Media, intermédiation dans un Etat de droit

Said Khoumri : « Il n’y a pas de solutions aux problématiques de la presse en dehors de la réforme de la justice et la révision du texte encadrant la liberté d’expression et de la presse ».

Boubker Largou : « Nous renouvelons l’appel de l’OMDH aux professionnels et aux institutions professionnelles, eu égard de leur rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie, et son initiative, avec le concours tous les défenseurs des droits élémentaires à la préparation d’un symposium national dans les plus brefs délais pour se concerter au sujets de la presse, le respect des droits humains, instauration de la démocratie et la suprématie de la loi, comme bases de toute société démocratique respectant les droits humains ».

Mustapha Kassou : « Pourquoi on nous compare à la Tunisie et pas à la Suède en matière de liberté de la presse ? nous refusons cette logique de comparaison et nous souhaitons simplement l’engagement au respect des chartes internationales ».

Abderrahim Tafnout : « Quand les marges de liberté s’élargissent, l’ambition de l’expression grandit et, de facto, les aires de confrontation augmentent ».

L’année 2009 a connu un ensemble de dossiers mettant la presse et les médias sujet de débats ( poursuite 3 journaux, affaire Nichane, fermeture Akhbar Alyaoum, prison pour directeurs almasse et almichaal, amende et saisie à l’encontre de Economie & Entreprises, amende contre almassae, dossiers des blogueurs, débtas sur le paysage audiovisuel au parlement, … ). Dans ce contexte, en préparation de l’initiative de l’Organisation Marocaine des Droits Humains OMDH concernant un symposium national relatif au sujet et en célébration de la 61ème anniversaire de la déclaration universelle des droits humains, la section de Casablanca de l’OMDH, en collaboration avec l’Institut Supérieur du Journalisme et de la Communication, a organisé une conférence autour du thème : « Presse, média et droits humains », ayant connu une participation massive des étudiants de l’Institut ISJC, d’activistes des droits humains, d’universitaires, syndicalistes, de blogueurs et d’intéressés.

Pour Said Khomri, professeur universitaire et modérateur, la conférence vient dans le contexte de succession de procès relatifs à la presse, aux médias et à l’Internet. « Ces problématiques et dislocations interpellent essentiellement le texte encadrant la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et la gestion de la profession de la déontologie » estime-t-il. Pour sa part, Boubker Largou, secrétaire Général de l’OMDH, a marqué sa joie de voir la participation massive des jeunes à cette conférence pour débattre du thème des médias et droits humains. Il a renouvelé dans son intervention « l’appel de l’OMDH aux professionnels et aux institutions professionnelles, eu égard de leurs rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie, et son initiative, avec le concours de tous les défenseurs des droits élémentaires, à la préparation d’un symposium national dans les plus brefs délais pour se concerter au sujet de la presse, le respect des droits humains, instauration de la démocratie et la suprématie de la loi, comme bases de toute société démocratique respectant les droits humains ».

Et Mohamed Kassou, professionnel, acteur des droits humains et du syndicat, de se demander : « Pourquoi l’on veut nous comparer à des pays comme la Tunisie ou autres qui violent le droit d’expression alors qu’on nous compare pas à la Suède par exemple ou d’autres pays démocratiques, où la presse occupe une place d’avant-garde et jouit d’espace immense de liberté ? » avant d’insister sur « le refus des défenseurs des droits humains du principe réducteur de la comparaison. Nous demandons de commencer par le respect des chartes internationales sur le sujet ! ». Il renchérit : « Nous avons une justice spécialisée, mais en l’extermination de la presse, en prononçant des amendes faramineuses et les jugements de privation de liberté ! », avant d’ajouter que « nous devons nous demander également qu’est ce qu’a fait le corps de la presse pour la liberté d’expression, la solidarité professionnelle et le respect de la déontologie ».

