounir BENSALAH.

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