Abderrahim Tafnout, journaliste et penseur, a exposé dans son intervention plusieurs problématiques philosophiques et historiques du conflit entre la presse et les détenteurs de pouvoirs. « Pourquoi ce conflit ? A-t-il un justificatif » se dit-il, avant d’ajouter également « que quand les marges de liberté s’élargissent, l’ambition de l’expression grandit et, de facto, les aires de confrontation augmentent. Depuis la naissance de la presse en Angleterre et en Amérique aux trentaines du 18ème siècle, sur la base des rumeurs, sa relation a été toujours conflictuelle avec le politique, détenteur d’un pouvoir. Le modèle français est également est aussi intéressant. L’histoire de « j’accuse » d’Eimle Zola montre comment est sortie la parole du cercle académique à la société pour un débat public ». D’un autre côté, Tafnout considère que le journaliste est garant de la pluralité, avant de critiquer vivement l’état du paysage audiovisuel qui enfreint cette règle essentielle. « Il faut aussi avouer qu’une certaine presse exerce la diffamation et l’injure, nous devons nous référer à une justice équitable dans ces cas et invoquer les instances professionnelles en matière de respect de la déontologie » martèle-t-il. Il considère aussi que « le premier enseignant du journaliste, à part son métier, est le défenseur des droits humains. Ce dernier défend la victime du dépassement, quel qu’elle soit ! » avant d’appeler dans ce sens à « une alliance stratégique entre le journaliste et le défenseur des droits humains pour construire le code national de la presse et des médias ».

Au terme de la conférence, les participants ont appelé :

  • Les autorités publiques à se référer à la justice concernant la question de la presse, éviter les décisions de l’administration et dépasser le traitement conflictuel avec les dossiers de la presse, des médias et d’Internet, prenant en considération que leurs acteurs sont des associés dans la construction de l’Etat de droit, et à considérer que la réforme de la justice est une question capitale dans le respect du droit d’expression ;
  • Les professionnelles et les institutions professionnelles, eu égard leur rôle d’intermédiation et de proposition, à établir des conceptions en relation avec les affaires de la profession capables de s’intégrer dans le système judiciaire escompté et qui conviendrait à un pays qui aspire à la démocratie ;
  • A la coopération entre les instituts de formation, les organisations de défense des droits humains et les organismes professionnelles pour instituer l’inexcitable relation entre la liberté de la presse et les droits humains.
  • Construire une alliance stratégique entre le journaliste, les organisations de défense des droits humains et les organismes professionnelles pour bâtir « le code nationale de la presse ». Dans ce sens, les participants ont demandé à l’OMDH de continuer dans sa préparation à un symposium national auquel elle a appelé, eu égard de ce qu’il peut apporter pour donner un nouveau souffle entre tous les intervenants et acteurs dans ce domaine, à partir de la force de proposition possible.

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12 Réponses

  1. Le raisonnement de cette imimente personnalité ne diffère guère de celui sur lequel se base le raisonnement de la plupart de nos compatriotes : LA FAUTE N’EST JAMAIS IMPUTABLE AU SUJET mais aux autres!

    Pas plus que jamais un marocain ne perd ses clefs, mais que ses clés se perdent ou bien qu’ilne rate jamais je bus, mais que le bus « mcha 3lih », pas plus qu’ilne casse un verre mais que le verre s’est cassé, la presse marocaine n’a aucune faute dans ce qui lui arrive!

    Pour trouver les solutions aux problèmes de la presse, il faut donc changer les lois et réformer la justice!

    Quid de la presse? Quid de sa propre responsabilité?

  2. Merci Mounir pour ce compte-rendu de cette conférence qui devait être fort intéressante !

    Permets-moi de réagir en bloggueur : j’aurais pensé en lisant ton billet que les commentaires allaient affluer! Il n’en est rien!

    Mais j’ai remarqué que les commentateurs n’intervenaient que quand le sujet est polémique et surtout quand l’image du Maroc est en mise à mal!

    C’est bien dommage!

    Faut-il rappeler que la démocratie ne consiste pas seulement à critiquer ou à dénigrer!

  3. @Politis:

    Tu confond bourreau avec victime, et tu te base sur une prémisse erronée: a savoir que les lois du pays sont justes et morales.

    Le Maroc a toujours des lois qui, entre autre, punissent l’atteinte au « sacré », aux « élus de Dieu », ou le blaspheme. La presse est victime a 100% dans cette histoire. L’état est l’agresseur.

    @Mounir:

    Merci du compte rendu, mais j’espère que tu réalise que ce genre de conférences sont tolérés dans un but bien précis: donner une illusion de démocratie. Au final, l’OMDH est bien utile a l’image du Maroc.

  4. @ lixy

    Je crois t’avoir recommandé dernièrement sur mon blog de relire l’histoire et d’en retenir les leçons!

    Dans les pays démocratiques que tu aimes à donner comme référence, la liberté de la presse a mis des siècles à s’affirmer et elle n’est pas totalement réalisée.

    Rappelle-toi la soumission totale des médias US à Bush au nom au SACRO-SAINT principe du patriotisme!

    Rappelle-toi que ton ami Sarkozy fait tout en 2009 pour museler les médias, surtout les télés publiques!

    Mais pourrais-u faire cet effort intellectuel et peut-être politique?

  5. @ lixy : je t’ai déjà dit que je suis réformateur et non révolutionnaire 🙂 Le jour où tu développeras un mouvement révolutionnaire, préviens moi, je pourrai changer d’avis.

    @ Politis : J’en conviens, mais la responsabilité de l’Etat n’est pas à mettre dans le même panier, elle « est détentrice de pouvoir » 🙂

    @ hmida : J’en convient, mes billets « populistes » ramènent d’énormes commentaires. Peu importe le nombre, c’est la qualité qui compte 🙂

  6. @mounir:

    Demander en état de droit ou les pouvoirs sont séparés, avec liberté d’association et d’expression fait de moi un révolutionnaire?

    C’est quoi les revendications des réformateurs dans ce cas? De diminuer la sentence minimum de 6.75% dans les cas de lèse-majesté? De donner au mâle la même part d’héritage que 1.8 femelles (au lieu de 2 actuellement)? De changer l’article 9 de la constitution en rajoutant « pour de vrai! » a la fin?

  7. @lixy : « ce genre de conférences sont tolérés dans un but bien précis: donner une illusion de démocratie. » : pour moi, en réformateur, je défends ces mêmes principes que tu as évoqués dans ton derniers com ( Etat de droit, séparation de pouvoir, … ) dans la « marge » que j’essaie, jour après jour, d’élargir. C’est comme ça que l’on a pu faire des avancées ( et tu me diras pas que le Maroc, en terme de liberté est bien le même des 70’s, ou il est comme la Tunisie ou l’Algérie ). Autrement, si je devrai agir d’un autre manière, à laquelle nous avons renoncé depuis 1975, c’est dire que ça ne va pas et que « nulle solution à ce régime en dehors de son éviction » ( Congrès 1962 UNFP ). Troisième option, plus hypocrite : ne rien faire et critiquer les autres qui font 🙂

  8. […] devient plus transparent : En nommant l’avocat du palais ( celui qui serait derrière toutes les affaires de la presse ) au poste de ministre de la justice, le totalitarisme se […]

  9. […] dans le cadre du « dialogue national : Média et Société », tenue le 26 Avril dernier, le débat est, à maintes reprise, sorti du but principal. Cette rencontre, autour du thème « journalisme […]

  10. bonjour je suis victime d’un enlevement d’enfant premiditer de la part de mon ex comcubine qui vie en espagne avec mes deux petite filles ages de 5 et 6 ans cela fait six ans que je ne voit pas mes filles grandir que la justice espagnol me condanne a tord et a travers je n’est meme pas le droit de m’exprimer des fois je suis meme juger avant de passer devant les juges ,aujourd’hui je cherche a ce que les journaux et television francais m’aide a reveler toute les injustice des tribunaux espagnol qui eux me separe de mes filles depuis maintenant 6 ans je ne sait plus coment faire ,j’arrive au bout du roulot et pourtant jm la vie j’etais tous le temps souriant et pleins de vie , maintenant je suis un pauvre pere qui pleure et qui ceux bat pour l’amour de mes filles tous les jours quelqu’un peut’il m’aider a retrouver ma digniter de peres vous pouvez me joindre au 06 42 22 84 65. demander sylvano; merci de votre comprehension.

  11. […] aujourd’hui on peut se réjouir de l’élargissement des espaces de liberté, où des ministres et des hauts responsables de l’Etat ( pas tous à mon sens ) sont traité […]

  12. Mounirbensalah…

    […] something about mounirbensalah[…]…

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